I2SI
Allemagne. — Conrad deSouabe diminue ses chances de succès en Allemagne par une expédition en Italie.
Fronce.— La régente réprime le soulèvement des Pastoureaux.
Uthuanle. — Les chevaliers teutons de la Livonie ayant forcé Meud°gf le grand-duc des Lithuaniens idolâtres, à recevoir le baptême, Innocent IV lui octroie le titre de roi.
Mongols. — Le roi chrétien d'Arménie envoie son frère Sembat auprès du nouveau grand khan des Tarlares , Mangou , qui se laissera persuader par lui d'embrasser la religion de Jésus-Christ. — Les Tarlares mongols dévastent le Tibet.
Russie. — La faveur du grand khan appelle à la principauté de Wladimir Alexandre, le prince de Novogorod , qui remet à la garde de son fils son domaine primitif.
Suède.— Comme il ne reste plus de représentant des deux maisons royales qui ont commencé, l'une en 1160 avec Éric IX, l'autre en 1162 avec Charles VII, et qui devaient alterner sur le trône , la lice est ouverte entre les prétendants à la couronne. Les Folkungs sont abattus et tués en trahison par le comte Birger, qui assure la royauté à son (ils.
Bohême. — Le mariage du fils de Wenceslas III, Préinislas-Ottocar, avec la sœur du dernier duc d'Au-
triche et de Styrie, £rive dé sondroît sellier de saint Louis, fonde la maison
l'héritier légitime, Frédéric de Bade, de son nom, la Sorbonne, pour servir
— Le roi de Bohême empêche les au logement à l'entretien et à l'in-
Hongrois de s'emparer de l'Autriche, struction de quelques maîtres et de
Danemark— La mort sanglante quelques élèves pauvres. ^ "
d'Abel dans une guerre contre les Mongol*. — Saint Louis envoie
Frisons , donne le trône à son frère des moines au grand khan Mangou,
Christophe , duc de Blekingte , au pour le gaguer à la foi évangélique
détriment de ses fils. et en obtenir des secours contre les
ispjunc-La Castille perd Fer- musulmans de r Asie. Rubruquis, un
dinand 111 le Saint (mai). Ce prince d'eux, part de Consiantinoplc (mai) î
a commencé à réunir en un corps son V0Yage» Inutile pour les intérêts
toutes les lois royales de Castille; il Je la chrétienté, durera deux ans.
a fait traduire en langue vulgaire les La relation qui en reste étend les
lois suivies par les Maures à Cor- connaissances géographiques des Eu-
doue.— Alphonse X le Sage et l'As- roPéens et fait connaître la grande
trologue lui succède. vlUe des Mongols, Kara-Korum. Ru-
« \m mt rt a pi™k« a* bruquis, qui s'est rencontré au camp
France. - Mort de Blanche de desHMon^oIs avec des amDassadeui£
de la Chine , désigne nettement les
Castille, mère de saint Louis (1 er déc).
Orient et France.— Saint Louis caractères de l'écriture chinoise, visite et fortifie les places de la Palestine: il résiste aux conseils du sul-
— Le chef slave de Dan-
tan d'Alep et de Damas, qui le ? lc* »
pressait de rompre le traité conclu #deA tre,ze ans interrompue par des avec l'Égyple. 11 essaye de réconcilier réve^ s™5™1 enfin à la Pa«* avec les ordres rivaux du Temple et de les chevaliers teutons. l'Hôpital. La nouvelle de la mort de 12&4. sa mère hâtera son retour en Europe. — Le roi chrétien d'Arménie, Angleterre. — Le roi convoque Alton, se rend lui-même à la cour du ïe parlement pour avoir une aide grand khan Mangou , qui reçoit le extraordinaire ; il y appelle, comme baptême avec les principaux de la représentants de la noblesse infénation et lui promet ses secours cou- rieure, deux chevaliers élus dans tre les musulmans. Houlagou , frère chaque comté, du khan, est chargé de réduire d'à- Danemark. — A la suite d'une bord les Bathéniens ou Assassins de guerre à laquelle prennent part plu- Perse, sieurs princes voisins, le roi Christo- Prusse. — Un des chefs de l'or- phe 1er est forcé de laisser au moins die teutonique en Livonie bâtit Me- à l'aîné de ses neveux le duché de mel et force les habitants de l'Ile Slesvig.
d'Oesel de renoncer à la pluralité des Kmpire d ai le magne. — Mort
femmes. de conrad de Souabe. — Guillaume
1283. de Hollande, seul empereur, pro-
. pose à la diète de Francfort de sages
Angleterre. — Cinquième con- règlements sur la paix publique. —
firmation de la grande charte ; qui- Les ÉUts normands d'Italie sont l'hé-
conque la violera doit être exconi- ritage du Conrad, Conradin,
munié. enfant de deux ans % que Manfred ,
i «pagne. — Mort de Thibaut , fils naturel de Frédéric H, défendra
comte de Champagne, et roi de Na- contre les prétendons du pape.
\arre, un des plus gracieux trouvères. ««pagne. — Les Castillans, tou-
— Robert Sorbon, coin 4ours aidés par le roi de Grenade,
XIIIe SIÈCLE
dépouillent le* Almohades de Xérès, d'Arcos, de Sidonia. — Les conquêtes des Portugais au delà du Guadiana amenèrent une guerre de frontières entre les deux peuples.
France. — Ordonnance du roi pour la réformation des mœurs et de la justice. — Le Languedoc est autorisé à suivre le droit romain comme droit commun; on distinguera les provinces de droit écrit des provinces de droit coutumier. — Saint Louis ne tolère pas les abus de pouvoir de son frère Charles d'Anjou.
Italie. — Mort d'Innocent IV. Le nouveau pape Alexandre IV, neveu de Grégoire IX, prêche une croisade contre le tyran de Padoue, Eccéllno de Roman o, depuis trente ans l'effroi de la Lombardie. Venise arme contre lui.— Obert Pallavlcini, ancien capitaine de Frédéric II, tente sans succès de s'emparer de Parme, et perd bientôt Plaisance et Crémone.
Llvonle. — L'archevêque de Riga étend sa suprématie , avec l'assentiment du pape, sur les évêques de la Livonie, de l'Esthonie et de la Prusse.
Orient musulman. — Le mameluk Ibegh s'empare du trône d'Égypte. 11 commence la dynastie des mameluks baharites.
Bohé me.— Prémislas-Ottocar 1 1, roi depuis deux ans, tourne ses armes contre les Prussiens idolâtres.
Prusse. — Les chevaliers teutons bâtissent Kœnigsberg pour tenir en respect les Sambiens.
Bilésle. — Le duc de Breslau embellit et fortifie cette ville , où il attire beaucoup d'Allemands et établit le droit saxon.
Banemark.-Violent débat entre le roi et l'archevêque de Lunden.
France. — Saint Louis appelle des députés des villes à l'assemblée des nobles pour délibérer sur les impôts.
après j. c. 355
France et Rome. — Arbitrage de la cour de Rome dans le différend qui s'est élevé depuis 1229 entre l'université de Paris et les moines dominicains. Alexandre IV prend la défense des moines et condamne le livre de Guillaume de Saint-Amour, Des périls des derniers temps% écrit contre les franciscains et les dominicains; mais il interdit également un ouvrage de Jean de Parme, général des frères mineurs ou cordeliers de Saint-François, dont l'Évangile éternel portait atteinte au dogme catholique. — Alexandre IV sanctionne la règle du nouvel ordre des augustins , le dernier fondé des quatre ordres meudiants : les carmes l'avaient été en 1209, les franciscains en 1216, les dominicains en 12 16.
Italie. — Azzon d'Esté s'unit aux Lombards contre Eccélino. Les confédérés italiens, comir.andés par un lrfgat, forcent Padoue à se rendre (20 juin). Atroces représailles du tyran, alors occupé au siège de Mantoue; il fait égorger douze mille Padouans qui servent dans son armée. Il se soutient encore pendant trois ans.
Orient. — Le Mongol Houlagou, frère du grand khan Mangou , met fin à la domination des Assassins de la Perse : le calife de Bagdad, Mostazem , a refusé de prendre part à l'expédition.
Empire d'Allemagne. — A la
mort de Guillaume de Hollande, deux élections rivales sont faites par les princes électeurs : les archevêques de Cologne et de Mayence nomment un cousin d'Othon de Brunswick, Richard de Cornouaillcs , qui sera couronné à Aix-la-Chapelle; l'archevêque de Trêves, le roi de Bohême, le duc de Saxe, le margrave de Brandebourg, le duc de Bavière , et le comte palatin désignent un petit-fils par les femmes de Philippe de Souabe , Alphonse X, roi de Castille y qui ne parut jamais en Aile-
356 XIIIe S1ÈCLB APRÈS J. C.
magne. — Plusieurs villes impériales entre saint Louis et Jayme I" d'A-
se mettent sous la protection de Ro- ragon pour régler des questions de
dolphe, comte de Habsbourg. territoire.
Kapagne. — Le roi de Castille Itallc.-Manlred se fait couron-
s'étend dans la plus grande partie ncr roi à Palerme , au détriment de
de l'Al-Garb, pays riche, fertile, son neveu Conradin.
peuplé et facile à défendre, dans les Mongols et Orient muanl-
bassins inférieurs du Guadalquivir et man. — Houlagou parait devant
duGuadiana. — Au siège de Niebla, Bagdad qui ne résiste pas, malgré
les Arabes lancent des projectiles ses seize cent mille âmes (22 janvier),
avec du feu , peut-être en se servant Mostazem , trahi , se remet entre les
de la poudre à canon.— Le roi de Por- mains d' Houlagou. Bagdad ouvre ses
ttigal, ayant répudié sans motif sa portes (10 février); elle est pillée
première femme , et conclu un nou- pendant sept jours et livrée aux
veau mariage, attire sur lui les fou- flammes. Supplice du dernier calife;
dres de Rome : le royaume sera en avec Mostazem finit la dynastie des
interdit pendant cinq ans, jusqu'à la Abbassides et le califat en Asie.—
mort de la femme répudiée. Houlagou porte la guerre en Syrie,
France. - Saint Louis réprime °* D^s est enlevée et jusqu'au
Pusagc des guerres privées par Péta- délr0,t de ConstanUnople.
blissement de la quarantaine -le- orient chrétien. — Les Pisans
rot*# et les Provençaux aident les Véni-
un»* ... jÎCMn tiens à battre les Génois près dé Saint-
.1/ î rn fî J i ?hlr% m!"" Jean d'Acre (juin). Médiation disions parla perte de sa liberté : Mar- . Yan.r. iV VJ '
tin,chef de la faction délia Torre ( de lexanare 1V-
la Tour), avec l'aide du peuple, -7 Le fils d Alexandre 1,
s'empare du pouvoir; la famille noble mvestl P«f lui de Ja principauté de
dos Visconti est abaissée.— A Gènes, Nc-vogorod , se refuse à laisser faire
l'insurrection fait capitaine du peuple dans ses Ltats, par les officiers moti-
Guillaume Boccanégra : son pouvoir d« *a horde du kaptschak, c
est pour dix ans ; le podestat même dénombrement des fortunes et la
lui prêle serment d'obéissance ; il est répartition du tribut. Il faut qu'A-
assisté d'un conseil démocratique de lexandre punisse lui-même et chasse
trente-deux membres. son fils rebelle.
. D, . . Allemagne* — Alexandre IV rc-
Aniçleterre. — Révolte des ba- K RicnarddeCornouaIUespour
rons avec Simon de Montfort comte roi ^ des Romains>
de Leicester. Dans la première as- & . „
Semblée, appelée officiellement du *n*let*r*f • "T, . ,de M.al,1,eu
nom de parlement, ils imposent au Pans, moine bénédictin, chroniqueur
loi les Statuts ou Provisions d'Ox- an8,a,s :1son ouvrage est une des
tord, qui remettent en vigueur les f£urces P,us ^portantes pour
libertés de l'Église et la grande l'Ivoire d'Angleterre depuis 1066.
charte, et excluent des emplois les Angleterre et France.— Traité
étrangers. d'Abbeville ( 28 mars) : saint Louis
. t * 1 a 1 rend volontairement à Henri III , nemark. — L archcvêaue de
Lundi coh di
maintenu pendant dix-sept ans. ïa'^os^MÎëïiâmTdeswet France. — Traité , quêtes de Philippe Auguste.
Danemark. — Mort du roi Christophe I" (mai). Dangers qui entourent le trône de son fils Éric V, âgé de dix ans, sous la tutelle de sa veuve, princesse de Poméranie. Le clergé soutient deux prétendants : les foudres de Rome aident les rebelles. Le comte de Holstein prend part au débat
Gree*. — Michel Paléologne prend la pourpre à Nicée, maïs respecte les Jours du jeune empereur, Lascaris H.
Italie. — Milan , Ferrare , Mantoue, Bologne, Crémone confient leurs armées au marquis Obert Pallavic'Hii et au marquis d'Esté. Battu et fait prisonnier au passage de l'Adda, à Soncino, Eccélino meurt des suites des violences exercées contre lui (sept.). — Eccélino, comme beaucoup de princes de ce temps, avait à sa cour des astrologues , des histrions, des bouffons, des conteurs et des poètes. — À Milan, la seigneurie est conférée pour cinq ans à Obert Pallavicinl, sur la proposition de Martin délia Torre qui s'en repentit bientôt
mongol*. — Mort du grand khan Mangon (août). Démembrement de l'empire gengiskhanide : un de ses frères, Kublaî, désigné par les principaux de la nation pour lui succéder, commence la dynastie impériale des Tartares orientaux; un autre, Houlagou , celui qui a détruit le califat de Bagdad , reçoit les régions occidentales. Houlagou est la tige de la dynastie persane des Mongols : il règne depuis le Khoraçan , au sudest de la mer Caspienne , jusqu'au pays de Roum , en Asie Mineure.
Orient chrétien. — Les templiers perdent une bataille sanglante contre les hospitaliers.
Bohême. — Le roi Prémislas-Ottocar II défend contre les Hongrois la Styrie qui touche à l'Autriche.
Espagne. — En Castille , Alphonse X ordonne d'écrire en langue vulgaire tous les actes publics Plu-
APRÈS J. C. 357
sieurs villes forment entre elles des confédérations ou fraternités sous le uom de Sainte -Hermandad, pour se protéger contre les brigandages des nobles ou hidalgos ( descendants de Goths).
Tranee. — Le roi fonde à Paris l'hôpital des Quinze-Vingts, d'abord pour trois cents gentilshommes à qui les Sarrasins avaient crevé les yeux en terre sainte. — C'est peutêtre en 1260 que meurt Guillaume de Lorris, qui a commencé le roman de la Rose, poëme allégorique de vingt-deux mille vers. — Estienne Boileau, prévôt de Paris, fait rédiger les statuts des corporations marchandes de cette ville.
Italie. — Horrible fin de la mai»
son de Romano : Albéric , le frère d'Eccelin, excommunié depuis deux ans, est supplicié par les Trévisans, ses sujets; ses six enfants sont mascrés, sa seconde femme est brûlée vive avec ses filles.
Orient musulman. — Les Mongols, qui s'emparent d'Alep et mettent fin à la dernière sultanie ayoubite de Syrie , sont combattus en Syrie même par Bibars-Bondochar.
Bibars prend la place de son maître, le sultan d'Egypte, et frappe en même temps les Mongols , les chrétiens et les émirs indépendants.
Prusse. — Les Prussiens, les Lituaniens, les Samogitiens, soulevés contre les chevaliers teutons, retournent au culte des idoles. Treize ans de dévastation et de carnage.
Angleterre. — Henri III n'observe plus les statuts d'Oxford; le pape l'a délié de son serinent
Danemark. — Dans la guerre contre le comte de Holstein le jeune roi est fait prisonnier.
Empire gree et empire latin.
— Michel Paléologue, aidé par les Génois, prend Constantinoplc avec l'armée grecque de Nicée (25 Juillet).
XIIIe SIÈCLE APRÈS J. C.
Bientôt il prive de la vue , pour régner seul, son pupille âgé de huit ans. Fuite de Baudouin II, dernier empereur latin de Constantinoplc , et du patriarche.
France* — Une assemblée ecclésiastique, convoquée à Paris par saint Louis pour implorer les secours du ciel en faveur des chrétiens d'Orient, ordonne des processions, décrète des punitions contre les blasphémateurs , réprime le luxe des tables et des habits, et défend les tournois, pour deux ans, ainsi que tous les jeux, hors l'exercice de l'arc et de l'arbalète. — Ordonnance de saint Louis pour interdire dans ses domaines l'usage du duel judiciaire.
Les cas d'appel au tribunal royal se multiplient ; quatre grands baillis royaux les recevront.
Bohème. — Le roi Prémislas-Ottocar 11, quoique divorcé, se fait donner, au nom de sa femme, l'investiture de l'Autriche et de la Slyrie par l'empereur Richard Cornouailles ; H y ajouta, par rachat, la Carinthfe, la Carniole et l'Istrie.
Empire grec. — Les Génois obtiennent de Michel Paléologue le faubourg de Péra a. Constantinople, mais démantelé pour qu'ils ne puissent s'y fortifier contre l'empereur.
Excommuniés par Urbain IV, pour avoir servi la cause des Grecs contre les Latins, ils conservent leurs avantages, malgré les courses des Vénitiens dans l'archipel.
Espugne* — Le roi de Grenade, Ben-al-Ahmar, attaque les Castillans, ses anciens alliés. — Don Pèdre, fils aîné du roi d'Aragon, épouse Constance, fille de Manfred, roi des Deux-Siciles. — Le frère de Pèdre , Jayme, est fait par leur père roi de Majorque avec les seigneuries de Boussillon et de Montpellier.
France. — Quelques bourgeois sont, comme en l25(i, admis au conseil des barons. —Ordonnance royale
pour que la monnaie de la couronne soit reçue dans tout le royaume, tandis que celle des quatre-vingts seigneurs qui avaient alors le droit de frapper monnaie n'auront pas cours hors de leurs terres.
Italie* — Le comte de Provence, Charles d'Anjou, et le marquis de Montferrat, attaquent le comte de Savoie, beau-frère de Manfred. — Révolte de Turin, soutenue par les Lombards d'Asti. Le comte est fait prisonnier par ses sujets; 11 mourra bientôt en captivité. — A Gènes, une réaction aristocratique précipite du pouvoir le capitaine du peuple, Boccanégra : la dignité créée pour lui est supprimée , le podestat est ré* tabli dans son autorité.
Afrique et Espagne* — Pour la première fois, trois mille cavaliers mérinides sont envoyés par le roi de Fez , Abou-Yousouf-Yacoub, au secours des musulmans d'Espagne.
Angleterre*— Les barons prennent les armes contre leur roi parjure; le comte de Leicester, leur chef, occupe Londres. — Le gendre de Henri, Alexandre 111 d'Écosse, lui fournit inutilement des secours.
France* — Saint Louis refuse de contraindre, par les officiers de justice, les excommuuiés à se faire absoudre dans Tan et le jour , sous peine de la saisie des biens,
Italie* — Un des chefs de la noblesse milanaise , Otton Visconti , a été porté par le pape à l'archevêché de cette ville contre le gré du peuple : Milan sera pendant quatre ans en interdit, parce qu'elle ne reconnaît pas le nouvel élu. — Urbain IV offre a Charles d'Anjou la couronne de Naples et de Sicile : la comtesse de Provence, femme de Charles d'Anjou, voulait être reine comme ses trois sœurs qui étaient mariées au roi de France, au roi d'Angleterre, au roi des Romains. Le pape donne à Charles la charge de sénateur de Rome.
XIIIe SIÈCLE APRÈS J. C. 359
* 2<M. RnftAle. — Mort du grand prince
„©. — Une grande co- de Wladimlr, Alexandre , au retour
été cause une terreur panique.— Le d'un voyage fait à la horde du Kapts-
comlé de Kybourg, au sud-ouest du cnak* Un de ses frères lui succède a
lac de Constance, est donné par Ri- Novogorod et à Wladimir.
chard de Cornouailles à son neveu, JOÛ
le comte de Savoie. Eberhard , qui USW*
possède le Habsbourg , sur l'Aar in- Angleterre. - L'ambition de
lérleur, dispute cette succession. Leicester tourne contre lui les amis
Angleterre.— Sentence arbitrale des libertés anglaises. Ils favorisent
de saint Louis dans le débat du roi le rétablissement du roi : Leicester
et des seigneurs (23 janvier) : elle ne est tué dans le comté de Worcestcr,
satisfait aucun parti. Cependant le a ,a bataille d'Evesham, que gagne
roi confirme pour la sixième fois la 16 fi,s dc Henri M, le prince Édouard.
grande charte (14 mars). Guerre ou- Italie. - Charles d'Anjou . avec
verte : Henri III est vaincu et fait une armée de Français et de Pro-
pnsonnier à Lewes , dans le comté vençaux, est reçu à Rome (juin : il
de Susscx (14 ma.). Pouvoir despo- est déclaré roi en deçà et au dela:du
.que de Leicester, qu. établit dans Phare par le pape . auquel il nr£c
tout le royaume des conservateurs de d'avance le serment de fidélité et
X ™ n7r rn^TS *5 deuxKche- «"hommage lige (décembre); il s'en-
JÎÎ!f«^pï^ * n'accepterai rempireVom
am, cou-
rnnvnn,fp^ lnPn/1!!n•ent, qU "*fa.11 ronne de ^«"hardie , ni la Toscane,
convoquer , donne naissance à la Le marquis d'Esté seigneur dé
chambre des communes (décembre). Ferrare, a conclu ^cluT un traité
Danemark. — Le roi Eric V , d'alliance (août). — Les Génois por-
piisonnier depuis trois ans du mar- tent la guerre sur la côte de Candie,
çrave de Brandebourg, eu obtient la possession vénitienne, et détruisent
liberté en promettant d'épouser sa la Canéc.
orient. — En Syrie, les places r" * K55 , g. ^es chrétiens sont presque les seules 5fîî u S?°J!VÇ^ du canal qui résistent au sultan d'Égvpte Bide Malte décide Michel Paléologue, bars, vainqueur des Mongols et des leur allié, qui ne compte plus sur émirs qui affectent l'Indépendance: eux, à se réconcilier avec Venise. il échoue en personne devant Saint- Espagne* — En échange des Jean d'Acre, mais il détruit Tyr et subsides nécessaires pour la, guerre ravage les terres de Tripoli
r?™ IhM^ laJ,0,,ilesse ÏA" R-Mle. - Pleskof , dépendance
ragon obtient du ro l'exemption de la principauté de Novogorod , se
de l'impôt sur le bétail l'extension donne' à un chef lithuanien, qui se
de l'autorité du grand justic er, fntf rilwj,ifl„ „, 'J " » " 1 i ,
magistrat suprême Redouté même LucrS^
des rois, et l'exercice exclusif des 8 heureuses contre la Livonie.
charges militaires. 1286
France. — Mort du dominicain
Vincent de Beau vais , auquel on at- Angleterre. — Un parlement
tribuele Quadruple miroir , résumé rcnd au roi sa Pleine autorité , mais
encyclopédique de toutes les con- remel en «rémoire la grande charte
naissances de l'époque : il contient et la c"arte des forête.
une histoire universelle, la meilleure, Kcosse et Norvège.— Après une
malgré ses défauts, que le moyen âge guerre de trois ans avec le roi de
ait produite» . fc. Norvège, le roi d'Ëcosse obueut de
XIIIe SIÈCLE APHÈS J. C.
garder, moyennant une redevance annuelle, les lies Hébrides; la Norvège reste en possession des Iles Orcades et Schetland.
Danemark.— Un légat du pape au lieu d'apaiser les haines ranime la lutte du sacerdoce et de la royauté : il se retire avec l'archevêque de Lunden à Lubcck, d'où l'excommunication est lancée par trois évéques danois contre Éric V et contre la reine mère.
Kupagne.— Le royaume* de Murcie est rendu tributaire et vassal par le roi de Castille : ce pays lui est disputé par le roi d'Aragon qui possède Valence au nord de Murcie.
Italie. — Succès de Charles d'Anjou. Malgré le dévouement des Sarrasins, établis à Lucérie et à Manfredonia, dans la Capitanate , Manfred est vaincu et tué près de Bénévent :
des actes de cruauté souillent la victoire de l'allié du pape (26 février).
Charles prend à Capoue le trésor des gibelins. On regrette bientôt la maison de Souabe ; les vœux se portent vers Conradin, enfant de seize ans, qui vit retiré en Bavière.
•rient. — Succès de Bibars sur les chrétiens de Syrie : il leur enlève Césarée et Arsouf; Saphad ne capitule qu'après un long siège, il y massacre six cents habitants qui refusent d'embrasser l'islamisme.
Home. — Une bulle de Clément IV établit en principe que le pape a le droit, pour tous les pays chrétiens, non-seulement de disposer des bénéfices ecclésiastiques lorsqu'ils sont vacants, mais encore de les assurer à qui bon lui semble avant qu'ils viennent à vaquer ; de là les réserves expectatives.
Suède* — Le comte Birger, après quinze ans d'administration , se rejre dans un monastère pour laisser régner son fils Valdemar Ier. Il a protégé la religion, bâti des églises, fondé en 1254 et fortifié Stockholm, qui devint la capitale du royaume. Il a publié de sages lois, relevé etamé-
lioré la condition des femmes en les admettant à la succession de leurs pàrents.
Empire grec— L'empereur Michel Paléologue, pour ranimer les lettres grecques , fonde deux écoles àConstantinopIe, l'une pour la grammaire, une autre pour les hautes sciences. — Baudouin II de Courtenai cède ses droits sur l'empire grec à Charles, pour lui et pour ses successeurs les rois de Naples et de Sicile.
France. — Nouveau projet de croisade de saint Louis, désapprouvé par le pape.
Italie*— Florence croit échapper aux rivalités des guelfes et des gibelins, qui ont ensanglanté la liberté, en se donnant pour dix ans au roi de Naples, que le pape nomme vicaire de la Toscane. — Pendant que Charles d'Anjou surveille le parti gibelin en Toscane, les partisans de Conradin soulèvent contre lui la Sicile avec des fugitifs sarrasins et espagnols.
Conradin lui-môme franchit les Alpes avec dix mille cavaliers allemands. Sa marche pénible à travers la Lom hardie, où l'arrêtent les villes dévouées au saint-siége. — Le moine Roger Bacon présente au pape un plan de réformation du calendrier presque le même qu'on a suivi trois cents ans plus tard.
Orient* — Le roi chrétien d'Arménie, qui a envoyé des secours à A mioche , menacée par Bibars le sultan d'Égypte , tremble à son tour pour ses états, que ravagent les bandes musulmanes.
Italie* — Conradin est vaincu par Charles d'Anjou à Tagliacozzo, au nord-ouest du lac Pucin (23 août).
Fait prisonnier, il est condamné à mort et périt sur l'échafaud à Naples avec son ami le jeune Frédéric de Bade, qu'Ottocar II de Bohême a dépouillé de l'héritage d'Autriche (29 ocL). Avec Conradin finit la mai*
son de Souabe — Les comtes de Maurienne, qui possédaient le Piémont et la Savoie, prennent le titre de comtes de Savoie, qui resta à cette maison.
Orient. — Le sultan d'Égypte enlève aux chrétiens Jaffa (mars), et Antioche (juin). Tripoli, qui reste encore pour quelque temps aux Lalins. — Nouvelle bataille entre les flottes de Venise et de Gènes devant Saint-Jean d'Acre : le pape, saint Louis, et Charles d'Anjou insistent vainement pour les réconcilier.
Afrique. — Le chef mérinide de Fez prend Maroc sur le dernier roi de la dynastie des Almohades.
Allemagne* — Dans un de ses courts séjoursen Allemagne, Richard de Cornouailles cherche avec la diète les moyens de rétablir la paix publique et la sûreté du commerce.
Danemark. — Éric V accorde à la noblesse et au clergé, sur leurs terres, l'exercice du droit de justice qui était jusqu'alors une prérogative exclusive de la royauté.
France. — La Pragmatique sa fiction de saint Louis est le formulaire des libertés gallicanes (mars) : elle rétablit les élections ecclésiastiques, réprime les entreprises du clergé sur l'autorité séculière, restreint aux nécessités urgentes les impositions que la cour de Rome pouvait mettre sur les églises de France.
Italie. — Lucera est enfin prise par Charles d'Anjou ; les murs de la ville sont détruits de fond en comble, et les Sarrasins dispersés dans les provinces. — Charles réunit à Crémone les députés des principales villes lombardes, qui l'acceptent pour allié, mais ne veulent pas se donner un maître.
Orient chrétien. — Le nouveau roi de Chypre, Hugues 111 dit le Grand, prend le litre de roi de Jérusalem, 1 1 se fait couronner à Tyr en cette qualité.
Ru«ffle. — Après une guerre contre les Livoniens , le prince de Novogorod croit pouvoir étouffer les libertés de son peuple. 11 se récon- * cilic bientôt avec ses sujets par la médiation du métropolite de Kiev.
— Les Mongols prennent parti dans toutes les discordes intérieures.
France.— Saint Louis publie ses Etablissements, recueil de dispositions législatives mêlées de droit romain et de coutumes féodales pour les domaines de 1a couronne. Il y est dit que si le roi refuse de rendre bonne justice à ses vassaux, ils pourront poursuivre leur droit contre lui par les armes. — Au règne de saint Louis remonte l'institution de soixante notaires royaux pour la prévôté de Paris.
Franee et Afrique. — Seconde croisade de saint Louis dirigée vers l'Afrique, foyer de la piraterie qui est si redoutable aux marchands de Naples et de Sicile (juillet). Les Génois, Thibaut II, roi de Navarre, et le prince anglais Édouard , y prennent part. Au bout de deux mois le saint roi est emporté par la peste près de Tunis (25 août). Charles d' Anjou, son frère, conclut avec les musulmans un traité utile aux marchands de la Sicile. La dernière croisade atteint à peine la Palestine, où va coin battre le prince Édouard. — Thibaut II de Navarre meurt avant d'avoir regagné ses États.
Hongrie. — La Hongrie est menacée par le roi de Bohême qui vient jusqu'à Presbourg. — Le roi de Hongrie , après une guerre contre les Bulgares, prend le titre de roi de Bulgarie, que porteront aussi ses successeurs.
Italie. — Après la croisade d'Afrique , qu'a rendue plus malheureuse encore un naufrage des vaisseaux génois sur la côte inhospitalière de Sicile, à Trapani, Gènes conclut la paix avec Venise, — Venise com-
XIIIe SIÈCLE APRÈS J. C.
mence une guerre de deux ans avec I Pologne, qui ne veut pas se soumettre au droit de péage que le sénat vénitien a établi sur tous les navires et sur toutes les marchandises qui entrent dans l'Adriatique. — A Gènes, rivalité sanglante entre le parti gibelin des Doria et des Spinola , qui se font proclamer capitaines de la liberté, et le parti des Grimaldi et des Fieschi. Le nouveau magistrat, l'abbé du peuple, a des honneurs sans le pouvoir.
Afrique et Espagne.— Le roi
de Grenade Ben-al-Ahmar sollicite les secours du roi de Fez et de Maroc contre le roi de CastiUe et contre des walls rebelles.
Chine et Indes. — Le Vénitien Ma.*co Polo part pour le pays des Mongols orientaux, accompagné de son père, qui avait déjà visité le grand khan Kublaï : il parcourt l'Asie pendant vingt-six ans. Il se mit au service du grand khan mongol et fut pendant trois ans gouverneur d'une Tille de Chine. Il a écrit lui-même, seulement au retour, la relation de ses voyages, en latin ou en italien.
La Chine, l'Inde, et plusieurs lies de l'océan Indien sont pour la première fois décrites par un historien européen. En Chine , il remarque les beaux travaux de canaux , la porcelaine, le charbon de terre, le papiermonnaie. Sa description de l'Inde ne regarde que les pays situés le long des côtes; il connaît les mines de diamant, les belles mousselines, les tissus de coton, l'indigo, etc.
Allemagne. — Richard de Cornouailles, roi des Romains, meurt en Angleterre. L'Allemagne qui, depuis quinze ans au moins, est en proie à 1 anarchie, subit un véritable interrègne de deux ans. Le puissant roi de Bohême, Ottocar II, refuse la couronne que lui offre une députation de princes allemands.
France* — La mort d'Alphonse, comte de Poitiers , et de sa femme ,
Jeanne, comtesse de Toulouse , qui n'ont pas d'enfants, donne cette riche succession au nouveau roi de France, Philippe III le Hardi neveu d'Alphonse (août). — L'Agénoisest réclamé par l'Angleterre, le comtat Yenaissin par la cour pontificale.
Orient* — Le prince Edouard d'Angleterre défend Ptolémaïs contre Bibars-Bondochar et protège Hugues de Lusignan, roi de Chypre et roi titulaire de Jérusalem.
Allemagne. — La maison de
Brandebourg acquiert pour un temps, du duc slave de la Pomérclie , la place importante de Dantzick.
Angleterre.— Mort de Henri III :
Édouard Ier, absent, est reconnu roi.
France. — Philippe le Hardi confère le premier des lettres d'ennoblissement à son argentier.
Italie* — A Gènes, les Guelfes exilés, les Fieschi et les Grimaldi, ont recours aux armes de Charles de Naples. Guerre de quatre ans.— Une partie de la Bresse, entre l'Ain et la Saône inférieure, est acquise, par un mariage, à la maison de Savoie.
Suède. — Pèlerinage de Valdemar 1er à la terre sainte pour expier un inceste : régence de son frère Magnus, prince de Golliie.
Allemagne. — Élection de Rodolphe, comte de Habsbourg et landgrave d'Alsace, âgé de cinquante-cinq ans. 11 n'est pas reconnu par le roi de Bohême, dont il avait été maréchal pendant sa jeunesse.
Empire grec* — Michel Paléologue fait couronner d'avance son fils Andronic II.
Espagne* — Mort du roi de Grenade, Mohammed-ben-al-Ahmar, âgé de quatre-vingts ans (janvier).
Il en avait régné trente-six. 11 a égalé par ses goûts distingués les grands
princes arabes. Il emprunta aux chrétiens le goût des armoiries. Contrairement à l'habitude et à la loi musulmane, son tombeau reçoit une épitaphe fastueuse. Son fils unique, Mohammed II, lui succède.— Le roi de Navarre, Henri le Gras, peu de temps avant de mourir, fait reconnaître pour son héritière sa fille, âgée de deux ans et demi, malgré l'opposition des états, qui demandaient l'application de la loi salique à la terre royale pour exclure les femmes du droit de succession.
Italie. — Ligue du marquis de Montferrat,de Pavie,d'Astl, de Gènes contre l'ambitieux roi de INaples : les confédérés bravent les foudres pontificales. Le marquis de Mon (ferrât, avec des secours que lui envoie son beau-père le roi de Castlllc, reprend Alexandrie qui s'était donnée au roi Charles.
Angleterre.— Le roi Édounrd Ier, de retour de la Palestine, commence la conquête du pays de Galles.
me. — Grégoire X reconnaît l'empereur Rodolphe, après que celuici a confirmé au saint -siège la possession de l'exarchat de Ravcnne, de la marche d'Àncônc et du duché de Spolète ; l'empereur n'ira pas à Rome se faire couronner. Les Milanais le reconnaissent roi d'Italie.
Empire grée. — Mort du fils de Baudouin 11, empereur latin déchu, Philippe, qui a gardé le vain titre d'empereur de Constantinople : le titre passe au roi Charles d'Anjou, qui est allié à sa famille.
Frmnee. — Les Grandes Chroniques de France ou Chroniques de Saint-Denis i sont présentées au roi par un moine de Saint-Denis.
Rome* — Quinzième concile général (de mai à juillet) à Lyon : Grégoire X le préside. Saint Thomas e'Aquin , le docteur angéiique , de l'ordre des dominicains, meurt avant
d'arriver au concile. Saint Bonavcnture, le docteur séraphique, de l'ordre des franciscains, meurt dans l'intervalle des sessions. — Le concile travaille à la régularisation de la discipline ecclésiastique et à la réforme des mœurs dans l'Église même:
il décrète qu'a la mort d'un pape, les cardinaux seront enfermés dans un conclave d'où ils ne sortiront qu'après avoir élu son successeur; il propose qu'il ne soit pas établi de nouveaux ordres religieux. Il s'occupe de la réunion de l'Église grecque qui reconnut en effet, mais pour peu de temps, la primauté de l'Église de Rome. Il reçoit des ambassadeurs du khan des Mongols occidentaux, Abaka, fils d'Houlagou , chargés de faire un traité d'alliance avec le pape et avec les princes chrétiens contre Bibars d'Egypte. — Le roi de France, venu à Lyon, reconnaît au pape la possession du comtat Venaissin; la moitié d'Avignon, ville provençale qui est en dehors du comtat, reste pendant seize ans au roi de France. — Par les soins du concile, le roi de Danemark se réconcilie avec l'archevêque de Lunden et l'interdit est levé après dix - sept ans. — Le roi Jayme I" d'Aragon assiste à l'ouverture du concile de Lyon. Le pape refuse de le couronner, parce qu'il ne veut pas payer au saint-siége le tribut pour lequel s'était engagé son père en 1204. — Vers 1274, l'ordre religieux des Célestins est institué par Pierre Mouron, qui plus tard a été pape sous le nom de Céleslin V
Afrique et Espagne. — Le roi
de Grenade, Mohammed 11, pour obtenir les secours du roi mérinide de Fez et de Maroc, Yacoub, contre les chrétiens, lui livre les ports de Tarifa et d'Algeziras. Désastre d'une armée castillane en Andalousie , d'une armée aragonaise dans l'Aragon même.
Après la mort de l'infant de Castille Ferdinand, fils aîné d'Alphonse X, Sanchc, frère de Ferdinand, âgé de dix-huit ans, repousse les Mérinides.
364 Ml' SIÈCLE
Allemagne.— L'empereur somme le roi de Bohême de lui rendre hommage, et de renoncer à l'héritage d'Autriche , fief d'empire qu'il a usurpé: sur son refus, un arrêt de proscription est prononcé par la diète d'Augsbourg ; les États contribuent à la guerre contre lui.
Angleterre. — Parlement, où sont présents les députés des comtés et ceux des bourgs: ils accordent un droit sur l'exportation des laines et des cuirs.
Espagne. — En Aragon, les corlès règlent l'ordre de succession royale, en ligne directe et masculine.
— Kn Castille , débat au sujet du droit de représentation qui est invoqué en faveur des fils de Ferdinand de Lacerda , nés d'une fdle de saint Louis, contre Sanche, le frère puîné de Ferdinand.
Espagne et France. — En Navarre, intervention armée du roi de France pour conserver le trône à la jeune reine que menace un parti puissant, soutenu parles Aragonais; elle sera fiancée au fils du roi.
Orient. — Bibars entre en Arménie, où il tue vingt mille, hommes.
Les Arméniens s'allient avec les Mongols.
Venise. — A la mort du doge, Laurent Tiepolo, qui avait épousé la fille du ban de Servie et marié son fils avec une Esclavone, le sénat défend par une loi que le doge ou ses enfants épousent des femmes étrangères.
Espagne. — En Aragon , mort de Jayme 1er, qui a régné soixantetrois ans (juillet); son fils aîné, Pierre 111, lui succède.— En Castille, les corlès de Ségovie reconnaissent les droits de Sanche au trône, au détriment des infants de Lacerda, nés du fils aîné d'Alphonse X, qui les préférait. L' Aragon est l'asile des infants ; inutiles réclamations du roi de France en leur faveur : ce* que-
APRÈS J. C
relies de succession agiteront long temps la Castille.
France. — Les nobles font juger et condamner à mort Pierre de La Brosse, chambellan du roi, ancien chirurgien de saint Louis; on l'accusait d'avoir attribué à la seconde femme du roi, Marie de Brabant, l'empoisonnement du prince royal, né d'un premier mariage.
Italie. — Les bannis de Milan et les nobles assurent par les armes le triomphe d'Othon Visconti sur les Torriani ; il est reçu à Milan comme archevêque» et comme seigneur (janvier). L'exil des Torriani ne met pas fin aux guerres civiles. — Le seigneur de Ferrare, marquis d'Esté, reçoit de Rodolphe l'investiture impériale.
Allemagne. — Un traité de paix, appuyé sur un double mariage, entre les maisons de Habsbourg et de Bohême, enlève l'Autriche, la Styrie, la Camiole, à Ottocar II, qui reçoit de l'empereur l'investiture de la Bohème et de la Moravie.
Empire grec et Rome. — L'empereur Michel Paléologue, n'espérant le secours des Occidentaux que s'il opère la réunion des deux Églises, signe l'acte d'union après de longues controverses (avril) : il envoie au pape une profession de foi et le serment d'obéissance. Indignation de ses sujets.
Orient chrétien.— Marie d'An* tioche cède au roi de Naples ses prétentions su rie royaume de Jérusalem.
Orient musulman. — Grande victoire de Bibars sur les Mongols en Syrie, entre Émèse et Damas. Sa mort et les discordes qu'elle causera en Égypte laisseront respirer les chrétiens et les Mongols.
Allemagne et Bohême. — I*
roi Ottocar 11, dans une bataille contre l'empereur daus le MarkfeW,
près de Vienne, meurt couvert de dixsept blessures ( août ). Les électeurs allemands empêchent Rodolphe de s'emparer de la Bohême; elle reste au Jeune fils d'Ottocar II, sous la tutelle de son oncle le margrave de Brandebourg : mais réserve est faite des droits que la maison de Habsbourg pourrait acquérir à la couronne de Bohême, par le mariage du second fils de l'empereur avec une fille d'Ottocar H.
Espagne* — Alphonse X de Castille assiège inutilement Algeziras, que défend le fiis du roi mérinide.
Orient chrétien. — Une flotte française et italienne du mi de Naplcs dispute la possession de Saint- Jean d'Acre au roi de Chypre , qui a aussi des prétentions au titre de roi de Jérusalem.
Chine et Mongols» — KublaT, grand khan des Mongols orientaux depuis dix-neuf ans, soumet la Chine entière. La dix-neuvième dynastie chinoise qui a duré trois siècles fait place à la dynastie mongole des Yen.
Pologne. — Après trente-huit années de trouble, un prince de la branche ducale de Mazovic est reconnu duc de Pologne, malgré l'évéque de Cracovie : son règne ne met pas fin à l'anarchie.
K tiède.— Valdemar I", plusieurs fois vaincu par son frère Magnus, est forcé de lui céder le trône. — Magnus Ier prend le titre de roi des Suédois et des Goths, que ses successeurs ont toujours conservé. Il se maintient contre toutes les révoltes des seigneurs, même des Folkungs.
Allemagne. — Mort du docteur dominicain, Albert le Grand, né en Souabe, illustré par son enseignement philosophique à Paris et a Cologne, et par sa profonde connaissance de toutes les sciences scolastiques.
Italie. — Le comte de Savoie abandonne sa résidence de Chambéry, en Savoie, et choisit pour capitale Turin, dans le Piémont, sur le Pô , où résideront aussi ses successeurs.
Orient muntilman. — Le nouveau sultan d'Egypte, Kélaoun, reprend avec succès la guerre coulrc les Mongols, près d'Ëmèse.
Pru«*e.— Les chevaliers teutons commencent la construction de la forteresse de Marienbourg sur une branche de la basse Visiule.
Borne. — Mort du pape Nicolas 111 , de la famille romaine des Ursins. Il est le premier qui ait pratiqué le népotisme : il avait voulu constituer pour un de ses neveux un royaume de Lombardie, pour un autre un royaume de Toscane. Jaloux des Angevins de Naples, il relira au roi Charles la diguité de sénateur de Rome.
Empire grée. Rome et Miellé.
— Au nom des siciliens qui gémissent sous le joug français, le médecin de Manfred, Jean de Procida, excite à la guerre contre Charles d'Anjou, le roi d'Aragon, gendre de Manfred et Michel Paléologue, auquel il montre les dangers de l'alliance du roi de Naples avec Venise. — Charles fait arrivera la papauté un Français, Martin IV, qui lui rend la dignité de sénateur de Rome. — L'empereur Michel, qui a cependant donné des gages de soumission à la cour de Rome, est excommunié par Martin IV comme fauteur de schisme et d'hérésie : le roi de Naples veut avoir un prétexte pour combattre les Grecs, avec le concours des Vénitiens.
Italie. — Étant tombé entre les mains du comte de Savoie, Guillaume V, marquis de Montfcrrat, est obligé de renoncer à ses prétentions sur Turin et sur les autres places du Piémont qu'il a usurpées.
Mongol».— Les vents et les flots
366 xm« slicL*
défendent les lies du Japon contre une invasion du grand khan Kublaï.
— Le chef mongol soumet du moins les contrées de Corée, de Tonquin, de Cochinchine, de Pégu et de Benpale.— Splendeur de la nouvelle ville de Pékin.
Allemagne. — L'Autriche, conquise sur le roi de Bohême, est donnée par l'empereur à son fils Albert avec le consentement de la diète d'Augsbourg.
Empire grée. — Andronic II , qui succède à son père Michel Paléologue (décembre), rdmpt presque aussitôt l'union religieuse avec les Latins. Pendant ce règne, faiblesse et honte au dehors, despotisme et cruauté au dedans.
Espagne. — Le roi de Portugal est excommunié par les évêques de son royaume pour avoir porté atteinte à leurs privilèges, il sera forcé de les leur rendre. — En Castille, Alphonse X, aux prises avec son secoud fils Sanche, qui veut l'obliger à reconnaître ses droits à la couronne au détriment des infants de Laccrda, fait intervenir l'autorité pontificale , et déshérite Sanche. Le père a recours à l'alliance du roi de Maroc, le fils à celle du roi de Grenade.
E*pugne9 France et Sicile.—
Massacre des Vêpres siciliennes à Palcrme ( 30 mars) ; soulèvement de l'Ile contre les Français. Le roi Pierre 111 d'Aragon, gendre du gibelin Manfred , est reçu comme un libérateur (août) ; il est couronné roi à Palerme et occupe Messine. Martin IV l'excommunie et offre la couronne d'Aragon au second fils de Philippe le Hardi, Charles de Valois.
Italie. — Constitution de la seigneurie de Florence : les représentants des arts et des métiers les plus influents, appelas majeurs, nomment des prieurs. — Le marquis de Montierrat perd toute autorité à Milan, où l'archevêque Othon Visconti cherche à se réconcilier avec les Torriani.
APBÊS i. C.
mongols. — Mort d'Abaka qui
avait succédé à Houlagou à la tête des Mongols de Perse. Le frère d'Abakà, qui s'empare de la dignité de khan, embrasse l'islamisme, se fait appeler Ahmed, et renverse les églises des chrétiens.
Angleterre. — Parlement divisé en deux assemblées pour fournir au roi des subsides contre les Gallois (janvier). Défaite et mort de leur chef Léolyn.
Espagne. — En Castille, par décision descortès de Ségovie, l'ère de Jules César fait place à l'ère de Jésus- Christ.
France. — Quatorze ans environ après la rédaction par Pierre Desfontaines du Conseil à un amt, ouvrage de jurisprudence mêlé de droit romain et de droit féodal, Philippe de Beaumanoir rédige les Coutumes et Usages de Beauvaisis.
Prnsse.— Après cinquante-deux ans de combats , les chevaliers teutons achèvent la conquête de tout le territoire prussien par la soumission de la Sudavie. Ils commencent une guerre séculaire contre les Lithuaniens idolâtres.
Venise. — Le territoire de PIstrie est un sujet de guerre avec le patriarche d'Aquilée : le patriarche, avec l'aide du comte allemand de Goritz, prend Trieste.
Angleterre. — David, frère de Léolyn, livré par des traîtres a Edouard , est pendu et écartelé par sentence de l'assemblée des barons.
Un fils naît au roi au milieu de sa conquête : cet enfant reçoit le titre de prince de Galles qui a toujours été depuis affecté à l'héritier du trône.
Kniplre gree et Italie. — En
mariant sa fille à Andronic Palêologue, le marquis de Montferrat lui donne en dot le royaume de Tlicssa-
xin* siècle ahiès j. c.
ionique, perdu depuis cinquante ans pour sa famille et déjà cédé à la maison de Souabe en 1227.
F» pagne. — Mort d'Alphonse X (avril ). — La CasUlle lui doit un recueil de lois Siete Partidas; il a laissé des chants ou cantiques en langue portugaise sur des sujets sacrés; il a fait dresser à grands frais les Tables alphonsines qui lui ont acquis une réputation d'astronome.
—Son fils, qui s'était réconcilié avec lui , Sanche IV, devient roi de Cas- Ulle, selon le vœu de la nation. 11 confirme son alliance avec le roi de Grenade , refuse celle du roi mérinide de Maroc.
Eapagne et Italie. — L'amiral aragonais Roger de Loria, à la suite d'une victoire navale vis-à-vis de Naples (juin), fait prisonnier le fils de Charles d'Anjou. — Charles , revenu de Provence, punit cruellement une tentative de rébellion des Napolitains.
France. — Ordonnance de Philippe le Hardi, au sujet des devoirs et des obligations morales des avocats devant les tribunaux royaux.
Italie. — La grande victoire navale gagnée par les Génois sur les Pisans dans les eaux de Meloria, près de Livourne, ne met pas fin à la guerre (fi août). — Elle fortifie à Gèues la faction des Doria et Spinola, dont les chefs étaient à la tête de la flotte.
Mongol*. — Ahmed est renversé et remplacé dans la dignité de khan des Mongols de Perse, par un de ses neveux, fils d'Abaka, qui ne voulut prendre ce titre qu'après avoir reçu l'investiture du grand khan de Tartarie dont il se regardait comme vassal.
Espagne, France, Italie et Sicile. — Mort de Charles d'Anjou (janvier). Son fils, quoique captif en Aragon, est proclamé roi par les Napolitains, sous le nom de Charles H.
— Philippe le Hardi conduit cent
mille hommes en Catalogne, par le Roussillon, où Jayme, roi de Majorque depuis 1262, lui livre passage sur les terres de son neveu (mai). Les Français prennent plusieurs places.
Espagne et Sicile. — Mort du roi d'Aragon, Pierre III, relevé récemment des censures pontificales (10 novembre). Partage de ses Etats:
son fils aîné lui succède en Aragon ; le second est roi de Sicile.
France. — Philippe le Hardi est mort au retour de l'expédition d'Aragon, à Perpignan dans le Roussillon, Agé seulemeut de quarante ans ( G octobre ). — Le contre-sceau, qu'il a laissé quand il est parti pour cette guerre, présente les fleurs de lis seules dans l'écu de France.
— Avènement de Philippe IV le Bel, qui est marié à la reine de Navarre.
Gilles Romain, moine augustin, son ancien précepteur, a défendu l'indépendance des rois contre les papes.
Hongrie. — Les Cumans idolâtres viennent de l'est jusqu'à Pesth , vis-à-vis de Bude , et obligent même le roi Ladislas à adopter leurs coutumes et leurs mœurs.
Savoie. — Le pays de Vaud, au nord du lac de Genève, et le Bugey entre l'Ain, le Rhône et le Jura, sont acquis par les armes à la maison de Savoie.
Danemark. — Mort tragique du roi Eric V , victime d'une conspiration de seigneurs secrètement soutenus par le roi de Norvège. Son fils Éric V , âgé de douze ans , lui succède sous la tutelle du duc de Slesvig.
i\ cosse.— La mort du roi Alexandre III laisse la couronne à sa petitefille, Marguerite, née d'Éric, roi de Norvège, dont la tutelle appartient à cinq régents.
Espagne. - Alphonse III , roi d'Aragon, punit son oncle le roi de Majorque, qui avait donné assistance aux Français.— 11 enlève aux musul-
mans l'Ile de Mlnorque, où ils gardent encore pendant un an la forte position de Port-Mahon.
Irance. — Impôt sur le sel.
Orient musulman. — Mort
d'Abulfarage, auteur d'une chronique universelle en syriaque, traduite par lui-même en lalin.
Rome. — Honorius IV confirme Tordre religieux des carmes, originaire du mont Carmel en Syrie, qui s'était depuis quelques années répandu en Occident. Le concile général de Lyon ue l'avait pas reconnu.
Espagne. — Les prétentions des infants de Lacerda au trône de Castille sont de nouveau une cause d'hostilités entre la Camille, la France et l'Aragon.
niongola.— Le khan des Mongols donne sa confiance à un médecin juif qui fit exclure des charges les musulmans , puissants sous son prédécesseur. 11 s'aille avec les chrétiens.
Orient. — Un lieutenant du sultan d'Égypte enlève Laedicée (Ladikia), qui restait seule avec Tripoli au dernier descendant des princes normands d'Anlioche, Bohémond VU (avril). Ce prince meurt peu de mois après (octobre). — A la nouvelle de l'occupation du château de Saint- Jean d'Acre par le roi de Chypre Henri 11 , roi titulaire de Jérusalem, qui dans cette expédition a été soutenu par les templiers et par les hospitaliers, le roi de Naples, qui prétend au titre de Jérusalem depuis dix ans, fait saisir en Italie les biens des deux ordres.
Danemark. — Commencement d'une guerre de vingt ans entre le Danemark et la Norvège.
Italie et Sicile. — Le roi d'Aragon obtient du roi de Naples Charles 11 le Boiteux, son prisonnier, la renonciation à la couronne de Sicile, et lui rend la liberté (29 août).
Italie. — Modène demande à être gouvernée par le marquis d'Esté, seigneur de Ferrare.
orient.— Tripoli est enlevée aux chrétiens par le sultan d'Égypte et brûlée : elle sera rebâtie par le vain-
Îueur sous le nom d'AiraboIos ou arabolos.— Les Latins n'ont plus en Orient que Saint-Jean d'Acre, Tyr et Sidon.
Rome. — Avènement de Nicolas IV. Il avait été religieux dans l'ordre des frères mineurs, les cordellers de saint François.
Bohême. — Après avoir renoncé à ses prétentions sur l'Autriche et sur la Slyrie, le roi Wenceslas IV épouse une fille de l'empereur Rodolphe.— Le duc d'Oppelen en Silésie renonce à l'obéissance vassalitique envers la Pologne , et se place sous la suzeraineté de la Bohême.
Venise. — Mort du doge Jean Dandolo. Sous son règne on a commencé à fabriquer de nouvelles pièces d'or, les ducats. — Le brave et habile Pierre Gradenigo est élevé à la dignité de doge à l'âge de trentehuit ans. — Établissement du tribunal de l'inquisition par une bulle pontificale (28 août) : les juges appartiendront au clergé , ils seront assistés de sénateurs; tous les frais, mais aussi les revenus que donneront les amendes et les confiscations , etc. , seront pour la seigneurie.
Allemagne. — Les électeurs refusent d'élire roi des Romains le fils aîné de l'empereur, Albert, duc d'Autriche. — L'empereur, dans la diète d'Erfurt, confère au roi de Bohême, à titre de fief, la principauté silésienne de Breslau, vacante par la mort du dernier duc ; il disposait de la Silésie comme d'un fief de la Pologne qui avait été elle-même sous la suzeraineté de l'empire. Les Silésiens ne veulent pas du roi de Bohême.
XIIIe SIÈCLE APRÈS J. C
Espagne. — Le roi de Portugal établit une université a Lisbonne.
France. — Le comte de Provence, roi de Naples, qui marie sa fille à Charles de Valois fi t •re du roi. lut donne pour dot le Maine et l'A tijou.
Hongrie. — L'assassinat par les Cumansdu roi Ladislas, qui ne laisse pas d'enfant , fait arriver au trône André III dit le Vénitien , né d'Etienne , fils posthume du roi André II, et d'une Vénitienne, Mo rosi ni. — Il a pour compétiteur le fils d'une sœur du dernier roi Ladislas qui avait été mariée à Charles II de Naples : mais ce jeune homme de dixhuit ans, Charles Martel, que protégeait le pape, ne parut jamais en Hongrie. Vaines prétentions d'Albert d'Autriche.
Italie* — Reggio se donne au marquis d'Esté, déjà seigneur de Ferrare et de Modène.— Guillaume Vde Montferrat, après trente-six ans d'un règne glorieux, est pris par ses sujets rebelles d'Alexandrie, qui le tiennent enfermé dans une cage de fer pendant cinq mois, jusqu'à sa mort. Son fils Jean Ier lui succède à seize ans.
Orient chrétien. — Le nouveau roi d'Arménie renonce au rit grec et, sur les instances des frères mineurs que lui a envoyés Nicolas IV, accepte avec son peuple la communion de l'Église romaine. La cour de Home sollicite pour lui , mais inutilement, le secours des Occidentaux.
Suède. — Mort du roi Magnus I*p Ladulas : il a fait des lois favorables aux paysans. L'aîné de ses enfants , Birger II, lui succède à onze ans, sous un régent despote.
Angleterre. — Édouard Ier fait faire un tableau général et détaillé des possessions territoriales du clergé en Angleterre et dans le pays de Galles: ce travail est, en manuscrit, à la bibliothèque d'Oxford.
Angleterre et JKcosse. — Mort
de Marguerite d'Écosse, la vierge de Norvège; douze compétiteurs à la couronne d'Ecosse. Edouard I", pris pour arbitre entre Jean Baillol <| Bobert Bruce, les deux principaux prétendants , se fait d'abord reconnaître suzerain du royaume.
Espagne, France et Hlrlle.
— Un traité signé a Tarascon rétablit la paix entre les rois de France, d'Aragon et de Naples : Charles dé Valois renonce à ses prétentions sur l'Aragon ; le roi d'Aragon s'engage à ne pas donner de secours contre la maison d'Anjou à son frère , qui est roi de Sicile ( février ).— Mort du roi d'Aragon, sans enfants. Le roi de Sicile, son frère, Jayme II d'Aragon, lui succède (juin), et n'abandonne que l'administration de la Sicile à son frère Frédéric.
Italie. — - A Gènes , après que Spinola et Doria ont exercé pendant vingt et un ans la charge de capitaines de la liberté , il est décrété que le capitaine sera renouvelé tous les ans : le podestat étranger est maintenu, mais subordonné au capitaiue.
Orient chrétien et musulman.—La mort du sultan d'Égypte Kélaoun n'a pas empêché son fils Kalil-Ascraf de poursuivre activement le siège de Saint-Jean d'Acre. Cette place, défendue par une flotte vénitienne , mais abandonnée lâchement par le roi de Chypre Henri II, est, après cinq semaines d'attaques, emportée d'assaut ( mars ). Dernière résistance des templiers et des chevaliers teutons dans la maison du Temple; capitulation violée : les chevaliers sont tués ou retenus captifs.
La ville brûlée ne sera pas relevée.
Deux années suffiront pour enlever aux Latins le peu qui leur reste en Syrie et en Palestine. Les chrétiens qui ne quittent pas la Palestine seront sous la juridiction d'un patriarche grec résidant à Constantinople. — Les ordres de l'Hôpital et du Temple prennent pour chef-lieu la ville de Limisso, dans l'Ile de Chypre, d'où ils pensent encore inquiéter les
370 XIIIe SIÈCLE
infidèles. Le roi de Chypre ne les tolérera que moyennant une capitation. Le siège de l'ordre toutonique est établi dans la commande rie de Venise.— L'avidité des rois d'Angleterre et de Portugal voit une proie facile dans les biens que ces ordres possédaient en Europe ; les biens enlevés ne seront rendus que plus tard, grâce aux menaces de Boniface Vlll.
Ferdc. — En 1291 ou en 129C , mort du poète arabe Saadi. 11 était né à Chiraz dans le Farsistan ou l'ancienne Perse. 11 est auteur de Gulistan, c'est-à-dire le Jardin des Roses, recueil de sentences. La morale et la religion inspirent souvent ses poésies; quelques-unes sont cyniques.
Allemagne. — Six mois après la mort de Rodolphe de Habsbourg, une intrigue électorale fait empereur Adolphe de Nassau (mai).
Angleterre et Ecosse . — É-
douard Ier désigne pour le trône d'ticosse Jean Baillol, qui lui prête serment de fidélité et aliène ainsi l'indépendance de sa nation.
Angleterre et France. — Une
querelle entre un matelot anglais et un matelot français à Rayonne est l'occasion de la nouvelle guerre entre les deux pays.
Espagne. — Sanche IV de Castille enlève au roi de Maroc Yousouf, successeur de Yacoub , la place de Tarifa qu'il défendra contre toutes les forces des Maures (octobre) : cette importante conquête le brouille avec le roi de Grenade , son allié , auquel il avait promis de la restituer.— Yacoub encourage sans succès la révolte d'un frère de Sanche IV.
Allemagne. — Les députés des villes immédiates exercent le droit de suffrage dans la diète générale.
Angleterre et France. — É-
douard est cité devant la cour des
APRÈS J. C
pairs de France; Douvres est menacée par une flotte de Philippe le Bel.
Italie. — Modènc et Reggio défèrent au marquis d'Esté la seigneurie perpétuelle. — Commencement d'une guerre entre les Vénitiens et les Génois, qui sera malheureuse pour les premiers.
Angleterre. — Mort du cordelier anglais Roger Bacon , l'homme le plus éclairé de son siècle ; il entreprit une rénovation générale des sciences : la poudre a canon est décrite dans un de ses livres. L'Opus majus de Bacon renferme môme des projets de réforme sociale.
Angleterre et France. — Philippe le Bel prétend garder l'Aquitaine anglaise, dont une partie a été remise en séquestre entre ses mains.
L'empereur Adolphe de Nassau, à l'instigation d'Édouard 1er, réclame au roi de France les dépendances de l'ancien royaume d'Arles. Les Flamands, sous le comte Gui de Dampierre, que le roi de France empêche de marier sa fille au fils d'Edouard 1er, seront, pour l'Angleterre, de plus utiles alliés. Philippe le Bel aura l'alliance du roi d'Ecosse, Jean Baillol, qui veut s'affranchir de la suprématie anglaise invoquée d'abord par lui contre son compétiteur.
Danemark. — Éric VI fait emprisonner l'archevêque deLunden, qui a pris possession du siège sans la confirmation royale : nouveau débat avec le sacerdoce.
France. — Loi somptuaire de Philippe le Bel. — Un mariage prépare l'élévation des Montforl au fiel ducal de Bretagne.
mongols.— Mort du grand khan Kublaï. La dynastie mongole de Chine n'aura plus qu'une suprématie nominale sur les autres empires mongols i:
1° du Zagatal, dans la haute Asie centrale; 2° de la Perse, qui comprend l'occident de l'Asie -, 3° du Kaptschak russe.
Mongol* et Turcs. — Chute du dernier sultan turc seldjoucide d'Iconium, vaincu par un émir rebelle:
es Mongols de Perse, qui depuis près d'un demi-siècle disposaient de cette suitanie , sont les maîtres à Iconium ou Roum. — Les émirs, qui relevaient du sultan, forment dix principautés turques indépendantes; le plus célèbre, Othman, a donné son nom aux Turcs ottomans.
Rome. — Célestin V abdique au bout de cinq mois; le roi de Naples faitélirefienoltCaletan, BouifaceVIlI.
Angleterre. — Parlement de Westminster, le plus complet qu'on ait encore vu : le roi y convoque , pour avoir des subsides , quaranteneuf comtes ou barons , deux chevaliers par comté, deux bourgeois par ville ou bourg (octobre) : cent vingt villes ou bourgs y seront représentés. Depuis 1295, le parlement sera convoqué onze fois au moins dans les douze dernières années du règne.
Espagne. — Mort du roi de Castille, Sanclie IV. Son fils lui succède à dix ans sous la tutelle d'une mère énergique qui écartera les prétendants et repoussera les attaques de l'Âragon , du Portugal, de Grenade.
Espagne et Sicile. — Traité d'Anagni ( juin ) : le roi d'Aragon épouse une fille de Charles II de Naples, et s'engage à restituer la Sicile ; mais son frère Frédéric la défendra même contre lui.
France. — Altération de la monnaie royale ; la valeur en est réduite dans la proportion des deux tiers.
■telle. — Mort d'Othon Visconti, âgé de quatre-vingt-dix-sept ans, archevêque et seigneur de Milan , vicaire général en Lombardie. Matteo, son neveu , aura comme lui la dignité de seigneur. — Le marquis d'Esté, seigneur de Ferrare, Modène et fteggio , est pendant deux ans en guerre avec les Parmesans et les Bo-
lonais. — Mort du FlôVentin Brunetto Latini. On distingue entre ses ouvrages le Trésor, manuel général d'études, qu'il a écrit ou traduit en français, et le Tesoretto, en italien, recueil de préceptes moraux, qui est comme le premier germe de la grande composition de Dante , son élève.
Mongol*. — Le nouveau khan des Tartares occidentaux, Kasan, est musulman, mais n'est pas hostile aux chrétiens.
Pologne.— La mort des ducs de la Poméranie orientale , qui ne laissent pas d'héritiers directs, ouvre une guerre de succession, qui dure plus de quinze ans , entre le margrave de Brandebourg et le roi de Pologne.
Prince. — Derniers efforts des Prussiens pour retourner à l'idolâtrie.
France et Borne. — A l'occasion des taxes dont Philippe le Bel chargeait le clergé de France, Boniface VIII publie la bulle Clericis laicos , qui défend aux clercs de payer aucun subside aux princes sans l'autorisation du saint-siége. Ordonnance du roi pour empêcher les espèces de sortir du royaume.
Italie.— A Gènes, le parti gibelin reprend l'avantage, et nomme capitaines du peuple ses chefs Spiuola et Doria, sans podestat étranger.
Sicile. — L'Aragonais Frédéric reçoit des Siciliens le titre de roi.
Allemagne. — Ligue de quatre électeurs contre Adolphe de Nassau au profit d'Albert d'Autriche.
Angleterre et Écos»e. — Bailloi , qui a pris les armes contre Edouard, est vaincu, il se livre et est enfermé à la Tour de Londres.
L'Écosse est à la merci d'Édouard , qui emporte le sceptre et la couronne et brûle les archives nationales.
Angleterre. — Édouard qui a frappé d'impôts , sans le consente-
ment du parlement , les laines et les cuirs, le blé et les bestiaux, après une déclaration des griefs publics que présentent deux des chefs de la noblesse, confirme les chartes.
Vranee. — Robert, comte d'Artois, bat les Flamands; prise de Furnes (13 août). Trêve de deux ans avec la Flandre et l'Angleterre. — Louis IX est canonisé.
M vonle.— L'archevêque de Riga , en guerre avec les chevaliers teutons de Livonie , appelle à son secours le grand-duc idolâtre de Lithuanie.
Borne. — Boni face VIII fait publier une croisade contre la puissante maison romaine des Colonna qui, tout en occupant les principales dignités de l'Église et du gouvernement , ne veut pas obéir au saint-siége.
VenUe* — Le gouvernement devient plus aristocratique sous le doge P. Gradenigo : l'entrée au grand conseil , donnée jusque-là par l'élection, est rendue héréditaire pour les familles qui y étaient admises depuis quatre ans; ces familles sont inscrites sur le Livre d'or, registre de la noblesse vénitienne; les charges et les conseils publics sont interdits même à l'évêque et aux curés de la ville.
Angleterre et Ecoswe* — É-
douard bat de nouveau les Écossais à Falkirk.
me. — Élu empereur, Albert d'Autriche bat et tue son rival àGoelheim, près de Worms (2 juillet). Boniface Vlll refuse de reconnaître Albert et prend lui-même la qualité de vicaire général de l'empire.
Danemark. — Le légat de Boni face VIII déclare le roi excommunié jusqu'à ce qu'il ait payé une indemnité due à l'archevêque de Lunden.
Espagne* — Le roi d'Aragon restitue , moyennant l'hommage , le royaume de Majorque à son grand-
oncle Jayme, qui possède aussi Montpellier sous la suzeraineté de la France.
Kupagne, Italie et «telle. —
Le roi d'Aragon s'unit à son beaupère Charles 11 de Naples contre son frère Frédéric, le roi de Sicile : Roger de Loria commande la flotte commune.
Vranee* — Les peuples des sénéchaussées de Toulouse et d'Albl obtiennent l'abolition de la servitude de corps, moyennant un cens annuel.
Italie* — Cent galères de Venise perdent un grand combat, dans l'Adriatique, contre quatre-vingt-cinq vaisseaux génois; l'amiral vétrittefiest tué ( 8 septembre ). — Mort de Jacques de Vorage, dominicain , né à Varagglo, sur la côte de Gènes, auteur de la Légende dorée , immense compilation d'histoires miraculeuses.
Orient chrétien.-- Le roi d'Arménie, menacé par les Sarrasins, demande les secours des chevaliers.
Allemagne et France* — Conférence d'Albert d'Autriche et de Philippe le Bel à Vaucouleurs, près de la Meuse , pour régler les limites des deux États.
Angleterre* — Après la guerre d'Êcosse, Édouard lrr, qui a cependant besoin du concours de la nation pour soutenir son allié le comte de Flandre, que menace de nouveau Philippe le Bel, ne confirme les chartes qu'avec cette réserve qui les détruit, «sauf le droit de notre couronne. » Irritation dans la noblesse et dans le peuple. — Les universités d'Oxford et de Cambridge sont représentées au parlement.
Italie* — Par la médiation de Matteo Visconti , seigneur de Milan, Gènes et Venise concluent la paix :
les vaisseaux vénitiens ne pourront, pendant treize ans, paraître armés en guerre dans la mer Noire ni dans les parages de Syrie.
M vonle. — Lubeck , pour faci-
liter son commerce en Ltvonic et en Russie, se fait donner de grands privilèges par les chevaliers teutons.
Orient* — Le khan des Mongols, .es rois chrétiens d'Arménie et de Géorgie y les templiers avec leur
grand maître Jacques de Molay, envahissent la Syrie : le sultan d'Egypte , Naser, est battu près d'Èmèse ;
Îlusieurs places sont prises, même érusalem, qui ne sera pas gardée un an.
XIV SIÈCLE APRÈS Jf. C.
APERÇU GÉNÉRAL
Le xiv* siècle ne donne presque aucune invention importante, excepté peut être celle du papier de chiffe: il en a été employé pour certains actes du procès des templiers, qui se conservent en France aux Archives ; l'usage de ce papier, devenu commun , contribuera à multiplier tous les genres de manuscrits. Les cartes à jouer datent des premières années de la démence de Charles VI, à la fin du siècle. La gravure en bois remonte au moins à la même époque. Quelques relations de voyages, entre autres celle de l'Anglais Jean Mandeville, étendent ou précisent les connaissances géographiques des Européens : on s'essaye à dessiner des cartes qui résument et fixent ces notions nouvelles. Parmi les sciences pratiques, la médecine est arrêtée dans ses progrès, parce que l'étude de l'anatomie n'est pas permise : une décrétale de Boniface VIII interdit les dissections et menace d'anathème ceux qui feront bouillir des cadavres pour en faire des squelettes. La chirurgie a de singulières recettes pour traiter les plaies ; elle pratique les enchantements et recommande l'intercession des saints.
Si la littérature produit de grands noms, Aboulféda, Barthole, Dante , Pétrarque, Boccace, Chaucer, Wiclef, Froissart, beaucoup rappellent de ternes et médiocres productions depuis longtemps flétries. Les controverses théologiques tombent dans l'extravagance. Des moines grecs, dans la ferveur et dans l'aberration de leurs contemplations, aperçoivent à leur nombril des rayons de la lumière béatifîque : cinq conciles grecs, malgré l'opposition de Barlaam, décident que la lumière du nombril est celle qui environnait Jésus- Christ sur le Thabor, qu'elle est incréée. Pendant ces querelles, les Turcs ottomans enlèvent les provinces grecques de l'Asie , déjà
XIVe SIÈCLE APRÈS J. C.
même de l'Europe ; ils arrivent jusqu'au Danube. Les franciscains raniment les disputes des écoles : il s'agit de savoir s'ils peuvent se dire propriétaires de quelque chose, même de ce qu'ils emploient pour se nourrir ; ils se divisent sur la couleur, la forme et la matière de leurs habits. Le saint-siége est mêlé à ces misérables débats, dont l'Anglais Guillaume d'Occam est un des grands acteurs; les membres les plus rebelles à la volonté pontificale sont brûlés. Occam renouvelle la secte des nominaux à laquelle appartient Buridan, recteur de l'université de Paris : celui-ci n'est cité que pour le fameux argument de l'âne irrésolu, lorsqu'il raisonne sur le libre arbitre et sur l'équilibre des motifs déterminants. Le xme siècle, âge d'or de la scolastique, a fait place à un siècle de fer.
L'hérésie devient plus audacieuse à mesure que s'affaiblit l'autorité morale des papes qui consentent à résider à Avignon, captifs pendant soixante et dix ans sous la main des rois de France : l'indigne petit-fils de saint Louis a mérité les malédictions de l'Église. L'Anglais Wiclef répand ses doctrines qui ébranlent la croyance aux dogmes: il nie la présence réelle et l'efficacité des sacrements; il conteste les vertus des papes et leur infaillibilité. Comme il parle de liberté, d'égalité même, les paysans des environs de Londres, égarés par de fougueux sectaires, demandent en vain à l'insurrection une charte d'affranchissement. Wiclef qui vit assez pour voir pendanthuit ans l'Église déchirée par le grand schisme, est le précurseur des réformateurs et des schismatiques des siècles suivants. Au milieu des malheurs de l'Église, apparaît le plus beau monument dû à l'inspiration de l'Évangile, c'est l'Imitation de Jésus-Christ, l'éternelle consolation des âmes pieuses et tendres, œuvre anonyme attribuée à des moines mystiques, quelquefois à Gerson le grand docteur de l'Église de France, ou à Thomas de Kempen : on n'en sait ni la patrie, ni la date ; on n'est même pas sûr du siècle.
Cette cour d'Avignon , cette nouvelle Babylone où l'or si souvent achètera les grâces et les indulgences, ajoute aux recueils de lois pontificales les Clémentines, de Clément V; les Extravagantes (décrétâtes en dehors, extra, des recueils précédents) de Jean XXII. En France, on réfute les maximes consignées dans ces codes. Le Songe du Vergier, ou dispuiation du clerc et du chevalier, est un monument de cette discussion.
La jurisprudence civile a deux noms illustres. Harménopule, de Constantinople , qui a écrit en grec un traité de droit civil. On s'est abstenu d'imprimer une grande partie de ses ouvrages. L'Ona brien Barthole, professeur à Pise et à Pérouse, n'a pas été si heureux : dix in-folio pèsent sur sa mémoire ; ses leçons sur le Code
le recommandent auprès des jurisconsultes. C'est lui qui a rédigé la fameuse Bulle dor de l'empereur Charles IV.
L'histoire est assez riche dans ce siècle. Chez les Grecs, Nicéphore Grégoras a une précision chronologique qui n'empêche pas la partialité. Cantacuzène, qui a été empereur, fait le récit d'événements qu'il a vus, et auxquels il a pris part. Le doge, André Dandolo, compose une histoire de Venise jusqu'en 13i2. Malaspina est regardé comme le plus ancien historien de Florence, mais il aime trop les fables : ses récits sont continués par Dino Compagni, gibelin déguisé. Les trois Villani font honneur à Florence; Jean l'aîné est mort de la peste de 4348. Froissart, né dans le Hainaut, est le meilleur écrivain en prose française que le xive siècle ait produit : on reconnaît, à ses fréquentes digressions, un historien qui ne manque pas d'étude et d'expérience, et qui a cultivé les lettres. Mais il plaît surtout comme conteur, il écrit tout ce qu'il voit dans les diverses cours où il reçoit l'hospitalité ; sa Chronique est le reflet le plus brillant de la société féodale : il a visité la France, l'Angleterre, l'Espagne et l'Italie. Comme beaucoup de clercs-chevaliers qui vivaient auprès des princes, il a cultivé la poésie. L'Orient a aussi un célèbre historien et géographe dans l'Arabe Aboulféda, prince d'Hamath en Syrie.
La grammaire et la rhétorique, et en général les travaux d'érudition, sont encore la gloire des Grecs. Maxime Planude est un compilateur laborieux : il traduit en grec les Métamorphoses d'Ovide, et recueille sous le titre d'Anthologie d'anciennes poésies grecques ; il est plus connu par un recueil des fables d'Ésope. En France, deux conseillers du savant Charles V, Raoul de Presles et Nicolas Oresmo, traduisent en français, l'un la Cité de Dieu de saint Augustin, l'autre divers traités d'Aristote et de Pétrarque. Un grand prédicateur espagnol, saint Vincent Ferrier, de l'ordre des dominicains, est appelé par plusieurs princes étrangers.
L'exercice de la traduction sert peu à former une langue nouvelle; les romanciers et les poètes lui sont plus utiles, et lui donnent de la fécondité. Cependant, en Italie, les plus grands noms appartiennent en même temps à la littérature nationale et à la restauration de la littérature classique. Dante, Pétrarque, Boccace, ont cultivé les muses latines. Boccace a beaucoup écrit : outre son Décaméron, qui se sent des mœurs peu sévères de l'époque, il laisse deux romans en prose italienne, et d'autres ouvrages où les vers se mêlent à la prose. Pétrarque contribue à rétablir en Europe la littérature classique, abandonnée et presque ensevelie depuis plus de mille années. Après l'avoir recherchée, et pour ainsi dire exhumée du
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fond des bibliothèques, il Ta souvent imitée et quelquefois repro. duite; dans sa jeunesse, il composa un drame latin. Son amour idéal pour Laure, et ses sentiments patriotiques, ont mieux inspiré ses stances et ses canzones. Ami des arts comme un Grec, de la liberté comme un Romain, tendre en un siècle galant, sensible chez des peuples chevaleresques, indépendant et modeste au sein des cours, franc et loyal à travers les perfidies, tout en représentant l'antiquité il marche en avant de son siècle. La France a aussi ses érudits qui s'essayent dans la poésie ou le roman en langue vulgaire. L'Italienne Christine de Pisan, fille de l'astrologue du roi Charles V, dont elle-même elle a été l'historien, compose en français le Trésor de la cité des dames et le Chemin de longue estude, traités de morale ornés de quelques fictions.
Dans le temps où s'éteint la poésie provençale, un moine des îles d'Or ou d'Hières rédige dans la langue du midi des notices biographiques sur les troubadours. Les trouvères de ce siècle sont effacés par l'Anglais Chaucer : quelques-uns des sujets qu'il traite seront imités par Shaskspere et par Pope , ses Contes de Canterbury sont un recueil en vers assez semblable au Décaméron de Boccace; dans sa Cour d'Amour, il y a des bizarreries qui insultent la religion : il avait adopté l'hérésie de Wiclef. Les Anglais le regardent comme l'inventeur de leur vers héroïque.
Les contes galants et chevaleresques continuent d'être un besoin des sociétés. Dans les cours, dans les châteaux et dans les cloîtres, on veut à tout prix des récits et des fictions. Il n'est pas rare que dans les entretiens du foyer chacun soit invité ou même obligé à débiter à son tour une histoire ; les chevaliers ne dédaignent pas de cultiver l'art de raconter: les romans, les nouvelles, et les récits merveilleux avaient comme un fonds inépuisable dans les actions brillantes ,des preux, dans leurs hauts faits et dans leurs aventures galantes de guerre ou de tournois. Des chevaliers qu'on appelait sires clercs ont l'office de recueillir et de constater ces exploits. Le goût des compositions poétiques, particulièrement des chansons, des tensons ou jeux-partis, est entretenu par l'usage des cours d'amour que la France du nord a emprunté à la Provence, peutêtre dès le xne siècle : ces cours, présidées quelquefois par des princes, plus souvent par des dames, singeaient, dans les procès entre amants, les combats chevaleresques, les procédures des tribunaux, les disputes et les arguties des écoles : on proposait, on traitait en vers, on décidait souverainement d'érotiques et frivoles problèmes, qui dégradaient les talents littéraires en pervertissant les mœurs.
XIVe SIÈCLE APRÈS J. C.
Les concours de poésie , que les rimeurs ouvrent entre eux f comme en Normandie, en Picardie, en Flandre, sont bien plus fréquents dans le midi : on rapporte à Fan 4323, à Toulouse, où se tient un collège de la gaie science, l'institution des jeux floraux par Clémence Isaure. Les compagnies de troubadours et de trouvères, souvent errantes, amusent le public de leurs déclamations, de leurs chants et de leurs jongleries ; longtemps ils ont tenu lieu de comédiens. Jusque dans la seconde partie du xiv siècle , en France et en Italie, il n'y a pas de spectacles proprement dits : on ne voit aucun vestige de compositions théâtrales. Des drames hiératiques, des miracles et des mystères en l'honneur de Jésus-Christ, de la Vierge et des Saints furent les premières productions de l'art; ces représentations qui n'eurent d'abord pour acteurs que des clercs étaient souvent précédées ou suivies du sermon en prose qui leur servait de prologue ou d'épilogue : mais des épisodes mythologiques s'alliaient à l'histoire des martyrs , même au tableau de la passion de Jésus-Christ. Bientôt, en France, vont s'établir des confréries laïques d'acteurs de la Passion.
Les arts du dessin, qui ont donné dans le xir et le xnr siècle tant de beaux travaux d'architecture gothique, brillent surtout en Italie. Les Visconti font construire le pont et le palais de Pavie, cornmencent la cathédrale de Milan, tandis que les princes d'Esté emploient les talents de l'architecte Bertolin, de Novare. Le Florentin Giotto, disciple de Cimabue, qui entreprend en 4334 la tour de Sainte-Marie del Fiore, est plus célèbre comme peintre, il a eu pour élève Taddeo Gaddi, qui le surpasse; Simon de Sienne, leur émule, fait un portrait de Laure que Pétrarque paye de deux sonnets ; Jean de Pise est un habile sculpteur. En 4390 à Bologne est posée la première pierre de l'église de Saint-Pétrone. On cite en France les sculptures de l'église de Notre-Dame, auxquelles travaille encore Jean Ravy; la magnifique église du monastère de Saint-Ouen, à Rouen, depuis 4348; la cathédrale de Bourges, achevée en 4324 ; les travaux de défense ou d'embellissement, ordonnés par Charles V à Paris; le pont Saint-Michel, leChâtelet, la Bastille, et la résidence royale de l'hôtel Saint-Pol.
Ce siècle, qui sert comme de transition entre le moyen âge et l'âge moderne, voit se produire simultanément en Europe bien des révolutions fécondes, auxquelles les peuples devront leur indépendance ou leur organisation intérieure. L'Ecosse, la Flandre, et l'Helvétie combattent pour s'affranchir de leurs maîtres ou do leurs voisins : Rome a son tribun Rienzi, pendant que les papes s'obstinent à résider à Avignon. La grande peste, dite de Florence, suspend
les affaires tumultueuses de l'Europe, car tous les États sont en même temps atteints par le fléau. Paris allume au cœur de la France embrasée déjà par la guerre qui doit durer plus de cent ans avec l'Angleterre, les passions démagogiques : la Jacquerie menace ae ruine les châteaux et ébranle la société dans ses fondements. L empire d'Allemagne présente dans le même temps un frappant contraste: sous la main du rusé et cupide Charles IV, qui fait bon marché des droits sur l'Italie, parce qu'il ne veut pas essayer de les reconquérir par la guerre, l'anarchie féodale s °W^*J°™ de diplômes et de cérémonies (bulle d'or). Le grand schisme met en question la puissance temporelle, et porte atteinte a la puissance spirituelle des papes. L'Angleterre, déjà remuée par 1 audacieux Wiclef ; la France, dont les discordes avaient été comprimée* par Charles V le Sage ; la Flandre, formidable pat ses corps de métiers, sont le théâtre d'un mouvement révolutionnaire qui semble concerté entre les trois pays. L'Italie a comme donné le signal par les troubles sanglants de Florence. La grande lutte entre Venise et Gènes, la dernière qui soit glorieuse pour les Génois, puisqu ils n ont pas su constituer un gouvernement qui les mette à l'abri de 1 anarchie; les crimes de la maison Duras, vengeant la maison de Hongrie des forfaits de Jeanne de Naples ; en Lombardie, la chute sanglante des maisons de podestats au profit des Visconti de Milan et des oligarques de Venise, couronnent le xiv* siècle pour 1 Italie. La liberté et la vraie démocratie ne sont nulle part sur cette terre, dont les héros sont maintenant des condottieri. A l'est de l Europe, les couronnes slaves sont données à des princes allemands, ou portées par mariage à des chefs de tribus idolâtres, qui entrent alors dans la grande famille chrétienne. Les États Scandinaves du nord s unissent, et, en se rapprochant les uns des autres, tiennent de plus près à l'Europe.
L'Angleterre, dans ce siècle, renverse deux de ses rois, et retrouve un gouvernement plus ferme sous les princes que le parlement appelle au trône. Les Anglais ont chassé un roi despote, les Allemands un empereur ivrogne et débauché ; la France garde par pitié et par respect un pauvre roi fou. A l'une des extrémités de l'Europe, en Espagne, les libertés constitutionnelles des différents Etats chrétiens, et l'énergie guerrière des populations, arrêtent le despotisme de rois souvent cruels , et sauvent la péninsule des invasions africaines des Mérinides, mais les Maures garderont Grenade encore pendant près d'un siècle. En Orient, la décrépitude de l'empire byzantin et les progrès des Turcs animés par le fanatisme religieux et militaire, annoncent une révolution prochaine : une croisade de
XIVf SIÈCLE APRÈS J. C
chevaliers français et allemands ne peut que fournir aux janissaires l'occasion d'une grande victoire sur les bords du Danube.
Angleterre, Keotse et Borne*
— Médiation de Boniface VI 11 entre les Écossais et Edouard I" : le pape prétend décider de l'Ecosse comme d'un fief de l'Église romaine; rupture des négociations.
Angleterre. — Édouard confirme les chartes sans restriction.
France. — Le comte de Flandre, battu par Charles de Valois, frère du roi, se rend volontairement ; il est retenu prisonnier par Philippe le Bel.
Hongrie. — Le fils de l'ancien prétendant Charles Martel , Charobert, âgé de huit ans, est amené en Hongrie par un parti hostile à André 111 le Vénitien, qui n'a pas d'enfant.
Italie. — Dante Alighicri , né à Florence, le premier grand poète qui ait écrit dans la langue italienne, achève son poème de la Divine comédie.
Pologne. — Les Polonais dépouillent leur roi Wladislas IV Lokeiok, et donnent la couronne au roi de Bohême Wenceslas IV.
Rome. — Une bulle de Boniface VIII a déterminé les indulgences dont jouiront ceux qui prendront part cette année au jubilé de Rome; ce jubilé se renouvellera tous les cent ans. Immense aûluence de pèlerins.
Angleterre. — Nouvelle confirmation des chartes à Lincoln (14 février).
France et Rome— Bernard de Saisset, qui a été nommé par le pape, sans Tavis de Philippe le Bel, au nouveau siège épiscopal de Pamiers,
s'attire la colère du roi et est Jeté en prison. Plaintes de Boniface VIII exprimées dans la bulle Ausculta fili, qui est pleine de prétentions excessives et de menaces. — Le pape appelle en Italie Charles de Valois : il le jette dans la guerre de Sicile, et lui fait espérer l'empire byzantin au nom de sa femme, petite-fille de l'empereur déchu de Constantinople, Baudouin H.
Hongrie. — Des seigneurs hongrois, pour ne pas recevoir un roi angevin , Charobert, de la main de l'Église, défèrent la couronne au roi de Bohême qui leur envoie son fils, âgé de douze ans.
Italie. — Troubles sanglants à Florence, causés par les deux factions des noirs et des blancs. Le pape envoie , comme médiateur, Charles de Valois qui favorise les noirs; cinq jours de piHage et d'incendie. — Une femme de la maison de Villchardouin porte les principautés d'Achaïe et de Moréc dans la maison de Savoie.
Orient. — Les templiers établis dans l'île d'Arados désolent la côte de Phénicie ; ils sont vaincus par les troupes de l'Égypte.
France. — La bulle du pape est brûlée dans le parlement, où ne siègent que les pairs et les conseillers du roi. — Première convocation des Étals généraux ( 10 avril ) ; ils réunissent les trois ordres de la nation : le clergé , la noblesse et des députés des villes. Philippe le Bel s'en sert contre le pape et contre les Flamands. — Le comte d'Artois et une partie de la chevalerie française périssent daus les marais de Courtrai , vaincus par l'infanterie flamande ( 1 1 juillet). — Détresse de Philippe le Bel : il a recours à l'im-
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position du cinquième sur tous les comme hérétique et simonlaque, et revenus de ses sujets et à la dépré- demande à soutenir l'accusation deciation des monnaies. — Les baillis vaut un concile général pour le faire ne pourront avoir de fonctions dans déposer (mars) Nouvelle requête prèles pays où ils sont nés; ils seront sentée par le légiste Guillaume du nommés par le grand conseil. Plessis (juin). Les templiers adhè-
k i ix^ rent aux mesures proposées contre
France et Home.- Assemblée Boniface Vlll lance cinq
ecclésiastique tenue :à .Rome par Bo- b{l]^conlre phi,ippe le Bel et ses nlface Vlll (octobre). La bull f/nam dM ^ & veil|e du jour
sanctam sans frapper directement ,c . b H d u Jelrc
Philippe le Bel déc.de qu en général ™ excommunier et dé-
tout homme est soumis au pape. Pmlippe |e Be, f Guillaume de
Itnlle. — Flavio Gioia , d'Amalfi, Nogaret et Sciarra Colonna, oulrapar la connaissance de la propriété gent Boniface Vlll dans le palais de de l'aimant, construit le compas de sa ville natale, Anagni (7 septembre), marine ou boussole qui a hâté les Boniface Vlll, redevenu libre parle progrès de la navigation. — Matteo courage des habitants , retourne à Visconti est vaincu par le marquis de Home où il meurt le 1 1 octobre. Montferrat. Les ïorriani sont accueil- Wranee.-\jne ordonnance pour lis à Milan, même par la noblesse. réf()rme des ^ règ|e que ^
Italie et Bielle. — Charles II f0|s par an, pendant deux mois, le
de Naples est forcé, malgré l'assis- parlement tiendra session de jusiiee
tance de Charles de Valois , de re- a par|s t |a COur de l'échiquier à
connaître l'indépendance de la Sicile ; Houen, l'assemblée des grands jours
il continue cependant à porter le titre a Troyes. Dans ces tribunaux , des
de roi de Sicile ; Frédéric a celui de gens de loi , presque tous clercs ,
roi de Trinacrle (mai). remplissent les fonctions de conseillers-rapporteurs ; les nobles ju-
1305. gent. La chambre des comptes sera
_____ bientôt séparée du parlement de
Allemagne. — Boniface VIII re- par|s<
connaltAlbertd'Autriche, qu'il aurait ' nnniiwvm a riirf
voulu armer contre Philippe le Bel. Hongrie. — Boniface Mil a ci é
>uuiucuiuc. i,u « | H ^ tribunal les prétendants à la
Angleterre, Keosse et rran- COUronne de Hongrie, et s'est déclaré
ee.— Les armées anglaises sont dé- pour |e p, jnCc napolitain contre le
faites trois fois aux environsd'Kdim- prj„co de Bohême, sans tenir compte
bourg. — Edouard, pour recouvrer du dl.0-It d'élection des Hongrois, la Guienne, fait la paix et livre ses . ,. . .
alliés, les Flamands, à la vengeance . ~ Lf !emP Ti!L ?
de Philippe le Bel (20 mai). hospitaliers se réunissent à ^ Kasan
1 1 v roi des Tarlarcs Mongols, pour alta-
Kninlre grec. — Les Catalans, qllcr jes musulmans; vaincus, ils se
avec leur chef Roger de Flor, coin- réfugient a Chypre, battent au service des Paléologue les Turcs de l'Asie Mineure ; ils s'im- i *>04.
posent à la cour de Constantinople Bohême , Hongrie et Polo-
et s'emparent du monopole du corn- gnc< Wenceslas IV renonce à la
merce, au détriment des Génois. royauté de Hongrie pour son fils. —
France et Rome. — Dans une Les Polonais, à la mort de Wenccs-
asscmhlée des évêques et des ha- las IV, qui est leur roi depuis qua-
rons tenue au Louvre en présence tre ans, rappellent leur prince na-
du roi -, le légiste Guillaume de No- tional , Wladislas Loketek , duc de
garet présente requête contre le pape Cujavie.
XIVe SIÈCLE APRÈS J. C.
France etBomc-U nouveau pape Benoit XI absout Philippe le llel. Sa mon (juillet). — Us débats do deux factions du sacré collège prolongent pendant onze mois la vacance du saint-siége.
France.— Philippe est vainqueur eu personne de Tannée flamande à Mons-en-Puelle ( 18 août). Un traité honorable pour les vaincus terminera la guerre en U05. — La reine de Krauce et de Navarre, Jeanne , prolectrice des gens de lettres et des gens d'église , fonde à Paris le collège de Navarre et de Champagne.
Mongol*. — Le nouveau khan des Mongols occidentaux de Perse, à l'exemple de son frère Kasan , auquel il succède , se fait mahomélan.
Russie. — Michel II, reconnu grand prince, réside à Tver.
Snède. — Le roi Birger H punit l'administration cruelle de son tuteur, qui a élé régent depuis 1290, on le faisant décapiter ; lui-même il est tenu pendant trois ans en prison par ses frères.
Angleterre. — Édouard se fait relever par le pape des serments qu'il a prêtés à l'égard des chartes.
Angleterre et «cosse.— -Wallace, le chef des Écossais depuis sept ans, tombe par trahison entre les mains d'Èdouard, qui le fait exécuter comme rebelle.
Espagne. — Une partie du royaume de Aiurcie est cédée par les Castillans aux Aragonats. — L'infant de Ucerda renonce à ses prétentions royales en Castille. — A la mort de Jeanne de Navarre , l'aîné des fils qu'elle a eus de Philippe le Bel, Unis, lui succède en Navarre.
France. — Avant 1305, Jean de Meung a achevé le poëme allégorique de Guillaume de Lorris, le Roman de la Rose.
Franc* et nome. — Philippe
fait donne? la papauté à Bertrand de Goth , archevêque de Bordeaux. L'élu, Clément V, est couronné à Lyon. Il ne résidera pas en Italie. Le séjour des papes en deçà des Alpes est une nouvelle captivité de Babylone*
Hongrie. — La Bavière fournit aussi un prétendant à la couronne de Hongrie.
Angleterre et Ecosse. — La
guerre d'indépendance se ranime en Ecosse sous Robert Bruce , le fils du prétendant. Nouvelles cruautés d'Èdouard, qui fait périr trois frères de Bruce.
Angleterre. — Le roi punit, en les humiliant, les principaux chefs de la noblesse qui avaient défendu contre lui les libertés de la nation.
Bohême.— Wenceslas V, qui ne règne qu'un an , est le dernier mâle de la maison qui, depuis six siècles, gouvernait la Bohême. — Le duc de Carinthie et l'empereur Albert d'Autriche se disputent la Bohême.
France. — L'altération des monnaies par le roi cause une sédition à Paris; le roi se réfugie dans la maison des templiers.
Italie. — Ligue de plusieurs villes contre le marquis d'Esté.— Le Montferrat passe au neveu du dernier marquis , Théodore Paléologue , qui, né en Orient, aimera et cultivera les lettres grecques en les associant aux études latines. — Nouvelles discordes à Gènes entre les Doria et les Spinola, chefs du parti gibelin; triomphe momentané des guelfes.
Pologne. — Le prince silésien de Glogau , élu par les seigneurs de la grande Pologne, engage la guerre avec Wladislas Loketek.
Allemagne et ouïsse. — Insurrection helvétique provoquée par la tyrannie des agents de la maison de Habsbourg -Autriche, dont les cantons avaient accepté le protectorat
mais non la domination.- Les chefs des trois cantons de Schwitz, d'Uri et d'Unlerwalden, Werner StaufTacher, Walter Furst et Arnold de Melchthal, forment une ligue et prêtent serment pour la défense de la liberté, dans la plaine de Greutli , au canton de Schwitz. Les Suisses chassent leurs tyrans et tuent Tagent autrichien Gessler. Légende de Guillaume Tell.
Angleterre.— Édouard Ier meurt sur la terre d'Écosse , au milieu des réparatifs d'une grande expédition, es travaux législatifs lui ont fait donner le surnom peu mérité de Justinien anglais. Son fils, Édouard H, se rend tout d'abord impopulaire en rappelant Gaveston , gentilhomme gascon, son favori, qui a été récemment banni. Il compromettra sa couronne pour le défendre contre les nobles.
Bohême* — La mort du prétendant autrichien laisse la Bohême au duc de Carinthie.
France. — Philippe le Bel rachète des hauts seigneurs et se réserve pour lui-même le droit de battre monnaie.
France et Rome. — Conférence du roi et du pape à Poitiers. Philippe le Bel fait arrêter, sous prétexte d'hérésie, les templiers dont il convoite les richesses (octobre): ils sont livrés à un tribunal d'inquisiteurs; soixante chevaliers sont saisis avec le grand maître, Jacques Molay.
Clément V engage tous les souverains de l'Europe à sévir contre les tem* pliers (22 novembreV Le roi d'Angleterre présente leur défense.
Orient chrétien* — Concile national à Sis en Cilicie , convoqué par Tordre du roi d'Arménie, pour décider la réunion de l'Église arménienne avec l'Église de Borne. — Mort sanglante du roi par la main des Mongols, ses perfides alliés
Buède* — Birgcr II est forcé de partager le trône avec ses deux frères.
TcnUe.*- Conspiration du parti démocratique : Marin Bocconio et
ses principaux complices, arrêtés avant que leur projet eût éclaté, sont sur leur aveu , immédiatement condamnés à mort et exécutés.
Allemagne. — Au début de son expédition contre les Suisses, Albert d'Autriche meurt, victime d'une haine domestique (1er mai).— Les électeurs préfèrent à ses fils et à Charles de Valois, frère de Philippe le Bel, que proposait le pape, Henri Vil de Luxembourg.
Danemark* — Délivré d'une guerre de vingt ans avec la Norvège, Éric VI soutient encore pendant près de dix ans , avec des États germains de la Baltique, une lutte que lui suscite l'ambition de son frère.
Eepagne* — Le roi de Castille va mettre le siège devant Algeziras ; les Aragonais assiègent tout aussi inutilement Almeria. — Développement de la civilisation du Portugal.
Le roi Denis transfère à Coïmbre l'université de Lisbonne et la comble de bienfaits. It mérite les titres de libéral , de père de la patrie, de roi laboureur. La langue portugaise commence à se former et se dégage du mélange du latin et du vandale ; le premier grand ouvrage en langue nationale est le roman de VAmadis des Gaules, par Vasco Lobeira.
France. — États généraux de Tours, auxquels le roi demande l'approbation de ce qu'il a fait contre les templiers.
Italie* — A la mortd'Azzon VIII, marquis d'Esté, la guerre commence entre son fils naturel et ses frères.
Ceux-ci implorent l'appui du pape , qui exige la reconnaissance du droit du saint-siége sur Ferrare. Le bâtard d'Azzon s'appuie sur les Vénitiens.
Allemagne* — La diète de Spire est la première où l'on distingue nettement les trois collèges politiques :
J* des électeurs, 2° des princes et 3° des villes.
Espagne* — Le roi de Castille oblige à capituler la ville de Gibraltar. 11 renonce à l'attaque d'Algeziras, mais reçoit un tribut du prince maure. — Ces concessions servent, dans Grenade, de prétexte à une sédition qui renverse le roi au profit de son frère.
France et Rome* — Clément Y .fixe sa résidence à Avignon , possession du comte de Provence, où se succéderont sept papes français. La cour d'Avignon s'enrichit parle trafic des choses sacrées, par la disposition arbitraire des bénéfices et des évêchés , au gré des rois de France.
France.— Beaucoup de templiers sont suppliciés.
Italie* — A la mort de Charles II de Naples ses sujets acceptent pour roi son troisième fils, Robert, qu'il a institué son héritier, au préjudice de Charobert, né d'un fils aîné mort avant lui. — Les succès de Venise, dans la guerre de Ferrare, sont arrêtés par la prédication d'une croisade. Le pape dispose de Ferrare comme d'une ville de ses États, et en donne le vicariat à Robert, roi de Naples.
Prusse. — Le grand maître des chevaliers teutons établit sa résidence à Marien bourg, qui devient la capitale de la Prusse.
Bohême, — L'empereur envoie pour roi aux Bohémiens son fils Jean de Luxembourg, qui épouse la veuve de Wenceslas IV et chasse le duc de Carinthie qu'on déteste.
Empire d'Allemagne et Ifta»
lie* — Henri Vil renouvelle les expéditions impériales en Italie. H est reçu à Genève par Pévéque de la Tille ; à Chambéry et à Turin par Amédée, comte de Savoie , qu'il investit comme prince d'empire, du comté de Savoie, des duchés de Chalais, d'Aouste et du marquisat d'Italie
(novembre); il reconnaît au prince Paléologue le marquisat de Montferrat. Sa présence à Milan ne permet pas encore aux Visconti d'anéantir la faction délia Torre (décembre).
France. — L'archevêque de Lyon, de la famille comtale de Savoie, ne renonce à ses prétentions d'indépendance qu'à l'arrivée d'une armée de Philippe le Bel.
France et Rome. — L'Allemagne, l'Italie et l'Espagne ne se font pas complices de la France et de la cour d'Avignon dans la persécution des templiers : les assemblées ecclésiastiques de Mayence (mai), de Ha venue (juin), de Salamanque (octobre), se déclarent pour l'ordre.
Mais le concile de Paris, sous la présidence de l'archevêque de Sens, rend des sentences de mort (octobre) ; cinquante-neuf chevaliers sont brûlés comme relaps.
Hongrie. — Le prince angevin de Naples, Charobert, est enfin reconnu unanimement et sacré roi.
Orient. — Les hospitaliers quittent Chypre avec leur grand maître, Foulques de Villaret, et vont prendre d'assaut la capitale de l'Ile de Rhodes, qu'occupaient des Grecs révoltés et des corsaires musulmans. On les appellera chevaliers de Rhodes.
Prusse. — Le margrave de Brandebourg rend à Tordre teutonique Dantzick et plusieurs cantons de la Poméranie orientale, qu'il ne peut défendre contre le roi de Pologne.
nome» — Le pape fonde, pour la ville de Rome, des chaires de grec, d'hébreu, d'arabe, de syriaque.
Venliie. — Nouvelle conjuration démocratique; guerre civile. Le doge Gradénigo réprime la sédition ; pour informer contre tous les complices, il nomme des inquisiteurs d'état : c'est l'origine du conseil des Dix, arme terrible de l'aristocratie*
Empire d'Allemagne et Italie. — L'empereur est couronné à
Milan roi d'Italie. 11 apaise à Gènes les factions qui se renouvelleront bientôt. Son protégé Mathieu Viscontl recouvre la seigneurie de Milan et se fait confirmer le titre de vicaire impérial en Lombardie.
France. — Altération des monnaies.—La liberté est donnée par le roi aux serfs du Valois.
France et Rome* — Selon le vœu de Philippe le Bel, Clément V ouvre le seizième concile général à Vienne en Dauphiné (octobre). La pensée de la guerre sainte, les hérésies des bégards et des béguines dans les Pays-Bas, et le sort des templiers y sont discutés.
Angleterre. — Les nobles ont fait trancher la tête au favori du roi, Gaveston ; ils obtiennent amnistie.
Empire d'Allemagne et Italie* — Après avoir soumis les villes rebelles de la Lombardie, Henri VII rencontre sous les murs de Rome l'armée des guelfes, qui a pour chef Robert de Naples. Au milieu du siège, il se fait couronner, à Saint-Jean-de- Lairan, par trois cardinaux, légats de Clément V. — Guerre malheureuse contre les guelfes de Florence.
Espagne. — Mort du roi de Castille. Le pays est encore livré aux orages d'une minorité, le nouveau roi Alphonse XI n'ayant que deux ans.
— Discordes civiles à Grenade.
France et Rome* — Clément V déclare aboli pour toute la chrétienté l'ordre des templiers (3 avril). 11 avait duré cent quatre-vingt-quatorze ans.
— Les Hospitaliers de Rhodes reçoivent une partie de ses biens. Kn France, les chevaliers ont été dépouillés surtout au profit du roi. — Philippe le Bel renonce à poursuivre le procès engagé contre la mémoire de Boniface VIH.
France. — Nouvelle sédition à Paris contre le roi, faux monnayeur, qui cherche de l'argent pour combattre encore les Flamands. Enguer-
rand de Marigny et deux Florentins l'aident dans ces honteuses et lucratives falsifications. Mais les Flamand?
ne seront pas soumis. — Le roi défend les guerres privées ej bientôt même les tournois qui en entretenaient le goût. — Une université de lois est fondée à Orléans.
Empire d'Allemagne et Italie. — Florence , qui veut avoir un protecteur contre Henri VII, donne, pour cinq ans, la seigneurie à Robert, roi de Naples, que Henri VII met au ban de l'empire. Pendant qu'il marche pour le combattre, avec l'espoir d'être soutenu par le roi tle Sicile, il meurt en Toscane. — Interrègne impérial.*
Allemagne. — Double électior.
de Frédéric, duc d'Autriche , fils de l'empereur Albert, et de Louis V de Bavière. Leur rivalité dure huit ans.
Ecosse. — La victoire de Robert Bruce , à Bannock-Burn , près de Stirling, gagnée sur Edouard 11, affermit l'indépendance de l'Ecosse.
France. — Supplice de Jacques Molay, grand-maître des templiers; il est brûlé à Paris (l 1 mars).— États généraux tenus à Paris (août)— Mort de Philippe le Bel : l'aîné de ses trois fils , Louis X le Hutin , déjà roi de Navarre, lui succède (29 novembre).
Italie et Sicile. — Le roi Robert tourne les forces de Naples , de Provence et du Piémont contre Frédéric de Sicile. La guerre , coupée de trêves, traînera en longueur.
Rome. — Mort de Clément V à Avignon (20 avril). Interrègne pendant près de deux ans et demi.
Russie. — Novogorod se révolte contre Michel H et se donne à sou compétiteur, le prince de Moscou.
France» — Scandales dans la maison royale : Marguerite, femme
XIVe SIÈCLE APRÈS J. G
du roi Louis le Hutin, et Blanche, femme de son frère Charles le Bel, sont convaincues d'adultère ; leurs complices Philippe et Gautier d'Aunay sont écorchés vifs. — L'édit royal de Vincennes restitue aux villes et aux seigneurs presque tous les privilèges dont les avait dépouillés Philippe le Bel (mai). — La haine de la noblesse et des communes hâte le supplice mérité d'Enguerrand de Marigny, l'administrateur des finances sous Philippe le Bel ; Il est pendu aux fourches patibulaires de Montfaucon (juin). — Louis X offre aux serfs du domaine royal de leur vendre la liberté ( 3 juillet ). Il vend aux juifs qu'avait bannis Philippe le Bel le droit de rentrer en France ( 28 juillet).— Abolition ou du moins restriction du droit d'aubaine, d'après lequel l'Etat héritait de tous les étrangers qui mouraient en France. — Pour la première fois, depuis Hugues Capet, on aperçoit sur le sceau du roi une main de justice.
Orient chrétien. — L'infant Ferdinand d'Aragon se fait reconnaître à Clarentza, en Arcadie, souverain de la Morée. — Le comte de Savoie, Amédée, conduit une expédition au secours de Rhodes, menacée par les Turcs.
Suisse. — Les hommes d'Uri, de Schwitz et d'Unterwalden détruisent une armée de neuf mille hommes que Léopold, troisième fils d'Albert d'Autriche, a conduits près de Morgarten , montagne de Schwitz (novembre). Les trois cantons forment entre eux une confédération perpétuelle, sans se séparer de l'empire.
France.— Mort de Louis le Hutin (juin). Jeanne, sa fille, garde seulement la couronne de Navarre, dont peuvent hériter les femmes. Naissance d'un fils posthume, Jean ( 1 5 novembre) ; il vit cinq jours. La couronne de France, par une interprétation singulière de la loi salique, qui depuis des siècles n'était plus en vi-
gueur, passe au plus proche héritier mâle, Philippe V le Long, second (ils de Philippe le Bel
Italie. — Castruccio Castracani, noble gibelin de Lucqucs, est nommé seigneur dans sa patrie pour un an; mais il se perpétuera dans le pouvoir.— In médecin de Padoue, Pierre de Apano, qui s'adonnait à l'astrologie et aux sciences occultes , accusé d'hérésie et d'athéisme, meurt avant la fin de son procès : il est brûlé en effigie.
il ouïe. — Le nouveau pape Jean XXII , né à Cal) ors, se fait couronner à Lyon.
Slaves. — La révolte de Stralsund contre le prince slave de l'Ile de Kugen, met en feu tout le nord.
Le margrave de Brandebourg et le duc slave de Pomëranie, Wratislas, prennent partie pour Stralsund; le prince de Rugen est soutenu par les rois de Danemark, de Suède, de Pologne et de Hongrie, par le grand prince de Russie, par les ducs de Mecklembourg et de Sa\e-Lauenbourg , par les comtes de Holstein et de Schwérin.
Danemark. — Les services rendus par les comtes de Holstein leur valent la Fionie que le roi leur engage pour trois ans.
France. — Philippe V le Long se fait sacrer à Reims (6 janvier). — Les états généraux déclarent que les lois et la coutume excluent les filles de la couronne (2 février).
France et Rome. — Jean XXII
bouleverse la division ecclésiastique de la France du midi , et en multipliant les évéchés, multiplie les faveurs vénales.
Italie. — Ferrare se soulève contre l'odieux gouvernement de Robert de Naples, vicaire du saint-siége, et reconnaît les princes légitimes de la maison d'Esté.
Ru*»le«— Le prince de Moscou,
Jouri , va capter les bonnes grâces du khan, et se fait pardonner sa révolte contre le grand prince de Russie.
fHuède. — Le roi Birger H, qui par une perfidie se débarrasse de ses deux frères, est chassé lui-même par le peuple ; son beau-frère, le roi de Danemark, ne pourra le rétablir.
France. — Philippe le Long acquiert la Navarre, la Champagne et la Brie, moyennant une indemnité pour Jeanne, fille de Louis X, et avec la condition qu'elle rentrera en possession de ces États s'il n'a pas d'enfant mâle. Interdiction des guerres privées.
Halle* — Matteo Visconti , seigneur de Milan, est, à cause de son attachement pour l'empereur Louis de Bavière, excommunié par Jean XXII. — Gènes est assiégée par Visconti :
Robert de Naples reçoit, du parti guelfe , la seigneurie de la ville pour dix ans.
Espagne. — Les deux régents de Castille marchent jusque sous les murs de Grenade, où tous deux sont tués dans la journée dite des Infants (juin). Les Maures reprennent plusieurs places. — Le second fils du roi d'Aragon, sur le refus de l'aîné, est reconnu héritier de la couronne. — Avec l'autorisation du pape, les biens que les templiers possédaient en Portugal sont donnés à l'ordre militaire du Christ, qui vient d'élre fondé.
France* — Les inquisiteurs du Languedoc frappent cruellement les Albigeois, les Vaudois, les bégards ou fratricelles , les lépreux et les juifs.— Les gens d'église qui ont prélature sont exclus du parlement.
Italie. — Brescia , pour échapper à la domination d'un tyran, Cane délia Scala, accepte pour prince Robert de Naples (janvier).
Rome* — Les ressources de la trésorerie pontificale sont accrues, sous Jean XXII, par les réserves de
tous les bénéfices des églises collégiales de la chrétienté, par les translations de sièges, par les taxes des dispenses, et par le commerce des indulgences. Jean XXII , après dix-huit ans de règne, laissera dans ses coffres dix-huit millions de florins d'or.
Russie. — Dans un second voyage à la Horde , le prince de Moscou , Jouri, épouse la sœur du khan mongol , et en obtient des secours pour dépouiller Michel II.
Allemagne* — La mort du dernier descendant direct d'Albert l'Ours, dont la dynastie a rempli près de deux siècles, laisse vacant le fief de Brandebourg.
Danemark. — Mort d'Éric VI sans enfant; son frère Christophe II lui succède. Le nouveau roi, par ses prodigalités qui multiplient les impôts, provoquera des séditions.
Espagne. — Les cinq dernières années du règne de Denis, en Portugal, sont attristées par les révoltes de son fils, qui est jaloux de la faveur dont jouit un fils naturel.
Italie* — En Toscane , guerre entre Florence et le seigneur de Lucques, Castruccio Castracani.
Pologne. — Au milieu dé ses guerres avec les chevaliers teutons.
Wladislas Loketek prend le titre de roi et se fait sacrer à Cracovie, après en avoir obtenu la permission du pape Jean XXII. Depuis Loketek, les souverains de la Pologne ont toujours eu la dignité royale.
Russie. — Perfidement attiré et retenu à la Horde , le grand prince de Russie, Michel II, sera livré à des juges tartares, comme coupable d'avoir fait périr la femme de son rival; il mourra au milieu des tortures. — Le prince de Moscou, Jouri III ou- Georges III, devient grand prince de Vladimir.
Angleterre.— Hugues Spenc
nouveau favori d*Édouard II, est cause d'une révolte des barons. Le parlement rend une sentence contre lui.
Espagne. — Les Aragonais sont appelés parles nobles de la Sardaigne qui veulent secouer le joug de Pisc.
Yramee. — Persécutions contre les lépreux et les juifs.— États géne~ raux tenus à Poitiers (juin).
Italie et Rome* — Jean XXII cite à son tribunal et condamne quoique absent, pour crime d'hérésie et de magie, Matteo Visconti , l'allié de l'empereur. Visconti est privé de ses dignités. L'interdit est jeté sur Milan et sur les villes de sa domination, Pavie, Plaisance, Novare, Côine, Tortone, Alexandrie, Bergame. — Mort de Dante, gibelin de Florence, le plus grand poète de l'Italie.
Orient. — Martin Sanudo,Vénitien, en proposant une nouvelle croisade pour arracher le commerce des Indes aux mains du Soudan d'Égypte, accompagne son projet d'une carte de l'Asie orieutale.
Allemagne. — Frédéric d'Autriche est battu et pris à MuhldorfT, en Bavière, par l'empereur Louis V (28 septembre). Le roi de Bohême, Jean, auquel Louis V doit ses succès, reçoit en récompense la haute Lusace.
Angleterre. — Vainqueur des seigneurs, Édouard 11 fait mourir leur chef, le comte de Lancastre. — 11 attaque les Écossais , est battu sur leurs terres et poursuivi jusqu'à York.
France. — Mort de Philippe V le Long (janvier) : il ne laisse que des filles contre lesquelles sera appliquée la loi salique. Il avait essayé d'établir dans le royamc l'unité de monnaies, de poids et de mesures. — Son frère Charles IV le Bel, qui lui succède , prend aussi le titre de roi de Navarre, malgré la convention de l'an 1318. — Charles IV persécute les financiers lombards.
Italie. — Matteo Visconti , âgé
de soixante-douze ans, abdique la
seigneurie de Milan en faveur de son fils aîné, et meurt. Galeas est menacé par les guelfes, par les partisans du pape , même par une partie des gibelins. — Le légat de Jean XXII décide perfidement les habitants de Plaisance à l'accepter pour seigneur.
C'est pour la première fois que cette ville se donne au saint-siége. — Galéas qui a été forcé de sortir de Milan (novembre) , y rentre avec l'aide des Allemands (9 décembre), et s'y maintient malgré le légat.
Orient. — Danger de l'Arménie chrétienne ; les populations se retirent dans les montagnes. Le sultan d'Ëgypte est battu. Le roi de Chypre et le khan des Mongols de Perse contribuent au salut des Arméniens.
Russie. — Les Busses pénètrent dans la Finlande suédoise , mais ne peuvent prendre Wiborg. Une ville est bâtie à l'embouchure du lac Ladoga dans la Néva, pour empêcher les Suédois et les Livoniens de remonter par celte rivière dans la Russie.
Allemagne. — Louis V de Bavière confère le margraviat de Brandebourg, fief vacant depuis 1320, à sou fils aîné, encore enfant. Jean XXII casse l'élection impériale de Louis V.
France. — Charles IV le Bel réprime les exactions de la noblesse:
une sentence du parlement condamne à être pendu Jourdain de l'Ile , seigneur de Casa u bon en Gascogne, neveu du pape Jean XXII; le supplice a lieu.— Abolition de la commune de Laou. — Nombreux procès d'inquisition contre des auteurs de sortilèges et de maléfices. — Les roturiers qui feront l'acquisition de fiefs donneront finance au roi. — Le collège de la Gaie science, déjà célèbre et ancien à Toulouse , propose pour la première fois à tous les poètes du Languedoc de venir disputer la violette d'or fin qui doit être décernée le 1er mai de l'année suivante au vain-
XIVe SIÈCLE APRÈS J. C.
queur. On rapporte quelquefois à cette époque l'institution des Jeux Floraux, par Clémence lsaure.
Italie. — Les Vénitiens n'obtiennent qu'en payant un tribut de cent mille florins d'or à la cour d'Avignon , 1 absolution des censures lancées contre eux depuis quinze ans au sujet de Ferrare.
miaule. — Élevé à la dignité de grand prince par la faveur des Mongols, Jouri III est tué à la cour même du khan, de la main du fils aine de Michel II, venu pour solliciter la même protection.
Allemagne et Rome. — La
cause de Louis V, contre lequel a fulminé de nouveau Jean XXII, est défendue par la dièîc germanique de Ratisbonne, par les universités de Bologne et de Paris, par les plus célèbres jurisconsultes, et surtout par les frères mineurs.
Angleterre et France. —
Guerre au sujet de la Guienne , et particulièrement de l'Agenois et de la Saintonge.
Espagne. — Dans l'attaque de Baeça, près d'Ubeda, par les Maures de Grenade, les murs et les tours de la place ont été ébranlés par des machines qui lancent, avec grand bruit, des globes de feu semblables à la foudre. — En Castille, le roi Alphonse XI , à l'âge de quatorze ans , déclare dans les cortès de Valladolid qu'il veut gouverner par lui-même.
Fin des troubles. — L'affaire de la Sardaigne est résolue, après un combat, entre les Pisans et les Aragonais : les Pisans consentent à tenir l'ile comme un fief de l'Aragon qui partagera le droit de suzeraineté avec le pape.
Allemagne. — Moyennant une forte rançon, Jean de Bohême, avec le consentement de l'empereur , rend la liberté à Frédéric d'Autriche.
Louis V partage avec Frédéric le titre de roi ; Frédéric vit cinq ans encore sans exercer le pouvoir. — Les seigneurs de Bohême , dans une grande assemblée , déclarent nul un traité que leur roi Jean a passé avec l'empereur, pour échanger le royaume de Bohême contre le palalinat du Rhin , voisin du duché patrimonial àe Luxembourg. — Des conventions de famille et le droit du sang font passer la succession du prince slave de Rugen et Stralsund, qui n'a pas d'héritier mâle, au duc de Poméranie et de Wolgast.
Angleterre. — Isabelle, fille de Philippe le Bel, femme d'Edouard II depuis dix-sept ans, vient en France sous prétexte de négocier la paix entre son mari et son frère (mai) ; elle y continue ses liaisons d'adultère avec le jeune Morlimer, comte de la Marche. — Llle a fait donner par Édouard 11 à son fils le duché de Guienne et le comté de Ponthieu.
Kmplre grec et Turcs. — L'empereur Andronic 11 l'Ancien associe au pouvoir son polit-fils Andronic le Jeune, âgé de trente ans — Peu de temps avant de mourir, Othman, chef d'une tribu turque d'Asie Mineure, reçoit la soumission de Pruse ou Broussa en Bithynie, que son fils m'a prise qu'après une longue résistance des Grecs.
Kwpagnc. — L'assassinat du roi de Grenade donne un trône chancelant à son fils âgé de dix ans, qui sera menacé surtout par les Mérinides d'Afrique. — Les cortès d'Aragon abolissent l'usage de la question.
France. — Soissons demande à renoncer a sa charte de commune pour être gouvernée par un prévôt du roi.
orient. — Ibn-Batouta , musulman d'Afrique, part de Tanger, sa patrie, et pendant vingt ans parcourt l'Egypte, l'Arabie, la Syrie, les provinces de l'empire grec, la Tartarie, la Perse, l'Inde, la Chine; il décrit les magnificences de Dehli , la plus vaste des villes indiennes. De retour
XIVe SIÈCLE AFRÈS J. C.
en Afrique, il visita l'Espagne; et revenu au sud du mont Atlas, il pénétra au delà du Sahara, jusqu'à Tombouctou et jusqu'au Soudan. On ti'a que des abrégés de sa relation.
Allemagne. — Jean XXII provoque une invasion des Lithuaniens, des Valaques et des Polonais, sur les terres du jeune margrave de Brandebourg, fils de l'empereur.
Angleterre. — Edouard II attire en Angleterre quelques tisserands de Flandre pour travailler les laines abondantes du pays qui jusque-là se vendaient en matière brute aux Flamands.— Isabelle envahit l'Angleterre avec une armée ; Roger Moi limer, son amant, et la noblesse révoltée l'aident à mettre le roi en fuite. Le vieux Spencer, âgé de quatre-vingtdix ans, et son fils, le faveri, sont pendus.
France. — Fondation d'une université de lois à Montpellier où était déjà célèbre l'enseignement de la médecine.
Italie. — Les Florentins offrent la seigneurie au fils atné de Robert, pour qu'il combatte Castruccio Castracani que le légat excommunie. Il leur amène deux mille cavaliers. — Parme se donne au pape. — Le titre de vicaire de l'empire en Italie , que Robert de Naples reçoit du saintsiége, ne compense pas ses échecs contre les Siciliens.
gardulgne. — De nouvelles révoltes des Sardes contre Pise mettent l'Ile sous l'autorité immédiate du roi d'Aragon.
Allemagne et Italie. — Expédition de Louis V en Italie. 11 est reçu à Milan par Galéas Visconti, à Lucques par Castruccio Castracani, auquel il donne le titre de duc, avec Pistoia et Prato. Le pape délie ses sujets du serment de fidélité.
Angleterre. — Le parlement
pour la première fols, dépose un roi (janvier). Edouard II subit, par l'ordre de sa femme, un horrible supplice. — Édouard III , son fils , lui surcède, mais Isabelle livre le gouvernement à Mortimer.
Angleterre et KcoMge. — Guerro malheureuse faite par Mortimer à Robert Bruce , qui est reconnu roi indépendant.
Bohême. — Le roi Jean commence à faire accepter sa suzeraineté par les ducs entre lesquels est partagée la Silésie; il leur laisse les principaux droits régaliens.
Italie. — Le poète Cecco d'Ascoli est brûlé à Florence, pour les hérésies que les inquisiteurs ont découvertes dans son poème in sesta rima, mélange bizarre de physique , d'histoire naturelle, de philosophie morale, de visions astrologiques.
Turcs. — Le fils d'Othman , Orkhan, qui en lui .succédant a pris le titre de sultan, moins modeste que celui d'émir, enlève aux Grecs Nlcomédie, en Bithynie.
Allemagne , Italie et Rome.
— Louis V se fait couronner à Rome par deux évéques et déclare Jean XXII déchu de la papauté. Un moine franciscain,Pierre de Corbière, est nommé pape ; mais les guelfes chassent Louis V de Rome (août).
Empire gree. — Andronic III prive de l'autorité impériale et tient renfermé dans un palais son aïeul le vieil Andronic II qui vécut trois ans encore avec l'habit monastique (mai).
France. — Mort de Charles IV le Bel, sans héritier mâle (31 janvier). Application du décret national de 1317 qui exclut lesfemmesdu trône.
— Philippe VI, né de Charles, comte de Valois, le troisième fils de Philippe 111 le Hardi, commence la branche capétienne des Valois (lw avril).
11 est sacré le 29 mai.— Il marche au secours du comte de Flandre contre
XIVe SIÈCLE APRÈS J. C.
ses sujets rebelles, et les bat à la journée de Cassel (23 août).
France et Espagne. — Jeanne, fille de Louis le Hutin , et son mari , Philippe d'Évreux, entrent en possession de la Navarre.
Italie. — A Mantoue , la maison de Gonzague , ainsi appelée d'un bourg qui est situé un peu au sud de la ville, au delà du Pô, profite d'une émeute populaire pour dépouiller les Bonacolsi qui depuis un demi-siècle exerçaient l'autorité de podestat ; Louis de Gonzague reçoit le titre de capitaine et associe ses fils au gouvernement (août). — Mort prématurée de Castruccio Castracani , duc de Lucques, à quarante-sept ans.
Rurale. — Le second fils de Michel U, ayant fait tuer tous les Tartares qui étaient à Tver , quoiqu'il dût au khan la dignité de grand prince, prend la fuite devant une armée que commandent cinq princes tartares guidés par le frère de Jouri III, Ivan : Tver est mise à feu et à sang. Ivan Ier réunit les principautés de Moscou, de Novogorod et de Wladimir. Le prince déchu règne à Pleskof du consentement des habitants.
Son frère reçoit des Tartares la principauté de Tver.
Allemagne. — Le droit de suffrage électoral devra alterner entre les deux branches princières de la maison bavaroise de Wittelsbach.
Angleterre et France. — É-
douard 111 vient rendre hommage au roi pour ses terres de France.
Angleterre. — Edouard fait pendre, par arrêt du parlement, l'amant de sa mère , et relègue Isabelle dans un château où elle resta captive jusqu'à sa mort , pendant vingt-huit ans.
— C'est en 1327, 1333, 1344, 1347 ou plus tard, après 1373, mais sous Edouard III, que le parlement prend sa forme définitive et se partage en deux chambres: Ie chambre des hauts barons et des chefs de l'Église;
2° chambre des communes, où sont
réunis les députés des chevaliers de comté et des francs - tenanciers, représentant de l'aristocratie moyenne, et les députés des villes et des bourgs.
Espagne. — Les Mérinides de Fez et Maroc prennent sur les Maures de Grenade Algeziras. — Pacte fondamental juré par Jeanne de France et Philippe d'Ëvreux avant d'être sacrés rois de Navarre , et souscrit par le roi de France : la garde des forteresses du pays ne sera donnée qu'à des Navarrais; le domaine royal est inaliénable; le fils de Jeanne et de Philippe , à vingt ans , recevra le gouvernement
France. — Solennel débat de théologiens et de procureurs en présence de Philippe VI, pour fixer les limites des deux juridictions ecclésiastique et séculière : Pierre de Cugnères est l'avocat des gens du roi.
La forme d'appel comme d'abus sortit de ces discussions. — Philippe VI nomme Jean de Bohême, qui a combattu avec lui à Cassel, son lieutenant dans le pays de Gascogne, à la frontière des possessions anglaises.
Italie. — A la mort d'Édouard , comte de Savoie , les états décident entre son frère et sa fille, en rappelant l'usage qui exclut les filles de la souveraineté tant qu'il reste des mâles de la maison régnante.
Allemagne et Italie. — Le roi
Jean de Bohême, vicaire de l'empire en Italie, combat les Lombards.
Danemark. — Les Danois, pour ne point acquitter les impôts dont les a chargés Christophe II, l'ont déposé et forcé de fuir; ils donnent le titre de roi à un enfant, le duc de Slesvig. Les chefs de l'insurrection se partagent le duché paternel de ce prince, et s'attribuent les plus beaux domaines de la couronne.
France.— Robert d'Artois, beaufrère du roi , convaincu d'avoir fabriqué de faux titres pour soutenir
XIVe SIÈCLE
sa prétention au comté d'Artois contre sa tante , est banni par arrêt de la cour des pairs.
UTonle et Prusse. — Riga est assiégée et prise par les chevaliers teutons, tandis que l'archevêque de Livonie va porter ses plaintes à la cour d'Avignon. — Invasion des Lithuaniens et des Russes en Livonie.
Allemagne. — Jean XXII détache le roi de Bohême du parti de Louis V par la promesse de la couronne de Lombardie.
Danemark. — Christophe II, qui était remonté sur le trône en se réconciliant avec le comte de Holstein , tuteur de l'enfant qu'on avait fait roi à sa place t est de nouveau vaincu par lui et forcé de lui engager la Scanie et d'autres terres du royaume , môme dans le Jutland.
Espagne et Italie. — La Corse est un sujet de guerre entre les Aragonais et les Génois. — Un parlement est établi en Navarre par les rois, avec le consentement des cortès, sur le modèle de celui de France.
France. — La confrérie de Saint- Julien des ménétriers, troupe de chanteurs baladins et musiciens , reçoit des statuts enregistrés au Chàlelet.
Italie. — Puissance et modération d'Azzon Visconti, fils et successeur de Galéas, à Milan. Pavie, Verceil , Novare , Parme , Reggio lui défèrent la seigneurie; chef du parti de l'empereur, uni au marquis d'Esté, au seigneur de Vérone, Mastino délia Scala , aux Gonzague de Mantoue, il arrête les progrès de Jean de Bohême qui est dévoué au pape contre Louis V (août).
Orient. — Mort de l'Italien Oderic de Portenau, moine franciscain qui, par zèle pour la religion, a parcouru l'Asie depuis les côtes de la mer Noire jusqu'à la Chine : sa relation, mêlée de fables, est écrite en
apiiès j. c. 391
latin. — Mort d'Àboul-Feda , prince musulman de Hamah en Syrie , distingué surtout comme historien et comme géographe : ses Annales moslemici ont été traduites d'arabe en latin en 1789; la Vraie situation des pays a été traduite en latin en 1760. Le premier ouvrage est une chronique universelle , concise mais aride ; le second est une géographie détaillée, précédée de notions mathématiques et tenant compte de ia différence des climats.
Allemagne et HuUse. — Lu-
cerne, qui souffrait impatiemment le joug des Autrichiens, chasse l'officier étranger et entre dans la ligue perpétuelle des trois cantons suisses.
Angleterre et Keosse. — É-
douard III a suscité à David Bruce un compétiteur , Édouard Bail loi , qui , avec le secours des Anglais , est vainqueur et se fait couronner ( 27 septembre ). David passe en France ; mais son parti soutient longtemps la guerre contre Baiilol.
Danemark et Suède. — Les
Scaniens, opprimés par le comte de Holstein , se donnent à la Suède.
EHpagne. — Gibraltar , qui depuis 1309 a plus d'une fois changé de main, se rend au roi mérinide de Maroc.
France. — Un double mariage unit la maison de France à la maison de Bohême.
Italie. — Après un débat de quinze ans , les trois frères marquis d'Esté reconnaissent le pape pour souverain de Ferrare et reçoivent de lui le vicariat de la ville et du district.
Allemagne , Italie et Rome.
— Louis V croit rendre la paix à l'empire en offrant d'abdiquer une couronne que la haine de Jean XXII ne veut pas lui laisser porter : la diète d'Allemagne s'oppose elle-même à sa
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résolution désespérée. Son nouvel ennemi, Jean de Bohême, n'éprouve que des désastres dans une expédition en Lombardie , malgré le concours de la noblesse française.
Empire grec et Turcs* — Or-
kiian arrache, aux Grecs la place importante de Nicée.
Orient et Rome. — Jean XXII publie une croisade en faveur du roi chrétien d'Arménie. — Les rois de France , de Bohême , de Navarre et d'Aragon prennent la croix mais ne partiront pas.
Italie. — Mort du Florentin Giotio , peintre, sculpteur et architecte : disciple de Cimabue , il a mieux que lui encore ràmené les arts à l'étude de la nature. Il dirigeait au moment de mourir les fortifications de Florence. Il a été l'ami de Dante.
Rome. — Le pontificat de Benoît XII donnera à l'Eglise, bien que le pape reste à Avignon, huit années d'une administration salutaire :
il réforme la discipline et les ordres religieux.
Bohême.- Mort du dernier duc silésien de Breslau, descendant des Piast. Après lui, la principauté passe à la couronne de Bohême. Presque tous les autres ducs acceptent la protection ou la suzeraineté du roi de Bohême.
Italie. — LesGonzague de Mantoue se font céder Reggio par les Scaligers de Vérone.
mongols. — * Après la mort d'Abou-saïd, khan des Tartares occidentaux de Perse, cet empire est livré, jusqu'à l'époque de Timur- Beg, ou Tamerlan , à une sorte d'anarchie féodale : les grands se rendent indépendants chacun dans son domaine, l'autorité des khans est annulée ; la nation est sans influence au dehors.
Orient. — Après un voyage en
Asie, François Balduin Pegolctti compose un traité de géographie appliquée au commerce, afin d'indiquer la route que peuvent suivre les marchandises d'Azof à la Chine ; il fait mention du papier -monnaie de la Chine qu'il nomme babisci.
Angleterre et France. — Pour
soutenir ses prétendus droits au trône de France, qu'il réclamait comme petit-fils de Philippe IV le Cel , par sa mère Isabelle, Edouard 111 met dans ses intérêts le comte de Hainaut , l'empereur et le duc de Brabant , et cherche à gagner le pape.
La guerre commence entre la France et l'Angleterre, d'abord en Flandre, où les grandes villes sont révoltées contre leur seigneur, l'allié de Philippe.—Le commerce des laines rend l'amitié des Anglais nécessaire aux Flamands. Sous Edouard 111, l'Angleterre commencera à fabriquer avec ses laines des draps pour l'étranger.
Espagne et France. — Le roi
de Navarre, Philippe d'Evreux, voisin des possessions anglaises de Gascogne, combat avec Philippe de Valois , son parent , contre les Anglais.
Espagne. — A la cérémonie de son sacre, le nouveau roi d'Aragon, Pierre IV, se couronne lui-même.
Italie.— Les marquis d'Esté, vicaires de Ferrare pour le pape, s'emparent de l'autorité à Modène, où ne peuvent se maintenir les Pii. — Mastino délia Scala , maître de Brescia, Vérone, Bassano, Vicence, Padoue, Trévise, se brouille avec les Vénitiens en voulant exploiter des salines près des lagunes.
orient chrétien. — A la demande du roi de France, Naser, sultan d'Égypte, accorde la garde du saint sépulcre à des moines cordeliers:
qui l'ont conservée pendant des siècles.— La ligue de Venise, de Constantinople, de Rome, de la France, de Naples, de Chypre et de Rhodes contre les Turcs ottomans, préserve à peine de l'invasion les côtes de la Grèce.
XIVe SIÈCLE APRÈS J, C.
iS57.
Angleterre et France. — Le
titre ducal, jusqu'alors inconnu en Angleterre , est introduit par Édouard III qui nomme son fils aîné, âgé de six ans, duc de Cornouailles.
— II déclare la guerre à Philippe VI le 21 août, prend le titre de roi de France, au moins dans ses lettres du 7 octobre , où il nomme le duc de Biabant son vicaire en Flandre.
France.— Naissance de Froissart à Valeuciennes, dans le Hainaut, au début de ces grandes révolutions de l'Angleterre, de la France, de l'Ëcosse, de la Flandre et de l'Espagne chrétienne, dont il sera l'historien.— Le comte de Savoie, quoique proche parent du roi d'Angleterre, envoie des troupes et bientôt vient luimême prendre part à la guerre de Flandre contre les Anglais.
itulie. — Le frère de Maslino délia Scala, Albert, est fait prisonnier dans Padoue par le Véronais Pierre Rossi qui l'envoie à Venise; Marsile Carrara profite de ces succès pour saisir l'autorité à Padoue. Les Milanais enlèvent Brcscia a Mastino.
mongol*. — Dans la Transoxiane, à quelques milles de Samarcande, naissance de Tamerlan, fils d'un émir mongol, descendant de Gengis-Khan par les femmes.
Angleterre.— Dans la guerre de France, les Anglais commencent à se servir de bombardes et de canons.
Empire d'Allemagne et Rome.— Le pape Benoit XII , poursuivant sur Louis V les vengeances de Jean XXII, et le menaçant encore de déchéance au profit du roi de France et de Charles, fils de Jean de Bohême, les princes de l'empire déclarent à Rense , près de Coblcntz , puis à Francfort, que la couronne impériale ne relève pas du pape et que les électeurs seuls en disposent.
France. — Assemblée d'étals
généraux : le roi s'engage pour lui et pour ses successeurs à ne pas lever de deniers extrordinaires sans le consentement des trois états. Il altérera souvent les monnaies. — Pour la première fois un arrêt du parlement déclare la régale ouverte aux bénéfices d'un prélat français pourvu au cardinalat , comme s'il n'était plus membre du clergé de France.
Depuis ce temps , les rois ont exigé des évêques nommés cardinaux un nouveau serment de fidélité.
Angleterre et France. — É-
douard III prend en Flandre le titre de roi de France. Les Anglais se répandent dans le pays de Cambrai et la Picardie.
Bohême et Pologne. — Pour
éviter la guerre avec son remuant voisin le roi de Bohême , le roi de Pologne, Casimir 111, renouvelle l'abandon de ses prétentions sur la Silésie , et y ajoute un tribut dont le roi de Hongrie , son neveu , donne une part.
Empire grec et Ko me. — Le
Grec Barlaam est envoyé par And rouie III auprès du pape pour traiter de la réunion des deux Églises : mission sans effet.
Espagne. — Le roi d'Aragon rend hommage au pape pour la Sardaigne.
Italie.— Mastino délia Scala finit la guerre avec les Vénitiens par un traité qui leur livre toute la marche Trévisane. C'est la première acquisition importante de Venise en terre ferme. — Milan tombe sous la sanguinaire autorité de Luchino Visconti , oncle et successeur du vertueuxAzzon; elle devra à ses armes et a sa politique perfide un grand accroissement de territoire. — Le nouveau marquis de Monlferrat , Jean 11 Paléologue , se fait le chef du parti gibelin et enlève Asti à Robert, roi de Naples.— Une nouvelle révolution à Gènes fait passer le gouvernement des mains des
XIVe SIÈCLE APRÈS J. C.
nobles au peuple et à la faction gibeline. Au titre d'abbé est substitué celui de doge comme à Venise : Simon Boccanera a le premier cette dignité à vie.
Suisse.— One ligue de plusieurs comtes d'Helvétie ne peut forcer la résistance de Berne qu'assistent les troupes fédérales d'Uri , de Schwilz et d'Untcrwalden, quoiqu'elle ne fasse pas partie de la confédération.
Les troupes victorieuses des cantons marchent contre Fribourg, qui s'était mise sous la suzeraineté du duc d'Autriche.
Afrique et Espagne. — Les
rois de Grenade et de Maroc assiègent Tarifa et font usage de canons qui lançaient des boulets de fer. Le roi de Castille , Alphonse XI , et le roi de Portugal , Alphonse IV, viennent leur livrer, sur les bords du Salado, une bataille décisive qui cause des pertes irréparables aux princes musulmans (30 octobre).
Angleterre et France. — Victoire navale des Anglais gagnée sur la côte de Flandre, à l'Écluse (24 juin): nous n'avions que des vaisseaux et des matelots génois. Tentative des Anglais sur Tournai. Trêve (29 septembre).
Danemark. — Six ans après la mort de son père Christophe II qui avait laissé le royaume dans l'anarchie, Valdemar III est élu roi de Danemark par les états; il épouse une princesse de Slesvig, et ressaisit une partie des domaines de la couronne qu'avait usurpés la noblesse; mais la pénurie du trésor l'oblige à laisser encore au comte de Holstein la Fionie et une partie du Jutland, engagées en 1317.
Espagne et France.— Le refus de l'hommage pour la seigneurie dé Montpellier brouille le roi de Majorque avec son suzerain Philippe de Valois. Le prince aragonais devra, au bout de deux ans, se soumettre a l'obligation féodale.
Empire grée* — Mort d'An* dronic III au milieu des débats religieux ; son fils Jean, âgé de neuf ans, est sous la tutelle du patriarche de Gonstanlinople et de Cantacuzène, grand domestique, qui prend bientôt les ornements impériaux.
Italie. — L'acquisition de Lucques par les Florentins les met en guerre avec les Pisans. — Couronnement de Pétrarque au Capitole.
Orient musulman. — Mort du
sultan d'Egypte et de Damas, Naser, après quarante-huit ans d'un règne deux fols interrompu par des révoltes ; peu favorable aux grands, il s'était appliqué à soulager le peuple et à favoriser l'agriculture et les arts.
— En vingt ans, huit de ses fils passeront sur le trône au milieu de discordes civiles.
Russie. — Mort du prince Ivan, qui a embelli Moscou. Siméon , son fils ainé, lui succède, avec l'assentiment du khan des Tartares.
Angleterre, Ecosse et France. — La nation écossaise rappelle de France David Bruce. — Les Français et les Anglais se retrouvent en présence dans la Bretagne où l'héritage du dernier duc est disputé par Jeanne de Penthièvre , sa nièce , mariée à Charles de Blois, parent de Philippe VI, et par Jean de Montfort, son frère cadet. Édouard appuie ce dernier.— Robert d'Artois est blessé mortellement dans les rangs des Anglais à Vannes. Édouard lui-même échoue contre Vannes, Nantes et Rennes.
Espagne. — Les Castillans attaquent Algeziras , que le roi de Grenade défendra deux ans.
Hongrie.— Louis 1er est élu pour
succéder a son père Charobert qui a rendu tributaires de la Hongrie les souverains de Servie, de Transylvanie, de Bulgarie, de Bosnie, de Moldavie et de Valachie. H ramène sous le joug la Transylvanie et la Valachie.
XIVe SIÈCLE APRÈS J. C.
■salie. — A Florence, au milieu des discordes, Gauthier de Brienne, duc d'Athènes, reçoit le titre de capitaine et de conservateur du peuple, et bientôt de seigneur à vie ; il se conduit comme le plus cruel et le plus cupide des tyrans.
Rome. — Clément VI déclare se réserver la nomination des grandes prélatures, sans tenir compte des droits des chapitres et des communautés.
Allemagne et Rome* — Clément VI recommence les procédures contre l'empereur.
Rehéme. — Affranchissement ecclésiastique de la Bohême par l'érection de l'église de Prague en archevêché.
Bohême et Pologne. — Casimir, roi de Pologne, se jette sur la Silésie quoiqu'il ait par un traité formel fait abandon de ses prétentions, en faveur du roi de Bohême; il ne garda qu'une ville, Frauenstadt.
Danemark. — Valdcmar III Tend au roi de Suède la Scanie.
Eipagne* — Le roi d'Aragon enlève les Baléares au roi de Majorque, et commence sur le continent la conquête de ses autres domaines, le Roussîllon et la Cerdagne.
Italie. — Mort du roi de Naples, Robert le Sage. Il a désigné pour régner ensemble après lui sa petitefille, Jeanne, âgée de dix-sept ans, et l'époux de Jeanne, son petit-neveu, André de Hongrie , fils de Charobert. — Florence chasse Gauthier de Brienne. Le parti démocratique saisit la direction de la république, et choisit à son gré le gonfalonier.
Bohême, Hongrie et Pologne.— Louis 1er de Hongrie défend son oncle Casimir de Pologne contre Jean de Bohême qui, en représailles de l'attaque de la Silésie par les Polonais, était venu jusqu'à Cracovie. H
frappe les Tartares en Transylvanie.
Lorsqu'ils s'avancent vers la Pologne, Casimir les arrête victorieusement sur les bords de la Vlstule.
K»pagne. — Algeziras se rend au roi de Castille : trêve de dix ans entre les chrétiens et les Maures de Grenade. — Yousouf s'applique à rendre ses sujets heureux pendant la paix : les écoles, la police, la discipline militaire et l'encouragement des arts recommandent ce règne. — Pierre IV déclare le royaume de Majorque réuni à la couronne d'Aragon et achève de soumettre le Roussi lion et la Cerdagne. Le prince dépouillé trouve des amis dévoués mais impuissants dans le comté de Foix et dans Clément VI.
France. - Philippe VI attire perfidement par un tournoi et fait décapiter à Paris , sans forme de procès , Olivier Clisson et quatorze seigneurs bretons ou normands , suspects de complicité avec l'Angleterre (janvier). — Il est le premier roi qui force les peuples à prendre le sel dans les greniers de l'État : a\ant lui, Philippe le Bel et Philippe le Long avaient mis des impôts sur le sel.
Italie* — Jacques Dondis est l'auteur d'une horloge à roues qui fut placée sur la tour du palais de Padoue. Elle marquait, outre les heures, le cours annuel du soleil et les mouvements des planètes : le nom propre d'Orologus en est resté à cet artiste et à ses descendants.
Orient chrétien. — Le roi
d'Arménie est assassiné par ses sujets qui le voyaient préférer, pour les emplois, des gentilshommes latins à la noblesse du pays, et persévérer dans les mœurs et les usages étrangers. Son successeur est un prince de la maison royale de Chypre.
Turcs. — Tout le fruit d'une li^ gue du roi de Chypre, de Clément VI, des Vénitiens, des chevaliers de Saint- Jean contre les Turcs ottomans, fut l'occupation de Smyrne, qui au bout de deux ans fut perdue.
Bohême et Pologne. — Jean de Bohême, quoique aveugle, conduit une armée contre Cracovie : il est repoussé avec une grande perte.
Danemark. — Courte expédition de Valdemar III en Estlionie , pour défendre cette province danoise contre les idolâtres.
Kttpagne. — Le roi de Castille reçoit eu don , du roi d'Angleterre, des échantillons de la plus belle race des moutons anglais, qui ont fait depuis une des principales sources de richesses de la péninsule. — Les Iles Canaries, récemment découvertes par des navigateurs de Castille, d'Aragon et de Portugal, forment un royaume pour un des infants de Lacerda , sous la suzeraineté du sainlsiége. — Pierre, le fils du roi de Portugal Alphonse IV, presque aussitôt après la mort de sa femme qui n'avait pu se résigner à ses scandaleuses amours, épouse une de ses maîtresses, Inès de Castro, à l'insu du roi.
France. — Mort de Jean de Montfort, le prétendant au duché de Bretagne. — Le chef des Flamands révoltés, Jacques Arteveld,cst tué à Gand par le peuple.
Hongrie. — Soumission de la Croatie.
Italie.— André de Hongrie, mari de Jeanne de Naples, est étranglé. Sa femme est accusée du crime par la voix publique. Une bulle du pape frappe tardivement les coupables , quels qu'ils soient (janvier).
Allemagne et Rome. — La
cour d'Avignon lance encore une bulle de déposition contre Louis V ; cinq électeurs, gagnés par argent, lut substituent Charles, fils du roi de Bohème, âgé de trente ans. Le nouvel élu s'engage par un pacte honteux avec Clément VI. Guerre civile.
Angleterre, Keosse et France.— États des pays de la langue d'oïl a Paris ; de ceux de la langue d'oc à
APRÈS J. C
Toulouse (février). Le siège d'Aiguillon dans r Agenois n'est plus qu'un incident sans valeur, quand Edouard III envahit la France par la Normandie où le conduit le Transfuge GeofTroy d'Harcourt (juillet).— Édouard court impunément jusqu'auprès de Paris; après avoir passé la Seine pour retourner dans le Ponthicu qui lui appartient, il est atteint en Picardie, à Créry, par Philippe VI. Bataille funeste à la France ( 26 août ) : les Anglais sont supérieurs par leur infanterie bien plus que par les six pièces de canon qui parurent dans cette journée. Le prince de Galles, âgé de quinze ans, gagne ses éperons de chevalier; il adopte les armes noires de Jean l'Aveugle, roi de Bohème, qui se fit tuer à la tête des chevaliers français avec une extravagante témérité. Le fils de Jean, Charles, élu roi des Romains, a pris part au combat. — Siège de Calais par Edouard 111. — Le roi d'Ecosse, David Bruce, perd à la frontière de l'Angleterre, près de Durham, la bataille de Nevils-Cross, contre Philippine de Hainaut qui va ensuite conduire des secours à Edouard , son mari, devant Calais (17 octobre).
David restera onze ans à la Tour de Londres.
nolième. — Le duc de Schweidnitz-Jauer. maître aussi de la Lusace, est le seul des princes silésiens qui ait refusé à Jean de Bohème l'obéissance féodale.
Danemark. — Le roi de Danemark entreprend un pèlerinage en terre sainte , avec le duc de Saxe % sans la permission de Clément VI.
Clément l'excommunie pour un an.
Empire grec. — Jean Cantacuzène, qui a déjà pris la pourpre impériale , engage la guerre avec les partisans de Jean Paléologue.
Hongrie et Venise. — Zara,
révoltée depuis dix mois contre Venise pour la septième fois, est mal secourue par Louis, roi de Hongrie ; après sa retraite , elle se défend encore une année.
Italie. — Le roi de Hongrie réclame, au nom du fils posthume de son frère André, qui a été assassiné, l'administration du royaume de Naples, et forme une ligue avec Louis V de Bavière contre la reine Jeanne.
Jeanne se donne un protecteur en épousant son parent, Louis de Tarente. — Parme et Plaisance passent sous l'autorité de Vlsconti; elles resteront cinquante-sept ans aux seigneurs de Milan.
Allemagne. — Le célèbre philosophe Guillaume d'Occam , cordelier anglais qui a ranimé la querelle des réalistes et des nominaux, meurt à Munich auprès de l'empereur qu'il défendait contre le saint-siége. — Mort de l'empereur Louis de Bavière. — Le roi des Romains, Charles IV de Bohême, est aux prises pendant une année avec quatre compétiteurs.
Angleterre et France. — Charles de Blois est vaincu et pris à la Roche-Darien par les Anglais et par Jeanne de Montfort (juin) : sa femme continue la lutte. — Calais, pris par Édouard 111, devient tout à fait une ville anglaise ( août ) : Eustaehc de Saint-Pierre, qui s'est dévoué pour sa ville, reste sujet d'Édouard. —Trêve parla médiation du pape (septembre).
Bohême. — Prague doit à Charles IV une université, sur le modèle de celle de Paris.
Empire grec. — Jean Cantacuzène entre par surprise dans Constantinople.
Danemark. — Le roi de Danemark vend l'Esthonie au grand maître de Tordre teutonique. Le prix du rachat lui sert à dégager la Fionie et les places de Seeland, livrées depuis trente ans aux comtes de Holstein.
Hongrie, Naples et Sicile. —
— La reine Jeanne, menacée par Louis de Hongrie , se réconcilie avec le prince aragonais de Sicile , et reconnaît ses droits.
Italie. — Guerre entre la maison de Savoie et les Visconti.
Orient chrétien. — L'Arménie sollicite vainement les secours du pape, de la France et de l'Angleterre.
Pologne. — Code de Casimir III :
il partage entre le roi et la noblesse le pouvoir de faire les lois , et rend moins arbitraire l'autorité royale ; il permet aux paysans opprimés par les nobles de quitter leurs terres.
nome. — Nicolas Rienzi se fait nommer tribun, constitue le gouvernement du bon Êtat% et châtie la noblesse turbulente. Il tente de former une confédération de tous les grands États italiens. Bientôt la popularité l'abandonne ; chassé de Rome, il tombera aux mains du pape.
Venise. — Venise obtient que ses vaisseaux soient reçus en toute franchise dans les ports de l'Égypte et de Syrie ; elle a le droit d'y établir des comptoirs.
Une peste décime les populations de l'Égypte et s'étend sur les différentes parties de l'Europe pendant deux ans, 1348 et 1340. Elle sévit cruellement en Italie , en France et en Angleterre ; mais elle n'interrompt pas les danses, les pompes, les jeux, les tournois. Elle a inspiré le préambule du Décaméron de Boccace.
Bohême. — Une ordonnance de Charles IV confirme et explique les privilèges des Bohémiens ; il fait décider dans l'assemblée de Prague que l'élection du roi n'appartient aux états que quand la famille royale est éteinte.
Espagne. — Le roi d'Aragon, Pierre IV le Cérémonieux, après avoir vaincu les nobles abroge leprtvilége d'union qui , depuis soixante ans, autorisait les seigneurs à défendre leurs libertés par la force. Des lois nouvelles garantiront les droits de la nation ; elles seront mises sous la garde du grand justiza, magistrat suprême de justice dont relève même le roi.
Italie— Louis de Hongrie prend, presque sans combat, possession du royaume de Naples (janvier). Fuite de Jeanne et de son mari, Louis de rarente. Louis imite bientôt les violences et les cruautés des Angevins.
La peste le force à quitter l'Italie (avril). Les troupes qu'il laisse ne pourront garder sa conquête. — La peste de Florence emporte l'historien Jean de Villani,dont la chronique en langue italienne a été conduite par son frère et par son neveu jusqu'en J 365.— Mort du poète italien Barberino, dont les Documenti d'Amore se ressentent de son long séjour en Provence, dans la société des troubadours. — Les Vénitiens obtiennent l'alliance des Gonzague de Mantoue contre les puissants seigneurs de Vérone, les délia Scala, qui, de leur côté, unis au seigneur de Milan et au marquis d'Esté, entrent dans le Mantouan , mais sont repoussés.
Rome. — Avignon, résidence des papes depuis quarante ans, est vendue par la comtesse de Provence, Jeanne, la reine fugitive de Naples, au pape Clément VI (juin). L'empereur confirmera cette cession d'un flef qui faisait partie de l'ancien royaume d'Arles.
Suède. — Les Suédois opposent au roi Magnus 11 son propre lils pendant six ans.
Angleterre. — Édouard III institue Tordre de chevalerie de la Jarretière, peut-être en souvenir de son amour pour la comtesse de Salisbury.
Eapaçne et France. — Philippe VI acquiert d'Humbert le Viennoiset le Dauphiné, à condition que le titre de dauphin sera porté par celui des enfants de France qui aura le Dauphiné en apanage (mars).— Jayme II, roi déchu de Majorque, vend à Philippe VI la seigneurie de Montpellier et tente un dernier et inutile effort pour recouvrer Majorque , que les rois d'Aragon garderont. — Mort de Jeanne, reine de Navarre ; son fils Charles, dit le Mauvais, lui succède.
Eflpagne. — Alphonse XI, roi de Casiille, meurt de la peste. — Pierre le Cruel succède à son père. — Si les Maures d'Afrique ne paraissent plus eu Espagne, le royaume maure de Grenade subsiste encore près d'uu siècle et demi.
France. — Mort de Philippe VI (août). Son fils Jean le Bon , qui lui succède, fait exécuter, sans forme de procès, le connétable Raoul de Nesle, comte d'Eu et de Guines, qu'il soupçonne de trahison (novembre).
Italie. — Les Génois établis à Cafla , dans la Crimée , voulant interdire aux Vénitiens le commerce de la mer Noire , la guerre recommence entre les deux puissances maritimes. — L'achat de Bologne
Ï>ar le nouveau seigneur de Milan, ean Visconti , archevêque et cardinal , le met en lutte ouverte avec le saint-siége qui cédera enfin aux menaces.— Seconde invasion du royaume de Naples par Louis de Hongrie.
nome. — L'indulgence de jubilé que Boniface VIII avait établie pour la centième année de l'ère chrétienne, réduite à la cinquantième par un décret de Clément VI, en 1343, attire à Rome un concours extraordinaire de pèlerins.
Allemagne. — L'empereur Charles IV achète de l'électeur palatin une partie du haut Palatinat.
Allemagne et Suisse. — Les
villes impériales de Zurich et Glaris, pour échapper au joug de la maison d'Autriche, se font agréger à la confédération helvétique. Le puissant abbé de Saint-Gall conclut une alliance défensive avec les cantons de Zurich , Lucerne , Schwitz et Glaris.
Bohême. — Incorporation de la ville et du cercle d'Égra.
E*pa«tne. — Le nouveau roi de Castille, à la sollicitation de sa mère, fait mourir Éléonore de Guzman , maîtresse de son père.
XIVe SIÈCLE APRÈS J. C.
France. — États généraux à Paris (février). Altération des monnaies.
Famine. Les hostilités recommencent avec l'Angleterre.— Jean le Bon institue pour la chevalerie Tordre de l'Étoile (octobre).
Gène* et Venise* — Venise a pour alliés contre Gènes l'Aragon, la Navarre et la France. Le Génois Doria se montre cependant dans le golfe de Venise (octobre), et livre aux flammes la capitale de Négrepont, colonie vénitienne.
Allemagne et Puisse. — Les
Lucernois s'emparent pour le détruire du château de Habsbourg, berceau primitif de la maison d'Autriche. La ville helvétique de Zug, qui dépend de la maison d'Autriche, est subjuguée par les Suisses et prend rang dans leur confédération.
Danemark. — Le comte de Holstein soutient la noblesse du Jutland révoltée ; nouvelle guerre avec le Danemark.
Empire grec*. Gènes et Teni»e. — Les Vénitiens et les Catalans , unis même aux Grecs qui voudraient secouer la tutelle de Gènes, attaquent la flotte génoise dans le détroit de Constantinople ; malgré leur nombre, ils se font battre. Jean Cantacuzène est forcé d'interdire les ports de l'empire à ses alliés.
Hongrie et ivaples. — Jugement du pape Clément VI accepté par Louis de Hongrie malgré les succès d'une nouvelle expédition : le pape ayant déclaré la reine Jeanne Innocente du meurtre de son premier mari, Louis renonce à la conquête.
Bohême. — Le mariage de l'empereur Charles de Bohême avec une princesse de Schweidnitz prépare l'incorporation des principautés silésiennes de Schweidnitz et de Jauer.
Empire grec*— Jean Paléologue se sert des Turcs ottomans contre
Cantacuzène, qui envoie des députés au pape pour obtenir les secours de l'Occident ; il cherche aussi l'amitié du Turc Orkhan en lui donnant sa fille. — Mort du littérateur grec Planude, qui a réuni les fables attribuées à Ésope.
Espagne. — Trois jours après son mariago avec la fille du duc de Bourbon , Pierre le Cruel commence à la persécuter. Plusieurs de ses crimes domestiques lui ont été inspirés par ses maltresses : l'une d'elles, Padilla, régna sur lui environ pendant huit ans , mais en ayant souvent des rivales plus puissantes qu'elle.
Gènes et Venise. — L'amiral génois Antonio Grimaldi est battu par les Vénitiens et les Catalans à la hauteur de Cagliari, en Sardaigne.
— Pour recevoir des denrées du Milanais, Gènes est réduite à se donner à Jean Viscontl , seigneur de Milan.
nome. — Le nouveau pape , Innocent VI , suspend les réserves accordées par Clément VI et révoque toute concession de prélatures, de dignités et de bénéfices séculiers et réguliers. Dans la collation des bénéfices , il favorise les gens de lettres. 11 charge de ses pouvoirs en Italie le cardinal Alvarès Albornoz , archevêque de Tolède , qu'avait dépouillé Pierre le Cruel. — L'ancien tribun Nicolas Ricnzi , qui depuis deux ans était à Avignon , est envoyé par le pape avec le légat pour l'aider à rétablir son autorité : il jouira encore de quelques mois de dictature et de popularité.
Russie. — La peste emporte le grand prince Siméon , fils aîné d'Ivan ltr; le second fils, Ivan 11, règne après lui avec l'assentiment du khan mongol.
Suisse. — Berne accède à la confédération helvétique, qui reste pour cent vingt-cinq ans composée de huit cantons : Uri, Schwitz, Unterwalden , réunis depuis 1307 ; Lucerne, agrégée en 1332 ; Zurich et Claris, en 1361 ; Zug, en 1362; Berne, en 1353.
400 XIVe SIÈCLE APKÈS J. C.
Bohême. — Elle reçoit de Charles IV une constitution féodale.
Kmplre d'Allemagne, Italie et «ulsse.— Charles IV entreprend une expédition en Italie avec l'assentiment de la cour d'Avignon. — Louis de Gonzague le reçoit à Maritoue, et en obtient le titre de souverain héréditaire de Mantouc et de Reggio.
Albert, duc d'Autriche, ne peut soumettre Zurich.
Espagne. — Assassinat de Yousouf. — Discordes parmi les musulmans.
France. — Charles le Mauvais assassine Charles de la Cerda, connétable de France.
Naples et Sicile* — La cour de Naples, profitant de la faiblesse du gouvernement sicilien, reprend ses projets de conquête. Guerre languissante pendant dix-huit ans.
nome. — Le peuple renverse son idole : Itienzi, assiégé au Capilole, est assassiné dans sa fuite ( septembre).
Venise.- Mort d'André Dandolo, qui a écrit la première histoire de Venise. Après lui , aucun doge ne sera enseveli dans l'église Saint- Marc. — Marino Faliéro est élu doge à quatre-vingts ans.
Venise et Gènes. — Paganlno Doria bat dans le port de Sapienza, près de Modon, au sud-ouest du Péloponnèse, les vaisseaux vénitiens commandés par [Nicolas Pisani (4 novembre).
Angleterre et France. — États de la langue d'oïl a Paris : ils promettent trente n.ille hommes et des subsides, moyennant des réformes que le roi s'engage à accomplir ; des élus des états vei/leront à l'emploi et à la répartition des produits de l'aide. L'ordonnance du 28 décembre est appelée la grande charte des Français
Bohême. — Une constitution de Charles IV décrète la réunion des
duchés de Silésic, du marquisat de Lusace et de deux districts do la Pologne à la couronne de Bohème.
Km pire d' Allemagne et Italie. — Charles IV reçoit à Milan la couronne de Lombardic; à Rome, celle d'empereur. H quitte la ville le jour même de son couronnemcHt, suivant ses engagements secrets avec la cour d'Avignon, et renonce à toute prétention sur Rome, l'État ecclésiastique, Ferrare, Naples , la Sicile, la Sardaigne et la Corse. Il trafique honteusement des droits impériaux dans toute l'Italie.
Empire grec. — Constantinople tombe au pouvoir de Jean Paléologue. Cantacuzène se relire dans un monastère, où il écrit ses mémoires.
Kspagne. Le roi de Portugal fait tuer Inès de Castro, qui est toute* puissante sur l'esprit de son fils Pierre et lui a donné déjà plusieurs enfants.
Hongrie et Pologne. — Casimir 111 de Pologne, qui n'avait que des filles, fait reconnaître pour son successeur, quinze ans avant sa mort, son neveu Louis roi de Hongrie , au détriment d'un parent éloigné , dernier rejeton de la dynastie des Piast en Pologne, qui se retira l'année suivante en France, dans une abbaye.
Venise. — Le vieux doge, insulté par un noble , n'obtient pas une réparation suffisante ; il conspire avec des hommes du peuple. Le complot est découvert : jugé par le conseil des Dix, Marino Faliéro a la tête tranchée sur le grand escalier du palais ducal (17 avril). — Toute pensée de guerre et de conquête s'efface devant la nécessité de rétablir la concorde à l'intérieur. La paix est conclue avec Gènes par la médiation des Visconti de Milan (1er juin).
Allemagne. — Charles IV soumet aux diètes de Nuremberg (juin) et de Metz (décembre) la Bulle ÎTor, qui précise les fonctions et les droits des sept électeurs : la dignité électorale, disputée longtemps par la bran-
XIVe SIÈCLE APRÈS J. C. 401
ehe palatine et par la branche ducale de Bavière, reste à la première.
La bulle a été rédigée en latin par le Jurisconsulte italien Barthole.
Espagne* — Commencement d'une longue guerre entre le roi d'Aragon et le roi de Castille.
France. — Jean le Bon, soupçonnant de trahison Charles le Mauvais, son gendre , et des seigneurs normands, va les surprendre à Rouen; cinq seigneurs sont pendus, le roi de Navarre est incarcéré (avril).
France et Angleterre. — Le
prince de Galles a envahi la France par Bordeaux ; Edouard 111 est venu par Calais. Après que le prince de Galles a parcouru le pays au sud de la Loire, le roi de France lui livre bataille à deux lieues au nord de Poitiers, à Maupertuis (19 septembre):
grand désastre pour la France; le roi, fait prisonnier, sera conduit en Angleterre. Le pays est à la merci des Anglais, des Navarrais et des routiers. Le dauphin Charles, âgé de dix-huit ans, lieutenant général du royaume , ne peut maîtriser les états généraux de la langue d'oïl , qui seront un élément nouveau de discorde sous la main de Marcel, prévôt des marchands de Paris, de Robert le Coq, évéque de Laon, et bientôt de Charles le Mauvais, quand il sera redevenu libre.
Hongrie et Italie. — Les Vénitiens, refusant de concourir à l'expédition de Louis de Hongrie contre Jeanne de Naples, sont menacés par les Hongrois dans leurs |K>ssessions de Dalmatie.
Italie* — Acquisition parle comte de Savoie de la baron nie de Vaud, du Bugey et du Valromey ; il garde Ces avec l'assentiment du roi de France , seigneur du Dauphiné. — Asti et Gènes, presque en même temps, s'affranchissent du gouvernement des deux frères Visconti, Galéas et Barnabo , seigneurs de Milan. Asti passe au marquis de Montferrat. A Gènes, nouvelle élection
d'un doge : Simon Boccancra, réélu, rétablit la concorde.
Orient. — Le chevalier anglais Jean Mandeville , de retour dans sa patrie après vingt - neuf ans de courses aventureuses en Asie et en Égypte , où il s'était mis tour à tour au service du sou dan du Caire, au service du grand khan du Kathai chinois , commence à écrire ses voyages , en français et en latin ; il les dédie à ÉdouarU 111. 11 a beaucoup emprunté aux vieilles chroniques et aux romans de chevalerie.
Angleterre et France. — Trêve de deux ans (mars).
Ecosse. — Édouard rend la liberté à David Bruce. L'héritier désigné du prince est son neveu Robert Stuart, né de la fille de Robert Bruce et de Walier, grand sénéchal ou Stuart d'Êcosse.
Espagne. — En Portugal , devenu roi par la mort d'Alphonse IV, Pierre le Justicier, ou le Sévère, se venge de la mort d'Inès sur ses meurtriers; plus tard , il fit rendre à son corps tous les honneurs dus à la dignité royale.
France.— Les états de la langue d'oll s'assemblent de nouveau a Paris, sans avoir été convoqués par le dauphin ; la députation de Paris veut imposer à la France ses résolutions passionnées. Excès de la démagogie. Sorti de prison , Charles le Mauvais est l'orateur aimé des Parisiens.
Hongrie et Venise. — Le roi
Louis prend aux Vénitiens Zara et toute la Dalmatie.
Pologne.— Casimir III, qui avait pour concubine une juive , accorde aux juifs de Pologne des privilèges qu'ils ont gardés longtemps.
Espagne. — L'ère vulgaire de l'Incarnation est adoptée par les étals de Valence. — Crimes de Pierre le
Cruel en Castille : H sacrifiera à ses soupçons un frère, un cousin et la mère' de ce dernier prince.
France. — Crimes de la faction démagogique à Paris : les serviteurs du dauphin, son trésorier, les maréchaux de Normandie et de Champagne , sont assassinés (janvier et février ). Insurrection de la jaquerie :
les paysans dépouillent et massacrent les nobles, surtout dans les châteaux autour de Paris, dans l'Ile de France, dans la Picardie et la Champagne.
Désolation des provinces par les compagnies de brigands, ainsi appelés de leur épée brigantine. — La déclaration, à vingt et un ans, de la majorité du dauphin qui avait quitté Paris (14 mars); la translation dus états de la langue d'oïl à Compiègne ; la désaffection du peuple pour Marcel , qui veut livrer Paris aux Anglais ou au roi de Navarre ; sa mort, en flagrant délit de trahison juillet); le retour du dauphin à Paris; l'alliance rendue publique de Charles le Mauvais avec les Anglais distinguent nettement les partis, et préparent le triomphe de la cause de la royauté, qui est celle de la nation.
Hongrie et Venise. — Venise abandonne au roi de Hongrie l'istrie et la Dalmatie.
Angleterre et France. — Les
dures conditions qu'Ëdouard met à la paix ayant été rejetées par les états généraux, assemblés à Paris (mai), une nouvelle armée anglaise dévaste le pays, de Calais a Reims et de Reims à Paris.
Danemark et Suède» — Magnus 11 , roi de Suède , demande la fille de Valdeinar 111 pour son fils Haquin , roi de Norvège. Le roi de Danemark , pour prix de cette alliance, se fait restituer la Scanie, le llalland et la Bleckingie.
Empire grec et Turc*. — Le fils du sultan Soliman passe l'Hcllespont , enlève aux Grecs Gallipoli, la clef de l'Europe, et pénètre en Thrace.
Italie. ~ Pavie, conquise par Barnabo Visconti , recevra une université. Le poète Pétrarque et d'autres amis des lettres inspirent de nobles pensées aux Visconti. Un pont sur le Tessin et un magnifique palais embelliront Pavie.
Angleterre et France. — Par
le traité signé à Bréligny, près de Chartres, Edouard 111 est affranchi de toute suzeraineté pour ses domaines d'Aquitaine , avec le Poitou , la Saintonge, PAunis , le Périgord, l'Agenois, le Limousin, le Quercy, le Rouergue, l'Angoumois; il garde au même titre le Ponlhicu, Guines et Calais (8 mai). Moyennant trois millions d'écus d'or, Jean le Bon rentre en France (octobre).
France et Italie. — Le roi de France donne une de ses filles au fils de Galéas Visconti, avec le comté de Vertus, en Champagne; en retour, Galéas l'aide à payer sa rançon.
Italie. — Le cardinal Albornoz prend possession de Bologne pour le pape.
Mongol*. — Les Mongols du Kaptschak sont en proie à la discorde depuis leur séparation en Tartares du Volga et en Tartares de Saraî : Saral est à deux journées au nord de la mer Caspienne.
Ru e<* le. — La mort du grand prince Ivan H met son fils aux prises avec le prince de Suzdal.
Turc*. — Mort de Soliman , fils d'Orkhan. Mort d'Orkhan à soixantedix ans; il a créé la milice des janissaires, composée surtout de jeunes chrétiens prisonniers de guerre, élevés dans l'islamisme et soumis à une discipline rigoureuse; celte milice est permanente et soldée. Commencement d'organisation judiciaire : les provinces ont un gouverneur ou pacha, de qui relèvent les cadis dans chaque ville. Son fils A mura t lui succède à quarante et un ans.
Turcs et Orées. — A mu rat prend Ancyre, dans l'Asie Mineure, et Andrinople , en Thrace.
XIVe SIÈCLE APRÈS J. C
Angleterre. — Le parlement interdit l'usage de la langue française an barreau et dans les actes publics.
Danemark* — Sous prétexte de ramener l'Ile de Golbland sous l'autorité du roi de Suède son allié, Valdemar III de Danemark en dévaste la capitale, Wisby, une des villes les plus riches du nord ; il pille aussi l'Ile d'Oeland. Les villes hanséatiques, lésées dans leur commerce, lui font la guerre avec le comte de Holsteiu et le duc de Mecklembourg.
Eipasnc. — Pierre le Cruel fait mourir secrètement sa femme Blanche de Bourbon, captive depuis sept ans.
Mort de sa concubine Padilla.
Vranee. — Pillage de la France méridionale par les soldats, qui n'ont plus à combattre contre les Anglais.
Les grandes compagnies, les malandrins et les tard -venus menacent même la cour d'Avignon : le pape fait prêcher contre eux une croisade.
Une armée royale , sous la conduite de Jacques de Bourbon, est détruite par eux à Brignais, à trois lieues de Lyon (2 avril). — Rareté de l'argent :
le roi paye ce qu'il achète pour sa maison avec une monnaie de cuivre qui avait au milieu un petit clou d'argent. — U déclare incorporés au domaine royal les duchés de Bourgogne et de Normandie, les comtés de Toulouse et de Champagne (novembre). Le premier revenait au roi à la mort de Philippe de Rouvre, son beau-fils , avec lequel s'éteint la maison féodale qui le possédait depuis trois cent trente ans. Les trois autres domaines appartenaient depuis longtemps déjà à la couronne.
orient» — Le nouveau roi de Chypre, Pierre I#r, défend le roi d'Arménie contre des seigneurs rebelles de la Cilicie , et les réduit au tribut avec l'aide des chevaliers de Rhodes et des Catalans. Il enlève aux musulmans de riches dépouilles sur la côte de Syrie.
▼enl*e. — Les colons vénitiens
de nie de Candie se révoltent, parce que le sénat ne les admettait pas aux magistratures de la mère patrie.
Trois ans de guerre.
Angleterre et France. — Le
prince de Galles reçoit de son père le duché d'Aquitaine: Edouard 111 donne des titres de duché ou de comté, mais sans propriété ni usufruit des terres, à trois de ses fils ; tandis que Jean le Bon détache tout à fait du domaine royal trois des grands fiefs, pour constituer les apanages héréditaires de ses fils : Anjou, Berri , Bourgogne.
Espagne. — Un prince usurpateur de Grenade, Abou-sald, que les auteurs chrétiens appellent Mahomet Barberousse ou le Rouge (Al-Ahmar) qui a été l'allié des Aragonais contre Pierre le Cruel, se fie à la parole de ce prince et vient à Séville pour lui rendre hommage. Pierre le perce de sa lance et s'empare des trésors qu'il avait apportés. Le fils d'Yousouf, Mahomet Y, recouvre le trône de Grenade.
Italie. — Six mois après la mort de son second mari , Louis de Tarante, Jeanne de Naples, âgée de trente-six ans , se décide à épouser le fils du roi de Majorque, qui a été dépouillé par les Aragonais.
Pologne. — Casimir 111 fonde l'université de Cracovie , qui reçoit pour professeurs des docteurs de Paris.
Suède. — Les Suédois substituent à leur roi Magnus II son fils Haquin , roi de Norvège.
Danemark et Suède. — Les
Suédois se soulèvent contre Haquin et offrent la couronne au comte de Holstein, qui la refuse.
Espagne* — Charles le Mauvais et Pierre le Cruel s'unissent pour attaquer de nouveau les Aragonais.
mongol*. — Tamerlan , âgé de vingt-six ans, dispose de la dignité
404 XIVe SIÈCLE
de khan dans le Djuggathai ou Zagatai qui commence au sud -est du Kaptschak, s'étend dans le bassin du Sihoun et va au delà des monts Terk et Belour.
orient chrétien et Rome. —
Le roi de Chypre, Pierre l«r, vient en Occident pour ranimer l'ardeur des guerres saintes.
Allemagne. — La veuve du margrave de Brandebourg cède le comté de Tyrol aux ducs d'Autriche.
— Pacte de confraternité entre les maisons de Bohême et d'Autriche, pour leurs successions mutuelles.
Angleterre et France. — Jean le Bon retourne en Angleterre prendre la place du plus jeune de ses fils, le duc d'Anjou , otage fugitif. 11 s'y concerte avec le roi de Chypre pour une croisade. 11 meurt à Londres (8 avril).
France. — Avènement de Charles V le Sage. — L'armée du roi de Navarre, sous les ordres du captai de Buch , est vaincue en Normandie , à Cochcrel, par le Breton Bertrand du Guesclin qui commande les armées du roi ; le captai est pris. — En Bretagne , du Guesclin combat pour Charles de Blois à Auray; il est pris par Jean Chandos, le plus grand homme de guerre des années anglaises (29 septembre) : Charles de Blois meurt dans la bataille. — Une université est instituée à Angers.— Tentative d'établissement en Afrique, à la Guinée et au Sénégal, faite par des Dieppois.
Allemagne et Rome. — Charles IV, avec le consentement de la cour d'Avignon , va se faire couronner dans le royaume d'Arles.
France.— Charles V, parle traité qu'il signe à Guérande, près de l'embouchure de la Loire, met fin à la guerre de succession de Bretagne: ean de Montfort est reconnu duc, au détriment de Jeanne de Pcnlhic-
APHÈS J. C.
vre.— Traités avec le roi de Navarre, comte d'rtvreux (mars et mai); il rcnonce au territoire de Mantes et tk Meulan dans le Yexin, et reçoit en dé* doinmagcment la baronnie de Mont* pellier.
orient.— Le roi de Chypre at« taque avec quelques croisés les musulmans en Égypte; Alexandrie esl en partie dévastée et brûlée. Il tire peu de secours de ses auxiliaires, les Anglais et les Vénitiens. Le traité qu'il conclut avec les mameluks lui donne la moitié des droits que les marchandises payent à Tyr, à Béryte, à Sidou, a Alexandrie, aDaraietlc, à Damas et à Jérusalem.
Suède. — La couronne de Suède est offerte au second fils du duc de Mecklcmbourg, Albert, neveu du roi Magnus. — Magnus et son fils Haquin de Norvège , résistent mal , même avec le secours des Danois.
Danemark et Suède. — Valdemar III vend la paix au nouveau roi de Suède, au prix de l'Ile de Gothland, et de plusieurs provinces suédoises qu'Albert lui abandonne.
Espagne et France. — Les
grandes compagnies de France désolent la Bourgogne, le Lyonnais, le Dauphiné, et font trembler le pape qui leur donne deux cent mille florins ; elles sont conduites en Espagne, sous le prétexte de combattre les Sarrasins. Du Guesclin , qui les commande, les met au service de Henri de Transtamare , fils naturel d'Alphonse XI et d'Éléonore de Guzman, qui dispute le trône de Castille à son frère , Pierre le Cruel : Henri veut venger sa mère , lâchement assassinée. Pierre sera soutenu par les Maures.
Empire grec. -— Le comte de Savoie entreprend sur des vaisseaux vénitiens une croisade en faveur des Grecs contre Amurat Ier et les Bulgares; il enlève aux Turcs Gallipoli sur l'Hellcspont et pénètre jusqu'à Varna.
XIVe SIÈCLE APRÈS J. C.
Orient* — Nouvelle et inutile expédition du roi de Chypre sur les côtes de Phénicie et de Syrie.
Pologne. — Quatre provinces de Lithuanie sont pour quelque temps conquises par Casimir 111.
Venise. — Nouvelle révolte dans 111e de Candie ; elle est commune aux colons de Venise et aux Grecs.
Allemagne et Bohème. — Le
duc silésien de Schweidnitz-Jauer tend la Lusace, partie au roi de Bohême, partie au margrave de Brandebourg.
Angleterre. — Par le statut des provisorsy le parlement anglais dégaffe la nation de toute obligation de tribut envers la cour de Rome, défend tout appel au pape et confirme le droit des patrons pour les élections ecclésiastiques.
Angleterre, Espagne et France—Le prince de Galles rétablit les affaires de Pierre le Cruel : il bat Henri de Transtamare à Najera , entre Burgos et Logrono, et y fait prisonnier son allié, Bertrand du Guescliu (avril).
Rome. — Urbain V, cédant aux vœux des Italiens, vient passer trois ans à Rome; il retournera mourir à Avignon.
Bohême. — À la mort du dernier duc, les principautés silésiennes de Schweidnitz et Jauer sont réduites en provinces de Bohême.
Chine. — La dynastie mongole , qui a gardé le pouvoir pendant près d'un siècle, est renversée par un Chinois qui soulève toute la population contre les étrangers. Taltsou commence la vingt et unième dynastie, dite des Ming ou Mim.
Danemark. — Guerre avec les villes hanséa tiques que soutiennent la Suède, le Mecklembourg et le Holstein. Pour avoir la paix, Valdemar renoncera à plusieurs places de Sca-
nie. — Il va visiter, pendant quatre ans, les différentes cours de l' Europe.
Km pire d'Allemagne et Italie.— Honteux voyage de Tempe reur en Italie , pendant que le pape Urbain V réside à Rome : il vend en détail les droits impériaux aux villes libres et aux petits tyrans. Les Visconti et les Scaliger de Vérone lui résistent. En Toscane, Pise.Lucques et Sienne reçoivent l'empereur, mais il est forcé de respecter leurs privilèges.
Espagne. — Redevenu libre, du Guesclîn retourne en Castille pour Henri de Transtamare; la bataille qu'il gagne à Montiel, au sud-est de Calatrava, coûte la vie à Pierre le Cruel que Henri assassine après le combat (mars).
Italie. — Lionel d'Angleterre, second fils d'Édouard 111 , épouse la fille de Galéas Visconti , qui lui donne en dot une somme d'argent considérable, avec des places dans le Piémont.
Orient chrétien. — Pierre l*r de Chypre retourne en Italie pour chercher des secours. En son absence, les Arméniens lui offrent la couronne.
Pologne. — Les quatre provinces de Lithuanie, révoltées, sont réduites.
Venise. — Révolte de Trieste, avec les secours du duc d'Autriche (juillet). Seize mois de résistance.
Angleterre. — Mort de Philippine de Hainaut qui a contribué à la gloire militaire de son mari, et a fait aimer son nom en protégeant les lettres : le col'ége d'Oxford s'appelle encore collège de la Reine.
Angleterre et France.— Charles V, sur les plaintes des barons aquitains , vassaux du roi d'Angleterre, que le traité de Brétigny avait cependant dégagés de toute obligation envers le roi de France, ajourne le prince de Galles, gouverneur de l'Aquitaine, à la cour des pairs (25 janvier). Refus du prince de Galles; la
406 XIVe SIÈCLE
guerre recommence (mai). Les Anglais perdent presque aussitôt le Ponthieu, et sont attaqués en Aquitaine : mort de Chandos , leur meilleur capitaine. Charles V évitera les grandes batailles.— Docilité des états convoqués à Paris en mai et en décembre.
empire d'Allemagne et Italie* — A Sienne, l'empereur est assiégé dans son palais , parce qu'il a violé les libertés de la ville. Triste retour en Allemagne.
Empire grec. — Voyage de Jean 1er Paléologue en Occident. Urbain V le reçoit à ia communion de l'Église romaine.
Espagne.— L'élévation de Henri de Transtamare au trône de Castille l'expose pendant plusieurs années aux armées de r Aragon , de la Navarre et du Portugal ; il les battra, et fonde une dynastie durable.
Orient chrétien. — Le roi de Chypre, Pierre 1", désigné pour la royauté d'Arménie, avant d'en avoir pris possession , meurt assassiné à cause de sa cruauté.
Angleterre et Erance. — Le
sac de Limoges termine honteusement la carrière militaire du prince de Galles en France : la maladie le ramène et le retiendra en Angleterre.
Robert Knolles et le duc de Lancastre, frère du prince de Galles, commanderont en France. Du Guesclin, Breton de petite noblesse, reçoit l'épée de connétable (2 octobre); il commandera même aux frères du roi.
11 gagne à la cause française son compatriote Olivier Clissou.
France. — Un édit donne la noblesse à tous les bourgeois de Paris.
La première pierre de la Bastille est posée par le prévôt de Paris, Aubriot ( 22 avril ) ; cette forteresse ne fut achevée qu'en 1382. — Une horloge merveilleuse est faite pour Charles V, par l'Allemand Henri de Vie.
mongol*.— Tamerlan prend pour
APRÈS J. C
lui-même la dignité de khan du Zagatal et commence ses grandes conquêtes à l'Orient du Kaptschak, dans la Tartarie proprement dite.
Pologne. — Avec Casimir 111 le Grand, finit en Pologne la dynastie des Piast qui avait subsisté cinq cent vingt-huit ans. — Son neveu, Louis, roi de Hongrie qu'il avait désigné, lui succède. Il a signé une capitulation qui est le fondement du gouvernement républicain de Pologne ; il a surtout renoncé aux droits de créer de nouveaux impôts. Il s'aliène les Polonais en ôtant aux propriétaires les domaines et les palatinats qu'ils tenaient de la munificence de Casimir, et en chargeant du gouvernement sa mère qui abusa du pouvoir.
nome. — Urbain V, zélé pour la propagation de la foi , envoie douze moines franciscains avec Guillaume de Pralo auquel il a imposé les mains, prêcher l'Evangile chez les Tartares du Cathai au nord de la Chine. — Une autre mission est adressée aux Géorgiens du Caucase, qui étaient engagés dans le schisme grec.
Ecosse. — Robert Stuart, successeur de son oncle maternel, David Bruce, commence une nouvelle dynastie.
Italie. — Barnabo Visconti ac-
Suiert, d'un Gonzague, la ville de eggio, dont celui-ci avait été dépouillé un instant par le seigneur de Ferrare (mai). — A Gènes, la déposition du premier doge de la maison des Adorni, provoquée par une insurrection populaire , fait arriver au pouvoir les Fregosl (août). La rivalité de ces deux familles, que la sédition porte tour à tour au dogat, sera aussi fatale à Gènes que les anciennes querelles des guelfes et des gibelins.
Angleterre et France. — A la
hauteur de la Rochelle, défaite de la flotte anglaise par les Castillans, amis de la France (juin). Occupation de
XIVe SIECLE APRÈS J. C
l'Angoainols , de la Salntonge et de l'Aunis. La Rochelle, rivale politique et commerciale de Bordeaux, qui est fille anglaise, rentre d'elle -môme oous la domination de la France.
Espagne. — En Aragon, l'infant Jean est créé par son père duc de Gironne : titre qui depuis fut affecté aux fils aînés des rois. — Le roi de Portugal, Ferdinand, petit-fils d'une princesse castillane , et le duc de Lancastre, frère du prince de Galles, gendre de Pierre le Cruel, unissent leurs prétentions et leurs forces contre Henri de Transtamare.
Vrance. — Substitution d'élus royaux aux commissaires d'états qui représentaient les communes , pour la répartition des tailles.
Italie. — Guerre entre les Visconti, le comte de Savoie, le marquis cVEste, François Carrare, les Florentins et le pape. Grégoire XI, pour fournir aux frais de la guerre , Impose des décimes au clergé d'Angleterre et à plusieurs États du nord.
Excommunications sans effet. Les Yisconti ne céderont pas à la ligue.
— Le condottiere anglais, Jean Hawkwood, commande les troupes confédérées.
lo7o*
Allemagne. — Charles IV acquiert le margraviat de Brandebourg.
Angleterre et Tranee* — Le
duc de Bretagne ayant pris ouvertement parti pour les Anglais, est attaqué par le connétable et s'enfuit en Angleterre. Trente mille Anglais , sous le duc de Lancastre , traversent la France de Calais a Bordeaux, sans qu'on leur livre de bataille ; ils sont réduits à six mille.
Empire grec et Turcs. — Un
fils de l'empereur et un fils du sultan s'unissent dans un projet de révolte, chacun contre son père.
Espagne. — Menacé par le roi de Portugal , le roi de Castille l'assiégera dans Lisbonne, et l'obligera à demander la paix.
«eues, Hongrie et Venise*
—Le tyran de Padoue, en guerre avec Venise, est soutenu par les Hongrois.
Traité de Carrare avec Venise (1 1 septembre). Nouvelle guerre entre Gènes et Venise en Chypre. Famagouste est la seule ville qui résiste aux Génois.
Maples et Sicile. — Les cours de Naples et de Sicile, par la médiation du sainl-siége, se réconcilient (mars) : l'Ile reste à la maison aragonaise, mais le roi se reconnaît feudatairc de la cour de Naples, paye tribut et ne porte que le titre de roi de Trinacrie ; il s'ei^age par l'hommage lige envers un délégué du pape.
Snède.— Mort de sainte Brigitte, fille d'un prince suédois, Birger:
après avoir été mère de huit enfants, elle s'était vouée à la vie monastique ; elle a fondé l'abbaye de Wadstena en Suède. Une vision à l'â^e de soixante-neuf ans la décida à aller visiter les saints lieux; elle est morte à Rome. Ses révélations qui ont paru romanesques au docteur de France, Gerson, ont été plus tard approuvées par le concile de Bâle.
France. — L'ordonnance de Vincennes (août), qui ne fut enregistrée par le parlement qu'en 1375, fixe à quatorze ans commencés la majorité des rois.
Italie. — Mort du poète d'Arezzo, Pétrarque, qui a écrit dans la langue italienne des stances et des cansones : il a chanté son amour idéal pour Laure, et regretté en beaux vers la liberté et la paix de l'Italie. Passionné pour la littérature antique, il a écrit beaucoup en latin.
Orient. — Le sultan d'Égypte fait la conquête d'une partie de l'Armén ie chrétienne, dont le roi fut amené au Caire. Redevenu libre, il cherchera en Europe des secours qui ne lui rendront pas son trône :
ce pays n'aura plus de prince chrétien. Le roi de Chypre est fait prisonnier par les Génois, qui gar-
XIVe SIÈCLE APRÈS J. C.
dent Famagouste jusqu'à ce qu'il ait payé uu million de ducats.
Angleterre et France.— Trêve (juin),
Danemark. — Mort de Valdemar III. Il est le premier qui ait joint à ses titres celui de roi des Goths , porté depuis par les rois de Danemark.
Espagne. — Le roi de Grenade, Mohammed V, embellit sa capitale et Cadix. Affluence des marchands étrangers à Grenade. Les noces de son fils avec la fille du roi de Fez furent célébrées par des jeux et des tournois où se distinguèrent des chevaliers d'Afrique, d'É^ypte, d' Espagne et de France. — L'atlas catalan, terminé cette année, est un des plus anciens que l'on connaisse : les cartes sont hydro-géograpuiques. Elles sont ornées de légendes, de figures d'hommes et d'animaux, d'images de villes et de navires.
Italie. — Mort de Boccace , un des grands écrivains de l'Italie.
IVaples et Rome. — Soulèvements causés par la tyrannie des agents pontificaux dans les États de l'Église. — Quatrième mariage de la reine Jeanne avec Othon de Brunswick; elle avait cinquante ans, et elle venait d'adopter Charles de Duras, prince du sang royal, dont le père était mort en prison comme rebelle.
Allemagne. — Charles IV achète des électeurs la nomination comme roi des Romains de son fils aîné Wenceslas.
Angleterre. — Mort du prince de Galles.
Danemark. — L'habileté de Marguerite, fille de Valdemar 111, assure le trône à son fils, âgé de cinq ans, au détriment de l'enfant de sa sœur aînée qui avait épousé un prince de Mecklembourg. Elle dut laisser
impunie l'usurpation du Slesvig par Henri II, comte de Holsteln.
France. — Charles V , qui croyait à l'astrologie , fonde pour le savant Gervais Chrétien un collège d'astronomie et de médecine à Paris. 11 avait un astrologue en titre, le père de Christine de Pisan, femme érudite qui a écrit sa vie. — Ordonnance sur les forêts.
Italie. — François Carrare excite contre les Vénitiens le duc d'Autriche , qui attaque la marche Trévisane. Dans cette guerre les Vénitiens font usage de la poudre à canon. — Nouvelle rivalité entre Gènes et Venise, au sujet de Ténédos.
Pologne. — Le roi Louis de Hongrie, auquel les Polonais ont déjà opposé l'héritier des Piast qui est retiré dans une abbaye de France, et le duc de Lithuanie Jagellon , a encore line révolte à réprimer.
moine. — Après soixante et dix ans de captivité des papes à Avignon, Grégoire XI, d'après les conseils de sainte Catherine de Sienne, prend le chemin de Rome (13 septembre).
Angleterre.-Mortd'Édouard 111
(21 juin); il a été dans ses dernières années l'esclave d'une maîtresse, Alix Perrers. — 11 avait fait de grands travaux au château de Windsor et forcé tous les comtés à y contribuer.
— Doctrines hérétiques de l'Anglais Wiclef, anathématisées par Grégoire XL — Avènement du fils du prince de Galles, Richard II, roi mineur ; il est à la merci de ses trois oncles.
Angleterre et France. — Reprise des hostilités ; rapides succès des Français en Guyenne.
Italie. — Grégoire XI rentre à Rome (janvier). Bientôt il s'établira à Anagui.
Allemagne. — Voyage de l'empereur en France. Il donne au roi, son
neveu, le titre de vicaire général de fempire dans le royaume d'Arles.— Au retour il partage ses États entre ses enfants : Wenceslas , l'aîné , a la Bohême; Sigismondje Brandebourg; Jean, la basse Lusace, démembrée du royaume de Bohême, avec une partie de la marche de Brandebourg.
— Mort de Charles IV. Il a modilié le sceau impérial , en réduisant à un aigle à deux têtes les deux aigles employées par Louis V de Bavière. — Avènement de Wenceslas, son (ils aîné. — Les villes impériales de Souabe et du Rhin , que Wenceslas livrait aux seigneurs, se liguent pour la défense de leur liberté.
Espagne. — Un frère naturel du roi de Portugal égorge sa femme, sœur de la reine, sur un faux soupçon d'infidélité. Il se retire en Castille.
Guerre entre les deux États.
France.— Le roi , menacé d'être empoisonné par Charles le Mauvais, le fait dépouiller de ses possessions normandes. — Soulèvement de Nîmes contre le gouvernement tyran nique d'un frère du roi. — Le duc de Bretagne, accusé de rébellion, frappé par un arrêt de la cour des pairs, défend ses terres contre du Guesclin.
milan et Venlae. — Mort de Galéas Yisconti (août). 11 a favorisé les lettres et les arts : il avait été l'ami du poêle Pétrarque; fondation d'une bibliothèque, citadelle à Milan , université , palais , beau pont à Pavie.
Son fils, Jean Galéas, partage la seigneurie avec son frère Barnabo. — Venise est menacée par une ligue que forme Gènes avec le roi de Hongrie , le seigneur de Padoue , le patriarche d'Aquilée ; elle a pour alliés le roi de Chypre et les Visconti.
Rome. — Grégoire XI meurt à Rome (27 mars). Seize cardinaux élisent à Rome, où le peuple demande avec menaces un pape italien , l'archevêque de Bari, Urbain VI (9 avril).
Le nouveau pape s'aliène le clergé par ses projets de réforme. Nouvelle élection , à Fondi, par quinze cardinaux, dont plusieurs avaient voté pour
Urbain VI (21 sept.), du Français Robert, Clément VII; il ira établir son siège en France. Naples , la France , l'Espagne, l'Écosse reconnaissent Clément; l'empire, la Bohême, la Hongrie , l'Angleterre restent fidèles au pape de Rome. Le grand schisme d'Occident amène soixante et dix ans de troubles dans l'Eglise.
Eapagne. — Mort du roi de Castille, Henri de Transtamare. Jean 1", son fils, lui succède.
France. — Soulèvement de Montpellier.— Agitation en Flandre.
YenUe. — La flotte génoise bat près de Pola les Vénitiens, qui jettent en prison leur amiral , Plsani. Les Génois courent jusqu'aux lagunes, occupent la passe de Chiozza , au sud , et celle de Malamocco , au nord. Venise demande la paix; dur refus de Gènes. Le commandement est rendu à Pisanl. Des titres de noblesse sont promis aux familles ui contribueront le plus au salut de
patrie (i,r décembre).
Danemark et Suède* — Marguerite de Danemark , veuve du roi de Norvège Haquin, garde l'administration de ce royaume au nom de son jeune fils. Elle prend même le titre de reine de Suède , au détriment d'Albert de Mecklembourg.
France. — Mort de du Guesclin au siège de Randan , à soixantesix ans (13 juillet). Son corps est porté a la sépulture royale de Saint- Denis. — Mort de Charles V au château de Beauté sur Marne (16 sept.)* Paris lui doit le commencement de la bibliothèque royale où il rassembla neuf cents volumes. — Avènement de Charles VI, son fils aîné, âgé de douze ans. Il est cependant déclaré majeur ( 2 oct. ) : gouvernement de ses oncles les ducs d'Anjou, de Berri et de Bourgogne. Leur cupidité et leur tyrannie provoquent l'insurrection des grandes villes , même de Paris. Le duc d'Anjou fait
410 XIVe SIÈCLE
avec le pape d'Avignon un honteux échange de décimes et de bénéfices ecclésiastiques.— Sous Charles VI, les hommes de guerre abandonneront Je haubert ou cotte de mailles pour prendre des armes toutes en fer battu, casque, cuirasse, brassarls, cuissarts et grèves. — Le parlement de Paris, qui n'était auparavant assemblé que deux fois l'an, devient permanent.
Naple*. — La reine Jeanne a adopté, à la place de Charles de Duras, Louis, duc d'Anjou, le frère du roi Charles V (juin).
mongols. — Tamerlan s'avance dans le Khoraçan, au sud de la Tartarie, et le dévaste pendant trois ans.
BoMle. — Après vingt ans, le petit-fils d'Ivan Ier, Dimitri 111, l'emporte sur son rival et reste grandprince : il réside à Moscou , qui va devenir la capitale de la Russie. 11 va chercher les Tartares avec quatre cent mille hommes au delà du Don. Sa victoire lui valut le surnom de Donski.
Venise. — Charles Zéno revient avec toutes les forces que Venise avait dans le Levant et contribue à sauver Venise. Retraite des Génois affamés.
— Deux frères de Zéno parcoururent, au service d'un prince des Iles Féroé et Shetland , une partie des contrées du nord, découvertes depuis des siècles par les Scandinaves.
Angleterre. — La levée d'une capi talion injuste, accordée par le parlement aux oncles du roi , occasionne la sédition de Wat-Tyler, le forgeron, qui amène cent mille paysans à Londres. La mort du forgeron , la fermeté et les promesses du jeune roi mettent fin aux troubles.
France. — Réconciliation avec le duc de Bretagne. — Le duc d'Anjou, renouvelant un édit de 1302, fait abolir l'usage de confisquer les biens des juifs qui acceptent l'Évangile.
Italie. — Charles de Duras arrive de Hongrie avec une armée,
APRÈS J. C
fait prisonnier le dernier mari de la reine, et la tient elle-même captive.
Venise livre la inarche de Trévise
au duc d'Autriche pour ne pas la laisser prendre par les Carrare de Padoue (mai). Paix avec Gènes (8 août) : restitutions réciproques; le château de ïénédos sera démoli. Anoblissement de trente familles citadines, pour récompenser leur dévouement.
Angleterre. — Condamnation de plusieurs propositions de Wiclef.
Xftpagne. — Le roi de Portugal a eu recours aux Anglais contre les Castillans : le comte de Cambridge , frère du duc de Lancastre , comme lui gendre de Pierre le Cruel, fait de vains efforts pour dépouiller le fils de Henri de Transtamare. Paix entre la Castille et le Portugal.
Vrance. — Révoltes à Rouen ; à Paris sédition des Maillotins; dans le Languedoc , soulèvement des Tuchins. A la sollicitation du duc de Bourgogne, héritier présomptif du comté de Flandre, Charles VI va faire ses premières armes contre les Flamands (octobre) : l'armée royale gagne la victoire de Rosebecque , au nord-est d'Ypres (nov.). Le roi revient sévir contre les Maillotins.
Hongrie et Pologne. — Mort de
Louis let le Grand (sept. ). Les Hongrois l'ont regretté pour son gouvernement équitable et pour son amour éclairé des lettres. Mais il a traité la Pologne en pays de conquête. — Une de ses filles, Marie, encore enfant, est élue en Hongrie. L'autre, Hedwige, âgée de douze ans, sera acceptée par les Polonais moyennant des réserves au sujet de son mariage.
Italie. — A l'approche de Louis d'Anjou , adopté par Jeanne de Naples, Charles de Duras la fait étouffer (22 mai). 11 prend le titre de Charles 111. Louis d'Anjou , couronné à Avignon par Clément VU , entre dans la péninsule (juin). Les Napolitains ne veulent pas de lui pour roi.
XIVe SIÈCLE APRÈS J. C.
Angleterre. — Urbain VI publie en Angleterre une croisade contre la France et contre les partisans de son rival , Clément VII : il y obtient un décime sur tous les bénéfices de l'église,
Espagne. — Adoption en Castille de l'ère de l'Incarnation. — Mort du roi de Portugal. Les Portugais ne veulent pas de son gendre, le roi de Castille : Jean, grand maître de l'ordre d'Avis, fils naturel de Pierre le Justicier, reçoit le titre de régent du royaume pour repousser les étrangers.
France* — Sanglantes exécutions à Paris par l'ordre du roi (janvier).
L'échevinage de Paris est aboli , la prévôté des marchands supprimée.
Scandinaves. — Les relations sont si peu suivies entre le Groenland et les diverses régions Scandinaves, qu'un bâtiment arrivant en Norvège y apporte la première nouvelle de la mort de l'évéque de Groenland décédé depuis six ans.
Vrance. — La mort du comte de Flandre, qui possède même les comtés de Bourgogne, d'Artois et de Nevers, donne un vaste héritage au duc de Bourgogne, Philippe le Hardi Vjanv.).
Italie. — Louis d'Anjou meurt près de Bari, dans la pauvreté (oct.).
Urbain VI , qui prétend vivre en
souverain dans la ville napolitaine de Nocera , perd l'appui du roi de Naples , Charles de Duras.
Russie. — Le khan des Tartares de Saral et du Volga s'avance jusqu'au territoire de Moskou, qui est presque détruite.
Angleterre. — Expédition inutile de Richard 11 en Écosse.
Danemark et Suède. — La
noblesse et le clergé de Suède, dont les privilèges sont atteints par le roi Albert de Mecklembourg t qui veut
améliorer la condition du peuple, conspirent déjà contre lui avec Marguerite de Danemark.
Espagne. — Les états portugais de Coïmbre donnent la couronne au régent D. Juan I*r. La victoire qu'il gagne à Aljubarota , au nord-ouest de Sanlarem, affermit la dynastie d'Avis ( 1 4 août). — Le roi de Castille renonce, en faveur de Louis de La Cerda , à tous droits sur les Iles Canaries qui forment à ce prince un royaume tributaire de Rome.
France.— Mariage de Charles VI avec isabeau de Bavière (juillet).
Italie. — Bamabo Visconti, qui avait voulu dépouiller son neveu Jean Galéas , tombe au contraire entre ses mains avec deux de ses fils (mai) : ils meurent bientôt en captivité, peut-être par le poison. Puissance, richesses, honteuses débauches de Jean Galéas. — François Carrare , maître de la marche Trévisane , prend parti pour le patriarche d' Aqullée contre Venise. Guerre :
Venise a pour allié Antoine délia Scala, tyran de Vérone ; Jean Galéas soutient Carrare.
Mongol». — Tamerlan dépouille les princes de l'Aderbaldjan, au sudouest de la mer Caspienne.
Angleterre et France. — Gigantesques préparatifs pour une descente en Angleterre. Elle n'a pas lieu par la faute du duc de Berri, qui est occupé à dépouiller le Languedoc- Dernier duel judiciaire, prescrit par une sentence.
•anemark. — Le comte de Holstein reçoit du jeune roi danois, âgé de quinze ans, l'investiture du duché de Slesvig : mais la reine Marguerite de Danemark ne veut pas consentir à lui donner des lettres d'inféodation qui l'exemptent de tout service féodal.
Espagne. — Les Portugais favorisent les prétentions du duc de Lancastre sur la Castille : le duc vient débarquer en Galice.
Hongrie* — Le margrave de
XIVe SIÈCLE APRÈS J. C.
Brandebourg , Sigismond , épouse la reine Marie.
Italie* — Charles III de Duras, qui a un instant usurpé le trône de Hongrie, meurt assassiné (31 décembre).
Ladislas , son fils , âgé de onze ans , lui succède à Naplcs, sous une mère ambitieuse et cruelle. Guerre entre les partis d'Anjou et de Duras :
Urbain VI est pour Louis 11 d'Anjou.
mongols*. — La conquête de Tauris entraîne Tamerlan dans la Géorgie, où il enlève Tiflis; il force le rot à abjurer le christianisme.
Pologne. — Mariage de la jeune reine Hedwige avec Jagellon , qui s'est fait baptiser sous le nom de Wladislas ; il devient roi. Lente conversion du peuple lithuanien.
gulgaes* — Le duc Léopold d'Autriche est vaincu et tué à Sempach , au nord-ouest de Lucerne , par les Suisses (9 juillet).
Danemark* — Mort du jeune roi de Danemark et de Norvège ; sa mère , Marguerite , lui succède par élection. Les Norvégiens décident qu'après elle le trône passera à son petit-neveu, Éric le .Poruéranien.
Espagne. — Mort de Charles le Mauvais, roi de Navarre (ier janv.), et de Pierre le Cérémonieux , roi d'Aragon (5 janv.). Paix entre l'Aragon et la Castille. L'infant de Castille reçoit le titre de prince des Asturies, qu'a toujours porté depuis l'héritier présomptif de la couronne.
Italie. — Jean Galéas Visconti , aidé du tyran de Padoue , dépouille Antoine délia Scala, seigneur de Vérone et de Vicence.
Mongols* — Tamerlan est arrêté en Syrie par le sultan d'Égypte : il
Çerd deux batailles. Conquête du urkestan. Invasion de la Perse:
soumission, puis révolte d'Ispahan ; soixante et dix mille habitants sont massacrés. Occupation de Chiraz, dans le Farsistan (12 décembre).
Allemagne* — Sigismond do
Luxembourg, roi de Hongrie, engage le margraviat de Brandebourg à son neveu Josse.
Danemark et Suède* — La
reine de Danemark, Marguerite, est reconnue par la noblesse de Suède et de Gothie (mars).
France. — Triste expédition du roi contre le duc de Gueldre , l'ennemi du nouveau comte de Flandre.
— Charles VI rétablit à Paris la charge de pré\ôt de* marchands et la juridiction de l'hôtel de ville.
Italie* — La maison de Savoie occupe plusieurs dépendances du comté de Provence, Barcelonnette, Nice et Vintimille. — Le partage des dépouilles de la maison délia Scala est une cause de guerre entre les tyrans de Milan et de Padoue. Venise, Ferrare, Mantoue prennent parti contre François Carrare : Padoue lui est enlevée; il est pris dans Trévise. Padoue restera à Jean Galéas , la marche Trévisane aux Vénitiens.
Angleterre. — Richard II lutte contre ses oncles, contre le parlement et la nation, pour conserver ses favoris.
Espagne et Italie. — Le roi
d'Aragon réduit la Sardaigne, que les Génois ont soulevée, et fait trembler la Sicile.
France. — Solennelle entrée de la jeune reine Isabeau de Bavière à Paris. C'est une des plus brillantes fêtes d'une époque qui en a vu de si somptueuses. — Voyage du roi dans le Languedoc ; il réprime les excès commis pendant l'administration cupide et violente de son oncle, le duc de Berri. — Mariage de Louis , duc d'Orléans , frère du roi , av ec Valentine Visconti, qui lui apporte en dot le duché d'Asti , dans le Milanais, et des droits éventuels à la seigneurie de Milan.
Rutile. — Mort de Dimitri IH.
Il a fait construire, à Moskou, la forteresse du Kremlin : le reste de la ville n'était bâti qu'en bois. Son fiis, Wasili II , lui succède.
feliiède. — Albert de Mecklembourg, fait prisonnier par l'armée danoise, est enfermé dans un château de Scanie. Stockholm et quelques places fortes résistent a Marguerite, l^a guerre durera encore pendant cinq ans.
SuIsmcs.— Trêve avec l'Autriche :
deux fois renouvelée , elle durera soixante et quatorze ans.
Tare*. — A murât Ier livre bataille à l'armée des Serviens, des Bulgares et des Hongrois dans la plaine de Cassovie , qu'arrose le Drino supérieur, en Servie. 11 est vainqueur, mais meurt assassiné. Il avait établi pour les soldats l'usage des récompenses en terre, moyennant la continuation du service de guerre :
de là les timars ou bénéfices militaires. — Bajazet 1er Udérim ou l'Éclair, lui succède. Il donne l'exemple de ces fratricides qui seront communs à l'avènement des sultans.
Kcosse*— Jean Robert III Stuart, trop faible d'esprit, laisse gouverner son frère le duc d'Albany.
Espagne* — Mort prématurée du roi de Castille; son fils a onze ans.
Grec* et Tares. — Jean Paléologue fait fortifier Constantinople contre les Turcs. Mais Bajazet ordonne la démolition des travaux; il a comme otage le fils de l'empereur.
Italie* — Jean Galéas Visconti est menacé par les Vénitiens, qui favorisent le retour du jeune François Carrare à Padoue, et par les Florentins.— Ladislas de Duras n'a plus que quelques châteaux. Louis 11 d'Anjou entre à Naples (août).
Espagne* — Martin , neveu du roi d'Aragon, est marié à sa petite-fille, la reine de Sicile : Clément VI d'Avignon autorise cette union entre cousins germains. — Grenade perd son roi , Mohammed V, qui est digne de regrets; son fils lui succède.
Grecs et Turcs* — A la mort de
son père Jean I", Manuel Paléolo-
gue s'échappe des mains des Turcs.
Dès son avènement, il est en danger de perdre la Thrace et les environs de Constantinople que Bajazet menace en personne.
France. — Charles VI , qui veut porter la guerre en Bretagne pour chercher Pierre de Craon, l'assassin d'Olivier Clisson, tombe en démenée dans la forêt du Mans ( 5 août ) : la France aura pendant trente ans un roi fou. Ses oncles reprennent le pouvoir. Le duc d'Orléans, frère du roi, et Isabeau de Bavière, réclament leur part dans le gouvernement.
Italie* — François II Carrare achète Padoue de Jean Galéas.
Hongrie. — La mort de la reine Marie laisse Sigismond seul maître de la couronne de Hongrie que lui dispute vainement le roi de Pologne , gendre comme lui de Louis 1er le Grand.
Pologne* — Le roi Jagellon cède la Lilhuanie à son cousin Vitold, à la condition de l'hommage*
Bohême.— Les seigneurs de Bohême enferment dans une prison le débauché et cruel Wenceslas, leur roi.
Espagne* — Le jeune roi de Castille commence le recouvrement des domaines de l'État, aliénés pendant sa minorité, et réduit les pensions des seigneurs.
France* — Nicolas de Clémangis écrit, au nom de l'université, contre le scandale du schisme et menace le pape de déposition.
Hongrie* — Victoire gagnée contre les Turcs à Nicopolis, ville de Bulgarie sur le Danube.
Mongols. — Tamerlan porte la guerre sur les bords du Tigre et de l'Euphrate.
Orient chrétien. — Le roi de Chypre et de Jérusalem , Jacques I»r, prend le titre de roi d'Arménie.
XIVe SIÈCLE APRÈS J. C
Espagne. — Le roi de Portugal rachète les domaines de la couronne, aliénés par ses prédécesseurs.
France. — Édit royal pour le bannissement des juifs à perpétuité.
Rome. — A Avignon, après la mort de Clément VII (16 sept.), élection d'un noble aragonais, Pierre de Luna , Benoit XIII, qui avait témoigné le désir de travailler à la pacification de l'Église : il ne tiendra pas ses promesses.
Allemagne et Halle. — L'empereur Wenceslas vend à son beaufrère, Jean Galéas de Milan , le titre de duc.
Angleterre et France.— Trêve; mariage de Richard H avec une fille de Charles VI.
Danemark et Suède. — Des
députés des villes hanséatiques se font garants d'un traité entre la reine Marguerite et le parti d'Albert de Mecïdem bourg qui recouvre la liberté, mais non la couronne (juin).
Espagne. — Mort du roi d'Aragon , sans enfant mâle : son frère Martin , qui est l'héritier légitime , tarde deux ans à venir; un gendre du dernier roi, le comte de Folx , prétend sans succès à la couronne.
France. — Concile national à Paris, à l'occasion du schisme.
mongols. — Les hordes de Tamerlan, en combattant les Tartares de la horde d'or, servent indirectement la cause de l'indépendance russe.
Allemagne et Italie. — Le duc
de Milan, Jean Galéas, achète le titre de vicaire impérial en Lombardie, avec une autorité souveraine.
France. — Un édit royal autorise les magistrats de Montpellier à délivrer tous les ans à l'école de médecine, pour les éludes de dissection, le corps d'un criminel condamné a mort. Lanfranc de Milan vient professer la chirurgie à Paris.
France , Hongrie et Tare». —
Effrayé des progrès des Turcs, le roi de Hongrie Sigismond a recours aux États de l'Occident: l'élite de la chevalerie française prend part à la désastreuse bataille de Nicopolis sur le Danube, et est écrasée par les janissaires de Bajazet 1" (28 septembre) ; grandes pertes faites par l'ordre des hospitaliers. — Les Turcs soumettent le pays des Bulgares qui, depuis cent cinquante -cinq ans, livrés aux discordes intestines, avaient cependant échappé à la domination étrangère.
France et Italie. — Gènes, sous le gouvernement du doge Adorno, en proie aux factions , demande la protection de la France (octobre); protectorat français pendant treize ans.
Suède. — Marguerite fait donner par les états du royaume la couronne de Suède à son petit-neveu, Éric le Poméranien.
Angleterre. — Les princes du sang royal, et les nobles prennent les armes contre leur roi despote :
victoire de Richard II; trois chefs des rebelles sont condamnés à mort, môme un oncle du roi.
Danemark, Norvège et Suède.— Union perpétuelle des trois couronnes du nord, signée à Calmar (8 juillet). Le roi sera choisi pour les trois États dans la maison régnante tant qu'elle subsistera; il résidera tour à tour dans les trois royaumes ; chacun d'eux gardera son sceau , ses lois, ses privilèges. La reine Marguerite fait reconnaître pour unique souverain son petit-neveu Éric.
Empire grec. — Constantinople assiégée par les Turcs paye tribut; elle aura une mosquée et un cadi ou juge musulman. — La Morée est achetée de Thomas Paléologue, qui en était despote , par l'ordre de Rhodes ; mais l'aversion des Latins pour les Grecs empêchera l'occupation du pays par les chevaliers.
Espagne. — Le titre de prince de Viane sera désormais porté par Phé-
XIVe SIÈCLE APRÈS J. C.
ri lier présomptif de la couronne de Navarre,
Italie. — Guerre entre le duc de Milan et le seigneur deMantoue, que protège la ligue de Ferrare, de Bologne et de Florence.
France. — Second concile national à Paris, au sujet du schisme (de mai à juillet) : le patriarche d'Alexandrie, onze archevêques, soixante évêques, une foule d'abbés, de procureurs de chapitres, les représentants des universités de Paris, d'Orléans, d'Angers, de Montpellier, de Toulouse, y sont réunis ; la collation des bénéfices est retirée à Benoit XIII, la France ne le reconnaît plus pour pape : pendant cinq ans la France restera ainsi en dehors de l'obédience pontificale. — Une confrérie de comédiens représentent la passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ, avec de singuliers épisodes de la mythologie païenne.
Scandinave*. — Marguerite recouvre Wisby, capitale de l'Ile de Gothland. Traité entre les trois couronnes du nord et l'ordre leutonique.
Allemagne. — Les villes de Brandebourg, que le margrave Josse laisse à la merci de tous les perturbateurs du repos public, forment entre elles une confédération pour leur sûreté commune.
Angleterre. — Pendant que Ri-
chard II conduit une armée contre
les Irlandais révoltés, son trône est menacé par Henri de Lancastre, fils qu'il avait privé de son héritage paternel. Richard, sans appui, se livre à Henri et est déposé par le parlement qui proclame Henri IV (30 sept.) et reconnaît à sa famille le droit de succession au détriment des descendants du second fils d'Édouard III (13oct.). Captivité et bientôt mort violente de Richard II.
Empire grec* — Honteuse négociation du prince Jean , neveu de l'empereur Manuel, avec Bajazet, pour qu'il l'aide à chasser son oncle:
il lui promet la ville de Constantinople ; Manuel est forcé de partager avec lui le tilre d'empereur.
Italie. — Le duc de Milan achète Pise et est proclamé seigneur à Sienne. — Les San Saverini trahissent Louis H d'Anjou : Ladislas de Duras occupe Naples; le prince angevin d'abord confiné dans Tarente se retire en Provence. — On attribue au pape de Rome, Boniface IX, l'établissement des annales sur les bénéfices ecclésiastiques; il les étendit aux préiatures, et pour toujours.
mongol». — Tamerlan qui a pénétré dans l'Indostan, est aux portes de Delhi (janvier). Affreux ravages; retour à Samarcande (16 mai).
Pologne. — Mort de la reine Hedwige. Jagellon Wladislas, son mari, qui n'était roi que par elle , veut descendre du trône : les Polonais lui laissent le gouvernement.