DEPUIS LA PRISE DE CONSTANTINOPLE PAR LES TURCS (U
Constantinople priso et l'empire grec détruit , les succès de Mahomet Il sont rapides : il reste maître de l'Albanie après la mort de Scanderbeg; possesseur de la Morée et de l'Eubée, il laisse à peine quelques îles aux Vénitiens ; ses armées courent sur le Danube, dans le Frioul, et occupent Otrante, la clef de l'Italie. La terreur des Occidentaux inspire bien des projets de croisade qui avortent, et des tentatives de réconciliation entre les États divisés de la péninsule qui ne mettront pas trêve à leurs rivalités. Heureusement, après Mahomet, les séditions des janissaires et l'ambition jalouse d'un frère du nouveau sultan ralentissent les progrès des Turcs.
L'Italie donne asile aux fugitifs de Constantinople. Les Grecs enseignent leur langue aux Italiens, apportent les riches monuments de leur antique littérature et dirigent les premiers efforts que Ton fait alors pour étudier et imiter ces grands modèles. Les Chalcondyle, les Lascaris, Jean Andronic et Théodore Gaza de Thessalonique, Jean Argyropyle de Constantinople, révèlent à leurs disciples de Milan, de Florence et de Rome, les auteurs classiques de l'antiquité grecque. Ils ont des protecteurs dans le pape Nicolas V qui fonde la bibliothèque du Vatican ; dans Pie II, qui avait déjà illustré comme littérateur le nom d'iEneas Sylvius; dans les MédicisCosme et Laurent, auxquels Florence doit son académie et sa précieuse bibliothèque. Les platoniciens grecs prévalent en Italie : le chanoine Marcile Ficin enseigne leur doctrine à Florence, le fameux Pic de La Mirandole essaye de concilier Platon et Aristote. Les travaux littéraires proprement dits , les études de critique, d'histoire, d'éloquence, les traductions servent mieux à polir la langue latine. Lau-
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rent Valla ouvre à Naples et à Rome des cours publics d'éloquence latine et grecque ; François Filelfo est un brillant professeur d'éloquence et de philosophie à Bologne , à Florence , à Sienne et à Rome. AngePolitien, dans ses nombreuses productions, semble se rapprocher de l'ancienne langue des Romains.
Ange Politien enrichit aussi ia langue nationale, qui reprend dans ses stances sa force et ses vives couleurs; le style épique lui doit un grand nombre d'expressions, de comparaisons et de tours. C'est en italien que Bojardo compose, à la cour des princes d'Esté, son poëme de Roland amoureux. Hercule d'Esté fait représenter des comédies grecques et latines traduites en italien.
Les arts du dessin touchent à leur plus grande gloire : Bramante et Michel-Ange s'annoncent, Léonard de Vinci est déjà renommé, et le jeune Raphaël s'essaye sous les yeux du Pérugin.
Les beaux-arts ne rendent pas les mœurs publiques meilleures et plus douces ; il n'y eut jamais plus de perfidies, de trahisons, de meurtres et d'atroces débauches. Le règne de Ferdinand d'Aragon, fils naturel d'Alphonse, qui l'emporte sur un nouveau prétendant de la maison d'Anjou , est un ûéau pour l'Italie méridionale. Jean Galéas Marie Sforza ne sait être qu'un tyran et meurt assassiné dans une église. Les Pazzi et le pape Sixte IV trament une conjuration contre les Médicis : Julien est massacré dans une église; son frèro Laurent, seulement blessé, est obligé de soutenir la guerre contre le pape qui ne se trouve pas assez vengé. Alexandre VI épouvante l'Église et le monde par l'audace encore inouïe de ses crimes. Ludovic le More Sforza, qui appelle les Français en Italie, a recours au poison pour succéder plus tôt à son neveu, le duc de Milan.
L'Allemagne aura longtemps un empereur universellement méprisé pour son ineptie, son avarice et sa mauvaise foi; il vit heureux dans l'opprobre, vaincu bien des fois par ses voisins de la Hongrie et de la Bohème, qui pénètrent jusqu'à Vienne. Le mariage de son fils Maximilien avec l'héritière des vastes états de Bourgogne et des Pays-Bas . accroît l'influence de sa maison ; mais il néglige d'assurer la paix publique de l'empire. A l'est de l'Allemagne, la Pologne fleurit sous les princes Jagellon et tient tète à l'Ordre teutonique; les Russes, avec Ivan, secouent le joug des Tartares et se civilisent. La Suède remplace le roi par un administrateur élu qui, malgré les trahisons du clergé, défend l'indépendance contre les Danois.
En Castille , le règne de Henri IV n'est qu'un long cours de troubles, de conspirations et de discordes : sa sœur Isabelle se fait déclarer héritière présomptive du trône , dont elle se montre digne.
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[gabelle et son mari, Ferdinand le Catholique, qui est l'héritier et bientôt le possesseur de l'Aragon, dépouillent les Maures du royaume de Grenade, débris de la puissance musulmane fondée depuis huit siècles, répriment la noblesse, font des hermandads ou fraternités des villes un appui pour la royauté, et livrent les hérétiques et les juifs au tribunal sanglant des inquisiteurs.
C'est d'Isabelle que le Génois Christophe Colomb , préoccupé de la pensée de trouver une route vers les Indes à l'ouest de l'océan Atlantique, comme les Portugais en cherchaient une en naviguant à l'est sur les côtes africaines, obtient, non sans peine, les moyens de découvrir et de donner à l'Espagne un nouveau monde. II touche terre aux Antilles, en 1492 , quand les Portugais n'osaient encore franchir le cap des Tourmentes. Le cap des Tourmentes devient le cap de Bonne-Espérance pour Vasco de Gama qui, s'avanoant hardiment à l'est, va le premier aux Indes orientales en tournant l'Afrique. Ce voyage change le commerce de l'ancien monde. Alexandrie en avait été le centre sous les Ptolémées, sous les Romains et sous les Arabes; cette ville était l'entrepôt de l'Europe et des Indes : Venise, au xv siècle, tirait presque seule d'Alexandrie les denrées de l'Orient et du midi, et par cette industrie s'enrichissait aux dépens de l'Europe. L'expédition de Vasco de Gama détourne le cours de ces richesses : une bulle pontificale , après le premier voyage de Colomb, a partagé les Indes orientales et occidentales entre les Portugais et les Espagnols. Un Portugais, Alvarès de Cabrai touche, sans l'avoir cherchée, la côte du Brésil, et le Florentin Americo Vespucci sera le plagiaire presque inconnu de la gloire du Génois Christophe Colomb.
La France et l'Angleterre laissent près d'un siècle d'avance aux Espagnols et aux Portugais dans les terres nouvelles. Sous le nom de rose blanche et de rose rouge, les factions d'York et de Lancastre déchirent la Grande-Bretagne : les batailles et les échafauds appauvrissent le sang de la noblesse; la royauté se retrouve plus forte sur ces ruines, après la chute du dernier roi de la rose blanche, le sanguinaire Glocêster, Richard III. Henri VII Tudor, de la maison de Lancastre, se maintient par sa prudence et sa bravoure sur le trône où la victoire et le parlement l'ont appelé; son avarice et sa dureté n'empêchent pas les Anglais de le compter au nombre de leurs plus habiles rois. En France, sous Louis XI, la lutte est, dès le début, engagée entre le pouvoir monarchique et la noblesse. Ce prince préfère les négociations à la guerre : il aime mieux tromper que vaincre; pourvu qu'il atteigne son but, que les moyens soient injustes ou horribles, il les sait concilier avec une dévotion supersti-
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tieuse et avec lo titre de roi très- chrétien , qu'il a porté le premier, sans doute parce qu'il abandonna au pape Pie II la pragmatique sanction. L'orgueil des seigneurs reçoit des leçons terribles; on doit à sa fourberie et à sa froide cruauté l'affaiblissement et presque l'extinction de la tyrannie féodale. Charles le Téméraire, déjà vaincu par l'astuce du roi , est brisé par l'audace des Suisses , les alliés de Louis. La puissance royale prévaut enfin , et le bien-être des masses, le véritable bien public, n'est pas oublié. La royauté traverse une phase difficile pendant la jeunesse de Charles VIII : Anne de Beaujeu , la régente, se montre digne de son père, et triomphe de la noblesse par les armes autant que par les intrigues.
Le jeune Charles VIII jette inconsidérément la France dans des guerres de conquête. Enlever les Deux-Siciles et par suite Constantinople, ce n'est pas un rêve trop ambitieux pour un admirateur passionné de César et de Charlemagne : cependant il est heureux, après avoir célébré à Naples de faciles triomphes par des fêtes magnifiques, de s'ouvrir, par la victoire brillante de Fornoue, un retour vers ses États : Venise a noué la première ligue européenne contre la France. Le dominicain Jérôme Savonarole , qui a appelé les Français au nom de Dieu pour punir les crimes de l'Italie ; qui a, par ses prédications, entraîné les Florentins à chasser les Médicis, est à la fin sacrifié à la haine d'Alexandre VI et périt dans les flammes. LouisXIÏ cède au même entraînement que Charles VIII : l'amitié indigne des Borgia, l'occupation rapide de Milan ne lui donnent pas une force réelle en face de Ferdinand le Catholique et de Max i milien. La question italienne sera le nœud de la politique des États de l'Occident.
La France et l'Allemagne ne se ressentaient pas encore du mouvement intellectuel de l'Italie. Rien n'indique une rénovation des sciences , et Copernic , né en \ 473 , au delà des terres allemandes, à Thorn sur la Vistule, n'a peut-être pas conçu déjà son système du monde. La langue latine , cultivée en France, sert à Robert Gaguin à composer un sommaire de notre histoire; les scrmonnaires mêlent des mots et des phrases d'un jargon moderne à du latin barbare, et leur ton simple et trivial rend plus accessibles au peuple leurs paroles souvent audacieuses. Jean Juvénal des Ursins emploie la langue vulgaire à raconter le long règne de Charles VI ; les mémoires d'Olivier de la Marche embrassent les règnes de Charles VII et de Louis XI. Lo témoin , l'historien de cette époque est Philippe de Comines, vrai continuateur de Froissart et de Monstrelet, quoiqu'il ne leur ressemble pas : c'est l'histoire politique et réfléchie; on sent l'homme élevé aux grandes affaires; mais sa critique man-
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que de moralité, et il n'exige pas assez de la conscience des grands acteurs qui occupent la scène du monde.
Un recueil de Cent nouvelles nouvelles , fruit des causeries et des veillées de châteaux , est composé à la cour du duc de Bourgogne peut-être quand Louis XI, encore dauphin, y vivait retiré; on l'a quelquefois attribué à Louis XI qui n'a composé lui-même qu'un Bosier ou Êpitomc d'histoire. Le principal riraeur français est Villon, dont la verve souvent licencieuse ramène du moins au naturel : il ouvre notre littérature moderne. Entre les productions auxquelles ont pu donner naissance les représentations des mystères, des moralités et des sotties, rien n'égale la farce de Patelin, qui parait dans sa première forme peut-être vers la fin de ce siècle.
Le souvenir du schisme d'Avignon, le progrès des lumières accéléré par l'imprimerie, par l'émigration des Grecs en Italie et par l'administration des Médicis, enfin les découvertes de Christophe Colomb et de Vasco de Gama , préparent les grands mouvements qui doivent agiter tout le siècle suivant.
Bohême. — Ladislas de Bohème reçoit, à Breslau, l'hommage desSilésiens qui ne prêtent serment qu'au prince en personne.
France. — Procès en réhabilitation de la mémoire de Jeanne d'Arc. — Le roi ordonne de rédiger toutes les coutumes de France (avril) ; ce travail durera plus d'un siècle.
— Des lettres royales assimilent complètement l'un à l'autre le parlement de Paris et celui de Toulouse.
Italie. — Par la médiation du pape, qui voudrait tourner les forces de l'Italie contre les Turcs, la paix est signée à Lodi entre François Sforza et Venise (9 avril). Mais dans le môme temps le bayle ou représentant de la seigneurie vénitienne à ConstanUnoplc conclut un traité avec Mahomet II pour les intérêts de son commerce. Le roi de Naples accède à la paix de Lodi (17 juill.).
Pologne. Casimir IV soutient les Prussiens révoltés contre les chevaliers teutons; douze ans de guerre
avec l'ordre. L'ordre perd la nouvelle Marche au delà de l'Oder , qui se met sous la protection de l'électeur de Brandebourg. — Ambition coupable de l'archevêque de Riga, ennemi constant de l'ordre dont cependant il est membre.
Turquie. — Mahomet II somme vainement les chevaliers de Rhodes de lui payer tribut. Les montagnes de l'Albanie et le courage de Scanderheg sont d'assurés remparts pour l'indépendance des chrétiens.
Angleterre. — Premier sang versé dans la guerre civile entre la rose blanche d'York et la rose rouge de Lancastre. Le comte de Warwick et une partie de la noblesse arment pour Richard d'York. Vainqueur à Saint- Albans, à l'ouest de Londres, où Henri VI est fait prisonnier (31 mai), Richard est nommé protecteur du royaume.
E*pagne. — En Castille Henri IV qui a , depuis un an , succédé à son père Jean II , épouse Jeanne , sœur
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du roi de Portugal. Mœurs dissolues de la cour ; de honteuses galanteries, des conjurations, des guerres civiles rempliront ce règne. —Renouvellement des hostilités en Navarre :
don Carlos et sa sœur blanche soulèvent le royaume contre Jean 11, leur père, qui les déshérite. Léonore, née, comme Ferdinand le Catholique, d'un second mariage de Jean 11, mariée au comte de Foix, se fait l'instrument des vengeances paternelles en acceptant la succession au trône.
Italie. — A la mort de Nicolas V , avènement de l'Espagnol Alphonse Borgia, âgé de soixanle-dix-huit ans ; il prend le nom de Calixte 111 (avril). 11 est plein d'ardeur pour la guerre contre les Turcs. Mais le soin qu'il mit à avancer ses neveux remplit son règne de scandales.
Allemagne. — L'université de Gripswald est fondée en Poméranie.
Espagne. — Battu à Estclla , au sud-ouest de Pampelune , don Carlos va chercher sûreté en France.
La Navarre est agitée par la rivalité des Beaumont ses partisans , et des Grammont.
France* — Le dauphin, qui a de nouveaux démêlés avec son père , se réfugie auprès du duc de Bourgogne dans le Brabant. — Un prince du sang, le duc d'Alençon, conspire avec les Anglais ; son procès devant la cour des pairs dure deux ans.
Hongrie et Turquie. — Mahomet Il avec cent cinquante mille hommes assiège Belgrade. Jean Huniade le bat et le force à lever le siège (juillet-août). Le cordelier Jean Capistran prêche en Hongrie la guerre contre les Turcs. Mort de Jean Huniade(10 sept.).
Italie. — Tremblement de terre (5 déc.) : il prend depuis GaiHe, Bénévent, Ariaoo; enveloppe par le sud Avellino, Nocera, Naples, Cumes, s'étend à l'est jusqu'à Brindes : vingt mille victimes.
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Allemagne. — Premier livre qui porte une date imprimée : psautier publié à Mayence la veille de l'Assomption de l'année 1457, par Fust et Schœfier. — A Nuremberg et à Francfort, les électeurs protestent contre la mauvaise administration de Frédéric III.
Danemark et Suède. — Guerre ouverte entre l'archevêque d'Upsal et Charles Canutson; le roi est forcé de sortir de Stockholm. Christian, appelé en Suède, reçoit la couronne à Upsal ; l'union de Calmar est rétablie pour les trois royaumes.
Hongrie. — Les fils de Jean Corvin Huniade ont fait assassiner leur ennemi personnel, le comte de Cillei, oncle du roi. Le roi fait juger et supplicier en place publique l'aîné des Corvin (mars).
Italie. — Le conseil des Dix , prétextant l'âge et les infirmités de François Foscari, qui a été doge pendant plus de trente-quatre ans , lu!
fait déposer la dignité ducale(23 oct. ). Il meurt en apprenant l'élection de son successeur. — Frà Mauro, religieux de l'ordre des camaldules et du monastère de Saint-Michel de Murano ' près de Venise , dresse une mappemonde qui comprend les découvertes de Marco Polo et celles des Portugais : l'Afrique y est représentée sous une forme assez exacte ; la distance entre les côtes de l'Asie et celles de l'Europe est diminuée.
Turcs. — Tentative sur l'Ile de Cos qui appartient à l'ordre des hospitaliers. Us dévasteut les côtes de Rhodes.
Bohème et Hongrie. — Mort
de Ladislas, âgé de dix-huit ans, sans enfant (janv.). Les Hongrois désignent pour la royauté le second fils de Jean Huniade, Mathias ltr Corvin, âgé de seize ans. En Bohême, Podiébrad devient roi malgré de nombreux prétendants. Impuissantes protestations de l'empereur; il retient
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toutefois la couronne de Saint- É tienne.
Espagne et Italie.— Don Carlos de Viane vient en Italie demander protection à Alphonse V, son oncle, contre son père. — Mort d'Alphonse V le Magnanime (juill. ): Jean 11, son frère, lui succède dans les royaumes d'Aragon, de Valence, des Iles Baléares et de la Sicile ; Ferdinand, son fils naturel, règne à Napies.
France* — Sentence de mort contre le duc d'Alençon, commuée en bannissement perpétuel. — Chaire de grec fondée à l'université de Paris.
Halle. — Le doge de Gènes, Pierre Fregoso, menacé par les Adorni, a persuadéau conseil de la république de se soumettre au roi de France.
Le fils de Réné d'Anjou, Jean, duc de Lorraine , est venu , au nom de Charles VII, prendre possession du gouvernement ( mai ). Les Adorni se sont adressés à Alphonse d'Aragon.
Une flotte aragonaise bloque Gènes ; mais la mort d'Alphonse a fait lever le siège.
Turquie. — Deux frères de l'empereur Constantin sont dépouillés de la Morée par Mahomet II. Les Turcs prennent Corinthe et Athènes.
Bohême. — Podiébrad, ayant délivré Frédéric 111 d'une révolte de ses sujets de Vienne, est reconnu par lui roi de Bohême.
Danemark. — Le roi Christian recueille l'héritage de son oncle, le comte de Holslein, duc de Slesvig, L'investiture du Holslein lui est conférée par l'évôque de Lubeck au nom de l'empereur. Il reçoit l'hommage de la ville de Hambourg, comme fief mouvant du Holstein.
E»pagne. — Les vices et la faiblesse de Henri IV poussent la noblesse de Castille à la révolte.
Halle. — JEneas Silvius Piccolomini, qui a succédé à Calixte II sous le nom de Pie II , autrefois secrétaire du concile tenu à Baie, dote
cette ville d'une université. — H essaye de ranimer l'enthousiasme de l'burope pour les guerres saintes- Mantoue est le lieu fixé pour le rendez-vous d'une croisade. Le papev, vient en mai et y reste jusqu'en janvier 1460. — A Gènes, les Fregosi mêmes, qui avaient accueilli Jean, duc de Lorraine, aident contre lui le nouveau roi de Napies, Ferdinand; Jean de Lorraine qulite Gènes pour tenter de délrôner Ferdinand.
Pologne.— Le mallre provincial des chevaliers teutons en Livonie fait incorporer à cette province l'Ksthonie, pour prix des secours qu'il fournit à Tordre dans la guerre contre les Prussiens et les Polonais.
Portugal. — Après une expédition heureuse sur lès côtes d'Afrique, Alphonse V institue un ordre nouveau de chevalerie, l'ordre de l'Épée.
Angleterre. — Henri VI est battu a Norihampton et fait prisonnier (19 juill.); le parlement décide au détriment du prince de Galles que le duc d'York lui succédera (2 oct.). Mais sa femme, avec des renforts tirés de l'Écosse , qu'elle a achetés par la cession de Berwick, gagne une victoire à Wakefield, dans le comté d'York : le duc d'York y est tué ; le second fils de Richard est égorgé après le combat. Dans les deux partis les représailles sanglantes suivront les victoires et décimeront la noblesse.
Kcoaac. — Mort de Jacques II Stuart, au commencement de l'expédition dirigée contre l'Angleterre pour assister Marguerite d'Anjou :
l'Ecosse a encore un roi mineur, Jacques III , âgé de sept ans.
Eapagne.— Dans les États d'Aragon , à Fraga , Jean II déclare la Sicile et la Sardaigne incorporées au royaume aragonais. Il prête la main aux révoltes de Castille. Arrestation à Barcelone de son fils don Carlos, qui s'était réconcilié avec lui.
Italie. — Les grandes qualités et
la popularité de Corne de Médieis valent à son fils Pierre la dignité de gonfalonier de Florence, la première de la république, qu'il exerce avec médiocrité, mais qu'on lui laisse jusqu'à la mort de son père. — Le roi de Naples, Ferdinand d'Aragon, est battu à Sarno, près de Noie, par Jean d'Anjou , duc de Calabre et de Lorraine : le général vainqueur, Jacques Piccinino , se jette sur les terres de l'Église pour détacher le saint-siége du parti aragonais.
Orient. — Le sultan d'Égypte , comme suzerain de Chypre , intervient dans la guerre de succession entre la fille et le fils naturel du dernier roi, Charlotte et Jacques IL Celui-ci doit l'emporter avec l'aide des musulmans.
«niai**. — La confédération enlève à la maison d'Autriche le vaste bailliage de Thurgovie : l'Autriche ne possède plus que Wintertbur.
Angleterre. — Marguerite est encore victorieuse du comte de Warwick à Saint- Albans (févr. ). Cependant le comte de la Marche, fils du duc d'York , âgé de vingt ans , est proclamé roi à Londres par l'influence de Warwick , et prend le nom d'Édouard IV (mars). Sa victoire à Towton, au sud- ouest d'York (22 mars ) , hâte le décret du parlement qui approuve son élection (20 juin).
Marguerite passe en Écosse, et de là en France.
Eupagne. — L'agitation menaçante de la Catalogne , et l'entrée d'une armée de Henri IV en Navarre, obligent Jean II à rendre de nouveau la liberté à son fils qui meurt presque aussitôt, léguant ses droits à sa sœur Blanche. Don Carlos avait cultivé les lettres comme presque tous les princes de ce temps : il reste de lui quelques écrits.
France. — Mort de Charles VII (juill.). Son fils, Louis XI, après le sacre de Reims, destitue les ministres
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du dernier règne, et négocie avec la cour de Rome l'abandon de la pragmatique sanction de 1438.
Italie. — Le sultan d'Égypte accorde ou renouvelle aux Vénitiens le droit de commercer librement dans ses ports.
Tare*. — Ils mettent fin à l'empire grec dcTrébizonde, que gouvernaient des Comnène depuis 1204 :
David Comnène rend la ville après trente jours de siège et se met à la disposition de Mahomet 11, qui le fait tuer comme complice de ses ennemis,
Allemagne, Bohême et Hongrie. — Au lieu de combattre les Turcs, Mathias Corvin tombe sur l'Autriche; Georges Podiébrad attaque, comme allié du duc de Bavière, le frère de l'électeur de Brandebourg, qui, à la Bohême, restitue la bas3e Lusace.
Espagne. — Les Castillans enlèvent aux Maures Gibraltar et Ardjidouna, au nord-ouest de Malaga, berceau de la maison régnante de Grenade. — Par une criminelle transaction , Jean II fait passer à sa seconde fille , Léonore , comtesse de Foix, les droits que Blanche avait à la couronne de Navarre. Louis XI, moyennant la cession du Roussillon et de la Cerdagne , aide Jean 11 à se maintenir, malgré les Navarrais que soutient le roi de Casiille. Révolte de la Catalogne contre Jean 11. Blanche est livrée par Jean à sa sœur, qui l'enferme au château d'Orthès, où elle mourra, peut-être empoisonnée.
France. — Établissement d'un parlement royal à Bordeaux, pour les pays de Guyenne récemment enlevés à la domination anglaise (juin).
Italie. — Au lieu de combattre les Turcs, Scanderbcg, à l'instigation de Pie II, défend le roi pervers de Naples, Ferdinand, et gagne sur le prince angevin une grande victoire à Troia, dans la Capitanate (août).
— Le duc de Savoie est chassé par un de ses fils.
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Portugal. — Le Portugais Pierre de Cintra , ayant atteint la côte de Guinée , donne à une montagne le nom de Sierra-Leone, et se dirige au sud, jusqu'au cap Mesurado. Déjà la côte d'Afrique , en se repliant vers test, semblait ouvrir aux infatigables navigateurs envoyés par l'infant don Henri la route d"e l'Inde. L'or sera trouvé abondamment en Guinée.
Russie. — Mort de Wasill III; son fris Ivan 111 lui succède.
Turquie. — Une trahison livre à Mahomet II l'Ile de Lesbos.
Angleterre* — Malgré les secours que Marguerite a ramenés de France , Henri VI est pris pour la troisième fois et enfermé pour sept ans à la Tour de Londres. Aventures de Marguerite errant avec le prince de Galles. Elle passe dans les Pays- Bas, et de là chez son père.
Bohême. — Anathème pontifical lancé contre Podiébrad qui soutient la légitimité du pacte fait avec les hussites au concile de Bâle (mars).
L'archevêque de Prague , zélé nussite , le pousse à persécuter les catholiques.
Danemark et Suède* — La
mésintelligence entre l'archevêque d'Upsal ét le roi Christian cause sept années de guerre qui font perdre la Suède à Christian. Charles Canutson sera deux fois replacé sur le trône.
Espagne. — Entrevue et traité entre les rois de Castille et de Grenade. Louis XI vient, sur la Bidassoa, visiter le roi de Castille , qui a accepté son arbitrage dans le différend avec l'Aragon (avril). Habileté de Louis XI : son or entretiendra les discordes dans lâ péninsule.
France. — Après ce voyage , Louis XI retire au duc de Bourgogne, moyennant le prix de rachat convenu , les villes de Picardie que lui avaient cédées le traité d'Arras. — Traité renouvelé avec les Suisses.
Hongrie. — Mathias Corvin re-
prend sur les Turcs Jaycsa, capitale de la Bosnie; il soumet vingt-sept villes.
Italie* — La défection de Jacques Piccinino ruine complètement le parti angevin dans le royaume de Naples que Jean deCalabrc abandonne. — Louis XI attire perfidement en France le fils rebelle de son beaufrère, le duc de Savoie ; il l'y retiendra deux ans : le duc rentre dans ses États.
Portugal. — Mort de l'infant don Henri.
Espagne. — Révolte en Castille:
la noblesse prend parti pour l'archevêque de Tolède et son neveu, le marquis de Villena, qui sont en disgrâce. Le roi est réduit à sacrifier les droits de l'infante Jeanne comme si elle n'était pas née de lui, et à reconnaître Alphonse, son frère, pour son successeur.
Italie. — Venise, alarmée par les progrès des Turcs, se décide à leur faire la guerre : Louis Loredanopart avec une flotte pour la Morée.— Pie H meurt à Ancône, en vue des vaisseaux de Venise qu'il attendait pour une guerre sainte (août). Esprit délié , plume très-féconde , il a honoré les lettres et l'Église. Son successeur, Paul 11, d'origine vénitienne, étale trop de faste. — Mort de Côme de Médicis, à soixante-quinze ans (1er août); il a été appelé par les Florentins Père de la patrie. Son fils Pierre, qui succède à son influence , n'a ni ses talents ni ses vertus. — Gènes et son territoire , sur lesquels le roi de France ne conserve qu'un droit d'hommage, tombent sous l'autorité du duc de Milan : retraite de Paul Fregoso , archevêque et doge.
Suisse* — Alliance avec la petite république démocratique de MuJhausen, dans le Sundgau, sur 1*111.
Turquie. — Mahomet renonce à disputer aux Hongrois Jaycsa de Bosnie. — Soumission de la principauté
seldjoucide de Caramanie ; il l'enlève aux enfanls du dernier prince qui se faisaient la guerre.
Angleterre.— Le roi Edouard IV épouse Elisabeth de Woodwillo , veuve d'un partisan des Lancastre.
Bohême et Hongrie.— Le pape déclare Podiébrad privé du trône et y appelle Mathias Corvin.
Espagne. — En Caslillc , les nobles déposent Henri IV à Avila, et font roi son jeune frère, Alphonse (juin).
— Les Catalans , en pleine révolte , appellent pour régner sur l' Aragon et la Sicile un infant de Portugal.
France. — Ligue de la noblesse sous le nom du bien public : le frère du roi s'unit aux rebelles dont le principal chef est le (ils du duc de Bourgogne , le comte de Charolais, Charles. Combat indécis de Montlhéry (16 juill. ). La capitale reste fidèle. Le roi divise et satisfait les seigneurs par des traités à Conflans, à Saint-Maur, etc. ; il cède la Normandie à son frère.
Italie. — Conspiration contre la vie de Pierre deMédicis ï elle est découverte ; les conjurés, exilés, payent des condottieri pour lui faire la guerre. — Le roi de Naples donne au duc de Milan le duché de Bari. — Deux Allemands ont des presses typographiques à Subiaco, près de Rome, et bientôt dans Rome même.
Espagne. — Les Catalans, après la môrt de l'infant de Portugal qu'ils avaient fait roi , se donnent à Ré né d'Anjou , qui leur enverra son fils Jean , duc de Lorraine. — Jean II , malade et presque aveugle , donne à son fils Ferdinand , âgé de quatorze ans, le titre de vice-roi d'Aragon et de roi de Sicile.
France. — Louis XI , en six semaines, enlève toutes les villes de Normandie àsonfrèrefjanv. etfévr.).
Italie. — Mort de François Sfoiza (mars) ; odieux gouvernement de son fils Galéas-Marie, âgé de vingt-deux ans, prodigue, débauché et cruel.
Pologne. — épuisement de Tordre teutonique : désastres dans la guerre contre les Prussiens révoltés et contre les Polonais ; peste. Traité de Thorn avec la Pologne (octobre) :
cession de la Prusse occidentale, obligation de l'hommage pour la partie orientale qui est gardée ; Marienbourg, siège de l'ordre, devenant ville polonaise, le grand maître transporte sa résidence à Kœnigsberg. — Les diètes polonaises commencent à recevoir les nonces terrestres ou députés de chaque palalinat.
Allemagne. — A la diète de Nuremberg, les états d'empire sont pour la première fois partagés en trois collèges : 1° électeurs , 2° princes , 3Q villes.
France. — Mort du duc de Bourgogne, comte de Flandre; le comte de Charolais, son fils, Charles le Téméraire, lui succède (juin) : révolte de Gand et de Liège. — Louis XI déclare les offices inamovibles. Il organise militairement les corps de métiers de Paris.
Italie. — A Florence , Paul Toscanella commence, sur le dôme de l'église métropolitaine, un instrument considérable d'astronomie , une méridienne ou gnomon solsticial.
Suisse. — Le duc d'Autriche, Sigismond, engage par hypothèque au canton de Zurich la cité de Winterthur, la dernière possession de l'Autriche en Suisse.
Turquie. — Scanderbeg meurt à soixante- treize ans, à Lissa, en Dalmatie (17 févr. ); il avait gagné sur les Turcs vingt-deux batailles. — Mathias Corvin ramène sous la domination hongroise le walvode de Moldavie et de Valachie, qui s'était soumis aux Turcs.
Angleterre. — Première publication à Oxford en caractères gravés.
Bohême et Hongrie. — A la
sollicitation du pape et de l'empereur, Maluias Cor un prend l'offensive contre Podiébrad, protecteur des hussites.
KHpagne. — En Castille , mort d'Alphonse, frère du roi (Juill. ).
Les rebelles offrent la couronne à sa sœur Isabelle, âgée de dix-sept ans, qui la refuse; mais elle se fait reconnaître même par Henri IV comme héritière du trône.
France. — Étals généraux a Tours (avril); la Normandie est déclarée province inaliénable, et inséparablement unie à la couronne. — Traité d'Ancenis, imposé au duc de Bretagne (10 sept.). — Entrevue de Péronne avec Charles le Téméraire, le roi est pris au piège qu'il a tendu ; désastreux traité : le frère du roi, qui est l'allié du duc, doit recevoir les provinces de Champagne et de Brie qui relient les domaines bourguignons aux domaines flamands; le roi assistera au siège de Liège , dont il a provoqué la révolte (14 oct.). — Sac de Liège (30 oct.).
Italie. — Amédée IX , duc de Savoie, remet ^administration des affaires à sa femme Yolande, sœur du roi de France, qui, pour ne pas succomber sous la rivalité armée de ses trois beaux-frères, a besoin pendant huit ans de l'intervention de Louis XI.
Perse. — Vainqueur des Turcomans du Mouton noir, Ussum-Hassan ou Cassan, fonde dans la Perse, la Chaldée et l'Aderbeidjan, la dynastie des Turcomans du Mouton blanc.
Ruante. — Expédition malheureuse d'Ivan 111 contre Kasan.
Angleterre. — Révoltes dans le nord contre Ëdouard IV; elles ont été provoquées secrètement par le comte de Warwick qui est hostile
au roi depuis son mariage , et qui a gagné même le duc de Clarence, frèro du roi.
Bohême et Hongrie. — Ma -
thias Corvin entre pu Moravie et se fait proclamer roi de Bohême. Podiébrad lui oppose Wladislas, fils de Casimir, roi de Pologne, qu'il désigne pour son successeur.
^eoftne. — Le mariage de Marguerite, fille de Christian Pp, avec le roi d'Ecosse, résout un ancien débat au sujet des Iles Orcades: ces lies, qui relevaient delà Norvège, sont cédées à TÉcosse. '
Eupagne Al'insu de Henri IV,
Isabelle, sa sœur, qu'avaient demandée en mariage le roi de Portugal et le frère du roi de France, épouse l'infant d'Aragon» Ferdinand, âgé de dixsept ans (oct.). Ce mariage ranime les factions; Henri IV se décide trop tard à déclarer l'infante Jeanne son héritière.
France. — Arrestation du cardinal La Haine. Louis XI fait accepter à son frère la Guyenne, au lieu de la Champagne. — Il institue l'ordre de chevalerie de Saint-Michel, dont le serment engage les seigneurs envers le roi (août). — Le duc d'Autriche, Sigismond , engage au duc de Bourgogne le comté de Ferrelte, le Sundgau dans le bassin de l'Ill, l'Alsace et les quatre \illes forestières, Bheinfelden , Sackingen , Laufen bourg et Waldshut (mars). Charles le Téméraire y nomme bailli Pierre de Hagenbach, qui se rendra odieux aux Suisses.
Italie. — Venise reçoit des presses typographiques.
Ru* «le. — Courses sur les terres des Tchérémisses qui relèvent du khan de Kasan.
Angleterre. — Édouard IV, qui tient lui-même Henri VI en prison, devient comme captif de Warwick.
Edouard parvient cependant â chasser Warwick. Celui-ci cherche un asile
XVe SIÈCLE ArRÈS J. C.
auprès de Louis XI qui eu fait le champion de Marguerite et du prince de Galles. 11 revient en Angleterre ; fuite d'Edouard auprès du duc de bourgogne, son beau-frère; réta-»
blisscmcntde Henri VI. Warwick mérite le surnom de faiseur de rois.
Espagne* — Jean , duc de Lorraine, meurt à Barcelone, au moment peut-être de conquérir l' Aragon. Les Catalans résistent encore.
France. — Trois imprimeurs, venus de Mayence à Paris, s'établissent dans la maison de Sorbonne, sous la protection de Louis XI. Le premier livre qui sort de leurs presses a pour titre : Gasparini Pergamensis epistoUv. Louis XI compose le Rosier des guerres ; étant dauphin il avait travaillé aux Cent nouvelles nouvelles. — Premières mami factures de soiet ies,étal)lios à Tours par des ouvriers que Louis XI appela de Venise, de Gènes et de Florence.
— Les états de Tours cassent le traité de Péronne. — Naissance du dauphin Charles (30 juin).
Russie. — Siège de Kasan par les frères d'Ivan III ; le khan Ibrahim paye tribut. — Insurrection de Novogorod, réprimée par Ivan en personne.
Suède. — A la mort de Charles Canutson , son neveu , Stenon Sture reçoit le titre d'administrateur.
Turcs. — Mahomet H enlève aux Vénitiens la capitale de l'île de Négrepont, leur plus importante possession dans la mer Egée : atroces cruautés commises à la suite de la victoire, et après la capitulation. — Alliance de Rhodes, de Venise, de la Perse contre les Turcs; Ussum-Cassan envahit la Ca rama nie que défeud le Gis de Mahomet 11.
Allemagne. — Confédération formée par les Grisons , qui étaient partagés depuis longtemps en trois ligues : \n ligue haute , ou Grise proprement dite; 2° ligue Caddée, ou de
la maison de Dieu {casa Dei), dans le territoire de laquelle est l'évéché de Coire sur le Rhin ; 3° ligue des dix droitures, juridictions ou communuautés.
Angleterre. — Les secours de Charles le Téméraire et la défection nouvelle du duc de Clarence rendent la couronne à Édouard IV. Henri VI est de nouveau enfermé à la Tour.
Warwick est vaincu et tué à Barnet, au nord-ouest de Londres (14 avril).
Marguerite et le prince de Galles, âgé de dix-huit ans, viennent perdre un dernier combat à Tcwkesbury, dans le comté de Glocester, sur la Saverne (9 mai) ; ils sont pris tous deux. Le prince de Galles est assassiné après le combat. Henri VI meurt de mort violente à la Tour (21 mai).
nolième et Hongrie. — Mort
de Podiébrad. La Bohême proprement dite reconnaît pour roi Wladislas , fils aîné de Casimir IV de Pologne; la Moravie et la Silésio préfèrent Mathias Corvin.— En Hongrie même, un parti oppose à Corvin le frère de Wladislas, Casimir.
France. — Guerre de Louis XI avec Charles le Téméraire dans le bassin de la Somme.
Italie. — Borso d'Esté, duc de Modène et Reggio, reçoit du pape le même titre pour le marquisat de Ferrare. Protecteur des lettres, il a établi l'imprimerie dans ses États. — Mort de Paul II. Élection de Sixte IV (août). — Le roi de Chypre épouse Catherine Cornaro, fille d'un sénateur vénitien.
Portugal. — Alphonse V mérite le surnom d'Africain, en enlevant aux Maures Arzile, ctTanger même (août).
Espagne. — Enveloppée par terre et par mer, Barcelone enfin se soumet au roi Jean II (octobre ); pacification complète de la Catalogne.
Jean II alors reprend le Roussillon qu'il avait engagé à Louis XI ; résistance de Perpignan.
XVe SIÈCLB
Vrance* — Mort du frère du roi à Bordeaux, on le croit empoisonné, Louis XI reprend la Guyenne (mai).
Nouvelle guerre avec le duc de Bourgogne en Picardie (juin). Béarnais résiste à Charles le Téméraire ; intrépidité de Jeanne Hachette.
Italie* — A la mort d'Amédéc IX, les princes de Savoie, qui ne veulent pas laisser la régence à sa veuve Yolande, recherchent l'appui de Charles le Téméraire, l'ennemi de Louis XI ; elle ne reste pas longtemps leur captive.
Portugal* — Découverte des tics de Saint-Tnomé, du Prince, et d'An* nobon, situées au sud-est de la Guinée sous l'équaleur. Dans la première^ la culture du sucre se développera par le travail des esclaves nègres.
Turquie* — Les vaisseaux de Yenise, de Rome, et de Naples, donnent la chasse aux Turcs dans les Cyclades et sur les côtes d'Anatolic.
Allemagne. — Pacte de confraternité et de succession réciproque entre les maisons de Brandebourg, de Saxe et de Hesse. — L'électeur de Brandebourg partage d'avance ses États entre ses trois fils : 1° à l'aîné le margraviat électoral ; 2° au second, Anspach en Franconie; 3° au troisième, Bayrculh. — Premier livre imprimé en Hollande avec date.
France. — Arrestation du duc d'Alençon. Assassinat du comte d'Armagnac. Louis XI veut faire excommunier le duc de Bourgogne : opposition formelle du parlement à cette intervention du saint-siége (oct.).
Halle* -— Introduction de l'imprimerie à Naples par le roi.
Orient chrétien. — Le roi de
Chypre périt victime d'une conspiration ; son fils posthume, Jacques III, fut proclamé, en naissant, roi de Chypre, de Jérusalem et d'Arménie.
Angleterre.— Premiers livres
APRÈS J. C. 451
imprimés par l'Anglais Guillaume Caxton, artiste, et ambassadeur d'Edouard IV.
Danemark* — Christian obtient de l'empereur l'érection du comté de Holstein en duché d'empire. Dans le duché, sont compris les Ùitmarses, qui étaient encore à soumettre.
KMpagne*— La mort de Henri IV, qui a été peut-être empoisonné, donne la couronne de Castille a Isabelle, sa sœur, âgée de vingt-trois ans, femme de l'infant d'Aragon Ferdinand (déc). Ils sont proclamés à Ségovle. — L'imprimerie commence à être introduite en Espagne par un Allemand, Lambert Palmart.
France. — Pendant que le duc de Bourgogne fait la guerre à l'empereur qui n'a pas voulu lui donner le titre de roi, Louis XI prend l'Anjou au vieux Réné. — Première expérience de l'extraction de la pierre sur un condamné a mort.
Italie* — Le comte d'Urbin, Frédéric , brillant représentant de l'ancienne famille des Montefeltro, qu'ont rendus célèbres leurs luttes héréditaires avec les Malatcsta de Bimini, et leurs exploits comme condottieri au service des diverses puissances italiennes, est fait duc par Sixte IV.
Protection accordée aux lettres et aux arts; superbe palais, bibliothèque.— Le neveu de Sixte IV, le cardinal Julien de la Bovèrc , qui sera le pape Jules II, commande les armées pontificales contre les gibelins rebelles.
SuIkhc— Supplice infligé par les Suisses à Hagcnbach , lieutenant de Charles le Téméraire; colère du duc.
Alliance perpétuelle, ligue offensive et défensive, conclue par Louis XI avec les huit cantons suisses (juin).
Les cantons déclarent la guerre au duc de Bourgogne (9 oct.).
Turquie.— Pendant la minorité de Jean Castriot, fils de Scanderbeg, dont la république de Venise a la tutelle, trente mille Turcs attaquent Scutari que défend le Vénitien Pierre Mocenigo; ils sont forcés de se retirer (août). Mocenigo est élu doge.
452 XVe SIÈCLB
nohême. — Conventions entre les prétendants a la couronne de Bohême : le royaume de Bohême et les droits d'électeur resteront à Wladislas de Pologne; Mathias gardera la Lusace , la Moravie et la Silésie qui reviendront à Wladislas si Mathias meurt le premier.
Espagne. — La noblesse de Castille, menacée dans ses privilèges par les premiers actes énergiques de la reine Isabelle, invoque les droits de l'infante, si outrageusement traitée du vivant de Henri IV. L'archevêque de Tolède et son neveu, le marquis de Villena , dirigent le mouvement d'insurrection ; ils appellent l'oncle de l'infante , Alphonse V de Portugal, qui, étaut veuf alors, lui est fiancé.
France. — Louis XI suspend les violents débats des réalistes et des nominaux , en faisant clouer les écrits de leurs docteurs dans les bibliothèques ( mars ). — Il enlève Perpignan et le Roussillon au roi d'Aragon (mars). — Pendant que Charles le Téméraire use ses forces au siège de Nuits près de Cologne contre les troupes de l'empereur, Édouard IV débarque à Calais :
n'étant pas soutenu par les Bourguignons, il traite à Pecquigny avec Louis XI qui consent à payer un tribut et rachète Marguerite d'Anjou cinquante mille écus (29 août). Le duc de Bourgogne, réconcilié avec le roi, lui abandonne le connétable de Saint-Pol, qui est jugé pour ses trahisons, et par arrêt du parlement décapité (nov.).
Orient chrétien. — A la mort de son jeune fils, la reine Catherine Cornaro se maintient à Chypre parla protection de Venise qui l'adopte pour fille de Saint-Marc. Catherine n'a guère que le titre et les honneurs de la royauté ; le gouvernement est aux agents de Venise.
Russie. — Une seconde révolte de Novogorod réprimée par le grand
APRÈS J. C
prince conte à cette ville ses privilèges républicains.
Turcs. — Mathias Corvin enlève aux Turcs la place de Savatz, entre Sirmium et Belgrade, qui était réputée pour imprenable. — Désastres des Turcs en Moldavie, qui seront réparés l'année suivante par Mahomet 11 en personne.
Allemagne. — Les ducs de Wolgast obtiennent de garder le duché de Stetlin , à condition que toute la succession pomérnnienne reviendra aux électeurs de Brandebourg à l'extinction de la maison de WoigasL
- Danemark. — Jean Scolnus ou de Kolno (Janz Kolna) , Polonais au service de Christian H, aperçoit la terre de Labrador au nord-est de l'Amérique.
Espagne et Portugal. — Défaite d'Alphonse V à Toro. Jeanne de Castille prendra le voile à Colmbre.
France. — Défaites de Charles le Téméraire par les Suisses : à Granson (mars) et à Morat (juin).
Il croit mettre la main sur la Savoie en faisant enlever par Olivier de la Marche, son futur historien, la duchesse Yolande avec trois de ses enfants. Louis XI les fait délivrer et reconduire en Savoie par Philippe de Comines, qui a quitté en 1472 le service du duc de Bourgogne pour le sien.
Italie. — Trois gentilshommes milanais tuent le duc de Milan dans l'église de Saint-Étienne (déc. ). Son fils, enfant de huit ans, Jean Galéas- Marie, est protégé par le ministre Simonetta contre l'ambition de ses frères. — La grammaire de Constantin Lascaris, fugitif de Constantinople, établi à Milan , est le premier livre grec qu'on ait imprimé. — Une bulle de Sixte IV est le premier décret de l'Eglise romaine touchant la fête de l'immaculée conception de la sainte Vierge (1er mars).
Turquie. — Caffa est enlevée
XVe SIÈCLE APRÈS J. C.
aux Génois qui perdent ainsi la clef du commerce de la mer Noire et ue îa mer d'Azof. Les Turcs donnèrent la dignité de khan à Mengeli Gieray, de la race des princes du Kaptschak, dont les descendants ont longtemps administré la Crimée ottomane.
Allemagne. — Nouvelle guerre de Mathias Corvin avec l'empereur.
France. — Charles le Téméraire est vaincu et tué devant Nancy que les Suisses défendaient pour le duc de Lorraine, Réné de Vaudemont (janv. ). Louis XI prend le duché de Bourgogne, apanage masculin, et établit un parlement à Dijon(mars). Il aspire vainement à la conquête du reste de l'héritage bourguignon. Marie de Bourgogne épouse Maximilien d'Autriche, filsde l'empereur, qui défendra ses droits par cinq ans de guerre (18 août). — Louis XI vient de faire décapiter, comme criminel de lèse-majcstéé, Jacques d'Armagnac, duc de Nemours et comte de la Marche (4 août).
Italie. — Gènes échappe pour dix années, sans y gagner beaucoup de calme et de prospérité , à la domination milanaise. — Les Turcs dévastent impunément le Frioul, possession de Venise.
1,1 von le.— L'archevêque de Riga satisfait sa haine contre Tordre teuton ique en invitant les Danois, les Suédois, les Polonais, les Lithuaniens et les Samogites à ravager la Livonie; il jette l'interdit sur la ville de Riga.
isuède. — Stenon Sture fonde l'université d'Upsal.
Allemagne. — La Poméranie, souvent partagée depuis 1295 en deux et même en trois duchés, est réunie entière entre les mains de Bogislas le Grand qui rétablit partout le bon ordre. Les brigands et les corsaires sont punis avec rigueur.
11 abolit sur les côtes le droit de varech, et stipule seulement une rétri-
bution que les propriétaires d'effets naufragés payeront a ceux qui les ont recueillis.
Angleterre. — Le roi fait mourir son frère le duc de Clarence.
Danemark. —Christian l#r fonde l'université de Copenhague.
Espagne. — Le roi de Grenade, Muley Abou'l Haçan Aly, qui était depuis plusieurs années en paix avec la Castille, aime mieux ne pas renouveler la trêve que d'acquitter comme plusieurs de ses ancêtres un tribut annuel.
Italie.— A Florence, conspiration formée par les Pazzi, l'archevêque de Pise François Saiviati, le neveu du pape Jérôme Riario, seigneur dimola en Romagne, contre les frères Laurent et Julien de Médicis, qui ont depuis six ans succédé à l'influence de leur père Pierre \" :
Julien seul périt assassiné dans la cathédrale (20 avril), laissant un fils qui sera pape en 1623. Supplice des Saiviati et des Pazzi. Sixte IV et Le roi de Naples arment contre Laurent, pour lequel prennent parti Milan, Srcnise, Ferrare et Rimini. — En Savoie, après la mort d'Yolande sa sœur , Louis XI fait d'inutiles efforts pour se saisir du gouvernement (août).
fiulMMe*. — Fribourg , ville libre d'Helvétie, forme une alliance particulière avec Zurich, Berne, Lucerne et Soleure.
Turquie. — Mahomet II prend Croia ; il échoue devant Se u tari.
Ecosse. — Jacques III ordonne la mort de son frère Jean, qui avait blâmé le despotisme de ses favoris , gens de basse naissance. Son autre frère , le duc d'Albany, est enfermé dans un château.
Eapagne. — Mort de Jean IL Son fils Ferdinand, l'époux d'Isabelle, lui succède dans les États d'Aragon, des Iles Baléares, de Sardaigne , et de Sicile ; Léonore , sa fille,
XVe SIECLE APRÈS J. C
femme du comte de Folx, règne en Navarre (janv. ). — Mort de la comtesse de Foix (févr.); elle a pour héritier son petit-fils François Phœbus. — Alphonse de Portugal renonce, par un traité de paix* au titre de roi de Casiille et à tout projet de mariage avec l'infante Jeanne (sept.).
— Les gouvernements de Castillc et d'Aragon restent distincts, quoique Isabelle et Ferdinand suivent les mêmes plans d'admiuisiration et de politique.
Italie. — Après quelques échecs, Laurent de Médicis va en personne négocier la paix avec Ferdinand de Naples, ligué contre lui avec le pape.
1,1 von le. — Le turbulent archevêque de Riga conclut contre l'ordre teutonlquc un traité avec Stenon Sture ; le maître provincial de l'ordre en Livonie le fait arrêter : l'archevêque meurt de chagrin. Le pape fulmine contre le maître de Livonie, et, par le choix imprudent qu'il fait du nouvel archevêque, envenime encore les discordes.
Turquie. — Les Vénitiens, pour avoir la paix avec Mahomet 11 , lui laissent Scutari en Albanie.— Guerre de cinq années avec Malhias Corvin.
Espagne. — En Castllle les états de Tolède réforment les abus du dernier règne, abolissent les grâces et les pensions indûment accordées; les plaintes du peuple contre les grands seront désormais écoutées. Le tribunal d'inquisition est régulièrement organisé à Séville. Les attributions sont séparées et souvent rivales de celles des tribunaux ecclésiastiques ordinaires. Les inquisiteurs sont a la nomination du prince.
On ne confronte pas l'accusé avec les témoins; on ne l'instruit pas de ce qu'ils déposent contre lui ; il est soumis à la torture et, s'il est condamné, ses biens sont confisqués.
Celte barbare institution couvrira l'Espagne de bûchers. — Conquête des lies Canaries au nom 4e la Castillc.
France. — Établissement des postes sur toutes les grandes routes de France, mais seulement pour le service du roi.
Italie. — Le roi de Naples , que menace encore le prince angevin, le duc de Lorraine, conclut une alliance avec les Florentins (mars). — A Milan, l'ambitieux Ludovic le More chasse les tuteurs du jeune duc son neveu, fait décapiter le ministre Simonetta ( 30 oct. ) ; et force même la mère du duc , Bonne de Savoie, à s'éloigner ( 2 nov. ).
Turquie. — Après de grands préparatifs d'expédition contre Rhodes (mai) : belle défense du maître de l'ordre , Pierre d'Aubusson ; le siège est levé (17 août). — Une flotte ottomane surprend Otrante (21 août).
EOroi de l'Europe.
Angleterre et ^coane. —
Louis XI pousse Jacques III à la guerre contre Edouard IV. Ambition du duc d'Albany, récemmeut échappé de sa prison ; il demande le concours des Anglais pour renverser son frère. La noblesse écossaise pend les trois favoris de Jacques; mais le duc d'Albany ne peut se faire roi.
Danemark. — Mort de Christian 1er ; son fils aîné Jean lui succède.
France. — Louis se fait instituer par Charles, comte de Provence et du Maine, qui est neveu et successeur du roi René , son héritier universel. Charles meurt ( 1 1 déc. ). La couronne recueille ses États. — Les Suisses a la solde de la couronne jouiront de grands privilèges (sept. ).
mongol* et Russes. — Akmet, khan de la horde d'or du Kaptschak, est pris entre deux ennemis, les Russes et les Nogaîs, qui mettent son pays à feu et à sang. Avec lui finit la horde d'or. Les Russes surtout gagneront à la chute de ces Tar tares de Saral qui occupaient le bassiu méridional du Volga.
XYe SIÈCLE APRÈS J. C.
Mvonle.— Riga refuse d'obéir au maître provincial de l'ordre en Livonie. Les Russes en prennent occasion d'attaquer la Livonie et la Uthuanie.
Portugal* — Mort d'Alphonse V.
Son fils, Jean H , lui succède.
Bulgfte* — Fri bourg et Soleure sont admises dans la confédération helvétique qui n'avait reçu aucun canton nouveau depuis 1353. -
Turquie. — Sixte IV concourt avec le roi de Naples à reprendre Otraute sur les Turcs. — Mort de Mahomet II (juill.). La rivalité de ses deux fils Uajazct H et Jem ou Zizitn, soutenu par les troupes d'Asie, laisse du repos aux chrétiens.
Allemagne. — Guerre entre l'empereur et Malhias Corvin.
Km pagne. — Guerre entre les Castillans et les Maures de Grenade.
Ces derniers perdent Alhama , boulevard de leur capitale ; le roi Aly tente trois fois vainement de la reprendre. Désordres dans le royaume maure : Aly est déposé au profit de son fils, Abou-Abdallah ou Boabdil, parce qu'il avait préféré une femme chrélienue à ses femmes musulmanes,
France. — Les Flamands concluent la paix avec Louis XI à Arras : l'Artois et la Franche-Comté sont promis pour dot de Marguerite, fille de Marie , si elle épouse le dauphin (23 déc. ). — Sombre et sanguinaire agonie de Louis XI, enfermé en son château du Plessis-lez-Tours, qui est rendu inaccessible. Son barbier et son médeciu sont ses favoris.
Italie. — Charlotte , qui a été dépouillée du trône de Chypre par son frère naturel en 1464, cède ses droits sur Chypre, Jérusalem et l'Arménie, au duc de Savoie, son beaufrère, pour lui et pour ses successeurs. — Le duc de Ferrare, Hercule Ier, a la guerre avec Venise, quand U veut établir des salines à
Comacchio , pour se dispenser de prendre du sel dans les greniers de Venise. Les puissances italiennes, intéressées à arracher à Venise ses monopoles de commerce, Naples, Milan, Mantoue, Florence, et les Bentivoglio de Bologne soutiennent le duc (mai). Le pape s'allie à Venise, avec l'espoir de profiter de la ruine de la maison d'Esté.
Pologne et Russie. — Succès d'Ivan sur les Polonais.
Portugal. — Le fort Saint- George construit sur la côte de Guinée, assure aux Portugais la libre exploitation d'une mine d'or.
Suède. — On commence à imprimer.
Turquie. — Le grand maître Pierre d'Aubusson fait passer en France le prince Zizim, frère et rival de Bajazet II.
Angleterre. — Mort d'Êdouard IV ( 9 avril ) ; l'aîné de ses deux fils , Édouard V, âgé de treize ans, est proclamé mais non couronné roi. Son frère Kichard , duc de Glocestcr , se fait nommer protecteur du royaume , ordonne la mort des seigneurs attachés à ces deux enfants, et fait déclarer leur naissance illégitime ( 22 juin ). Il est lui-môme proclamé roi, avec la confirmation du parlement, et couronné sous le nom de Richard III (juill.). La mort des enfants d'Édouard reste un mystère. Faveur du duc do Buckingham, qui conspire ensuite et sera décapité.
Danemark et Buède. — Le roi
Jean Ier malgré Stenon Sture, est reconnu roi de Norvège (janv. ) et môme roi de Suède (août); mais il doit restituer à la couronne de Suède l'Ile de Gothland occupée autrefois par les Danois. Il ne peut enlever les fonctions d'administrateur à Stenon Sture qui les garde encore quatorze ans.
Espagne* — Le dominicain Tor-
XVe SIÈCLE APRÈS J. C.
quemada mérite, par ses rigueurs sanguinaires, la dignité de grand inquisiteur de Castiile. Révolte de l' Aragon quand Ferdinand veut constituer des tribunaux d'inquisition ; le chef des inquisiteurs est tué.
rrance. — Mort de Louis XI à Plessis-lcz- l'ours (30 août) ; il laisse un fils enfant , Charles VIII , faible de corps et d'esprit, sans éducation quoiqu'il ait déjà treize ans , sous la tutelle de sa fille Anne , mariée au frère du duc de Bourbon , le sire de Beaujeu. — Louis XI a le premier reçu de la cour de Rome le titre de roi très-chrétien.
Italie. — Venise refuse la médiation de Sixte IV dans l'affaire de Ferrare; Sixte IV lance l'interdit sur les terres de la république.
Portugal. — Une commission extraordinaire juge le duc de Bragance, accusé de liaisons coupables avec Ferdinand d'Aragon : le roi fait exécuter la sentence de mort rendue contre lui (juin). La noblesse conspire encore; Jean II poignarde de sa main le jeune duc de Viseu , son parent.
Danemark. — Les duchés de Holstcin-Slcsvig restent indivis entre le roi Jean et son frère Frédéric.
Kspagnc. — Lutte entre le vieil Aly, roi de Grenade, et son fils Boabdil. Les Maures font roi le frère d'AIy, Abzagal, ou le Brave, gouverneur de Malaga. Guerre civile entre l'oncle et le neveu. — Le Génois Christophe Colomb , qui a déjà parcouru toutes les mers connues, après avoir soumis inutilement ses projets à Gènes, sa patrie, et au Portugal, demande à Ferdinand et à Isabelle les moyens de tenter une expédition ; il envoie son frère en Angleterre.
Huit ans de sollicitations dans la péninsule. — Catherine, qui vient de succéder en Navarre à son frère François Phébus, épouse Jean d'Albert.
Vranee. — États généraux à Tours; les princes du sang espèrent y faire annuler une partie des actes de Louis XI ( 15 janv. - \b mars).
Habileté de la régente qui déjoue toutes les oppositions. Discours hardi de Philippe Pot.
Italie. — Venise est forcée d'abandonner Céphalonie au sultan. — Le duc de Ferrare , traite avec les Vénitiens, qui gardent Rovigo et toute la Polésine (7 août). — Mort de Sixte IV.
Allemagne. — Mathias Corvin attaque de nouveau l'Autriche, dont il reste maître cinq ans.
Angleterre. — Le Gallois Henri Tudor, comte de Richemont, arrièrepetit-fils, par sa mère, de Jean de Gaunt, duc de Lancastre, dispute la couronne à Richard III. La victoire de Bosworth dans le comté de Leicester, où Richard est tué, met fin à la dynastie d'York (22 août]. Henri VII est reconnu et couronné roi(i3oct.).
Italie* — Innocent VIII lève l'interdit mis sur Venise.
Llvonle. — Riga appelle les Suédois contre le maître teutonique de Livonic. — Les Russes ravagent la Livonie et la Finlande.
Russie. — Ivan III épouse Sophie Paléologue , nièce du dernier empereur grec ; il espérait par là acquérir de droits sur le trône impérial; il prend pour armoiries l'aigle noire à deux têtes.
Angleterre. — Henri VII épouse Élisabeth, fille d'Édouard IV, pour confondre les droits des deux maisons et réconcilier les deux partis (18 janv.). Cependant Lambert Siuincl , fils d'un boulanger , se dit fils du duc de Clarence ; il est pris et enfermé à la Tour. Marguerite d'York, duchesse douairière de Bourgogne, sœur d'Édouard IV, protégera de son nom les imposteurs.
XVf SIÈCLE APRÈS J. C
France. — Guerre folle de la noblesse de France , aidée de Maxiinilien , contre la régente. Philippe de Comines, un des mécontents, est enfermé huit mois dans une cage de fer.
Le duc d'Orléans, Louis, est le principal chef de ce mouvement.
Italie* — La rigueur des impôts pousse les Napolitains à la révolte.
Traité des chefs avec le roi Ferdinand : deux jours après, il les fait périr dans les supplices ( 13 août).
Us fugitifs invoquent la France.
Uvonle. — Les villes hans^a tiques de la Vandalie, riveraines de la Baltique, se liguent en faveur de Riga avec les Suédois contre les Teutons de Livonie.
Portugal. — Cinquante-trois ans après que le cap Bojador avait été doublé , le navigateur portugais Barthélémy Diaz reconnaît, sans le franchir, le cap sud de l'Afrique, qu'il appelle le cap des Tempêtes.
Kconse. — Jacques III est prisonnier de ses sujets.
Eupagne. — Une trahison livre Malaga aux Castillans. Les chrétiens serrent Grenade. Impuissance d'Al-Zagal, auquel obéissent encore Cadix , Baça et Alméria. Boabdil , qui règne à Grenade, essaye de conjurer sa perte par de basses adulations.
France. — Une charge de maréchal d'armes ou d'armoiries est créée pour connaître de toutes les armoiries de la noblesse.
Italie. — Les Florentins reprennent sur les Génois la position importante de Sarzane (juin). — Nouveau recours de Gènes à l'étranger.
Elle rentre sous la domination des Sforza de Milan. Le vieux Paul Fregoso, archevêque, cardinal, doge, le même qui avait dû se retirer devant les Milanais en 1464 , subit leur retour. — Jean Pic, prince de la
Mirandole , au nord-est de Modène, qui , à vingt-trois ans, avait, sous le couvert de noms d'auteurs latins, grecs et hébreux , émis neuf cents propositions, trop hardies pour une cour qui ne voulait pas de réformes, est condamné par Innocent VIII qui défend , sous peine d'excommunication , la lecture de ses thèses.
Portugal. — Deux Portugais, Pierre Covdham et Alfonse de Palra, sont envoyés à Alexandrie pour chercher des notions sur le soi-disant prince chrétien , le prêtre Jean» qui demeurait, dit-on, en Afrique, et sur les régions indiennes : ils allèrent jusqu'à Suez , dans la compagnie de marchands maures qui se rendaient à Aden. Pendant que Covllham s'embarquait à Suez pour les Indes , Paîra se rendait par terre en Abyssinie , où il mourut
Rurale. — Défaite et captivité du khan de Kasan par les Busses.
Kco*Mc* — Une bataillé livrée par Jacques III à la noblesse lui coûte la vie (M juin). — Son fils, Jacques IV, âgé de quinze ans , par ses qualités chevaleresques et sa bonne justice, méritera le respect et l'affection des peuples.
Espagne. — Ferdinand le Catholique donne aux Siciliens un viceroi , qui sera ordinairement renouvelé tous les trois ans.
France. — La bataille de Saint- Aubin du Cormier, en Bretagne, (28 juill.), coûte la liberté au duc d'Orléans, et force à un honteux traité le duc de Bretagne, François II, chef de la noblesse rebelle.
Mvonie. — Réconciliation de Stcnou Store de Suède avec le maître provincial des Teutons en Livonie. Ils s'unissent contre les Husses.
Turquie. — Cause de rupture avec les maîtres de l'Egypte et de la Syrie : les mameluks qui sont originaires de Circassie envoient des se-
XVfc SIÈCLE APBÈS J. C.
cours à leurs compatriotes du Caucase que menaçait l'ambition d'un petit prince d'Asie, protégé de la Porte ottomane.
Eapagne. — Prise de Baça, une des fortes places du pays de Grenade.
Italie. — Catherine Cornaro, s'étant laissé attirer à Venise, fait donation du royaume de Chypre à la république. — Le cens annuel, que les rois de Naples devaient à la cour de Rome, est l'occasion d'un conflit de trois ans entre Ferdinand et Innocent VIII (juin).
Turquie. — Zizim devient le captif de la cour de Rome. Expédition de Bajazet II contre le sultan d'Egypte, Ascraf-Kaïtbai : bataille de deux jours en Cilicie. Bajazet se hâte de faire la paix pour fondre sur la Circassie; il la parcourt en conquérant, et ferme ce pays par des châteaux forts construits aux gorges des montagnes.
Danemark. — Le roi et son
frère partagent le Holstein-Slesvig. .
Espagne. — Al-Zagal livre a Isabelle et à Ferdinand Almeria, Cadix et la partie maritime des Alpu- )arras. Boabdil se décide à combattre les chrétiens.
Hongrie. — Mathias Corvin meurt a Vienne, sa résidence depuis cinq ans. Il était distingué par son goût pour les lettres , les sciences et les arts. A sa cour , grand nombre de savants, et les meilleurs peintres do l'Italie ; fondation de la bibliothèque de Bude. — La veuve de Mathias désigne pour le trône , avec l'assentiment des Hongrois, le Polonais Wladislas, roi de Bohême , qui s'est déjà mis en possession , d'après les conventions de 1475, de la Lusace, de la Moravie, et de la Silésie. Il est attaqué par son frère Jean-Albert et par Maximiliea d'Autriche.
Italie. — A Florence, prédications fougueuses du dominicain Jérôme Savonarote au peuple de Florence; il appelle Charles VII I de France, pour punir les crimes de l'Italie et les scandales des prinres. — Venise achète du sultan d'Egypte l'investiture du royaume de Chypre.
Turquie. — Bajazet II et Kaïtbai d'Egypte se disputent l'Aderbaidjan pendant six années.
Espagne. — Siège de Grenade
Pendant huit mois. Le camp des rois erdinand et Isabelle deviendra une ville, Santa Fé. Boabdil s'engage à capituler dans deux mois s'il n'est pas secouru (25 nov.).
Tranee. — Anne , l'héritière de Bretagne, est obligée d'épouser Charles VIII , qui renonce ainsi à la main et à la dot de Marguerite , fille de Marie et de Maximilien (déc).
Allemagne. Bohême et Hongrie.— Maximilien fait avec Wladislas un traité de succession éventuelle pour la Hongrie. — Le duché silésien d'Oels, Wohlau, etKosel, fait retour à Wladislas, à la mort du dernier duc.
Angleterre et Tranee. — Henri Vil reçoit des subsides de son parlement pour faire la guerre à la France. Charles VIII prévient l'invasion en renouvelant à Ëtaples le tribut payé par son père (3 nov.).
Angleterre. — Un nouveau prétendant, Perkiu Warbeck, fds d'un juif de Tournai , se dit le second fils d'Edouard IV : le royaume est troublé pendant sept ans.
Kgpagne. — Boabdil, dernier prince de la dynastie des Nasérides.
rend Grenade avant l'expiration des deux mois (5 janv. ). Une capitulation laisse aux Maures leur liberté , leurs biens, leurs armes, leurs lois, leur
et leur langue; Ils ne paye- de Congo et de Bénin ? des missionront que le tribut acquitté ordinaire- naires y seront envoyés, ment â leur souverain. Le pape honore alors Ferdinand du titre de . , ,*u*"|e«— Ivan III, vainqueur des Catholique.— Édit des deux rois pour L,voniens près de Pleskof, s'avance forcer les juifs à se convertir, ou à ?u nord du lac peipus, et fonde dans sortir de leurs États dans les quatre ,eur Davs « sur l,ne montagne escarmois ; ils émigreront en grand nom- Pée' une vllle fort*. dc «on nom, Iranbre. — Devant Grenade , traité entre «orod» vis-à-vis de Narva. les rois d'Espagne et Christophe Colomb : armement de trois petits bâ- 1493.
timents montés par quatre-vingt-dix *i vr^
hommes, nui coûte à )a Castille x *llom«*n?- — Maximilien suc-
quatrc-vingMix mille livres. Dé p t tt^TZ Wn?'^KM du port de Palos (3août). Navigation ?i^édf *C 111 t3001)?"***
persévérante à l'ouest dans l'océan âgé de tre,Ue-<Iualr« ans. Atlantique. Révolte de l'équipage Kftpaçne et Portugal. — - Re- (14 sept.). Trente -trois jours après tour de Christophe Colomb : récep. qu'il a quitté les Canaries, il aborde tion a Lisbonne par le roi de Portugal à Guanahani, une des Iles Lucayes qui l'avait autrefois dédaigné (4 mars ; ou Baliama, qu'il appelle San Salva- a Barcelone, par Ferdinand et Isador (12 oct). Il croit avoir touché les bcUe (15 avril). Les promesses faites régions les plus orientales des con- avant le départ sont tenues à celui qui trées indiennes ; le nom d'Indes est a donné un nouveau monde à la Casresté au quatrième continent que Co- tille. — Une ligne de démarcation, tralomb a découvert. Dispositions pa- cée par le pape sur le globe, règle les cifiques des caciques , qui sont les contestations entre l'Espagne et le chefs des Caraïbes indigènes , à San Portugal au sujet de leurs décou- Salvador, dans l'Ile de Cuba, et dans vertes maritimes ( juin ). Le point l'îte d'Haïti qu'il appelle Hispaniola ; de partage est placé au méridien l'or y est en abondance. qui est à deux cent soixante et dix
11*11*. - A Florence, mort pré- îîf"68, * J^f?L de84 l\f3 A*°/es *
maturée de Laurent le Magnifique, à £ï5 ! P?2 t* * de,Ce
quarante-quatre ans. La république nSrtïtâ^TSv1 découvrir*
s'est, pour lui, résignée à faire ban. '^fl^ loua
queroute. La création de la biblio- î?*?™ ÎSn à le.st » a« Portugal ,
thèque Laurentine, la fondation de J?T qu 1,5 n? «oient pas déjà oc-
l'université de Pise , les jardins «upés par un prince chrétien - Se-
de l'Académie de Florence ouverts ?°?d v7?gende thnsl°Phe Colomb
comme asile aux chefs-d'œuvre de la W:,'- Dcéc.°"v^rte.de P'u^urs
statuaire antique , lui ont mérité le S?^"1^
titre de Père des Muses. - Mort ^^te^ainte-Marie de Guadeloupe,
d'Innocent VIII. L'avénement d'A- J^ safrat, Sainte-Marie la Rotonde,
lexandre VI Borgia est l'opprobre ^ £ ■ ♦ \e An^n«e, Saint-Christo-
de l'Église (août). PP phe Samt-Jean de Porto-Rico (du 3
v ; au 22 nov.). Sa première colonie
Pologne. — Mort du roi Casi- d'Hispaniola avait été détruite par
mir IV, en Lithuanie (juin). Le peu- les indigènes qu'avaient opprimés les
pie, sans le sénat et les nonces, Espagnols; il y fonde la ville d'Isa-
nomme roi son second fils , Jean- belle.
Albert.
France. — Désastreux traité à Portugal. — Un Vénitien, Cane, Barcelone avec Ferdinand le Calhoconduit des navigateurs portugais à lique, auquel il rend le Roussillon et la découverte des royaumes africains la Cerdagne (18 Janv.); à Senlisavec
Maximilien d'Autriche, qui recouvre l'Artois et la Franche-Comté, promis au roi de France s'il avait épousé sa fille (23 mai) : Charles VI 11 veut être Jibre de donner carrière à ses projets de conquête en Italie» comme héri lier, par Louis XI, des droits de la maison d'Anjou sur le trône de Naples.
Italie. — Le jeune duc de Milan épouse la petite-fille du roi de Naples. Dépit de Ludovic le More, son oncle; il encourage Charles VIII à passer en Italie.
Turquie,— Rupture avec la Hongrie.
Allemagne. — L'empereur épouse la nièce de Ludovic le More , qui lui apporte eu dot cinq cent mille ducats; il l'investit du duché de Milan, qui appartient au jeune Jean Galéas (mars).
France et Italie. — Mort du roi de Naples (25 janv.). — Charles VIII est appelé par le marquis- de Saluées, par Ludovic le More, par Savonarole , par les cardinaux qui voudraient que le monde fût délivré d'Alexandre VI, et par les nobles de Naples. — Il part avec peu de troupes et presque sans argent (sept.).
Supériorité de l'artillerie française.
La duchesse de Savoie, tutrice d'un enfant de six ans, lui ouvre l'entrée de la péninsule. 11 traverse sans combat le Milanais, où bientôt la mort précipitée de Jean-Galéas-Marie livre la dignité ducale à Ludovic le More (22 ocl.). L'entrée des Français en Toscane décide le soulèvement des Florenlins contre Pierre de Médicis qui est banni avec sa famille.
Mais la république subit les conditions qu'on avait reproché à Pierre d'accepter (nov.). Pise s'affranchit. Charles V I II n'ose pas fai re déposer le pape. Entrée solennelle à Home (31 déc).
Uvonie. — La ville de Riga fait sa paix avec les chevaliers teutons qui la tiendront en échec par la reconstruction de Dunamonde , a l'embouchure de la Duna.
Allemagne. — La diète de Worms, convoquée pour obtenir des secours contre les Français et contre les Turcs, dresse la constitution de la paix publique et établit une chambre impériale qui décidera dans tous les débais civils entre les États d'empire, et jugera les causes criminelles liées au maintien de la paix.
Angleterre et Kcowe. — Jacques IV, dupe de l'imposteur Perkiu Warbeck, lui donne en mariage une de ses parentes et lui fournit une armée pour pénétrer en Angleterre.
France et Italie. — Abdication du nouveau roi de Naples (23 janv.).
Charles VIII se laisse tromper par le pape , qui lui remet Zizim , le prétendant à l'empire d'Orient, mais le livre empoisonné. Ferdinand 11 de Naples, après deux combats, menacé d'être livré par ses sujets, fuît dans l'Ile d'Ischia. Charles VIII arrive à Naples (22 févr. ), où il entre avec les insignes de l'empire d'Orient (13 mars). Une ligue est conclue contre lui à Venise, par le pape, l'empereur, les Vénitiens, Ferdinand le Catholique, le nouveau duc de Milan. Ludovic le More craint les prétentions du duc d'Orléans , petit-fils de Valentine Visconti, alors à Asti avec des troupes, et Jean-François 11 de Gonzague,qui sera le général des confédérés ( 31 mars). Charles quitte Naples : au nord des Apennins, à Fornoue, près de Plaisance, il écrase les confédérés (G juill.): il rentre dans son royaume, mais ne gardera rien de l'Italie.
Italie. — A Venise, les Aides Impriment la première édition grecque des œuvres d'Aristotc.
Portugal. — Mort de Jean II le Parfait : il a été l'ami sévère de la justice, censeur rigoureux des mœurs et ennemi du luxe , tout en encourageant ces grandes expéditions maritimes , dont ou devait attendre le développement du commerce et de l'industrie de l' Europe. Sou cousin
de la branche de Viseu , Emmanuel le Fortuné, lui succède.
Allemagne et Espagne. —
Mariage de Philippe le Beau, fils de Maxiuiilien et de Marie de Bourgogne , avec Jeanne ( la folle ) , fille de Ferdinand et dTIsabelle (oct.).
Angleterre.— -Henri VII envoie un Vénitien , Sébastien Cabot, à la recherche d'un passage par le nordouest pour se rendre à la Chine et aux Indes. Sébastien touche à la Floride et à Terre-Neuve.
Angleterre et Ecosse. — Jacques IV envahit l'Angleterre au nom du prétendant Perkin.
Egypte. — La honte et les pertes qui résultent pour Kaitbal de la guerre contre les Turcs dans PAderbaidjan, et de nouveaux désastres de ses partisans en Circassie, précipitent sa mort. Après lui, sept sultans se succéderont en cinq ans au milieu des discordes civiles.
Espagne. — Christophe Colomb éprouve déjà la jalousie de la cour d'Espagne à son retour de son second voyage; il est cependant reçu avec honneur. Pensée d'un établissement régulier à Hispaniola ; deux ans de retard. Barthélémy, frère de Christophe Colomb , jette dans l'Ile d'Haïti les fondements de la ville de Saint- Domingue.
France. — Création d'une compagnie de Cent-Suisses.
Pologne. — Pendant trois ans , guerre ruineuse contre les Valaques.
Portugal. — Édit contre les juifs. Ceux qui restent , quoique baptisés , toujours distingués par le nom de nouveaux chrétiens, sont exclus de toutes charges ecclésiastiques et civiles.
Danemark et Suède. — Le roi
Jean I" vient assiéger Stockholm que défend en personne S tenon Sture.
L'administrateur abdique son pouvoir et rend la ville à la condition de posséder, sa vie durant, la Finlande et les deux Bothnies. Jean 1" fait reconnaître pour son successeur en Suède son fils aîné, Christian, déjà agréé dans 4es deux autres royaumes.
Espagne. — Mort du fils unique de Ferdinand et d'Isabelle , Jean , qui laisse veuve sans enfant Margue- Hte, fille de Maximilien (oct.). Leur fille aînée épouse le roi de Portugal.
— Le Florentin Americo Vespucci, avec une flotte espagnole, entreprend des voyages de découverte sur les traces de Christophe Colomb ; il côtoie le nouveau continent, après avoir visité le golfe de Paria et l'Ile Sainte- Marguerite.
France. — Charles VIII constitue et rend sédentaire à Paris le grand conseil , composé de conseillers et de maîtres des requêtes, sous la présidence du chancelier (2 août). Nouvelle ordonnance pour la rédaction des coutumes, qui avait été décrétée sous Charles Vil. Le titre de grand aumônier date du règne de Charles VIII.
Italie. — Alexandre VI distrait des domaines de l'Église le territoire de Bénévent, dont il fait un apanage ducal pour un de ses fils, Jean , qui meurt bientôt assassiné par César Borgia. César, déjà cardinal, renonce à Thablt de l'Église.
Russie. — Ivan III désigne poûr lui succéder, au détriment du petitfils de sa première femme , l'enfant de Sophie Paléologue, Wasili.
Suisse. — Les Grisons de la ligue grise et de la ligue caddée forment une alliance avec six cantons suisses.
Bohême. — Wladislas , roi de Bohême, établit en Silésie une cour souveraine des duos et des états , afin
XVe SIÈCLE APRÈS J. C.
de préférer la fusion des duchés particuliers en une seule administration centrale au profit de la royauté.
Danemark. — Alliance défensive conclue par Jean Ier avec le nouveau roi de France et avec Jacques IV d'Ëcosse.
Cepagne. — Troisième voyage de Christophe Colomb : il reconnaît File de la Trinité, une des Des sous le Vent, et parcourt la côte de terre ferme depuis Paria jusqu'au cap de la Vela. Anarchie de la colonie d'Uispaniola où Christophe Colomb ne sera pas mieux obéi que son frère.
Traitée» — A Amboise, mort de Charles V 111 , sans enfant (avril). Le duc d'Orléans, petit-fils d'un frère de Charles V, lui succède. L'avénement de la branche d'Orléans réunit au domaine royal le duché d'Orléans et les comtés de Valois, de Blois, de Dunois. — Louis XII diminue les impôts ; il exige des baillis et des séné* chaux, chargés de l'administration des provinces , des grades d'université, des garanties de capacité. — 11 répudie la fille de Louis XI pour épouser Anne de Bretagne. La bulle de divorce vaut au fds du pape, César Borgia , les territoires de Valence et de Die en Provence avec le titre ducal.
Italie. — Alexandre VIII ruino la popularité de Savonarolc en lui opposant comme prédicateurs des moines cordeliers : le peuple le laisse condamner au supplice du feu, qu'il subit sur la place de Florence (23 mai). — Le pape n'écoute pas les rois d'Espagne, de Portugal et de France qui lui demandent la réforme de l'Église dans sa discipline et dans ses mœurs.
Portugal. — La relation de deux juifs portugais, qui avaient séjourné longtemps à Ormuz sur la côte septentrionale du golfe Persiquc et à Calicut dans l'indostan , invitait le gouvernement de Lisbonne à chercher un chemin vers les Indes.
L'expédition de Vasco de Gama. no-
ble portugais, qui est part! en juillet 1497 avec cent soixante hommes, ouvre d'abord le passage du cap des Tempêtes, appelé déjà cap de Bonne-Espérance. Il parcourt la côte orientale d'Afrique, peuplée par des Arabes mahométans civilisés et par des banians ou marchands indiens.
Son arrivée sur la côte indienne de Malabar (ou Al-Mabar, du poivre), Calicut, capitale des États du Zamortn (22 mai) ; Cochin , Cranganore, etc., sont reconnus : il trouve le même mélange de population et la même activité de commerce. Révolution dans le commerce de l'ancien monde: Alexandrie et Venise, qui allaient chercher en Égypte les produits des Indes, seront déshéritées au profit des peuples occidentaux de l'Europe qui iront
Bar le cap aux Indes orientales. — tort de la reine de Portugal, fille d'Isabelle et de Ferdinand , en mettant au monde un fils qui ne vivra que deux ans (août).
Allemagne. — L'empereur déclare la guerre aux Suisses qui l'ont mal servi dans une expédition contre la Bourgogne française. Après huit défaites de ses armées , il signe la paix de Bâle.
Angleterre. — Condamnation à mort de Perkin Warbeck et du véritable comte de Wanrick, fils du duc de Clarence.
France.— La conr de l'échiquier de Rouen est transformée en parlement de Normandie (20 mars).
France et Italie. — Pour faciliter la conquête du Milanais, auquel il prétendait comme, héritier de son aïeule Valenline Visconti , Louis XII s'attache tes Vénitiens par la promesse de Crémone et de la Ghiara d'Adda ^mars). Conquête du Milanais en vingt jours par les troupes de France et les Suisses auxiliaires (oct.). Les Génois se mettent sous la domination, de Louis XII, et le marquis de Mantoue passe à son service.
4ea
Turquie. — A l'instigation de le Frioul vénitien. Guerre nouvelle Ludovic le More, les Turcs ravagent entre Venise et la Porte.
APERÇU GÉNÉRAL
Le caractère de la plupart des révolutions qui ont agité ce siècle est déterminé par les entreprises de Luther et de Calvin et par la propagation de leurs doctrines. Sur presque tous les trônes s'élèvent des souverains célèbres par leurs vertus, par leurs talents ou par leurs passions énergiques. L'ambition , l'ardeur de prosélytisme et la cupidité inondent de sang l'un et l'autre hémisphère. Au milieu de tant d'orages et de catastrophes, en Europe et surtout en Italie, les arts, la littérature, les sciences brillent d'un vif éclat.
On peut distinguer trois périodes : 4° jusqu'à l'asservissement do l'Italie à la maison d'Autriche, 4530; 2° jusqu'à la clôture du concile de Trente, 4563; 3° jusqu'à la fin du siècle.
4° 4500-4530. — Louis XII ouvre ce siècle entre Alexandre Borgia et Ferdinand le Catholique , entre Henri VII Tudor et Maximilien d'Autriche. Ses guerres en Italie pour conquérir Milan et Naples ou pour affaiblir les Vénitiens ne tournent qu'au profit de l'Espagne et du saint - siège; il porte dans les négociations plus de franchise que d'habileté. La valeur de la chevalerie française , heureuse d'abord contre les Vénitiens, est impuissante contre une coalition générale formée par la cour de Rome : Jules II , entreprenant et intrépide, a écrasé César Borgia ; la marche d'Ancône, le duché d'Urbin, Pérouse , Bologne , tant de domaines qui n'étaient que de nom sujets de l'Église, une fois soumis, servent au pape pour affaiblir Venise , chasser les Français et rétablir les Médicis à Florence. Vainqueur de la France par les armes de ses alliés, il ne peut faire fléchir le parlement de Paris, gardien jaloux de la pragmatique sanction qu'avait abandonnée le roi Louis XI , mais que conservent comme une égide de liberté les grands corps de l'État. Malgré ses désastres, jamais roi ne fut plus regretté que Louis XII, on l'appelle le Père du peuple : sa gloire est dans sa bonté, dans son économie, dans la sagesse de son gouvernement intérieur; il a été bien secondé par son ministre, le cardinal d'Amboise.
XVIe SIÈCLE APRÈS J. C.
La royauté, tempérée en France par les états généraux, est maintenant sans contrôle en Angleterre : le parlement est habitué depuis l'avènement des Tudors à la plus abjecte docilité.
Les alliances des maisons d'Espagne et d'Autriche , les perfidies triomphantes de Ferdinand le Catholique, servi par des généraux comme le grand capitaine Gonzalve de Cordoue, préparent la puissance de Charles-Quint , qui est petit-fils de Maximilien, par son père Philippe le Beau, et petit-fils d'Isabelle et de Ferdinand le Catholique, par sa mère Jeanne la Folle. Il réunit à tous les domaines de la maison d'Autriche les royaumes de Castilleet d'Aragon, môme la Navarre, qu'un décret de Jules II et une armée d'Aragonais avaient enlevée à Jean d'Albret l'allié de la France, Naples, tout l'héritage de Charles le Téméraire, c'est-à-dire la Bourgogne, les Pays-Bas et la Franche-Comté, enfin les contrées découvertes et conquises en Amérique. Les électeurs d'Allemagne ajoutent à tant de couronnes celle de l'empire, et il acquerra encore la Lombardie.
A la mort de Maximilien, François Ier, successeur de Louis XIIf tient l'Europe en trop grande admiration par les coups qu'il a portés aux Suisses à Marignan et par la conquête rapide du Milanais, il est entré trop audacieusement dans les voies du despotisme par la vente des charges de judicature, par l'accroissement des impôts, par la substitution du fameux concordat à la pragmatique sanction, pour que les électeurs d'Allemagne ne donnent pas sur lui la préférence à un jeune prince qui paraît disposé à se laisser gouverner et que ses vastes domaines allemands intéressent à la défense de l'empire contre les Turcs.
Le génie supérieur de Charles V se révèle par son habileté à renouer la coalition contre François Ier qui va perdre le Milanais. Cependant la durée du règne, l'éclat et la solidité des actions de l'empereur n'ont pas prévalu sur la gloire de son rival et sur celle de Léon X. Ce pape, qui passe huit ans seulement sur le trône, a laissé son nom à son siècle : il doit en grande partie cet honneur aux gens de lettres et aux artistes qu'il a encouragés; Rome d'ailleurs a été rarement mieux gouvernée. La dépense qu'exigeait la construction de l'église de Saint-Pierre oblige Léon X de recourir au commerce des indulgences : un moine allemand, Luther, s'élève contre ce négoce ; c'est le prélude d'une vaste révolution dans la chrétienté : des réformes faites à temps auraient peut-être prévenu les hérésies et les schismes de ce siècle , et sauvé à la fois la puissance du papo et les dogmes de la défection d'une partie de l'Europe.
L'Allemagne , l'Italie , l'Angleterre, au milieu de la rivalité de François I" et de Charles V, sont le théâtre d'ardentes controverses
religieuses et de luttes politiques. Charles V, le plus ferme appui de m catholicité , après la journée de Pavie qui met à sa merci le roi de France, est en guerre avec le chef de l'Église. Clément VII arme l'Italie pour la cause de l'indépendance : mais Rome est saccagée par une armée allemande, en partie luthérienne, qu'anime encore la mort de son chef, un transfuge de France, le connétable de Bourbon. Le pape, prisonnier au château Saint-Ange, n'en sort que pour livrer aux impériaux plusieurs de ses places : il sacre de sa main le dominateur de l'Italie, qui fera subir un an de siéço à la ville de Florence pour qu'Alexandre de Médicis devienne le premier duc de cette cité. Charles V, le destructeur des libertés italiennes, que n'a pas su défendre François Ier, se croit alors assez fort pour rejeter la confession d'Augsbourg des protestants luthériens.
Il n'y a de danger pour lui que sur le Danube. Moins cruel et aussi heureux que son père Sélim , ce sultan qui avait 'soumis l'Arménie, défait les Perses, détruit l'empire des soudans d'Égypte et la puissance des Mameluks, Soliman II vient d'ouvrir un long règne par la prise de Rhodes^ dont les héroïques défenseurs seront transportés par Charles-Quint sur le rocher stérile de Malte, en sentinelle dans la Méditerranée. Maître du bassin oriental de cette mer, Soliman a voulu l'être de la vallée du Danube. Il a vaincu les Hongrois et pénétré jusqu'à Vienne où l'Allemagne l'arrête. Le frère de Charles V, Ferdinand, a hérité par la mort de Louis II, roi de Hongrie, d'un royaume à reconquérir : ainsi sont complétées les possessions autrichiennes.
Le nord de l'Europe est tout bouleversé : après avoir joui de l'administration bienfaisante du roi Jean , qu'acceptèrent même les Suédois, le Danemark a trouvé dans Christian II, beau-frère de Charles V, un tyran odieux aux nobles et même au peuple, dont il se dit le vengeur. Les excès de Christian amènent l'indépendance de la Suède, que Gustave Vasa détache du Danemark mais qu'il entraîne pour toujours dans le luthéranisme.
En Angleterre, la passion de Henri VIII pour Anne de Boleyn le décide à rompre son mariage avec Catherine d'Aragon et à vaincre les obstacles qu'oppose au divorce la cour de Rome : une scission éclatante est prochaine.
La littérature et les arts portent les fruits dont la deuxième partie du xv siècle avait préparé la maturité. Michel-Ange, qui a continué l'église de Saint-Pierre commencée par Bramante, agrandit tous les arts du dessin; il vit assez longtemps pour voir les chefsd'œuvre de Raphaël, les beaux ouvrages du Corrége et les travaux
XVI6 S1ÈCLB APRÈS J. C.
de Jules Romain. La poésie italienne s'enrichit de la grande composition de l'Arioste; la prose et l'histoire doivent à Machiavel des observations profondes, sinon la science morale qui est le seul couronnement légitime de la politique. En France , Clément Marot trouve le vrai tour de l'épigramme , des épitres naïves, et l'art du badinage élégant ; Pierre Gringoire est resté célèbre par la singularité du jeu du prince des sots et de mère sotte, qu'il a fait représenter aux halles de Paris. Le latin est encore la langue de la discussion, même de la satire, comme l'attestent les travaux du Hollandais Erasme, du Français Budé et de l'Allemand Luther.
2° \ 530-4 563. — Lo double mouvement qu'impriment aux lettres et aux sciences la lutte religieuse et la restauration des anciennes éludes ajoute à la gloire des peuples, désolés par la guerre civile ou avilis par la servitude. C'est le temps des principaux ouvrages théologiques de Calvin et de Mélanchthon. Mélanchthon, par l'étendûe de ses connaissances, par la douceur de son caractère et de son style, sert mieux que Luther la cause de la réforme. Calvin, qui nie la présence réelle, qui rend à chaque chrétien le droit d'interpréter les livres saints, tout-puissant à Genève, ordonne de brûler Michel Servet pour avoir usé de cette liberté. Ses écrits font faire de solides progrès à la langue française, dans laquelle il a traduit son principal ouvrage écrit d'abord en latin. L'astronomie entre dans la voie de la vérité avec Copernic; son livre, qui dévoile le système des corps célestes, était dédié à un pape. L'anatomie donne à la médecine une base pratique, plus large et plus sûre. Les belles-lettres assurent une place distinguée au poëte latin Vida : les écrits, en prose latine, de Paul Jove, de Jules César Scaliger et de Bembo, secrétaire de Léon X, sont consacrés à l'histoire et à la critique. Des traductions en vers et des poèmes, où la verve semble s'écarter à dessein de la morale, comme ceux de l'Arétin f font moins d'honneur à la langue italienne que la prose historique de Guichardin. L'Italie se couvre d'académies. En France, à la demande de Guillaume Budé, le collège royal est ouvert par François Ier à un enseignement plus littéraire et moins routinier que celui des universités. La sœur du roi, Marguerite de Valois, reine de Navarre, protectrice des lettres, les cultive elle-même avec succès ; des contes en prose, des poésies et des mystères lui donnent un nom à côté de Marot. Rabelais , notre immortel prosateur , qui ne suivit pas de modèle et ne put servir de modèle à personne, « allant jusqu'à l'exquis lorsqu'il est bon, passant au delà du pire quand il est mauvais , » ( La Bruyère ) est le plus facétieux des écrivains au milieu du siècle le plus tragique de toute l'histoire.
XVIe SIÈCLE APRÈS J. C. 487
Illuminé par le bon sens, qui chez lui ressemble souvent à do Pivresse, il rit de tous les travers et de toutes les sottises qu'il voit dans les universités, dans les affaires du monde, dans les couvents, dans l'Église, et cependant il sait éviter le bûcher. L'influence de la renaissance italienne se fait moins sentir dans les lettres que dans les arts : les architectes et les sculpteurs, qui élèvent et décorent les palais de François Ier et de Henri II, s'inspirent des grands travaux de Florence, de Venise et de Rome. Un Italien cependant , André Alciat, appelé à Bourges par François I", fonde en France la science du droit : c'est le maître et le précurseur de Cujas. Mais la nouvelle école littéraire , fondée après François I", par Joachim Dubellay et par Ronsard, illustrée par les autres poètes de la Pléiade, Baïf, Belleau, etc., ne procède pas de l'Italie moderne: elle emprunte ses hardiesses de langage et ses sujets de composition aux Latins et aux Grecs.
La lutte religieuse devient plus vivo et tourne en persécutions sanglantes et en guerre civile dans presque tous les États de l'Europe. Le Danemark et la Suède se préservent presque seuls des maux violents qu'entraîne à sa suite un brusque changement de religion , parce que la révolution qui renverse les dogmes catholiques et dépouille les églises, vient non du peuple ou du clergé réformateur, mais d'un roi guerrier et d'une noblesse toute-puissante : Gustave Vasa ne trouve pas beaucoup d'obstacles à tourner ou à rompre; les seigneurs danois, qui font roi Frédéric de Holstein à la place de l'impitoyable Christian II , l'aident à établir le luthéranisme : la nouvelle doctrine pousse des racines profondes dans les deux pays. En Angleterre, l'esprit de servitude rend la nation malgré elle complice de Henri VIII, qui aime mieux se séparer de l'Église romaine que de renoncer à sa passion pour Anne do Boleyn : le schisme est à peine consommé que la femme, cause do tant de scandales, périt par l'ordre du roi sur l'échafaud. Ce terrible époux , qui doit en dix ans célébrer encore quatre mariages, poursuit avec la même tyrannie les partisans du pape et ceux de Luther : d'innombrables victimes expient par le sang leurs opinions religieuses sous un monarque schismatique et excommunié, qui ne veut d'innovation que pour s'attribuer les biens des monastères et la puissance du clergé. La noblesse et le peuple do l'Allemagne prennent goût aux applications politiques des doctrines luthériennes: la sécularisation des biens ecclésiastiques à leur profit est comme le dernier mot de la réforme pour les seigneurs ; l'avénemeiK à la liberté et à la richesse est promis aux masses populaires par des prédicateurs égarés ou criminels : la secte des ana*
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baptistes, dont on n'entrevoit les principes qu'au milieu des crimes les plus atroces , arme contre elle les luthériens et les catholiques.
La double contagion de l'hérésie et du zèle persécuteur gagne la France, que les mœurs peu sévères de François I*r et la frivolité même de sa cour auraient dû en préserver : la politique a autant de part que la religion aux actes de rigueur ordonnés par le roi. François I" et Charles V se font la guerre avec moins d'ardeur ; les derniers traités laissent intactes les provinces de France. Aux portes des Alpes, le duché de Savoie; en Italie , Gènes, relevée par les Doria , et Venise , qui est assez forte pour lutter contre les Turcs, ont encore une existence indépendante.
Après 4545, le massacre des Vaudois au nom de François I"; l'ouverture du dernier concile général, à Trente , où le plus ferme disciple de l'Espagnol Ignace de Loyola représente la société nouvelle des jésuites, si dévouée & la défense du dogme et au service des intérêts pontificaux; l'intérim, espèce de transaction imposée par Charles V, vainqueur des protestants , et mal reçue des deux partis ; enfin l'établissement du luthéranisme en Angleterre sous Édouard VI : tous ces faits ouvrent des perspectives nouvelles de persécutions, de discussions ardentes et de guerres civiles. La puissance toujours croissante de Charles V ramène dans la lice le fils de François Ier, Henri II , allié à la fois des protestants d'Allemagne, qui se sont de nouveau armés contre l'empereur, et du pape Paul IV, qui voudrait chasser les Autrichiens de l'Italie. La communauté de foi décide le mariage de Marie Tudor avec le fils de Charles V, que l'abdication volontaire de l'empereur, vaincu par Guise et Maurice de Saxe, laisse maître de l'Espagne, de Naples, de Milan, des Pays-Bas et des possessions du nouveau monde. Le frère de Charles, Ferdinand, joint la couronne impériale aux États héréditaires d'Allemagne, à la Bohème et à la Hongrie.
Les généraux de Philippe II sont vainqueurs des troupes de Henri II à Saint-Quentin. Le roi de France , comme le roi d'Espagne et comme Marie la reine d'Angleterre , punit de mort l'hérésie : sa fin prématurée laisse le gouvernement a Catherine de Médicis et aux Guise, oncles de Marie Stuart qui a épousé le jeune roi François H. Les prétentions rivales des seigneurs catholiques et protestants, pendant la minorité de Charles IX, arment les partis pour la guerre civile que n'arrête pas le colloque de Poissy. L'Europe est alors partagée en deux camps prêts à se jeter l'un sur l'autre : les protestants dominent en Écosse où le presbytérianisme a pris naissance au milieu des scènes les plus violentes qui menacent déjà d'em-
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porter le trône des Stuarts; en Angleterre, où Élisabeth règle le dogme et le culte en souveraine, comme les affaires politiques; dans les pays bataves qui ont adopté le calvinisme de Strasbourg et de Genève; en Allemagne, où s'observent en ennemis au lieu de s'unir en frères, les calvinistes et les luthériens. Le saint-siége, avec autant d'habileté que d'énergie, sait fairo accepter aux princes catholiques les derniers décrets du concile de Trente , qui condam. nent sans transaction les doctrines de Luther , de Calvin et de Zwingle , mais qui en même temps préparent dans l'Église de solides et salutaires réformes.
Pour la lutte qui va s'engager, Philippe Iï, le chef du parti catholique, a les ressources nouvelles tirées du nouveau monde. Le Mexique, enlevé rapidement par Fernand Cortez ; le Pérou , occupé et dévasté par François Pizarre, malgré les maux que causèrent aux Indiens , surtout dans ce dernier pays , les guerres civiles et la cupidité barbare des conquérants, versent sur l'Europe des quantités énormes de numéraire. Quant aux Portugais, ils étaient un trop petit peuple pour pouvoir exploiter avec avantage et garder longtemps leurs colonies des Indes orientales : les exploits d'Albuquerque ont été continués, mais sa bonne et libérale administration n'a pas d'imitateurs. Aux deux Indes, la cupidité et le zèle religieux font persécuter los malheureux indigènes idolâtres : Barthélémy de Las Casas a osé dénoncer ces brigandages à Charles V et accuser son siècle et sa nation devant la postérité. Lorsque, dans une pensée d'humanité, il proposa d'associer des nègres africains aux travaux des Indiens, il ouvrit à l'Europe une nouvelle voie d'iniquités. Le voyage de Magellan autour du monde a appris quelles mers immenses il restait encore à explorer et à asservir après les découvertes des Portugais et des Espagnols.
3° 4563-1600. — Depuis Charles V et Soliman, les deux empires d'Allemagne et de Constantinople s'affaiblissent sensiblement : l'un, parce qu'il est impossible de faire vivre d'accord les orthodoxes et les hérétiques ; l'autre , à cause du gouvernement corrompu , perfide et sanguinaire du sérail, à cause des séditions des janissaires et de la guerre éternelle contre les Perses schismatiques. La glorieuse mais stérile journée de Lépante appartient à Venise, au saint-siége, à l'Espagne, non à l'empire.
Sans les dissensions religieuses qui embrasent le monde , il est probable que l'immense étendue des États do Philippe II, dans l'un et l'autre hémisphère, la force qu'acquiert l'Angleterre sous Élisabeth, celle qu'ont rendue les Jagellons aux Polonais et Gustave Yasa à la Suède , auraient amené quelque grande révolution dans
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le système européen. Philippe II, qui veut faire triompher partout le concile de Trente et l'inquisition, pousse par ses excès mêmes les provinces belges , où domine la religion catholique , à réagir contre les proscriptions et les supplices. L'insurrection devient formidable chez les Bataves, peuple marin et marchand, plus enclin à se séparer de l'Église et de l'Espagne contre laquelle ils obtiennent l'assistance des Anglais et des Allemands. Avant que leur chef, lo prince de Nassau Guillaume d'Orange , périsse sous les coups d'un fanatique, la république des sept Provinces-Unies que les provinces belges ne suivent pas dans leur résistance , est fondée. Philippe H a cependant ajouté à ses immenses ressources le Portugal avec ses colonies, et il espère un moment y joindre aussi l'Angleterre. Il travaille d'abord à restaurer un parti catholique dans ce pays el à empêcher les protestants de dominer en France, tandis qu'Élisabeth soutient les protestants de France , d'Êcosse et des Pays-Bas : les fautes de Marie Stuart avaient déjà subi une cruelle expiation par la longue captivité de cette malheureuse reine. L'anarchie de la France donne plus beau jeu aux intrigues de Philippe II : la guerre religieuse n'y est interrompue que par des pacifications éphémères. Le caractère tolérant et libéral du chancelier de L'Hôpital ne peut réconcilier les ambitions et les consciences; l'aristocratie d'abord et bientôt les villes voient ici , comme en Allemagne , dans les Pays-Bas et en Écosse , les avantages que l'insurrection au nom de la foi donne contre la royauté. Les seigneurs du parti catholique tendent au même but, en se couvrant du nom du roi, surtout après les affreux et stériles massacres de la Saint-Barthélemy. La Ligue, dont tous les membres s'engagent à procéder contre l'hérésie par la voie de la justice et des armes, obéit moins à Henri III, chef nominal, qu'au puissant duc de Guise, qui ne voit plus qu'une barrière entre lui et le trône, quand la mort du duc d'Anjou , frère et héritier du roi , laisse pour unique prétendant à la couronne le roi protestant do Navarre.
L'Espagne, qui perd les pays bataves, essaye d'acquérir la France: Henri de Navarre, excommunié par Sixte-Quint, a contre lui à la fois Henri IU, son parent, qui est poussé par les chefs de la Ligue, les ligueurs et Philippe II. La mort de Marie Stuart , ordonnée par Élisabeth , distrait éficore Philippe II , qui veut venger la reine catholique ; la fureur des éléments, plus que l'habileté des marins anglais, ruine la flotte prétendue invincible des Espagnols. En France, la guerre des trois Henri , Henri III , Henri de Navarre , ftenri de Guise lo Balafré, aboutit, moins à cause des défaites de l'armée royale qu'à cause des succès et de l'orgueil du chef des
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ligueurs, à l'assassinat du duc de Guise par l'ordre du roi, et à l'alliance tardive de Henri III avec le véritable défenseur de la nationalité française, le roi de Navarre. Un fanatique tue Henri III par religion , comme celui-ci , par politique , avait fait tuer le duc de Guise : le véritable péril de la France, sorte d'agonie qui met le corps social bien près de sa fin, dure quatre ans, alors que les con. sciences peuvent hésiter à se déclarer pour un roi hérétique qui cependant se montre déjà le plus habile et le plus fort. La vénalité trop flagrante et les propositions antinationales des états généraux de 1 593 , que la Satire ménippée acheva de perdre dans l'opinion publique; la déclaration patriotique du parlement de Paris, qui exclut du trône, sans la nommer, la fille de Philippe H; la conversion de Henri IV, que Clément VIII a la sagesse d'absoudre un an après son entrée dans Paris , ne laissent plus en présence du véritable roi de France que des factieux, les ligueurs ; des étrangers, les Espagnols. Le courage de Henri IV, l'élan national , les conseils et la sage économie de Sully suffisent à compléter la victoire; elle coûte des millions abandonnés à des Français qui veulent se vendre et non se donner au roi , mais pas une province n'est cédée à l'étranger. En même temps l'édit de Nantes garantit la liberté des consciences et l'égalité des droits civils aux protestants qui gardent même des pouvoirs politiques indépendants.
Le spectacle de la liberté hollandaise , de la prospérité coutinue de l'Angleterre, de la prospérité renaissante de la France est un tourment pour les derniers jours de Philippe n, auquel survivent Élisabcth et Henri IV. Il avait interdit aux Hollandais les ports du Portugal où ils venaient chercher les produits des Indes orientales: les Hollandais, aux dépens du Portugal, visitent et vont coloniser les côtes et les lies de l'océan Indien, depuis le cap de Bonne-Espérance jusqu'à la Chine; Cornélius Houtman, leur plus célèbre navigateur, fonde la première compagnie des Indes pour concentrer les forces et diriger les exploitations des particuliers. Les Anglais commencent à se montrer en maîtres dans les mers de l'Amérique; Drake entreprend le tour du monde , et sur son chemin rançonne les établissements espagnols.
A l'est de l'Europe, deux États sont agités par des dissensions. Celles de la Pologne vont devenir éternelles : le trône est électif depuis l'extinction de la maison de Jagellon ; le roi, élu par la noblesse, quelle que soit son origine, Français, Transylvain ou Suédois, sera l'esclave d'une diète toujours orageuse : la guerre avec les Russes entretient l'esprit militaire, mais ne fortifie pas la puissance des Polonais. La Russie perd à la fin du siècle son dernier roi de la maison
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de Rurik : quelques années de discorde la livreront à l'influence de la Suède, qui est maîtresse des provinces baltiques, et de la Pologne qui l'enveloppe par le sud-ouest.
Les sectes se raultipliont de toutes parts. Outre les luthériens, les zwingliens, les calvinistes et, en Pologne, les disciples de Socin qui rejette presque tout mystère , on distingue jusqu'à treize espèces d'anabaptistes, vingt-quatre de confessionnistes , neuf de sacramentaires , etc. Chaque secte a ses écrivains et ses antagonistes. Entre les théologiens catholiques, les principaux sont le cardinal Baronius, qui produit un immense corps d'Annales ecclésiastiques; le cardinal Bellarmin, jésuite, qui réfute tous les hérétiques et soutient les prétentions de la cour de Rome. Deux autres jésuites nés en Espagne, Sanchez et Molina, écrivent, l'un sur le sacrement de mariage , l'autre sur la grâce et sur le libre arbitre qu'il n'entend pas comme saint Augustin et saint Thomas. La science du droit doit beaucoup à trois Français , Cujas qui éclaire la jurisprudence par la littérature et l'histoire , François Hotman et Pierre Pithou , tous deux protestants : ce dernier, après son abjuration , défend encore énergiquement les libertés de l'Église gallicane. La chirurgie produit un grand ouvrage en langue française d'Ambroise Paré, calviniste au service do Charles IX. Mais les meilleurs médecins sont alors en Italio. Les sciences proprement dites illustront le Norvégien Tycho-Brahé, contradicteur du système de Copernic, qui a donné de la précision aux procédés , aux instruments et aux détails de l'astronomie; lo jésuite allemand Clavius, qui prend part à la réforme grégorienne du calendrier; Talgébriste français Viôte. Ramus, professeur au collège de France, l'une des victimes de la Saint-Barthélemy , a élargi la science philosophique et a osé se faire l'adversaire d'Aristoto : il s'est occupé d'arithmétique, de géométrie et de grammaire. Joseph Scaliger, né à Agen d'un père italien, Sigonius en Italie, Buchanan en Écosse , Juste Lipse dans les Pays- Bas, le secrétaire du cardinal Granvellc, Isaac Casaubon à Genève, écrivent en latin sur la chronologie , l'histoire et la littérature.
L'Italie a encore un grand poète, le Tasse; le Portugais Camoëns donne par ses Lusiades une nouvelle gloire littéraire à son ingrate patrie ; Shakspere commence à faire naître en Angleterre un théâtre informe et sublime. L'art dramatique chez les Français est déjà sorti du cercle des moralités et des mystères : le poète Jodelle a essayé de ressusciter le théâtre des anciens. Si la pléiade poétique ne brille pas d'un éclat solide, le nom de Ronsard a survécu avec honneur à cause de ses Odes et surtout de ses Discow*. Malherbe s'annonce déjà ; il retrouve le genre lyrique, ne parle ni
grec ni latin* en français, comme Ronsard , mais crée une nouvelle langue pour la poésie. Mathurin Régnier sera novateur surtout dans ses Satires où il prend à parti les travers et les vices de ses contemporains. Les Tragiques d'Agrippa d'Àubigné portent l'empreinte de la fureur guerrière et de la passion calviniste. La prose française nous offre les traductions d'Amvot, le précepteur des enfants de Henri N, qui a communiqué à Plutarque la naïveté gauloise; le traité ou plutôt l'utopie politique de Ramus, qui dans ce genre a été précédé par l'Anglais Thomas More, ministre malheureux du sanguinaire Henri VIII ; les Recherches détienne Pasquier dont le nom peut être associé aux L'Hôpital, aux Séguier, aux Molé* aux de Thou; et les Essais de Montaigne, recueil admirable d'idées justes, de traits ingénieux, d'expressions naïvement énergiquesmais sa devise : « Que sais-jc? » est trop sceptique pour satisfaire la morale religieuse et pour servir de guide à l'homme. Ce siècle fécond en tant d'événements, n'a pas un seul grand historien en langue française : de Thou rédigera en latin son Histoire du Temps Mais les mémoires abondent, et leurs auteurs ont presque tous pris part aux affaires qu'ils racontent , comme hommes de guerre ou comme négociateurs : la langue et la science de la politique se forment ensemble.
L'art typographique, qui fournit d'inépuisables aliments à Tinstruction et aux controverses, illustre plusieurs familles : les Aide et les Junte en Italie, les Gryphe à Lyon, les Kstienne à Paris. La plupart de ces imprimeurs célèbres sont en même temps des hommes de lettres distingués : Henri Estienne compose un riche dictionnaire de la langue grecque , mais son Apologie pour Hérodote, satire française des mœurs et des opinions de son siècle, lui vaut des persécutions, et il meurt dans la misère.
1800. perte de leur ville de Meldorp ne
Allemagne,— A la diète d'Augs- ,es empoche pas de tuer et de noyer
bourg, changement dans le nombre dix m'Uc hommes du Holstcin et du
et dans l'organisation des cercles de Danemark. La médiation des villes
l'Allemagne.— Naissance de Charles- lianséaliques, surtout de Hambourg,
Quint, fils de Philippe le Beau et de suspend la guerre: les princes gardent
Jeanne la Folle, à Gand (févr.). Icurs prétentions , et les Dilmarses
Danemark Rude et désas- r£Sl.enJ '"dépendants. Le duc Fnî.
trense campagne du roi Jean et de {Jéric épouse «ne fille de l'électeur de
son frère Frédéric contre les Dit- Bran<lebourg.
marses qui, pour se sauver, ouvrirent Espagne. — Ingratitude de In
les écluses et inondèrent le pays. La cour à l'égard de Christophe Colomb ;
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il est ramené en Espagne chargé de fers avec son frère et son fils Diego (25 nov.). Bovadilla, qui Ta supplanté dans la vice-royauté, maltraite les Kspagnols de la colonie et réduit les Indiens à un dur esclavage.
France et Italie. — Faute de Louis XII : il a donné le gouvernement de Milan à un transfuge milanais, Trivulce, qui opprime ses compatriotes. Révolte ; retour de Ludovic le More (févr.). Les Suisses de l'armée de Ludovic ne veulent pas combattre ceux de l'armée française ; il est vaincu et pris par la Trémouille , et finira ses jours en France , dans une douce captivité. Le Milanais reste quelques années à la France.
Italie* — Le jubilé centennal donne à la maison Borgia des deniers pour déshonorer l'Eglise par ses scandales et pour fortifier sa puissance dans les États romains.
César Borgia fait étrangler le prince aragonais qui est le troisième mari de sa sœur Lucrèce.
Portugal* — Le Portugais Alvarès Cabrai, porté par les vents beaucoup trop à l'ouest dans une navigation vers le sud de l'Afrique , touche sans la chercher une terre qu'il appelle Sainte-Croix , sur la côte méridionale du pays qui a gardé le nom de Brésil, d'un bois de teinture rouge , couleur de feu , qu'on appelait brazil. — Le cap franchi, il visite sur la côte orientale d'Afrique Quiloa, capitale d'un royaume arabe très-puissant. — Navigation du Portugais Corte-Real , au nordouest du nouveau continent : il reconnaît Terre-Neuve , le bassin du fleuve Saint-Laurent, la terre de Labrador, c'est-à-dire terre des agriculteurs, jusqu'au détroit d'Anian (aujourd'hui détroit d'Hudson) , qui semblait devoir ouvrir une route nouvelle vers les Indes.
Allemagne* — L'empereur établit pour ses États héréditaires un conseil permanent, le conseil aulique,
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qui cherchera à étendre son autorité sur l'empire.
Danemark et Suède* — Retour de Stenon Sture en Suède.
Espagne*. France et Italie* — Louis XII et Ferdinand le Catholique s'unissent pour dépouiller le roi de Naples Frédéric; leurs généraux sont le duc de Nemours et Gonzalve de Cordoue : Frédéric finira ses jours en France.
Vranee* — Création d'un parlement à Aix pour la Provence.
Italie* — César Borgia se forme une principauté indépendante dans la Romagne ; il fait mourir les Manfredi de Faenza. — Le grand conseil de Venise constitue le tribunal des trois inquisiteurs d'État, qui ont pouvoir absolu pour veiller à la conservation de la république.
Perse. — Schah IsmaCl Sophi, arrière-petit-fils de Sophi le restaurateur de la secte d'Ali en Perse, se met à quatorze ans à la tête d'une armée composée de sectaires al ides, s'empare de Taurls sur le quatrième et dernier successeur d'Ussum Cassan, khan des Turcomans du Mouton noir, et le force à fuir dans le Diarbekr.
Pologne*— Mort de Jean-Albert ; son frère le grand-duc de Lithuanie, Alexandre, lui succède , et confirme la réunion de la Lithuanie à la couronne. Traité avec les Livoniens contre les Russes.
Portugal. — Americo Vespuccl, au service du Portugal, reconnaît les côtes du Brésil, qu'il suit jusqu'à celles de Patagonie : il cherchait par l'extrémité méridionale du nouveau continent un chemin vers l'Asie. Son nom est resté au continent découvert par Christophe Colomb, à cause des relations séduisantes de ses voyages. — Des Portugais découvrent l'Ile de Sainte-Hélène, au milieu de l'Atlantique.
Suisse*.— Bâle et Schafîhouse, villes libres, entrent dans la confédération.
Turquie.— Les Turcs ont enlevé
xvie siècle mis j. c.
aux Vénitiens Modon , Gorfou , Durazio ; Gonzalve de Cordoue, général de la république, prend Kgine et Céphalénie ; l'Ile de sainte-Maure, conquise par un général vénitien , est rendue à la paix. Venise obtient d'avoir un consul à Constantinople.
E* pagne. <— Ovando , second successeur de Christophe Colomb dans le gouvernement des pays découverts, déclare les indigènes sujets libres de l'Espagne. Quatrième voyage de Christophe Colomb (9 mai :
il découvre l'Ile Martinique (16 juin); forcé de relâcher à Hispaniola , il se voit refuser l'entrée du port de San Domingo par le gouverneur Ovando. Il navigue au delà de la Jamaïque, à l'ouest, dans les parages d'Honduras, découvre le cap de Gracias à Dios, et entre dans la belle rade de Porto- Dello sur la côte de l'isthme : il passe près de deux ans dans le nouveau inonde.
Halle. — Les Florentins donnent à perpétuité à Pierre Soderini la charge de gonfalonicr de justice, qui n'était ordinairement conférée que pour deux mois. — Perfidies et cruautés de César Borgia: il dépouille le seigneur de Piombino en Toscane, le duc d'Urbin Gui Ubald de Montefeltro, le seigneur de Camerino qui est étranglé avec deux de ses fils; Il prend Sinigaglia dont les principaux défenseurs subissent le dernier supplice. Lucrèce Borgia, sœur de César, se marie pour la quatrième fois avec le fils du duc de Ferrare.
Italie et KMpajpie, France. —
Ferdinand le Catholique veut enlever à Louis XII sa part du royaume de Naples. Gonzalve de Cordoue et Antoine de Lève combattent les Français dans la Capitanate, la terre de Bari, et la Calabre.
Angleterre. — Mariage de Marguerite, fille de Henri Vil, avec Jacques IV d'Écosse.— Catherine d'Ara-
gon, veuve du prince de Galles, après six mois de mariage , est fiancée , moyennant une dispense pontificale, au second fils de Henri VII, âgé de douze ans.
Eppajtae^ France et Halle*—
Désastres des Français dans le royaume de Naples : a Seminara, au nordest de Reggio, d'Aubigni est battu et fait prisonnier par Hugues de Cardonne (21 avril); le duc de Nemours est blessé mortellement à la bataille décisive de Cérignoles, au sud-est de Foggia (28 avril); perte de Capoue, d' A versa, et de Naples (mai). Les châteaux de Naples, où se défendent encore les Français, sautent par la mine, dont on fait pour la première fois usage. — Au moment où César Borgia dépouille la famille des Ursins, mort de son père, Alexandre VI (18 août). Impuissantes intrigues de Georges d'Amboise, ministre de Louis XII, pour devenir pape. Pie 111 règne vingt-sept jours. Élection d'un neveu de Sixte IV, Julien de la Kovère, à soixante-deux ans. — Jules II commencera par enlever à César Borgia tous les domaines Que celui-ci a détachés des États de l'Eglise : le duc d'Urbin est rétabli. Venise prend -sur César Borgia Faenza, Rimlni, etc. — La défaite des Français près du Garigliano (27 déc), suivie de la soumission de Gaéte ( 1" janv. ) , ne laisse plus rien à Louis XU dans le royaume de Naples.
Portugal. — Albuquerque découvre près de la côte orientale d'Afrique, l'Ile de Zanzibar, et impose un tribut à son souverain.
Russie. — L'ordre teutonique, trois fois vainqueur des Russes, leur impose par le traité de Pleskof une paix de cinquante ans.
Suède. — Mort de l'administrateur Stenon Sture; Swante Nilson Sture lui succède avec le même titre, et rend impossible toute restauration danoise.
Espagne. — Retour de Christo-
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phe Colomb après son quatrième et dernier voyage. — Morl d'Isabelle (26 nov.). Elle a partagé avec son mari la gloire d'affranchir la péninsule de la domination musulmane, et d'affermir le pouvoir royal : elle s'est distinguée de lui par la douceur et la probité. Le trône de Castille appartient à sa fille Jeanne, et à son gendre Philippe le Beau, le souverain des Pays-Bas; mais l'administration du royaume a été réservée par ellemême à son mari Ferdinand.
France* — Traité de Biois; fiançailles de la fille du roi avec Charles d'Autriche ; les duchés de Bretagne, de Bourgogne et de Milan sont promis en dot.
Italie. — Quand Jules H a enlevé la Romagnc a César Borgia, Bologne aux Bcntivogiio , Pérouse aux Baglioni , comme Venise ne lui rend pas Ravenne, Faenza, Rimini, le pape adhère à la ligue formée secrètement à Blois par Maximilien et Louis XII contre la république (sept.). — Les Florentins entreprennent le siège de Pise qui défendra cinq ans encore son indépendance. — A Naplcs, un soulèvement de la population repousse l'établissement de l'inquisition.
Portugal. — Ligue des Vénitiens et des mameluks d'Égypte, dont les intérêts de commerce sont menacés par l'arrivée des Portugais aux Indes. Le sultan d'Égypte fait alliance môme avec le roi de Calicut qui redoute leur domination.
ltfOS.
France. — L'investiture du Milanais , comme fief impérial , est donnée à Louis XII par Maximilien.
Rutfftlc. — Mort d'Ivan III après un règne glorieux de quarante-trois ans, durant lequel il a travaillé avec succès â affranchir la Russie de la dépendance des étrangers et entretenu des relations diplomatiques avec la cour de Rome , avec les Turcs de Constantinople, avec le Danemark, avec Venise. Libéral envers les ar-
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tistes et les ouvriers italiens, il a été dur pour ses peuples et lésa tenus dans la servitude. — Wasili IV lui succède sans contestation. 11 conclut des alliances avec le rot de Pologne et le khan tartare de Crimée.
1SOG.
Allemagne. — Joachim Nestor, le fils de Jean Cicéron , électeur de Brandebourg, fonde l'université de Francfort sur l'Oder.
Espagne. — Ferdinand le Catholique épouse Germaine de Foix, nièce du roi de France , par dépit contre son gendre Philippe le Beau. Celui-ci meurt le 26 septembre et sa veuve Jeanne devient folle. Ferdinand reprend te gouvernement pendant la minorité de l'aîné de ses petits-fils, Charles. — Mort de Christophe Colomb (20 mai).
. France. — Les états généraux de Tours annulent le traité de Blois : la fille de Louis XII est fiancée au cousin du roi, héritier du trône, le jeune comte d'Angouléme, François.
Louis XII reçoit le litre de Père du peuple, surtout à cause delà diminution des impôts.
Italie. — Jules II pose la première pierre de la nouvelle église de Saint-Pierre, qui est commencée sur les dessins du Bramante (18 avril). — H se déclare souverain des Bolonais; il leur accorde toutefois un sénat pour déguiser l'esclavage. — A Gènes, soulèvement démagogique contre l'autorité française (oct.). La populace reste mal tresse du gouvernement et, favorisée secrètement par Jules II, abat la bannière de France : un teinturier en soie est fait doge.
Russie. — Cent mille hommes, envoyés contre les Tartares de Kasan, sont presque complètement exterminés.
Allemagne. — Marguerite d'Autriche , fille de Maximilien , est régente des Pays-Bas, au nom du prince Charles.
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Bohême et Hongrie. — Wla-
dlslas fait couronner roi son fils Louis, 3gé de moins d'un an.
Espagne. — L'archevêque de Tolède, Ximenès, principal ministre de Ferdinand en Castille, est nommé cardinal.
France et Italie* — Louis XII en personne réprime la réTolte de Gènes.
Pologne. — Mort d'Alexandre, après une victoire sur les Ta r lares.
Avènement de son frère Sigismond I#r.
Révolte de Glinski , gouverneur de Lithuanie, qui appelle les Russes, et attire à lui beaucoup de Lithuaniens.
Portugal. — Après des troubles sanglants, les juifs convertis ou nouveaux chrétiens obtiennent du roi Emmanuel le droit de parvenir aux charges et aux emplois de l'Église et de l'État — Lorenzo d'Almeida, Dis du vice-roi des Indes, a pris possession des Iles Maldives et de Ceylan , partagées alors en neuf royaumes :
tribut annuel en cannelle, en bagues garnies de perles et de rubis, et en éléphants. Conquête de l'Ile d'Ormus, dans le golfe Perslque, par Alphonse d'Albuquerque. L'Ile de Madagascar a été visitée par Lorenzo et par Tristan d'Acunha, qui n'y trouva que du gingembre, des nègres farouches et quelques Arabes répandus le long des cotes.
Allemagne, France et Italie*
— Maximllien, allant se faire couronner à Rome , demande passage aux Vénitiens sur leurs terres pour son armée. Ils refusent: guerre avec Venise, désastreuse pour Maximilien. Il renonce au voyage d'Italie, et prend le titre d'empereur romain élu. — Marguerite, fille de Maximilien» gouvernante des Pays-Bas, négocie avec Georges d'Ain boise la ligue de Cambrai contre Venise: Louis XII , J ules 1 1, Ferdinand le Catholique, Maximilien, intéressés chacun à la conservation de Venise, s'associent pour détruire sa puissance.
Italie* — Gui Ubald de Montefelfro laisse par testament son duché d'Urbin à François-Marie de la Rovère, neveu du pape Jules IL
Angleterre. — Henri VII laisse en mourant un trésor de un million huit cent mille livres sterling, fruit d'une administration cupide. Sous son règne a été construit le premier vaisseau de la marine royale. — Couronnement de Henri Vlll, âgé de dixsept ans, et de Catherine d'Aragon.
Espagne. — Xi menés entreprend à ses dépens la conquête d'Oran, un des repaires des corsaires d'Afrique.
II s'embarque lui-même pour l'expédition, dont il confie le commandement à Pierre de Navarre (mai). — Au retour, 11 fonde l'université d'Alcala, au nord-est de Tolède. — L'Esagnol Solis découvre le Rio de la lata, au sud-est de l'Amérique méridionale.
France* — Mort de Philippe de Comines, l'historien de Louis XI et de Charles VIII.
France et Italie* — L'année vénitienne, commandée par l'Alviane, est vaincue à Agnadel, dans la Ghiara d'Adda , par Louis XII en personne ( 1 4 mai) : chacun des confédérés saisit ce qu'il réclamait de Venise, même le duc de Fcrrare et le marquis de Mantoue.— Bientôt les Vénitiens re-
{>rennent Padouc mal défendue par es impériaux ( juill. ). Maximilien venu lui-même est forcé de lever le siège (août). La république , sauvée par la fidélité de ses sujets de terre ferme, ressaisit Vicence et plusieurs places qu'avaient occupées les Allemands. — Les Florentins ont ramené Pise sous leur autorité (juin).
Allemagne. — Les juifs sont chassés du Brandebourg.
Kapagne*— Ferdinand le Catholique envoie à son tour Pierre de Navarre en Afrique. Bougie est oc-
XVI* SIKCLK APRiS J. C,
cupée, en Algérie (janv.); les rois d'Alger, de Tunis et de Tremecen, se rendent tributaires.
France* — Mort de Georges d' A m boise, ami et conseiller du roi. Il a dirigé les réformes judiciaires et ecclésiastiques du royaume; son amour pour le peuple lui mérite de plus solides éloges que sa participation aux affaires de la politique étrangère. — Louis XII convoque à Tours une assemblée ecclésiastique, pour lever les scrupules de sa conscience au sujet de la guerre qu'il faut engager contre le pape. — Rédaction de la coutume de Paris.
France et Italie. — Venise se réconcilie avec Jules II ( févr.) , et entre dans un projet de confédération contre les Français que le pape veut chasser de l'Italie. Le duc de Ferrare, allié de la France, est entre deux ennemis, l'État vénitien et le territoire de l'Église. Les Allemands continuent la guerre contre les Vénitiens dans le Frioul. Les Suisses , mécontents de Louis XII, qui est trop économe , sont prêts à se jeter sur le Milanais à la voix du pape, Jules II casse et annule le traité de Blois, comme fait sans la participation du saint-siége ( 3 juill.), et déclare Louis XII déchu de toute prétention au royaume de Naples dont la propriété entière est transportée à Ferdinand et à ses successeurs. Tentative pour soulever Gènes contre Louis XII.
Perse. — Ismaël Sophi prend Bagdad sur les partisans du Mouton blanc.
Portugal. — Alliance avec plusieurs princes indiens dans la partie occidentale de l'Ile de Sumatra, une des plus riches terres a épices. Albuquerque surprend au nord de la côte de Malabar, Goa, une des villes les plus importantes du Dekhan , empire très-puissant alors, qui s'étendait jusqu'à la côte de Coromandel et était partagé en plusieurs royaumes.
guleae. — La ville libre de Con-
stance demande à être admise dans le corps helvétique : les cantons démocratiques s'y opposent parce qu'elle avait ofTert de livrer à la confédération le territoire de Thurgovie.
Turquie. — Le sultan ordonne la mort de deux de ses fils, suspects de désobéissance ; il manque d'être assassiué.
Allemagne.— Maximilien, pendant une maladie de Jules II, a la pensée de se faire élever à la papauté. — Albert , de la branche franconienne de Brandebourg , est élu grand maître de l'ordre teu tonique.
France et Italie. — La sainte ligue, formée contre la France, n'est publiée qu'après que le pape est entré par la brèche, malgré ses soixante et dix ans, à la Mirandole ( 21 janv.); que les Bentivoglio ont enlevé Bologne , leur ancienne possession, aux troupes pontificales ( mai ) ; que Louis XII et Maximilien ont projeté la convocation du concile de Pise pour déposer le pape. Ouverture du concile de Pise qui eut peu d'adhérents ( !•» nov. ). Henri V1H se Joint aux confédérés (20 déc).
France. — Une sottie de Pierre Gringoire est dirigée contre Jules II : le jeu du prince des sots et la mère sotte.
Perse. — Ismaëi Sophi se substitue aux princes de la famille de Tamerlan, dans le Khusistan ou Susiane, dans le Khorasan ou Bac* triane. 11 forme une nouvelle dynastie de Perse.
Portugal. — - Malacca , bâtie depuis deux cent cinquante ans environ, capitale d'un royaume particulier qui s'était séparé de celui de Siam , marché principal pour les denrées de la Chine et les épiceries, pour les négociants de l'Arabie et de la Perse , et pour les navires du Malabar, du Bengale, de Siam, de Java, de la Chine, des Moluques et des lies Philippines , est conquise
nar Albuauermie. On donnait le Jules H qui vent punir les Florentin»
par *'D»<|™"J * „es aux ép|. d avolr laissé convoquer un concile à
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salent le girone et la muscade Au- P erre H (« M...
f e"1 ïhSS , alU . Dï« ™a« sud lu - Sforza/ fils de Ludovic le More, âgé tome Abreu alla plus au sua ju» , ' t ct U1) ans est reçu dans Mi-
f£n^ UnVSIcO: le château deMilan reste
iSA^t^^^ ^ aux Français encore une aimée mille quintaux de girolle. — Deux suède. — A la mort de Swante Portugais découvrent , peut - être js'Uson , la majorité des états donne alors la nouvelle Guinée ou terre |a dignité d'administrateur à son fils des Papous, à l'est des Moluques. Stenon Sture 11, de préférence à Lric
Turquie. — Guerre entre Ba- Troll ( janv. ). iazet et son fils Sélim. Suisse. — La confédération re-
J çoit de Maximilien Sforza plusieurs
loi 2. bailliages au sud de l'Helyétie, le
Angleterre, Espagne, Fran- Valmadia sur le haut Tésin, Lorc et Italie.— Gaston de Foix, duc carno au nord-est du lac Majeur, d? Nemours, neveu de Louis XII. Lug.no et Mendrisio sur e lac Luhéros de vingt-deux ans, repousse de gano. Les Suisses avaient depuis Bologne les Espagnols et les pontifi- un siècle Belliiuona. - Les Gr- 3 févr.); enlève de force Bres- sons occupent, au eud-es . de leur Sa aux Vénitiens (19 févr.); meurt pays, l'étroite vallée de l'Addasupédans la journée triomphante de Ra- rieur qui forme Je c° »^ vpnnp t il avril). — Le concile de et une partie de la Yalteiine, ceuee > se îra i féré à feilan déclare le pape par le duc de Milan, f vec leconUé de suspendu de ses fonctions (21 avril). Chiavenna au nord du lac de Côme — Désastres des Français par 1 îr- Turquie. — Sélim , avec laide runtion des Suisses en Italie, par des janissaires, renverse son père l'adjonction de Maximilien à la ligue; Bajazet II, sultan voluptueux, faible, bulles fulminatoires de Jules II con- superstiticux et cruel (mal). Séhu, i*\ tre Louis Xll (juill.). — Hcnri VHI» sultan à quarante-six ans, fait périr dansl'espoirderecouvrerlaGuyenne, ses deux frères, soutient son beau-père, Ferdinand le Catholique, qui voulait de son côté 1513. se servir des Anglais pour conquérir
la Navarre. Le roi de Navarre, Jean Danemark. -*ioAr\ d.e J?*ltJ d'Albret ne peut empêcher le duc 8on fils Christian II, âgé de trented'Albe d'occuper sa capitale, Pam- deux ans, lui succède: une partie du pelune (juill. ). Holstein-Slesvig est à son oncle Fré-
Eapagne* — L'Espagnol Juan déric.
Ponce de Léon, ancien compagnon Ecosse. — Jacques IV, l'allié de de Christophe Colomb, avec deux !a France, perd contre les Anglais la navires équipés à ses frais, découvre bataille de Flodden, dans le iNorla péninsule située au nord de Cuba, thumberland (9 sept.) : il y périt avec et l'appelle Floride, soit à cause de une partie de sa noblesse.— Un rapsa beauté et de sa verdure, soit parce porte à son règne lMnst.tu 10 de au'il y débarqua le jour de Pâques rordre de chevalerie de Saint-Andi é 2eurieys (avril)? ou du Chardon -Son fils Jacques V
Italie.- Raymond de Cardonne, n'ayant vice-roi de Naples, encouragé pas appartient à sa veuve Marguerite qui
la perd peu de temps après en se remariant. Désordres de la minorité.
Espagne. — Palermc reçoit de Ferdinand le Catholique le titre de capitale du royaume de Sicile; le conseil du roi y résidera. Un tribunal d'inquisition y est établi.— L'Espagnol Vasco Nunès de Bal boa traverse le premier l'isthme de Darien (Panama) et aperçoit le grand Océan.
Vrance. — Louis XII est réduit à vendre des offices de judicature pour suffire aux besoins de l'État.
i ranec et Italie* — Alliance des Vénitiens avec Louis XII ( 13 mars).
L'Alviane, général de la république, qui avait été fait prisonnier à Agnadel , agit de concert avec les Français qui rentrent dans le Milanais.
Les Français sont battus par les Suisses à Novare (6 juin) : le Milanais est perdu. — Venise, alliée de la France, a sur les bras les forces de l'Espagne et de l'Autriche. —Gènes 'se détache de la France et choisit un •doge (18 juin). — La Picardie est envahie par les Anglais : leur victoire 'à Guinegate leur donne Tournai dans la journée des Éperons (sept. ). — Les Suisses entrent dans la Franche- Comté et arrivent devant Dijon ( 7 sept. ) : la Trémouille traite avec eux. — Louis XII, qui désire la paix, renonce au concile dePise et adhère à celui que Jules II a convoqué à Latran (17 déc. ).
Italie. — Jules II était mort le 1 1 mars. L'habitude qu'il prit de laisser croître sa barbe fut imitée depuis par François 1er, par Charles-Quint, par les autres rois, les cardinaux et bientôt par les courtisans et par le peuple. — Parme et Plaisance, dépendances du Milanais, ont été cédées au pape par Maximilien Sforza. — Avènement du cardinal Jean deMédicis, Léon X, qui prendra pour secrétaires le Vénitien Bembo , le Modenais Sadolet, deux des esprits les plus éclairés de ce siècle.
Portugal. — Albuquerque chasse les Arabes d'Aden et ouvre la mer Rouge aux Portugais. — Reconnais-
sance de l'Ile de Bornéo qui produit du camphre , de l'Ile de Java riche en riz, en poivre, etc. , à l'est de la grande Ile de Sumatra qui contenait vingt-neuf royaumes malais.
Unisse. — Le pays d'Appenzell est admis dans la confédération, comme le treizième canton. 11 ne s'en formera pas d'autres jusqu'en 1798.
France. — Mort d'Anne de Bretagne ( 9 janv. ). Célébration du mariage, auquel elle avait toujours mis opposition , de sa fille Claude de France avec François d'Angoulême, l'héritier du trône C 18 mai). — Louis XII se réconcilie avec le roi d'Angleterre, dont il épouse la sœur ( sept. ). et avec les autres confédérés. Les censures ont été levées par la cour de Rome (mai). La France ne garde rien en Italie.
Hongrie. — Au moment d'une nouvelle prise d'armes contre les Turcs, les paysans hongrois se révoltent contre leurs seigneurs, et en massacrent un grand nombre.
Italie. — Léon X prétend, contre la maison d'Esté, à la possession de Modène, mise en dépôt par Jules 11 entre les mains de l'empereur, quand ses troupes l'ont enlevée au duc de Ferra re. — Mort du Bramante. Il a été l'architecte du Belvédère, pavillon du Vatican , où sont conservées des statues antiques, entre autres l'Apollon , dit du Belvédère. Après lui, les plans de la construction de l'église Saint-Pierre seront changés par Raphaël d'Urbin, puis par Michel-Ange Buonarotti.
Pologne et Russie. — La Pologne perd Smolensk, le boulevard de la Lithuanie.
Nulssc. — La république de Mulhausen est admise dans l'alliance des cantons.
Turquie. — Guerre pendant deux ans avec IsmaCl de Perse. Les Turcs vainqueurs prennent, mais ne gardent pas Tauris.
XVIe SIÈCLE APRÈS J. C.
Danemark. — Christian 11 épouse Isabelle d'Autriche, sœur de Charles le prince des Pays-Bas.
Espagne. — Ferdinand le Catholique déclare la Navarre pour toujours réunie à ses États. Le Portugal est la seule terre de la péninsule en dehors de sa domination. — Cionzalve de Cordoue , disgracié , meurt retiré à Grenade à soixantedouze ans.
France. — Mort de Louis XII sans enfant (1er janv.). Avènement de François Ier, comte d'Angouléme, son cousin et son gendre. François est encouragé par je chancelier Duprat à vendre les offices de judicature.
France , liai le et HulKte. — Le Milanais est enlevé aux Suisses par la sanglante victoire de François l*r à Marignan ( 13 et 14 sept.) : Parme et Plaisance suivent le sort de Milan. — Léon X et François I*r s'entendent à Bologne pour substituer le concordat à la pragmatique sanction (oct. ) : les annates sont rendues au pape, le roi disposera des dignités ecclésiastiques. Vive opposition du clergé, des parlements et des universités. — Traité à Genève entre le roi et huit cantons suisses (25 oct.). — François I" décide le doge Frégose à lui remettre Gènes, dont il le fait gouverneur en son nom.
Italie» — La dixième session du concile de Latran approuve les montsde-piété comme établissements de charité, à la condition que l'intérêt prélevé sur les engagistes ne dépassera pas les frais de régie ; décrets sur la réforme du clergé et contre l'impression des livres dangereux (mai).
Portugal. — Albuquerque, privé de la vice-royauté des Indes, meurt dans la disgrâce à Goa , regretté de ses compatriotes et surtout des Indiens pour lesquels il avait été doux et humain.
Allemagne* — Le Saxon Martin
Luther, de l'ordre des moines augustins, docteur de l'université de Wittemberg, professe avec éclat dans cette ville.
I! ohé me et Hongrie. — Mort du roi Wladislas (mars) : il a publié le Droit des coutumes, de Hongrie.
Son fils Louis II, âgé de dix ans, lui succède dans les deux royaumes.
Eftpagnc. — Mort de Ferdinand le Catholique ( janv. ). — Charles 1er d'Autriche qu'il a nommé son héritier, reste en Flandre : il est reconnu parles étals de Caslille; résistance des états d'Aragon. — Administration vigoureuse de Ximenès malgré ses quatre-vingts ans; il oppose aux seigneurs rebelles de Caslille les milices des villes ; il persécutera, à l'aide de l'inquisition, les Juifs et les Maures.
— Sages règlements en faveur des Indiens qu'il protégera contre la cruauté et la cupidité des Espagnols:
des noirs d'Afrique leur sont substitués pour le travail, surtout à Saint- Domingue. — Révolte de la Sicile (7 mars). — Jean d'Albret tente de recouvrer la Navarre; les Français, ses auxiliaires, ne sont pas plus heureux que lui; sa mort (juin). Henri II, son fils, lui succède.
France. — Traité de Noyon avec Charles d'Autriche qui a besoin de la paix pour prendre possession de ses nouveaux États (août); il promet à Henri 11 d'Albret la restitution de la Navarre. — Paix perpétuelle avec les cantons suisses (29 nov. ). Ils n'ont pas cessé, depuis ce temps, d'être fidèles à la France et de lui fournir des soldats. — La onzième session du concile de Latran déclare solennellement abolie la pragmatique sanction ( 19déc. ). — Fondation du Havre-de- Grâce , à l'embouchure de la Seine.
Italie. — Avec l'aide des Florentins, LéonX dépouille injustement du duché d'Urbin le neveu de Jules II et le donne à son propre neveu, Laurent II de Médicis (mai).
Cette principauté reviendra à la maison de Rovère, à la mort du pape. —
— François Ier, en signant la paix
XVIe SIÈCLE APRÈS J. C,
avec Maximilien a Bruxelles, fait restituer Vérone aux Vénitiens ses alliés.
Suède. — Stenon Sture H donne l'archevêché d'Upsal au fils de son compétiteur, Gustave Troll. Celui-ci cependant se ligue avec le Danemark et résistera dans son château de Steke à l'administrateur.
»ul»»e.— UlricZwingle, curé de Zurich, prêche la réforme religieuse.
Turquie* — Les gouverneurs de Damas et d'Alep ouvrent par leur trahison la Syrie à Sélim 1". Les mameluks perdent une grande bataille près d'Alep, malgré la bravoure de Kansou-Algourl, leur sultan, qui est tué (24 août).
Allemagne. — Une bulle pontificale a autorisé la vente des indulgences, pour subvenir aux frais de la construction de Saint-Pierre. Luther s'élève avec violence contre ce trafic.
Danemark et Suède. — La
bulle fulminatolre qui frappe l'administrateur de Suède, appuyée par une flotte danoise devant Stockholm, ne sauve pas Gustave Troll; il est forcé de se soumettre.
Eapagne. — La Sicile rentre sous le joug espagnol ( sept. ). — Le cardinal Xlmenès perd le gouvernement dès que Charles d'Autriche arrive en Espagne (sept. ); sa mort (8 nov. ). Il laisse la réputation d'un moine austère , d'un grand homme d'État, et d'un ami des lettres. — Reconnaissance de la côte d'Yucatan au sud de Cuba.
Italie* — La douzième et dernière session du concile de Latran décrète unejmposition de décimes pour être employée contre les Turcs (16 mars). Ce concile n'est pas reconnu universellement comme conr elle général. — Pour donner plus d'éclat à sa cour, Léon X fait une promotion de trente et un cardiuaux (juill.).
Portugal. — Le Portugais Ferdinand Perez, parti de Malacca,
aborde à l'île de Taman, à trois
milles de Canton. — Rigueurs du gouvernement chinois : un ambassadeur adressé à l'empereur est retenu prisonnier à Canton. Les Portugais seront cependant admis à Macao. La Chine se composait alors de quinze royaumes différents, et avait deux cent quarante-quatre villes de premier rang. L'imprimerie y était en usage depuis des siècles.
Turquie. — Dernière lutte des mameluks contre Sélim I". Bataille près du Caire, perdue par Toumanbal ou Tomonbey leur chef (24 Janv.).
Le Caire est pris a 'assaut, trente mille mameluks sont égorgés sur les bords du Nil. Nouvelle défaite de ToumanbaT, il est pris et pendu ( 13 avril ). L'Égypte et la Syrie sont provinces ottomanes.
Allemagne. — Diète d'Augsbourg : Luther défend sa doctrine et ne se rétracte pas. H est condamné par le pape (9 déc).
Danemark et Suéde. — Stérile victoire gagnée par Stenon Sture sur Christian 11 (juill.). Le roi vaincu emmène prisonniers en Danemark les plus illustres Suédois, qu'on lui a remis comme otages.
Portugal. — Pcrez découvre les lies de Licou-Khieou dans la mer de Corée, au nord-ouest de l'Ile Formose; elles étaient riches en or, et les habitants naviguaient jusqu'à Malacca. — Jean de Silveira arrive au Bengale, qui faisait un grand commerce d'eunuques avec la Perse, fabriquait de fins tissus de coton , exportait du sucre en poudre, du gingembre, et de la soie. Les Européens y sont mal reçus.
Turquie.— Sélim marche contre les Perses et leur enlève le Diarbekr, partie supérieure du bassin du Tigre et de l'Ëuphrate. — Horouk Barberousse, fils d'un potier de Mltylène, devenu pirate, s'est emparé de la ville d'Alger, bientôt de Tlemecen et a infesté toute la Méditerranée.
XVf SIÈCLE APRÈS J. C
Son frère Cbaîrouddin, le grand Barberousse, qui lui succède, sera la terreur des Maures et des chrétiens.
Afrique* — La famille des Mérinides, qui régnait à Maroc depuis deux siècles et demi , en est dépouillée par Ahmet et Méhémed, de la famille sacrée des Schérifs qui se prétendaient issus de Mahomet.
Allemagne. — Mort de Maximilien (janv.). Interrègne; vicariat de Frédéric le Sage, électeur de Saxe. Charles d'Autriche, petitfils de Maximilien, François I« et Henri VIII briguent l'empire. Election de Charles V. Il déclare formellement ses États espagnols exempts de toute dépendance de l'empire, afin que ses sujets lui permettent de recevoir la couronne impériale.— L'interrègne a été favorable à Luther, que protégeait l'électeur de Saxe. Ses idées de réforme se sont étendues dans la lutte : il aborde toutes les grandes questions, de la grâce et du libre arbitre, des sacrements, de l'autorité des papes , des vœux monastiques, etc.
Danemark et Suède.— Christian conquiert l'Ile suédoise d'Oeland, mais il est battu devant Calmar.
Eapagne. — La nation mexicaine, qui pratiquait depuis des siècles l'agriculture, les métiers, et les arts, et constituait un grand empire civilisé et florissant, ne tiendra pas contre sept cents soldats conduits par Fernand Cortez, avec de la poudre, des balles, des arquebusiers, et du canon. Parti de Cuba, Cortez entre dans le port de Saint-Jean d'Ulloa, à la Vera-Cruz (avril) ; combat la république de Tlascala (sept.), marche vers Mexico qui sera prise, perdue, et reprise. Cupidité, fanatisme, et cruauté des Espagnols dans un pays si abondant en or.
France. — Le grand peintre de l'école florentine , Léonard de Vinci, meurt auprès de François
Pologne* — Le grand maître de l'ordre teutonique , Albert de Brandebourg, par son refus d'hommage à la Pologne, s'attire une guerre de deux ans.
ftulfl»e. — Lutte de Genève contre son éveque, et contre le duc de Savoie, prince suzerain. Alliance de la bourgeoisie avec le canton suisse de Fribourg ( avril). Bientôt les partisans du duc seront flétris du nom de mameluks; les défenseurs de la liberté s'appellent eidgenossen ou confédérés , d'où le mot de huguenots.
Allemagne. — Bulle de Léon X contre Luther (15 juin ). Celui-ci en appelle au futur concile, et, à Wittemberg, brûle la bulle du pape.
Allemagne , Angleterre et France. — Visite de Charles V à Henri VIII; il gagne par ses promesses le premier ministre, Wolsey.
Entrevue des rois de France et d'Angleterre au camp du Drap d'Or, entre Ardres et Cuines, où François Ier éclipse imprudemment Henri VUI par sa magnificence (juin). — Couronnement de Charles V à Aix-la-Chapelle, comme empereur (oct.).
lia ne mark et Suède. — L'empire , la France, et l'Écosse aident Christian U contre la Suède. Stenon Sture 11 est blessé mortellement au combat de Bogesund, en Wcstrogothie (janv.). Gustave Troll fait reconnaître Christian par les états à Upsal ( mars ). Résistance de la veuve de Stenon dans Stockholm qui cependant capitule et reçoit l'usurpateur. Son couronnement par Gusiave Troll (nov. ). Quatre-vingtquatorze sénateurs périssent sur l'échafaud (8 nov.); des gibets sont élevés dans toutes les villes. : exactions sanglantes pendant deux ans.
— Gustave Wasa , un des otages suédois enlevés par Christian II, s'échappe et est accueilli, après bien des dangers, par les Dalécarliens.
E»pagne. — Insurrection des
XVIe SIÈCLE APRÈS J. C.
villes de Castille que blesse le despotisme des Flamands, conseillers de Charles V. Influence de la Saintc- Hermandad ou fraternité de villes.
Tolède dirige la rébellion. — En Valence, la révolte est une protestation sanglante des arts et métiers contre la noblesse , de la population chrétienne contre les Maures, auxquels leur habileté et leurs richesses ont conservé l'industrie et le commerce.
— Premier voyage autour du monde commencé par Magellan , qui passe le premier le détroit terrible auquel est resté son nom , au sud du nouveau continent. Il découvre dans l'océan Pacifique les lies des Larrons et les lies Philippines, où il trouve la mort. Son équipage parcourt les Moluques et revient par le cap de Bonne-Espérance, mille cent vingt-quatre jours après le départ.
France» — Premier traité d'algèbre écrit en français et imprimé en France. — Des houilles anglaises sont importées à Paris.
Italie. — Mort de Raphaël d'Urbln à trente-sept ans ; le plus grand peintre des temps modernes, immortel surtout par ses peintures à fresque qui décorent les salles du Vatican, par son École d'Athènes , et par son dernier tableau, la Transfiguration de Je'sus-Christ.
Portugal. — Lopez Segueira parcourt la côte d'Abyssinie. Antoine Corréa reconnaît la côte orientale du Bengale. Alliance avec le souverain du Pégu que traverse l'Iraouaddy , pays abondant en or , en pierres précieuses , en bois de senteur, et en graines de toute espèce.
Turquie. — Mort de Sélim I*r à cinquante-quatre ans , à Andrinople (sept.). Ce prince inhumain avait du goût et du talent pour les lettres. Avènement de son fils Soliman II à trente ans. Révolte en Syrie réprimée.
Allemagne. — Léon X frappe d'anathème Luther et ses adhérents (janv.). La faculté de théologie de
Paris le condamne (15 avril). Hen* ri VIII, en écrivant contre lui, mérite de Léon X le titre de défenseur de la foi.
Autriche, France et Italie.
— Commencement des hostilités de François Ier avec l'empire , dans les Pays-Bas. La Champagne est envahie parles impériaux: Mézières doit sou salut au chevalier Bayard. On emploie à l'attaque de cette place, peutêtre pour la première fois, des mortiers et des bombes. François s'avance en personne jusqu'au delà de l'Escaut, tandis que Lesparre pénètre en Navarre jusqu'à Pampelune. — Défaite de Lesparre (juin ). — Ligue de Léon X de Médicis avec Charles V.
Milan est prise sur Lautrec (19 nov.) : les alliés la rendent à François Marie, frère de Maximilien Sforza ; Parme et Plaisance sont de nouveau réunies aux États de l'Église. Le cardinal Wolsey conclut à Bruges une alliance entre l'empereur et son maître Henri VIII ( 21 nov. ).
Rohéme et Hongrie. — La sceur de Louis H épouse Ferdinand, frère de Charles V , âgé de dix-huit ans; Louis II, âgé de seize ans, épouse une sœur de Ferdinand (mai).
Danemark. — Voyage de Christian II en Flandre, où son beaufrère , Charles Y , lui donne le droit d'investir les ducs de Holsteio.
France. — François 1er introduit l'usage de porter les cheveux courts et la barbe longue. L'usage contraire prévalait depuis Louis le Jeune.
Italie. — Mort de LéonX(lerdéc.)« Son règne est une époque de renouvellement des lettres et des arts ; luimême a protégé avec une magnificence souvent ruineuse les plus beaux talents : son siècle s'appelle le siècle de Léon X ou des Médicis.
— Charles V ne tient pas sa promesse à Wolsey et fait nommer pape son précepteur, Adrien d'Ulrecht.
— Le duc de Savoie épouse une belle-sœur de Charles V.
Pologne. — Walter de Plettemberg, maître provincial de l'ordre
XVIe SIÈCLE APRÈS J. C.
teutonique en Livonie, se rend indépendant dans cette province , à la suite d'un traité avec le grand maître de Tordre , Albert de Brandebourg.
11 se fait luthérien.
Portugal. — Une maladie épidémique emporte Emmanuel le Fortuné ( déc. ). — Son 01s Jean III lui succède à dix-neuf ans.
Turquie. — Soliman venge un outrage fait à ses députés par l'invasion de la Hongrie. 11 prend Belgrade (août). Les Turcs se répandent en Croatie.
Autriche, France et Italie*
— Le Milanais est encore une fois perdu après la défaite de Lautrec, à la Bicoque , eutre Monza et Milan (22 avril) : l'argent manquait pour la guerre par la faute de la mère du roi. Gènes est forcée d'entrer dans l'alliance de l'empereur.
Angleterre. — Henri VIII déclare la guerre à la France.
Danemark. — Disgrâce et supplice de Slagheck, archevêque de Lunden, ministre des cruautés de Christian H. — Une ordonnance royale défend de piller les effets des vaisseaux naufragés : le peuple s'en irrite contre le roi (juin). — Le duc de Holstein, Frédéric, refuse de venir rendre hommage au roi son neveu.
Danemark et «uède. — Les
succès de Gustave Wasa et l'horreur qu'inspire la domination danoise lui font donner le titre d'administrateur de Suède. — Lubeck lui fournit des vaisseaux.
Eapagne. — Charles confirme sa tante Marguerite dans le gouvernement des Pays-Bas. — C'est seulement à son retour que sont étouffés les derniers germes de la sédition en Valence.
France* — Première création de renies perpétuelles sur l'hôtel de ville portant intérêt de huit pour cent.
Turquie. — Rhodes , dernier
boulevard des chrétiens, est menacée par une Hotte ottomane et cent cinquante mille hommes (mai). Soliman 11 vient diriger le siège qui dure cinq mois (août). Héroïque défense du grand maître , Philippe de Villicrs de risle-Adam ; il est forcé de céder (déc. ). Les hospitaliers avaient possédé Rhodes deux cent vingt ans. Ils cherchent pendant huit ans un nouvel établissement.
Allemagne.— Mort de Bogeslas le Grand, qui a régné pendant quarante-cinq ans sur toute la Poméranie ; partage du duché entre ses deux fils. — La petite république démocratique de Mulhausen , voisine de l'Allemagne où se répand le luthéranisme , et de la Suisse , qui a son prédicateur Zwingle , adopte la réforme religieuse.
Autriche, Trance et Italie.
— Les armées françaises en Italie sont mal commandées par Bonnlvet.
— Les Vénitiens, depuis le 28 Juin, ont fait alliance avec Charles V. — Savante et utile campagne de La Trémouille contre les Anglais en Picardie.
Danemark et Suède* — Christian Il , qui s'est rendu odieux à la noblesse danoise en prenant en main les intérêts du peuple, est déposé par les états du Jutland réunis à Viborg (20janv. ). Ils offrent la couronne à son oncle, le duc de Holstein, Frédéric. Frédéric I" accorde aux nobles le droit de vie et de mort sur leurs paysans. — Les états de Suède donnent la couronne à Gustave Wasa , qui presse alors le siège de Stockholm (juin). La ville lui est livrée.
Déjà secrètement attaché à la doctrine de Luther, Gustave frappe de rudes taxes sur les églises et réprime la puissance du clergé.
EKpugne. — Adrien Via accordé à Charles V, à titre perpétuel , l'administration des grandes maîtrises des ordres militaires et le droit de présentation aux évêchés d'Espagne.
XVIe SIÈCLE APRÈS J. C.
Il lui a remis le tribut que la couronne de Naplcs doit au saint-siége depuis rétablissement des Normands en Italie.
rranee.-Le connétable Charles de Bourbon-Montpensier , persécuté par Louise de Savoie , fuit auprès de l'empereur et le sert contre la France.
Italie. — Mort d'Adrien VI d'iltrecht. Avènement du cardinal Julien de Médicis (nov.). Clément VII garde la direction du gouvernement de Florence qu'il avait depuis quatre ans.
perse* — Ismafil Sophi meurt à trente-huit ans.— 11 a établi dans ses États la doctrine des Shiites ou Alidcs, opposée à celle des Sunnites ou Traditionnaires suivie par les Turcs. Son fils Thamas lui succède.
Pologne et Russie. — Trêve entre les Polonais et les Russes, nécessaire à Wasili IV pour agir contre le khau de Kasan.
Autriche et France. — Désastres des Français en Italie ; retraite dans laquelle meurt Bayard (avril).
Les impériaux envahissent la Provence : Marseille les arrête, ils se retirent ( août ). François 1er , à leur suite, rentre dans le Milanais et assiège Pavie (oct.).
Danemark. — Copenhague et Malinoè, dans la Scanie, se rendent au roi Frédéric que soutient la marine de Lubeck (févr.). Il est couronné à Copenhague par Gustave Troll l'archevêque d'Upsal (août).— Le roi de Suède lui rend la Bleckingie, à l'est de la Scanie.
France. — Juan Verrazano , au service de François I", découvre Terre-Neuve, parcourt la côte de Floride, et lui donne le nom de Nouvelle-France.
Italie. — Tyrannie du duc de Savoie, Charles III, à Genève. 11 fait trancher la tête à un magistrat qui a dérendu avec énergie les droits de l'Église épiscopaie, qui sont comme
la garantie de l'indépendance de la cité (mars). — Clément Vil approuve l'ordre religieux des Théatins.
Portugal. — Les sauvages de l'Ile de Célèbes , à l'est de Bornéo , fameuse pour ses mines d'or , ne laissent pas venir à terre le Portugais Garcia Henriquez. — Les Moluques , objet de contestation entre l'Espagne et le Portugal qui ne peuvent préciser la ligne de démarcation de leurs possessions , restent aux Portugais moyennant un million de ducats donné à Charles V.
Russie. — L'expédition des Russes contre Kasan ne réussit pas.
Autriche , France et Italie.
— François ltr perd la bataille de Pavie ( 24 fév. ) : mort de Bonnivet et de La Trémouille; le roi est pris et conduit à Madrid. — Régence de sa mère Louise de Savoie ; elle détache Henri VIII du parti de Charles Y (30 août). — Les impériaux occupent Milan , dont le duc leur est suspect.
Danemark et Suède. — Frédéric l«r embrasse le luthéranisme et autorise la liberté de conscience. — Trois édits de Gustave Wasa limitent la puissance du clergé.
France. — Négociations secrètes avec Soliman contre l'Autriche. Le sultan dispense les Français, établis dans ses états, du tribut que payait tout chrétien pour avoir le libre exercice de sa religion.
Pologne et Prusse. — Albert, grand maître des chevaliers teutons, s'étant fait luthérien, sécularise la Prusse domaine de l'ordre, et forme pour sa maison, la branche franconienne de Brandebourg, un duché héréditaire sous la suzeraineté du roi de Pologne (avril). — Les domaines de l'ordre teutonique, en Livonie, rachetés par le maître pror vincial, Walter Plettemberg, servent & reconstituer l'ordre des Porteglaive qui depuis trois siècles avait
XVIe SIÈCLE APRÈS J. G
été fondu dans l'ordre teutonique de la Prusse. Pletlemberg est élevé à la dignité de prince de l'empire. 11 l'a vorisera le luthéranisme.
Portugal. — Le gouvernement, pour encourager la culture des terres au Brésil, concède des terres aux colons.
Allemagne* — Guerre contre les anabaptistes , qui, au nom de la réforme religieuse, revendiquent l'égalité sociale. Ils menacent les biens et la vie des seigneurs.
Autriche, France et Italie*
— Traité de Madrid, par lequel François 1er renonce a toute prétention sur l'Italie et cède môme le duché de Bourgogne (14 janv. ) ; il est échangé contre ses deux fils à la frontière des Pyrénées (21 mars). Il conclut à Cognac une ligue avec les députés du pape , de Venise , de Florence , des Suisses, de 1* Angleterre, pour la sûreté et la liberté de Thalle (22 mai) : Sforza sera rétabli à Milan, le royaume de Naples pourra être conquis par les Français
noh£nie . Hongrie et Turquie* — Le roi Louis II , âgé de vingt ans , est tué par les Turcs à la bataille de Mohacz , sur le Danube (août). Soliman vient jusqu'à Bude (sept.), où il incendie la bibliothèque de Malhias Corvin. — Les états de Hongrie élisent roi Jean Zapoly, walvode de Transylvanie, au détriment du beau-frère de Louis II, Ferdinand d'Autriche, frère de l'empereur (nov.). — Les états de Bohême proclament roi Ferdinand , mais en l'obligeant à reconnaître qu'il a été par eux volontairement élu (déc. ).
Kgpagne et Portugal* — Charles V épouse une sœur du roi de Portugal (janv.). — Édit contre les Mauresques ou Maures convertis: ils sont mis dans l'alternative d'exercer réellement le culte chrétien ou d'émigrer (déc). — Jean 111 établit à Lisbonne l'inquisition : elle se répandra dans les colonies.
France. — Henri d'Albret épouse Marguerite, sœur de François 1er. La nouvelle reine de Navarre, spirituelle et savante, protège les gens de lettres , et est auteur elle-même de compositions dramatiques , de mystères , de farces et de contes fort licencieux réunis dans l'Heptaméron. — François Ier fait commencer le château de Chambord par le Bolonais le Primatice.
Italie* — Genève, opprimée par le duc de Savoie , conclut un traité de bourgeoisie réciproque avec deux cantons suisses , Berne et Fribourg (fév. ). L'évôque Pierre de La Baume quitte Genève où pénètre bientôt la réforme religieuse. — La ligue formée contre Charles V perd un de ses chefs, Jean de Médicis dit V\nvincible. Marche rapide des Allemands, en partie luthériens, contre Rome.
Pruftne. — Albert de Brandebourg, duc de Prusse, quitte l'habit de l'ordre teutonique, chasse les catholiques et épouse une fille du roi de Danemark (juin).
Suéde* — Gustave se fait donner par le sénat les deux tiers des dîmes, l'argenterie et les cloches des églises. — Insurrection de paysans.
Angleterre. — Henri VIII , qui veut épouser Anne de Boleyn , fille d'honneur de la reine , commence à négocier avec la cour de Rome pour obtenir le divorce.
Autriche et Italie. — Bourbon est frappé mortellement au premier assaut de Rome. Ses soldats prennent et saccagent la ville qui est pendant neuf mois à leur merci ( 6 mai). Le pape est prisonnier au château Saint- Ange. — Venise fait occuper ses anciennes possessions, Ravenne et Cervia, villes pontificales de la Romagne, sous prétexte de les défendre contre les impériaux.
Bohême et Hongrie* — Le
frère de l'empereur, Ferdinand, Agé
488 XVIe SIÈCLE
de vingt-quatre ans, est couronné roi de Bohême à Prague ( (év.). Budc, capitale de Hongrie, se rend à lui ( août ) ; il se fait couronner à Albc- Hoyale ( oct. ). La maison d'Autriche gardera toujours ces deux couronnes.
Danemark et «aède. — Gustave Wasa demande aux évoques de renoncer à leurs châteaux forts : ceux qui refusent sont réduits à fuir. La Dalécarlie est encore le foyer de la résistance. Le roi fait ouvertement profession de luthéranisme : les frères Glatis et Laurent Pétri sont nommés l'un pasteur de Stockholm l'autre archevêque d'Upsal. — Les états danois d'Odensée confirment les édits de liberté de conscience , autorisent la rupture des vœux monastiques, le mariage des prêtres, et soumettent les prélats au tribunal du roi.
rrance. — Le surintendant des finances, Semblançay, poursuivi par la haine de la mère du roi, est pendu sur la fausse accusation de péculat (avril).— Réunion du duché de Bourbon à la couronne.
Italie. — Les Florentins décrètent l'expulsion des Médicis; le gouvernement démocratique est rétabli comme avant 1 5 1 2. — Le duc de Ferrare, qui a repris récemment Rcggio et Modènc , entre dans l'alliance de Rome trop tard pour la sauver ( 15 nov.). — Le Génois André Doria, engagé au service de François Ier, chasse les Adorni , et met sa patrie à la merci de la France.
Angleterre et Autriche. —
Émeute à Londres à cause de la rupture des transactions commerciales avec les Pays-Bas espagnols. Marguerite d'Autriche commence à détacher Henri VIII de l'alliance française.
Autriche* France et Italie.
— Expédition française pour enlever Naples. La ville, assaillie par terre et par nier, est sauvée par la défection d'André Doria, irrité de ce que la France favorisait Savouc au détri-
APRÈS J. C
ment de Gènes, sa patrie ( juffl. ).— Lautrec meurt d'une maladie contagieuse (16 août). — Son successeur, le marquis de Saluées, rend aux impériaux toutes les places du royaume occupées par les Français et par les Vénitiens, leurs alliés (30 août). — Venise renonce en outre aux places de la Romagne qu'elle avait conquises ( déc. ).
France* — Des assemblées ecclésiastiques tenues à Paris par le cardinal Duprat, archevêque de Sens; à Bourges, par l'archevêque François de Tournon ; à Lyon , par l'évêquc de Mâcon, condamnent les doctrines de Luther et des autres hérétiques.
Italie. — Clément VU confirme l'institut des moines capucins (juill.).
— André Doria chasse les Français de Gènes, leur reprend Savone(sept.), et refuse le pouvoir que sa patrie reconnaissante lui offre: il est seulement nommé censeur pour sa vie.
Une nouvelle forme de gouvernement est établie : pour mettre d'accord les nobles et les plébéiens, toutes les familles, sans distinction d'origine, qui avaient été admises jusqu'alors aux magistratures, seront réunies pour former un nouveau corps de noblesse et auront droit à la participation du pouvoir; n'en sont exclus que les Adorni et les Frcgosi auteurs des dernières discordes. Un doge sera élu tous 1rs deux ans avec huit gouverneurs ; le conseil est de quatre cents membres.
Ces institutions aristocratiques ont longtemps régi la république génoise, qui leur doit enfin le repos.
Suède.— Gustave est sacré à Upsal par l'archevêque luthérien (12 jauv.)
Allemagne. — La diète de Spire accorde à Charles V des secours contre les ottomans qui dévastent la Hongrie comme alliés de Jean Zapoly , compétiteur de Ferdinand; déclare ennemis publics les anabaptistes ; accorde la liberté de conscience, jusqu'à la tenue du concile général , a
XVIe SIÈCLE APRÈS J. C.
\i réserve des dogmes de Luther sur lu Cenc (prou défendit d'enseigner (avril). Les luthériens protestent conire cette exception (19 avril). Le nom de protestants leur est resté.
' Angleterre.— Clément VII évoque à Borne l'affaire du divorce (15 juill. ). Le cardinal Wolscy, qui ne sert pas le roi dans ses coupables caprices, est disgracié (oct.) et meurt (nov.) : il avait protégé les lettres, ol fondé à l'université d'Oxford une chaire de grec. Sa maison de Londres est devenue le palais de Whilchall.
— Henri VIII consulte sur^ son divorce les universités de France et d'Italie qui lui sont favorables comme celles d'Angleterre; celles d'Allemagne donnent un avis contraire ou s'abstiennent.
Allemagne- et Angleterre. — Le nouveau chancelier d'Angleterre, Thomas More, est le protecteur du grand peintre de Bâle, Jean Holbein, l'ami d'Érasme, qui sera en faveur à la cour d'Henri VIII, et mourra à Londres en 155i.
Autriche, Vrance et Italie*
— Traité de Barcelone entre l'empereur et Clément VII (juin). Charles V se charge de ramener les Médicis dans Florence: elle défendra pendant dix mois son indépendance. — Paix des Dames, négociée par Marguerite d'Autriche et Louise de Savoie à Cambrai (3 août] : Charles V renonce à la Bourgogne; mais le royaume de Naples lui est assure. Il donne à Francois-Marie Sforza l'investiture du duché de Milan moyennant un tribut, et fait avec lui et le marquis de Mantoue , le duc de Savoie , le marquis de Montferrat et les Vénitiens , une alliance pour la sûreté de l'Italie, que lui seul menaçait (23déc).
Krtpagne* — Fr. Pizarre entreprend la conquête du Pérou dans l'Amérique du sud.
France. — François 1", pour couper court aux protestations si souvent renouvelées du parlement en laveur de la pragmatique sanction, qui a été selon son bon plaisir
remplacée par le concordat, attribue à son grand conseil la connaissance de tous les procès relatifs aux étéchés, abbayes et bénéfices.
Hongrie et Turquie* — Soliman II, maître de Bude, assiège Vienne ( 26 sept. ) : vingt assauts; perte de qualrc-\ingt mille hommes ; retraite ( 14 oct.). Au retour il couronne à Bude Jean Zapoly roi de Hongrie.
Pinède. — Une assemblée tenue à QErebro, sorte de concile national, accepte la confession des luthériens d'Allemagne et abolit la religiou catholique. Gustave réunit au domaine royal les biens du clergé.
8ul*«e. — Par l'influence d'OEcolampade , disciple de Zwinglc , le sénat de Bâlc accepte la réforme religieuse accomplie déjà dans une grande partie de la Suisse (avril).
Allemagne et Italie. — Charles V se fait sacrer à Bologne roi de Lombardie (22 fév. ), puis empereur ( le 24 ); il réunit ainsi, par dispense pontificale , les couronnes de l'empire , des Dcux-Siciles et d'Italie.
— L'Ile de Malle , rocher stérile au sud delaSicile, et la ville de Tripoli, en Afrique, sont cédées par Charles V à l'ordre des hospitaliers de Saint -Jean de Jérusalem que les Turcs ont dépouillés de Rhodes (24 mars). Ils seront la sentinelle de la chrétienté dans la Méditerranée.— Charles V ouvre la diète d'Augsbourg (13 juin). Les protestants lui présentent leur confession rédigée par Mélanchlhon, disciple de Luther (25 juin). 11 la repousse ( 22 sept. ). lies princes qui l'avaient adoptée se confédèrent à Smalkalde ( déc. ).
France. — Le roi fonde à la demande du savant helléniste Guillaume Budé, malgré l'opposition de la Sorbonne, deux chaires pour renseignement libre de l'hébreu et du grec; c'est l'origine du collège royal de France. — Établissement de l'imprimerie royale.
490 XVIe SIÈCLE
Italie* — Chute de Florence (12 août) ; un décret impérial accorde le gouvernement héréditaire de la république à Alexandre de Médicis, âgé de vingt ans (28 oct.). Les citadelles de Florence et de Livourne resteront treize ans aux troupes impériales.
Pologne. — Sigismond l*r fait désigner roi son fils, à peine âgé de onze ans. — Le nouvel archevêque de Riga, quoique catholique, se laisse persuader de prendre pour coadjuteur Guillaume de Brandebourg, frère du duc luthérien de la Prusse , dans l'espérance d'être protégé par la maison de Brandebourp. Malgré un rescrit de Charles V, les habitants de Riga n'abandonneront pas le luthéranisme.
Rnisle. — Troisième tentative impuissante contre Kasan.
Allemagne et Autriche. —
L'archiduc Ferdinand , roi de Hongrie et de Bohême, frère de l'empereur, est élu roi des Romains (janv.).
Angleterre. — Le roi , cité à comparaître devant le pape au sujet du divorce, fait déclarer par le parlement Que le roi est le protecteur et le chef suprême de l'Église et du clergé d'Angleterre.
Danemark* — Tentative de Christian II pour ressaisir la Norvège, qui est fidèle à l'Église romaine ; il fait une descente avec des Hollandais, sujets de Charles V, son beau-frère.
Vranee. — Mort de Louise de Savoie : François 1" recueille le riche héritage de sa mère.— Utile sévérité des juges royaux qui tiennent les grands jours à Poitiers : plusieurs gentilshommes sont condamnés.
Pologne. — Une invasion des Valaques dans le bassin du haut Dniester est victorieusement repoussée par l'armée polonaise.
Suède. — Gustave Wasa épouse une princesse de Saxe-Lauembourg, dont la sœur sera mariée au fils du roi de Danemark Frédéric 1".
APRÈS J. C
intiic. — Zwingle , en combattant à la tête de ses sectaires, est vaincu et tué à Cappel.
Allemagne. — La chambre impériale proscrit Albert, comme injuste détenteur de la Prusse : les troubles de l'empire ne permettent pas de mettre la sentence à exécution. — La loi pénale est fixée pour longtemps en Allemagne par un code que fait rédiger Charles V, sous le nom de Carolina.
Angleterre. — Le chancelier Thomas More remet les sceaux au roi, pour n'être pas complice de son divorce et de l'altération de la religion. Henri VIII nomme Cranmer archevêque de Cantorbery ( sept. ).
En prévision d'une rupture avec Charles V, neveu de Catherine d'Aragon, il recherche l'amitié de François 1er dans des conférences entre Calais et Boulogne, auxquelles assiste Anne de Boleyn ( oct. ). Un prêtre célèbre secrètement le mariage de Henri VIII avec Anne ( 14 nov. ).
Bohême. — A la mort du duc silésien d'Oppelen, réunion de ce fief à la Bohême. 11 ne reste plus que deux principautés silésiennes, vassales mais non dépendantes de la Bohême, le duché de LigniU et Brieg, le duché de Teschen.
Danemark. — Christian assiégé dans Opslo, ville de Norvège , par ses anciens sujets les Danois, tombe par une perfidie entre les mains de son neveu le roi Frédéric; il sera prisonnier le reste de sa vie.
Vranee. — La Bretagne est réunie à la couronne avec le consentement des états de la province. — Alliance avec les confédérés protestants de Smalkalde, quoique le roi persécute les protestants en France.
Italie. — Les magistrats de Florence , dont l'un est François Guicciardin l'historien, à la sollicitation de Clément VII, donnent le titre ducal et le pouvoir absolu à. Alexandre
XVIe SIÈCLE A TRÈS J. C.
de Médicîs (l#r mai). Il s'en montre indigne par ses débauches et ses cruautés.
Angleterre. — Un arrêt du parlement défend tout appel à la cour de Rome (févA Le nouvel archevêque de Cantorbery déclare nul le mariage de Catherine d'Aragon (23 mai), et confirme celui d'Anne de Boleyn (28 mai). Couronnement de la nouvelle reine (l«r juin).
Danemark. — Le roi Frédéric meurt a Gottorp (avril). Son fils Christian, âgé de trente ans, lui succède dans les duchés de Slesvig-Holstein. Les Danois, pendant quinze mois , ne s'entendront pas sur le choix d'un roi : l'élection du prince est subordonnée à la question religieuse : le sénat en attendant est maître du gouvernement.— Lubeck profite de ces divisions pour tenter de fermer la Baltique aux Hollandais. Les Danois s'y refusant, elle leur déclare la guerre sous prétexte de rétablir Christian II , et envoie contre eux Christophe d'Oldenbourg.
Espagne. — Conquête du Pérou par Pizarre et Almagro.
France. — Clément VII vient à Marseille négocier le mariage de sa nièce Catherine de Médicis avec un fils de François Ier ( 28 octobre ). — Marguerite de Navarre , que des protestants réfugiés dans le Béarn avaient initiée aux nouvelles doctrines, publie le Miroir de l'âme pécheresse, que censurèrent, comme hérétique, les docteurs de Paris. — Rabelais publie à Lyon Gargantua,
Stalle. — Clément YI1 confirme l'ordre religieux des Barnabi tes, clercs réguliers, prêtres soumis à la loi monastique (fév.. — La mort du marquis de Montferrat , Jean-Georges Paléologue, évêque de Casai, qui ne laisse pas d'héritier, ouvre un débat de succession entre le duc de Mantouc, marié à la nièce du prince, le marquis de Saluces qui est allié aussi à
la famille, et le duc de Savoie, qui invoque un droit suranné de suzeraineté (avril). Le séquestre est mis par l'empereur sur le territoire contesté.
— Pierre de la Baume passe quinze jours à Genève , sa ville épiscopale (juillet); il la quitte pour toujours.
—André Doria a pris sur les Turcs, pour Charles V, Coron, au sud-ouest de la Morée, et Patras.
Russie. — Mort de Wasili IV (déc.). Avènement d'un enfant de quatre ans, Ivan IV ; régence de sa mère Hélène, nièce de Glinski. Hélène sacrifie son oncle et fait mourir dans les supplices deux prétendants.
Suède* — Gustave réprime cruellement une troisième révolte des Dalécarliens.
Allemagne. — La confession d'Augsbourg est introduite dans les États poméraniens de Wolgast et de Stcttin.
Angleterre. — Le parlement confirme les jugements de Thomas Cranmer (IS janv.). Le pape déclare le roi excommunié s'il persiste dans le divorce (23 mars). Séparé de l'Église , Henri VI II fait confirmer par le parlement la suprématie ecclésiastique qu'il s'est attribuée (23nov.).
Persécutions contre ceux qui sont fidèles à l'Église romaine.
Danemark. — Le duc de Holstein, Christian, qui a pénétré jusque dans le port de Lubeck, est proclamé roi (4 juill.). Le Jutlland est délivré de l'invasion; les paysans qui avaient soutenu l'étranger sont privés de leurs droits.
Espagne. — Un gentilhomme castillan , Ignace de Loyola, qui depuis treize ans a renoncé au monde, pose les bases de la compagnie de Jésus : il était alors à Paris.
France. — Organisation d'une infanterie nationale divisée en légions, chacune de six mille hommes* portant les noms des provinces.
L'institution ne durera pas. — Fran*
mis 1" ose enûn rendre public un gagneut à celte expédmon la téctttrié !d»a!Uance défensiveet decom- rité de leur commerce maritime merce avec les Turcs. — Cartier, de Autriche, France et Italie. Saint-Malo, visite les côtes du Çana- François 1er , qui a un outrage à tla et reconnaît le bassin du fleuve venger sur le duc de Milan, demande Saint-Laurent, depuis le golfe jusque au duc de Savoie passage par ses fort avant dans les terres. États. Sur son refus , la Br.essc » la Italie.- Mort de Clément Vil Savoie, une partie du Piémont, (26 sep J. Élection d'Alexandre Far- même Turin, sont occupées par les nè c ' une ancienne maison de Tos- troupes françaises. - Profitant de cane Paul 111 ( l3oct.). - Antoine la guerre entre la France et le duc Al lettri di le Cor. égc , de Corregio de Savoie , le grand conseil de Gefa pa rie, ville du Modcnais , le nève , composé en majorité de réplus^ g ind peintre de l'école lom- formés, proscrit la région ^cathobarde, meurt à quarante ans -Les lique avec ^>*™"™£ Génevois maintiennent, malgré le duc citoyens, d'adh f ^er au c^le P"*? t\o Savoie leur alliance de bour- tant (27 août). U chapitre de la ca gcCoisuTvèc FHbourg. La plupart thédrale s< , retire > ^n«W<^ embrassent la réforme , et dans leur s érige en répuh iqujj - A la « n ort du révolto contre l'évéquc, qui est leur duc de Milan r rançois Morza u« oc seign ur? so^t soutenus par Fran- tobre), Antoine de Leyva ^ prend pos- !rS icr ' session du Milanais au nom de Ç ci. Ta» Charles V que Sforza a fait son hé- Turqule.- Soliman enlève Tau- préoccupation est une no* ris et Bagdad aux Perses - Barbe- ™J-^^C rPupture entre l'Au-
Ti"1 EwS^^™' ceTt ^tTla\rance.P
son royaume de Tunis : une colonie aide Christian II à réduire la Sca-
militaire de Turcs s'établit sur la nie. Longue résistance de la Fione.
roip d'Afriauc elle n'cst c°"<Iuise qu'après la mc-
côle d Alrique. ^ ^ Christian 111 près d'Assens.
Commencement du siège de Co-
. frte nenhague et de Mahnoë, qui sou- Allemagne. --Les anabapt^cs
2 Westphalic sont assiégés dans "1""P"^V Rnftd
de Westpnalic soni assiège uaua Suède
Munster \ défense désespérée; leur avec le roi de Suède*
chef, Jean de Leyde, périra dans u^pagae. — Les Espagnols Ion
d'affreux supplices le 2 janvier 1536. dent Buenos-Aires sur la côte occi-
" . HF p.r«ïriiiiftn« dentale de l'embouchure delà Plata;
Af gïCtC,^ rTux ouTÏadh™ Hs s'établissent à l'ouest de la Plata
sanglantes contre ceux qui n aane- paracuav. — Découverte du
rentpas au schisme. Mort violente et du ^^^ude^niaaupérou.
de l'ancien chancelier Thomas More, u»»- ronuauu
auteur de VUtopie (6 juill.). JS^Z^^TlSS^
— Y.™.?* rm,ipf»A qui devient le ormuiaire u une huu-
. *x^lUïï?X£^ velle réforme religieuse, distincte d« et Tunis, que défend Barbcrmisso. Luther; il l'a écrit en laim
Vingt-deux mille esclaves chrétiens ^^^ie épître dédicatoiro.
sont rendus par Charles V à la h- ""V ^ à' FranÇois 1" (l"aout .
berté. Muley-Hassan est rétabli dans est adresste a '«ançoia i / ses États, mais en payant tribut aux Tarqule. - Une bataille gagnée
vainqueurs (mai-août). Les Siciliens sur les ottomans par le schah lua
XVIe SIÈCLE APUKS J. C.
mas fa il perdre à Soliman ses conquêtes en Orient. Au retour il sacrifie à la haine «l'une de ses femmes, Uoxelane, le meilleur de ses conseillers et de ses généraux , le vizir Ibrahim.
Angleterre. — Mort de Catherine d'Aragon ( 8 janv. ); elle laisse de Henri VIII une fille, Marie. Sentence de mort rendue par vingt -six pairs contre Anne de Boleyn pour prétendu crime d'inceste et d'adultère. Elle est exécutée (19 mai), et laisse une fille, Elisabeth. Henri MU épouse Jeanne Seymour (20 mai).
Le parlement supprime tous les petits monastères, et leurs biens sont vendus au profit du roi (8 juin):
c'est une cause de révoltes.
Autriche et Hongrie. —Transaction entre Ferdinand et Zapoly, qui assure au premier toute la Hongrie à la mort du second.
Autriche, France et Italie. —
Invasion du Piémont par les Français. L'empereur s'attache les Mé- (îicis eu mariant sa fille naturelle Marguerite avec le duc de Florence, Alexandre 1er. Ses inconvenantes déclamations contre François 1er dans le consistoire de Home (5 avril). 11 envahit la Provence : Montmorency la dévaste; retraite désastreuse de l'empereur (sept.).
Danemark. — Paix avec Lubeck (févr.). MalmoO se rend à Christian 111 le 6 avril , Copenhague le 29 juillet.
Abolition de la religion catholique par une assemblée d'états (30 oct.) ; les évéques sont remplacés par des surintendants, suivant l'avis de Luther.
Kcosftc* — Jacques V épouse la fille aînée de François 1er.
France. — La défense d'imprimer sous peine de mort , faite par le roi, est révoquée sur les plaintes du parlement. — Fabrication de la soie , introduite à Lyon par des Génois.
Italie. — Bulle In coena domini qui donne tant d'autorité au saint-
siége en défendant d'appeler des décrets des papes au concile général ; de favoriser les appelants; d'enseigner la doctrine qui met le concile général au-dessus du pape; de restreindre, au moyen de l'autorité civile , la juridiction ecclésiastique ; d'exiger du clergé, sans le consentement du pape, des contributions pour les besoins de l'État. La bulle doit être renouvelée tous les ans , le jeudi saint. — Paul III qui a déjà fait cardinal le célèbre Vénitien Contarini, donne celte dignité à Sadolet, un des beaux esprits de ce temps.
Il l'a offerte même au Hollandais Érasme qui, après avoir écrit contre les moines surtout dans son Éloge de la folie, avait défendu la foi contre Luther. Érasme meurt la même année, à Bâlc.
MalsNc. — Les Bernois réformés répandent les idées nouvelles dans le pays de Vaux, le Gcx et le Chablais.
— L'évêque de Lausanne vient résider à Fribourg, qui est restée catholique.
Allemagne. — Le duc silésien de Lignilz-Brieg conclut un pacte de famille avec l'électeur de Brandebourg, pour assurer sa succession a celte maison.
Angleterre. — Jeanne Seymour meurt après avoir donné à Henri VIII un fils, Édouard (12 oct.).
Danemark et Norvège. — Un pasteur luthérien de Witiembcrg, Jean Bugenhag, dresse un formulaire de foi et de discipline pour le royaume. — Une diète décrète l'incorporation de la Norvège au Danemark.
Italie. — Le parti républicain , inspiré par Philippe Strozzi, assassine Alexandre de Médicis au milieu d'une partie de débauche (janv.).
Cependant Corne, fils de Jean (le Médicis l'Invincible , se fait reconnaître par le peuple et triomphe des partisans de la liberté.
nu fie» le et Suède. — La paix est conclue pour soixante et dix ans.
Autriche et France* — Trêve de Nice (12 juin), et entrevue d'Aigues-Mortes entre François l-r et Charles V.
tcoffie. — Jacques V épouse en secondes noces Marie de Lorraine, fille de Claude, duc de Guise, chef de cette maison.
Krtpagne* — Aux cortès de Castille, la noblesse et le clergé refusent de concourir pour leur part à un impôt du revenu, l'assise, que Charles V demande aux trois ordres. Il n'appellera plus aux états que les députés des villes; l'assemblée nationale sera réduite à un comité de finances.
Russie.— La mort d'Hélène livre son jeune fils , Ivan IV, encore pour cinq ans à la tutelle d'ambitieux incapables et cruels.
Turquie. — Les progrès de Soliman ont décidé à Rome la formation d'une ligue entre Paul 111 , Charles V, Ferdinand son frère et les Vénitiens (févr.). Le Génois André Doria commande la flotte des alliés.
Il semble exposer à dessein aux coups de l'ennemi la flotte de Venise, l'ancienne rivale de sa patrie (sept.). — Barbcrousse, comme amiral de Soliman , conduit une flotte sur la côte d'Arabie, et soumet à sa puissance le riche pays de l'Yémen.
Allemagne. — Joachim II, électeur margrave de Brandebourg, introduit dans ses États la religion luthérienne que son père en avait écartée, et s'empare des évéchés de Brandebourg, de Havelberg et de Lébus.
Angleterre. — Toutes les abbayes sont supprimées par résignation forcée des abbés et des moines; leurs biens sont accordés au roi par le parlement. Bill des six articles contre les luthériens, qui l'appellent bill du sang à cause des peines qui menacent les violateurs de la loi.
Autriche. — Les taxes nouvelles, mises sur les villes de Flandre pour subvenir aux dépenses de Charles V, provoquent la révolte de Gand.
Espagne. — L'Espagnol Hernando de Soto , l'un des douze conquérants du Pérou, entreprend la conquête de la Floride, déjà tentée plusieurs fois : trois ans de lu lté malheureuse.
France. — Le roi autorise l'établissement des loteries, impôt déguisé, le plus immoral de tous, qui pèse principalement sur les pauvres.
— Ordonnance de Villers-Cotterets , préparée par le chancelier Guillaume Poyet : 1° elle rend général dans tout le royaume pour les actes de la procédure, l'usage de la langue française, mais laisse subsister bien des abus de l'instruction criminelle; 2° elle limite la juridiction ecclésiastique ; 3° elle crée les registres de baptêmes dans les paroisses (10 août). Projets de canaux.
Italie. — Le saint-siége, cédant enfin aux instances de Charles V, renouvelle à la maison d'Esté l'investiture de Ferrare, longtemps refusée à cause des prétentions de la cour de Rome sur Modène et Reggio.
Angleterre. — Mariage de Henri Mil avec Anne de Clèves (G janv.).
Bientôt le roi, qui se repent de cette union, fait condamner à mort par le parlement , sous prétexte de haute trahison, Cromwell, qui l'a négociée (8 juill.). Le roi divorce pour épouser Catherine Howard (8 août).
Autriche et France. — Charles- Quint traversant la France pour aller réduire les Gantois (déc. 1539 et janv. 1540), éprouve la bonne foi de François 1er, auquel il promet le Milanais pour un de ses enfants : en Flandre il rétracte sa parole. La guerre est imminente. — Gand perd une partie de ses franchises municipales.
Espagne. — Orcllana reconnaît le plus grand fleuve de l'Amérique
XVIe SIÈCLE APRÈS J. C.
du Sud , le Maraguon ou fleuve des Amazones.
il o nsçrte. — Jean Zapoly laisse en mourant un fils âgé de quelques mois que son parti oppose à Ferdinand pour la royauté de Hongrie (juili.).
Italie. — Charles-Quint donne l'investiture du Milanais à son propre fils Philippe, âgé de treize ans: il en dispose comme d'un fief dévolu à l'empire (oct.). — Paul III approuve les statuts des jésuites, fondés par Ignace de Loyola. Cet ordre, qui voue une absolue obéissance aux ordres de Rome, luttera avec habileté et succès contre les innovations religieuses a l'aide de la prédication , de la confession et de l'enseignement.
Allemagne. — Conférences de Ratisbonne pour tenter la conciliation des doctrines catholique et protestante : le Vénitien Contarini représente le pape, Bucer représente Luther. Le saint-siége a raison de ne pas adhérer aux concessions proposées.— Le duc poméranien de Stettin Tonde dans cette ville un collège, et fait rédiger un formulaire de doctrines religieuses.
Km panne. — Les corsaires d'Afrique infestent les côtes d'Italie et d'Espagne, ainsi que les Iles. L'un d'eux, Dragut, qui est déjà fameux, est pris dans une descente en Corse.
Charles V, contre l'avis d'André Doria, entreprend le siège d'Alger.
L'expédition est désastreuse : la flotte est dispersée par une tempête, l'armée battue par les Turcs, auxiliaires de Barberoussc (oct., nov.). — Après avoir occupé et dévaste le Pérou , dont les habitants étaient plus doux, et presque aussi civilisés que leurs atroces conquérants, François Pizarrc périt, victime des trahisons d'Alniagro , son compagnon de brigandage.
La guerre civile continue entre les Espagnols. — Les Espagnols pénètrent de nouveau dans le Chili.
Vrance* — Première alliance politique avec le Danemark (nov.).
Alliance avec le duc de Clèves, qui
épouse une nièce de François I*r.
Procès, pour malversations, de l'amiral Philippe Chabot, qui est l'ennemi du chancelier Poyct et du connétable de Montmorency. — Les dessins pour la reconstruction du Louvre sont donnés par Pierre Lescot : on ne fit alors que le pavillon de l'Horloge.
Hongrie. — L'ambition de l'évéque Marti nuzzi qui , au nom du jeune prince de Transylvanie Jean Sigismond ou Etienne, appelle Soliman contre Ferdinand d'Autriche, est cause d'une nouvelle occupation de Bude par les ottomans (juill. ).
Soliman renvoie Etienne en Transylvanie : ses prétentions sur la Hongrie ; à Bude les églises sont converties en mosquées.
Italie. — Charles V , malgré la résistance du sénat de Milan , sépare à jamais du Milanais le comté de Guastalla, qui était dévolu depuis deux ans à Ferdinand de Gonzague, pour le mettre sous la mouvance directe de l'empire.
Portugal. — Jean III fait venir de Rome les jésuites François Xavier et Simon Rodrigucz, et favorise les progrès de la compagnie.
Angleterre. — Catherine Howard, accusée comme Anne de Boleyn , meurt, comme elle, sur l'échafaud.
Autriche et France. — La
guerre entre François lCP et Charles V a pour théâtre le Luxembourg, le Brabant, la Picardie, le Piémont et les Pyrénées.
Danemark. — Christian 111 fait couronner à l'avance son fils Frédéric, suivant le rit réformé.
Kcomc. — Jacques V, allié de François 1er, menacé par Henri VIII qui n'avait pu le faire adhérer au schisme, envahit l'Angleterre. Beaucoup de nobles écossais, qui avaient adopté la réforme de Calvin , abandonnent le roi au moment de combattre. H meurt quelques jours après
XVIe SIÈCLE APRÈS J. C.
(13 déc.) et laisse, de Marie de Lorraine, une fille qui vient de naître , Marie Stuart : sa veuve est régente.
Espagne. — Charles V, souvent pressé par les plaintes éloquentes de Barthélémy Las Casas, évêque du nouveau monde, public des règlements en faveur des indigènes; il établit dans la métropole le conseil des Indes. — L'Espagnol Cabrillo, pour chercher le détroit d'Anian, aujourd'hui détroit d'Hudson, navigue dans le grand Océan , te long des côtes occidentales du nouveau continent: au delà de la mer Vermeille et de la partie de la Californie qui avait été reconnue par le conquérant du Mexique, il s'avance jusqu'aux régions qu'on appelle Nouvelle-Californie , vers le 43" de latitude; il découvrit aussi le cap Mendocino, mais ne trouva aucun indice de détroit.
France. — Première alliance de la France avec la Suède.
Italie. — Paul 111 décide la convocation d'un concile général à Trente (mai ). Le concile ne se réunira que dans trois ans.
Portugal. — Le Portugais Antoine de Mota, en se hasardant dans les parages de la Chine, est jeté par la tempête sur les côtes du Japon ou Nipongl, dont les habitants le reçurent avec amitié et payèrent ses marchandises en argent. Le jésuite François Xavier , revêtu par le pape du titre de légat a latere, va, à la demande du roi Jean 111 , prêcher l'Évangile au Japon. — Simon Rodriguez reste en Portugal pour fonder plusieurs maisons de l'ordre. Jean 111 fait les vœux de jésuite.
Angleterre. — Dernier mariage de Henri Y 111 avec une veuve, Catherine Parr , qui fut aussi en péril de mort à cause de ses opinions religieuses.
Autriche, France et Turquie.
— Alliance offensive de Henri Vlll avec Charles V contre François 1er
(8 avril). — Courses de Barberousse au delà du phare de Messine jusqu'à Reggio et à l'embouchure du Tibre. Nice, la seule place qui reste au duc de Savoie , l'allié de l'empereur, est bombardée par l'amiral de Soliman Barberousse, et par le comte d'Enghien. Barberousse à son retour ravage les lies voisines de l'Italie et de la Sicile; il ramène à Constantînople sept mille prisonniers.
Autriche et Espagne* — L'infant don Philippe, fils de Charles V, épouse une princesse de Portugal. — Ferdinand d'Autriche, vingt ansavant sa mort , appelle par son testament ses filles à la succession des royaumes de Hongrie et de Bohême, si ses fils étaient sans héritiers. — Vesale de Bruxelles, créateur de l'anatomie humaine, un des premiers qui aient osé disséquer des cadavres, publie à Bâle un grand traité : de Corporis humani fabrica; douze ans plus tard, il en donnera une autre édition plus complète. Le titre de médecin de Charles V et ensuite de Philippe Il ne le sauvera pas des accusations qui se fondent sur des préventions invétérées.
ccogfie. — Réconciliation avec l'Angleterre. Projet do mariage entre le prince de Galles et Marie Stuart.
Italie. — Côme de Médicis reconstitue l'université de Pise, qui attire un grand nombre d'étudiants, surtout par ses cours nouveaux de botanique et d'astronomie.
Pologne. — Le système régulier des corps célestes est dévoilé par le livre de Copernic, né à Thorn sur la Vistule : il prouve que toutes les planètes tournent d'occident en orient, et que la terre accomplit deux mouvements, l'un de rotation sur elle-même, l'autre de circonvolution autour du soleil. Craignant les contradictions ou les persécutions, parce que la science n'est pas conforme à la tradition biblique au sujet du soleil, il ne publie son livre qu'au moment même de mourir, en le dédiant au pape.
XVI' SIÈCLB APRÈS J. C.
Boggie. — îvan IV, à quatorze -ans, prend en main le pouvoir et punit justement de mort ceux qui ont fait détester les dix premières années de son règne; mais il est en proie, pendant deux ans, à une sorte de rage sanguinaire.
Allemagne. — Après une diète tenue à Spire, des luthériens obtiennent de siéger dans la chambre impériale.
Autriche, France et Turquie.
— La grande victoire du comte d'Enghien sur les impériaux , à Cérisoles dans le Piémont (14 avril), n'a pas de résultat décisif, parce qu'une partie des troupes françaises est rappelée pour tenir tête à une invasion anglaise dans le Boulonnais (août).
Charles V envahit la Champagne et vient jusqu'à Château- Thierry. Le traité de Crépy, en Laonnais, met fin à la guerre avec l'empereur, sans profit pour la France (17 sept.).— La guerre avec l'Angleterre continue.—- —Maîtres d'une partie de la Hongrie, les ottomans ravagent l'Autriche, la Silésie, et la Moravie.
Danemark* — Le roi Christian III, qui jusqu'alors avait gouverné les duchés de Slesvig et de Holstein en commun avec ses frères, nés d'une autre mère, fait avec eux le partage de ce domaine, malgré les protestations des états de Danemark.
Le roi soutient qu'il doit y avoir union perpétuelle des duchés avec le Danemark , et que le Slesvig demeurera en fief à la couronne. — L'un des frères du roi, Adolphe, est la tige de la branche ducale de Holsteln- Gottorp.
Naède. — Les états assemblés à W esteras, déclarent, à la demande de Gustave Vasa , la couronne héréditaire dans sa maison. Le sénat s'oblige par serment à ne souffrir dans le pays que la religion luthérienne. En Suède, elle n'exclut pas les évéques , et conserve même une partie de la liturgie romaine.
Angleterre. — Le parlement donne à Henri VIII les biens des hôpitaux, môme des universités, excepté celles de Cambridge et d'Oxford ; il lui reconnaît le droit divin et l'autorité sur l'Église (23 nov.).
Danemark. — Christian IL charge les professeurs de l'académie de Copenhague de traduire en danois la version a demande que Luther avait faite de l'Écriture sainte.
Kapagne. — Au Pérou, exploitation de mines d'argent près du mont Potosi.
France. — Exécution barbare d'un arrêt rendu en novembre 1640 par le parlement d'Aix, contre les Vaudois : une partie de cette population hérétique, qui vivait dans les Alpes de Provence à Çabrières et à Mérlndol, fut anéantie. — Le chancelier Poyet , après un procès qui a duré trois ans, est condamné pour malversation à une forte amende.
Hongrie. — Soliman prend en Hongrie Strigonie, sur le bas Danube, et Albe Royale.
Italie. — Paul III Farnèse détache du domaine du saint-siége Parme et Plaisance, anciennes dépendances du Milanais, et en forme un duché héréditaire pour son fils naturel, Pierre- Louis Farnèse. L'investiture pontificale ne suffit pas au nouveau duc que ne reconnaît pas Charles V, seigneur de Milan. — Le concile de Trente, le dernier concile général , s'ouvre enfin (13 déc). Dix- huit années s'écouleront entre la première et la dernière session ; il sera souvent interrompu.
Les premières sessions, en anathématisant les luthériens et en posant rigoureusement le dogme, conserveront l'orthodoxie de l'Église et laisseront en dehors tous les dissidents, f auxquels n'est faite aucune concession de doctrine. *
Rurale. — Ivan IV est couronné par le métropolite : il prend le litre de tsar ou czar qu'on donnait déjà quelquefois à son père. Le mariage
XVIe SIÈCLE KVKkS J. C.
adoucit son caractère. Il fait préparer la réforme de la législation russe.
Allemagne. — Mort de Luther (16 févr.).
Angleterre et France*— Traité de paix (17 juin). Boulogne reviendra à la France par rachat.
Espagne. — Au Pérou, pacification de la colonie par Pedro de la Gasca.
Italie* — Paul III fait reprendre les travaux de l'église de Saint-Pierre par Michel-Ange Buonarotli, qui modifie le plan primitif de Bramante.— N'osant pas établir ouvertement l'in-
2|uisition dans le royaume de Naples, Charles V autorise cependant le pape à envoyer de Rome à Naples des commissaires pour rechercher les luthériens , mais le vice-roi promet au peuple que ce n'est qu'une commission passagère de la cour de Rome et qu'il n'y aura pas d'innovation.
Turquie* — Mort de l'amiral de Soliman, Barberousse, le souverain des pirates d'Afrique (4 juiil.).
Allemagne.— Victoire de Charles V sur les troupes de la ligue de Smalkalde à Muhlberg, prèsde l'Elbe, en Saxe (24 avril); l'électeur de Saxe Jean-Frédéric, fait prisonnier, est dépouillé de l'électoral.
Angleterre* — Mort de Henri VIII (29 janv. ). Le nouveau roi Édouard VI , âgé de dix ans» est élevé dans les idées des luthériens , par son oncle le duc de Somerset qui se sert de Cranmer , archevêque de Cantorbéry, pour introniser en Angleterre la réforme allemande. — Campagne brillante contre l'Ëcosse, sans résultat.
France* — Mort de François I,r (31 mars). Il avait pour devise une salamandre dans le feu, qu'on retrouve comme ornement de sculpture dans les châteaux royaux. Les basreliefs de son tombeau ont été
sculptés par Pierre Bon temps. Deux portraits célèbres de lui, l'un par lê Titien (au Louvre), l'autre par le Français Jean Clouet (à Versailles].
— Avènement de son fils Henri II, marié à Catherine de Médicis. — Création d'un secrétaire d'État de la marine.— Duel de Jarnac en présence du roi.
Italie* — A Gènes, la conspiration des trois frères Fieschi avorte:
le neveu d'André Doria est seul assassiné, pendant la nuit, par les conjurés ( 2 janv. ). Plusieurs des chefs sont pris et condamnés au dernier supplice. Les anciens nobles se font accorder quelques prérogatives au-dessus de ceux que leur a assimilés la constitution de 1528. — Le duc de Parme, Pierre-Louis Farnèse, déjà détesté de ses sujets pour ses débauches, ses perfidies et ses cruautés, s'est fait honteusement le complice des ennemis de Doria. Ses ennemis encouragés par Ferdinand de Gonzague, comte de Guastalla, qui est gouverneur de Milan pour Charles V, l'assassinent ouvertement à Plaisance (10 sept.). Cette ville est occupée par les troupes impériales. Le fils de Pierre , Louis-Octave Farnèse , n'est reconnu qu'à Parme. — L'inquisition commence à paraître plus ostensiblement à Naples : des bulles du pape sont affichées en carême avec l'édit qui en ordonne l'exécution. Le viceroi promet encore qu'il ne sera pas fai t d'innovation. Nouvel édit ( 1 1 mai). Révolte de la population : elle sera en effervescence jusqu'à la fin du règne de Charles V.
Pologne et Russie* — Le maître de l'ordre en Livonie refuse le passage par son territoire à trois cents ingénieurs et ouvriers allemands qu'Ivan IV avait obtenus de l'empereur : toute entrave mise au développement de la civilisation russe prolongeait les jours d'indépendance de la Livonie.
Allemagne* — Diète d'Augs-
XVIe SIÈCLE APRÈS J. C.
bourg : V intérim, formulaire de foi et de discipline , rédigé aù nom de Charles V, ne satisfait ni les catholiques ni les prolestants (16 mai).
Kco*se et francet — Intervention de la France dans les affaires de TÉcosse : la jeune Marie Stuart, née d'une princesse française sœur des Guise, que ]e gouvernement d'Angleterre voulait marier à Edouard VI, est conduite en France pour être fiancée au dauphin.
France. — L'imposition de la gabelle dans la province de Guyenne (7 juiil. ), cause une révolte que réprime avec cruauté le connétable de Montmorency ( oc t. ). — Ces atrocités inspirent a Etienne de La Boétie, âgé de dix-buit «ns , l'ami de Montaigne , une éloquente invective contre la tyrannie, Discours de la servitude volontaire, ou Contre un.
— Le parlement défend à la confrérie de la Passion , autorisée depuis 1402, de représenter des mystères : elle pourra jouer des sujets profanes (15 nov.). — Le vieux Louvre ( pavillon de l'Horloge ) est terminé. — L'efligie du roi sera désormais empreinte sur la monnaie, au lieu de la croix trop facile a contrefaire. — Jeanne d'Albret, fille du roi de basse Navarre Henri , épouse Antoine de Bourbon, duc de Vendôme, descendant de Robert de Clcrmont, en Beauvoisis, cinquième fils de saint Louis.
Italie. — - Corne de Médicis fait de Livourne un port franc, ce qui y attire les étrangers. — 11 livre au public la riche bibliothèque qui date de Corne 1er Père de la patrie.
Pologne. — Mort de Sigismond Ier à quatre-vingt-deux ans. Il a cherché à polir les mœurs de ses sujets et à leur inspirer le goiU des sciences et des arts ; il a fortifié les places de guerre , et embelli les principales villes. Son fils Sigismond- Auguste lui succède.
Portugal. — Des marchands portugais apportent de la Chine, dans leur patrie, une espèce d'orau-
ger dont la culture devint une des richesses du pays , et s'est répandue de là en Europe.
Turquie.— Victoire sur les Perses près de Van, en Arménie.
Angleterre. — Le duc de Somerset fait condamner à mort par arrêt du parlement son frère Thomas Seymour qui lui disputait l'autorité (mars). Lui-même est supplanté par le comte de Warwiek, qui est pour lui un vainqueur plus généreux.
Autriche. — Un édit de Charles V réunit en un seul corps de nation les dix-sept provinces des Pays- Bas.
Kspagne.— Le conseil des Indes en Espagne donne à quatre religieux la direction d'une expédition pour la Floride ; il espère parvenir plus facilement a la conquête en convertissant les indigènes au christianisme. Pas de résultat : les Indiens mangeaient les Espagnols qu'ils pouvaient prendre.
France. — Peu après son entrée solennelle à Paris, fêtée par des tournois, le roi assiste au supplice de plusiers calvinistes condamnés au bûcher (juill.). — Défense et illustration de la langue française, par Joachim Dubellay , manifeste des nouveaux réformateurs qui veulent ennoblir la langue par des emprunts faits aux Grecs et aux Latins : Ronsard sera leur chef.
Italie. — Paul III, craignant que l'empereur ne se rende maître de Parme, comme il a fait de Plaisance, la relire à son pelit-fils Octave Farnèse, et la déclare de nouveau incorporée au domaine ecclésiastique.
Octave réclame et garde la ville malgré le pape. Paul III meurt au milieu du débat à quatre-vingt-deux ans (10 nov.).— Corne- rétablit à Florence l'université : les lettres grecques et latines, la philosophie, les sciences, y sont enseignées; les auteurs grecs surtout sont étudiés et traduits. Des imprimeurs de Flandre et de Hollande
XVIe SIÈCLE APRÈS J. C.
sont attirés par les libéralités du prince.
Pologne. — Malgré les instances et les menaces de la diète, Sigismond- Auguste ne rompt pas le mariage qu'il a récemment conclu avec la fille du Castcllan de Vilna en LUhuanic, que les sénateurs ne trouvaient pus assez noble pour un roi.
Afrique. — Fez et les autres positions importantes de la Mauritanie sont enlevées par les nouveaux possesseurs de Maroc, dont les descendants régnent encore aujourd'hui.
Angleterre. — Le culte luthérien est imposé à l'Angleterre par ceux qui la gouvernent : il reçoit la sanction du parlement (févr.).
Bohême. — Le roi Ferdinand fait déchirer le pacte de famille fait par le duc silésien de Lignitz-Brieg avec la maison de Brandebourg en 1537.
France. — Ordonnance sur la discipline militaire. L'artillerie est perfectionnée par le grand maître Jean d'Eslrées.
■tnlle. — Les Vies des plus excellents peintres , sculpteurs et architectes, jusqu'au milieu du xvr siècle, écrites en italien par le Toscan Vasari qui était lui-même peintre et architecte, sont une source précieuse pour l'histoire des arts.
ir>oi.
Allemagne. — Maurice de Saxe, auquel Charles Y a dû ses victoires sur les protestants, devenu électeur, se déclare pour eux. Danger que court l'empereur.
Autriche. — La mère de Jean Sigismond, prince de Transylvanie, renonce en son nom à cette province, en échange de laquelle Ferdinand d'Autriche lui promet deux principautés de Silésie. Soliman continue cependant la guerre. — Ferdinand laisse à Martinuzzi le gouvernement de la Transylvanie, le fait cardinal et archevêque de Strigonie (ocl.) ; mais
croyant son ambition insatiable , il ordonne ou permet la mort violente du prélat (déc).
Autriche, France et Italie- Renouvellement de la guerre. Henri 11 envoie une armée dans le Piémont. Le maréchal de Brissacqui la commande, par une exacte discipline , empêche qu'elle ne soit à charge au pays. — Octave Farnèse menacé d'être dépouillé de Parme par le comte de Guaslalla , obtient la protection du roi de France (27 mai). Jules 111 excommunie Octave et menace même le royaume de France d'interdit.
Henri II détache vers Parme une partie des troupes du Piémont, et met à profit le courage de Pierre Strozzi, exilé de Florence.— Il fait défense à ses sujets de porter de l'argent à Rome, rappelle les prélats français du concile de Trente, contre lequel écrit Jacques Amyot, et menace d'assembler en France un concile national. — Ligue de Henri II avec les protestants d'Allemagne contre l'empereur ( oct. ) , malgré Pédit de Châteaubriand contre les protestants de France.
Italie. — Le concile de Trente a repris ses sessions par l'ordre du pape (ltr mai).
Suisse. — Le naturaliste Conrad Gesncr commence à Zurich, sa patrie , la publication d'une Histoire des animaux, qui réunit tout ce que les anciens avaient laissé de matériaux sur la zoologie, et y ajoute ses propres observations.
Turquie. — Les musulmans sous le pacha Dragut font une descente à Malte : forcés de lever le siège de la capitale, ils se dédommagent en prenant Tripoli , possession de l'ordre sur la côte d'Afrique.
ftKtfft.
Allemagne, Autriche, France et Italie. — Henri II déclare la guerre à l'empereur, et se dit le vengeur de la liberté germanique, qui est mise en danger par l'opprcssioti du parti luthérien (janv.) : il enlève
XVIe SIÈCLE APRÈS J. C.
les trois évéchés de Metz, Toul et Verdun, villes d'empire (mars). — Trêve de deux ans entre le pape, Henri II et Octave Farnèsequi garde le duché de Parme (29 avril). — En Toscane, lesSicnnois, maltraités par la garnison espagnole, la chassent et se mettent sous la protection de la France.
— La transaction de Passau par laquelle Charles abolit Yinterim et accorde la liberté de conscience jusqu'à la prochaine diète, lui permet de se tourner contre Henri 11(1 5 août). H met le siège devant Metz (31 oct.).
— D'autres troupes Impériales ravagent les frontières de la Picardie.
Angleterre* — Pour conserver son pouvoir menacé, Warwick , duc de Northumberland, fait tomber sur l'échafaud la téte de Somerset ( 22 janv.).
^ France,— Édils de Henri U pour l'établissement des sièges présidiaux (Janv. ); pour l'érection de la chambre des monnaies en cour souveraine. — Un arrêt du parlement de Paris défend les écoles buissonnières que les prolestants tenaient dans la campagne (G août). — Représentation de la première tragédie française, Cléopâtre, de Jodclle, imitée des anciens. — Ambroise Paré est nommé chirurgien ordinaire du roi.
Boggie. — Après la réforme de h discipline militaire, et rétablissement du corps réglé et permanent «les strelilz, archers qu'il arme bientôt du fusil , Ivan marche contre le klian de Kasan, Jediguer, fils du souverain lartarc d'Astrakan. Le siège de Kasan commence au printemps.
La ville prise est inondée du sang des Tartares (oct.). lediguer ne survit à la ruine de son empire que parce qu'Ivan veut l'avoir pour ami et pour conseiller; il se fait chrétien *wis le nom de Siméon.
Turquie. — André Doria est battu Par le corsaire Dragut devant Naples.
—Les généraux de Soliman prennent en Hongrie la forte place de Temesvar au sud-est, mais ne peuvent
enlever Agria (Eger), au nord-est de Dude.
Angleterre. — Mortd'Ëdouard Y!
à seize ans (G juill.ï. Le duc de Northumberland fait proclamer reine au préjudice des filles de Henri VIII, sa belle - fille , l'infortunée Jeanne Grey, qui descendait de Henri VII par son aïeule. La nation reconnaît les droits de Marie, fille de Catherine d'Aragon, âgée de trente-sept ans (19 juill.). Northumberland meurt sur l'échafaud (août). Captivité de Jeanne Grey et de son mari Dudley.
— Zélée catholique , Marie se fait couronner par Gardtner, évéque de Winchester, qui a été persécuté sous le dernier règne (4 oct.). — Les Anglais en cherchant une route plus courte aux Indes, par le nord-est de l' Europe , parviennent dans la mer Blanche et commencent à faire le commerce de la Russie par Kholmogory, un peu au sud-est de l'embouchure de la Duna.
Autriche, France et Turquie*
— Le duc de Guise force Charles V à lever le siège de Metz (janv.). La destruction de Térouanne, à l'entrée de la Picardie et de l'Artois, est un acte de vandalisme de la part de Charles V (20 juin). — La Corse, Ile génoise, est attaquée parles Français et les Turcs. Deux villes seulement refusent de se rendre, Calvi au nordouest, et Basiiaau nord-est; mais les Turcs étant rappelés par le sultan, les Français sont trop peu nombreux pour garder l'Ile longtemps. Gènes donne le commandement de la guerre avec des forces considérables a André Doria,agé de quatre-vingt-quatre ans.
France. —Naissance de Henri IV à Pau. — Le savant Oroncc Finé , professeur de mathématiques au collège royal de France, fabrique pour le cardinal de Lorraine une horloge qui existe encore dans l'ancien bâtiment de la bibliothèque Sainte- Geneviève à Paris.
Italie. — Calvin, qui rendait aux '
chrétiens le droit d'interpréter les livres saints, fait brûler à Genève, ou il domine en souverain depuis douze ans, le dissident Michel Servet.
UTonle. — L'archevêque de Riga trouble la paix de la Livonie, en appelant à la dignité de coadjuteur un jeune prince éi ranger, malgré des engagements contraires pris en 1546.
Portugal. — Les Portugais établis au Brésil s'étendent jusqu'à la rivière de la Plata.
Angleterre.— Marie Tudor conclut son mariage avec le fils de Charles V, Philippe, veuf depuis neuf ans d'une princesse portugaise (12 jauv.).
Mouvement de révolte. Exécution capitale de Dudley et de sa femme Jeanne Grey (12 févr.), du père de Jeanne Grey le 17. L'ancienne liturgie de l'Église est rétablie. Elisabeth , tille d'Anne de Boleyn, est emprisonnée. Philippe vient épouser la reine (juill.). Le cardinal anglais Iteynaid Pôle arrive en Angleterre comme légat du saint-siége pour réunir ce pays à l'Église romaine (nov.); il aura la sanction du parlement.
Autriche, France et Italie- Sienne est défendue conlrc les troupes impériales et florentines par le maréchal de France, Pierre Strozzi, exilé florentin. — Brillant coup de main des troupes françaises devant Rend , à rentrée de l'Artois. — En Corse , Spinola, lieutenant d'André Doria, fait lever le siège de Calvi aux Français. San Fiorenzo, place importante sur la côte du nord , résiste longtemps avec deux mille Français.
San Pietro, le chef national des Corses, ne pose pas les armes.
Autriche. — Charles V cède à Philippe, son fils, la Sicile et le royaume dcNaples, dont le nouveau roi reçoit l'investiture pontificale (28 oct.).-— La Transylvanie, en haine des Autrichiens, rappelle le prince Jean Sigismond avec sa mère.
France.— Création du parlement de Rennes pour la Bretagne, rui n'a-
APRÈS J. C
vait eu jusque-là d'autre cour de haute justice que les états de la province (mars).
Portugal. — Les Portugais se font donner par le pape la possession exclusive de toute la côte de Guinée, riche en or, en ivoire, en esclaves, et excluent de ces parages le commerce de toutes les autres nations.
RuHMie. — Le czar sans aucun droit exige de l'évêque de Derpt, en Livonie, un tribut: le maître de l'ordre se résigne à le payer ; l'assemblée des étals décide même une trêve de quinze ans avec les Russes. — Soumission de la principauté tartarc d'Astrakan.
Allemagne. — La diète d' Augsbourg donne la liberté de conscience à tous ceux qui professent le luthéranisme , mais non aux autres sectaires : le culte n'est libre que pour les seigneurs et pour leurs coreligionnaires sur leurs terres; la clause du réservât ecclésiastique atteint tout bénéficier catholique qui embrasse la nouvelle religion ( août-sept.).
Angleterre. — Persécutions sanglantes ordonnées par Marie Tudor contre les réformés. Cranmer meurt sur le bûcher. Le cardinal Pôle est fait archevêque de Cantorbéry.
Autriche. — Dans une assemblée à Bruxelles , Charles V cède à son fils les Pays-Bas (oct.). Philippe en remet le gouvernement au duc de Savoie, Emmanuel-Philibert, que les Français ont dépouillé de ses États.
Autriche, France et Italie. — Sienne, habilement défendue par le Français Biaise de Montluc, obtient une capitulation honorable: elle doit cire libre sous la protection de l'empereur (avril). Mais Charles V en donnera l'investiture à son fils, au détriment des Médicis qui ont aidé les impériaux à la soumettre.
F.Hpagne. — Au nord de l'Amérique du Sud , fondation de Carthagène et de Porto-Bello.
France. — Première église du culte prétendu réformé, établie à Paris. — La mort de Henri M d'Albret donne à sa fllle, Jeanne d'Albrct, et à son gendre Antoine de Bourbon, la couronne de la basse Navarre (mai). — Bernard Palissy, potier de terre, né dans l'Agénois, après seize ans d'efforts et de grandes dépenses, trouve le secret de l'émail dont on se servait alors en Italie pour faire de beaux ouvrages de faïence. Il a fabriqué de très-belles poteries.
Italie*— Le nouveau pape, Paul IV Carafla, conclut avec la France une ligue offensive et définitive contre les Espagnols pour leur enlever le royaume de Naples (15 déc).
RuMleet Suède* — Rupture et guerre de deux ans.
Autriche* — Trêve signée à Vaucclles, au sud de Cambrai, entre Charles V et Henri II (5 févr.).— Charles V se démet de ses États d'Italie et d'Espagne en faveur de son fils Philippe H (6 féyr.). 11 renonce à l'empire et à ses Etats allemands en faveur de son frère Ferdinand I" (sept.).
Espagne, France et Italie.—
La guerre recommence entre Philippe Il et Henri H. Philippe II, pour détacher le duc de Parme de l'alliance française, lui rend la ville de Plaisance, mais en gardant le château (15 sept.). Henri 11 renouvelle la lifîue avec le pape, et y fait accéder le duc de Ferrare, gendre de Louis XII, beau-père du duc de Guise (13 nov.).
Indes. — Mohammed Akbar, descendant de Babour, issu lui-même du Mongol Tamerlan , commence à Uehli, dans l'Iode, à l'âge de quatorze ans, un règne qui doit durer près de cinquante années.
Ltvonle. — Lutte entre l'archevêque de Riga et les états de Livonie.
L'archevêque et son coadjuteur sont faits prisonniers par les troupes de l ordre (Juin)*
Angleterre, Cepagne, France et Italie. — Campagne stérile du duc de Guise contre le royaume de Naples. — Le duc Corne de Médicis obtient de Philippe II la ville de Sienne, la seule république qui fût encore indépendante en Toscane : mais plusieurs places comprises dans le territoire de cette ville, qu'on appelle Degli presidi, ou les forteresses, restent au roi d'Espagne (juill.).— Philippe II va en Angleterre décider Marie Tudor à prendre les armes contre la France (20 mai ). — Invasion de la Picardie par les Anglais et par les Espagnols sous la conduite d' Emmanuel- Philibert de Savoie. Leur victoire de Saint -Quentin sur le connétable de Montmorency qui est fait prisonnier MO août). Siège de Saint -Quentin.
Philippe , pour la seule fois de son règne , parait en costume de guerre.
La ville est prise (27 août). — La cour de France rappelle le duc de Guise , et le nomme lieutenant général.
Espagne. — Charles V vit retiré au monastère de Saint-Just, dans l'Estremadure.
France. — Nouvelle organisation des légions provinciales. Création de quatre régiments de Picardie, Champagne, Navarre et Piémont.
Uvonlc, Pologne et RiihmIc.
— Le roi de Pologne vient avec cent mille hommes sur les frontières de, Livonic réclamer la mise en liberté de l'archevêque de Riga, son parent* Alliance contre le czar entre le maître de l'ordre de Livonie et le roi de Pologne (14 sept.). Ivan IV déclare la guerre à la Livonie (nov.).
Portugal. — Don Sébastien, petit-ûls de Jean III, lui succède. Sa minorité sera tranquille.
Allemagne. — Paul IV ne veut pas reconnaître Ferdinand 1er comme empereur parce qu'il n'a pas demandé le consentement du saintsiége : depuis ce temps, les empereurs
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ont cessé de demander la confirmation du pape. Charles V fait de vains efTorts pour reprendre à son frère la * couronne impériale qu'il aurait voulu i donner à son fils Philippe II. — La ville de Constance, où depuis trente ans dominait le culte réformé, est occupée par les troupes de Ferdinand et réunie à ses domaines ; il y rétablit la religion catholique.
Angleterre. — La mort de Marie Tudor, sans enfant, donne le trône à sa sœur Élisabeth, fille d'Anne de Doleyn, âgée de vingt-cinq ans (17 nov.). — Mort du cardinal Pôle le 18. — L'Angleterre est enlrc les mains d'une ennemie de l'Église romaine. Marie Stuart , qui descendait par son père d'une fille de Henri VII , est exclue comme autrefois Jeanne Grey. Commencement de leur rivalité de religion , envenimée par des jalousies féminines; différence de politique et d'intérêts.
Angleterre , Espagne et France. — Le duc de Guise attaque Calais ( lrr janv. ) : la citadelle est emportée d'assaut ; en huit jours la ville capitule : les Anglais n'ont plus rien en France. Le dauphin épouse la jeune reine d'Ecosse , nièce des Guise , âgée de seize ans ( 24 avril). Courses impuissantes des Anglais sur les côtes de Bretagne (juin). — Guise enlève aux impériaux Thionville.sur la Moselle , après dix-sept jours de siège (23 juin). Mais le maréchal de Termes perd contre le comte d'tëgmont la bataille de Gravelines, près de la côte de Flandre (13 juill.). — Des négociations pour la paix sont ouvertes à Cateau-Cambrésis( 1 5 oct.).
Espagne.— Peu de jours après la célébration simulée de ses propres funérailles, mort de Charles Y (21 sept.).
Vranee. — Aux États généraux qui furent convoqués après la bataille de Saint-Quentin, l'élite de la magistrature forme un ordre distinct de la noblesse , du clergé et du tiers état, pour cette fois seulement. —Procession publique des protestants ou huguenots à Paris.
APRÈS J. C
Pologne et Russie.— Quarante mille Russes dévastent la Livonie.
1BS9.
Angleterre. — Elisabeth, après s'être fait couronner suivant le rit catholique (16 janv.), reçoit du parlement le titre de chef suprême de l'F,glise anglicane le 25. Les opposants sont dépouillés de leurs sièges et de leurs bénéfices ecclésiastiques.
Angleterre,EspagneetFranee. — La paix de Cateau-Canibrésis termine une guerre qui , après avoir menacé l'existence de la France, semblait devoir lui donner d'autres conquêtes (25 avril): la France ne garde que Calais, les trois évêchés de Lorraine et quelques places du Piémont, Pignerol, Turin, Chiers, Villeneuve d'Asti et Chivas ; Philippe II épousera la fille de Henri II , Élisabeth , qui était déjà promise à son fils don Carlos , âgé de quatorze ans (juin).
Autriche. — Depuis la mort de sa mère, Jean Sigismond, âgé de dixneuf ans, obtient difficilement l'obéissance de ses sujets de Transylvanie, surtout des Szcklers, débris des anciennes populations hunniques, voisins de la Moldavie.
Danemark. — Mort de Christian III (1er janv.). 11 a développé l'agriculture et le commerce, a protégé les arts et les sciences, a amélioré les lois et abrégé la procédure. Avènement de son fils Frédéric 11. — Aidé par son oncle le duc de Holstein , Frédéric II réduit le premier à l'obéissance les Ditmarses , auxquels il enlève d'assaut la ville de Meldorp, et gagne sur eux une sanglante bataille.
Ecosse. — Marie Stuart irrite Élisabeth en prenant le titre de reine d'Angleterre par ordre de son beaupère, Henri IL— Marie de Lorraine, sa mère, qui gouverne l'Écosse, rend imprudemment un édit rigoureux contre les protestants.
Espagne.— Mesures maladroites et odieuses de Philippe II dans les Pays-Bas. Il en donne le gouverue-
XVIe SIÈCLE APRÈS J. C.
ment à sa sœur naturelle , Marguerite , veuve du duc de Parme , qui aura Granvelle, lévéque d'Arras, pour ministre. Mécontentement du comte d'Kgmont et du prince d'Orange, Guillaume de Nassau, stathouder ou gouverneur général de la Hollande et de la Zélande. Il renouvelle les édits sanglants de Charles V contre les protestants. Aux cinq évéchés existants en sont ajoutés douze nouveaux, sous l'autorité métropolitaine de Cambrai, d'Utrechtet de Malines.
— Retour de Philippe H en Espagne (août) : H ne quittera plus la péninsule. Nombreuses victimes livrées à l'inquisition : Philippe II assiste à la cérémonie du bûcher, à l'auto-dafé. Persécution contre l'archevêque de Tolède , dominicain qui est devenu suspect.
France. — Édit d'Ëcouen , qui menace de mort les protestants (juin) ; il est enregistré par les parlements.
Solennelle discussion sur le droit de la liberté de conscience, en plein parlement, avec la permission et en présence du rot : le roi fait saisir cinq
conseillers suspects d'hérésie.
Pendant les fêtes données pour le mariage de Philibert-Emmanuel, duc de Savoie, avec la sœur de Henri 11, tournoi où Henri II est blessé mortellement (juill.). U laisse l'État endetté de quarante-deux millions. — Avènement de son fils aîné, François II , âgé de quinze ans , au nom duqtfel gouvernent les oncles de sa femme, le duc et le cardinal de Guise. —A nne Dubourg, un des cinq conseillers , est , après sentence , pendu et brûlé en place de Grève ( 23 déc). — Influence de la reine mère, Catherine de Médicis. Isolement des princes du sang, le roi de Navarre et son frère , le prince de Condé. Le premier est engagé ouvertement, par l'influence de sa femme, dans les idées de la réforme. — Amyot, précepteur des enfants de Henri II, commence à publier la traduction des Hommes illustresct des OEuvres morales de Plutarque.
Italie. — Mort de Paul IV (aoùt\ Il avait organisé l'inquisition a Rome
avec la dernière rigueur, et établi la congrégation de l'Index pour la cen- • sure de tous les ouvrages non orthodoxes.
Llvonle et nu««le. — Cefit trente mille Russes ravagent la Courlande, qui conduit à la Prusse (févr.). L'abdication du maître de l'Ordre en Livonie livre ces périlleuses fonctions à Gothard Kettler. Kettler et bientôt l'archevêque de Riga croient trouver protection contre les Russes en se jetant dans les bras du roi de Pologne, qui reçoit d'eux plusieurs places et de l'argent et ne les défendra pas.
Allemagne. — L'électeur palatin se fait calviniste.
^eoftse.— Influence de Jean Knox, disciple de Calvin. Des troupes anglaises qui assistent les protestants tiennent enfermés dans Leith , près d'Edimbourg, les Français venus pour défendre le gouvernement de Marie de Lorraine. Elle meurt (10 juin). Traité d'Edimbourg (30 Juill.) : les Français évacueront l'Ecosse; Marie Stuart renoncera au titre et aux armes d'Angleterre ; les charges seront toutes données à des Écossais ; un conseil de douze membres , dont sept nommés par les états , administrera le royaume; on convoquera immédiatement les états. Le parlement établit la religion presbytérienne (août). Il est désavoué par Marie StuarU La reine perd son époux (5 déc).
Espagne. — Philippe II transfère sa cour, de Tolède, à Madrid qui devient alors la capitale de l'Espagne:
ville mal choisie, nature triste, pavs inculte traversé par un ruisseau, le Manzanarès , qui est souvent desséché.— Le gouverneur espagnol du Milanais exécute l'ordre barbare de Philippe II, de tuer tous les hérétiques réfugiés dans une vallée du Piémont.
France» — Conjuration d'Amboise : les calvinistes et les princes du sang se sont réunis contre les Guises ; elle est découverte et cruellement punie (mars). — Le nouveau
XVIe SIÈCLE APRÈS J. C.
chancelier, Michel de L'Hôpital, par Védit de Romorantin qui attribue aux évoques la connaissance du crime d'hérésie, sauve la France de l'inquisition (mai). Assamblée de Fontainebleau : doléances des protestants et même des chefs du clergé ' contre le gouvernement ; les états généraux sont promis (août). Le prince de Coudé, qui depuis peu s'est fait huguenot, et son frère, le roi de Navarre, viennent à Orléans pour les états généraux : Condé est arrêté (31 oct.), jugé par une commission et condamné à mort; — Mort du roi François II (5 déc.).— Avènement de son frère Charles IX, Agé de dix ans.
Catherine do Médicis saisit la régence et s'attache les princes du sang. Étais d'Orléans : ils préparent d'utiles règlements administratifs.
Halle. — André Doria meurt à Gènes à quatre-vingt-douze ans ( 25 nov.): grand capitaine, un des meilleurs hommes de mer , excellent citoyen, restaurateur de l'indépendance de sa patrie, a laquelle il a donné avec la liberté le repos. — Un 'Vénitien, ambassadeur à Home, ayant contre la loi de l'État , qui défend a tout ministre de recevoir aucune dignité étrangère , accepté le chapeau de cardinal , est banni du sénat. — Pie IV traite sans justice et sans humanité la famille de son prédécesseur, Paul IV CaralTa, qui était ennemi de l'Espagne. — Sur la demande des États catholiques, il décrète la reprise du concile général (déc).
RusmIc. — Succès, aux dépens des chevaliers teutons de la Prusse et des Livoniens.
Suède. — Au moment où des députés livoniens viennent lui domanderde les secourir contre les Russes, meurt Gustave Vasa (29 sept.). 11 laisse l'État florissant par les alliances étrangères et le commerce; le domaine royal augmenté, des trésors, des arsenaux, des flottes, des places fortes, qui sont des garanties de paix et de grandeur. — Son iils aîné, Éric XIV, âgé de vingt-sept ans, élevé tour à
tour par un luthérien et par un calviniste, apporte sur le trône un caractère mêlé de folie et de cruauté.
Les trois frères du roi ont en apanage la Finlande, la Gothie, et la Sudermanie.
Allemagne. — A l'exemple de l'électeur de Saxe et de concert avec lui, Joachim H, électeur de Brandebourg, luthérien, sécularise tous les évéchés de ses États.
Kcofttie* — Marie Stuart , passant de France en Écosse, échappe difficilement aux vaisseaux d'Élisabeth.
Klle arrive à Edimbourg (21 août).
Elle ne peut défendre sa religion et son autorité royale contre les prédications révolutionnaires des calvinistes, surtout de Jean Knox.
Kflpngne. — Granvelle, déjà cardinal, icçoit l'archevêché de Malines; il sert avec dévouement, mais sans humanité, le zèle catholique et le des potisme de Philippe II dans les Pays- Ras. -— Les inquisiteurs d'Espagne sévissent contre les protestants du royaume de Naples.
France* — Édit de juillet contre les huguenots. Premier synode national des huguenots à Sainte-Foi, dans l'A génois. Le colloque de Poissy, où le cardinal de Lorraine et Lai nez , disciple d'Ignace de Loyola, soutiennent la doctrine catholique contre Théodore de Bèze , disciple de Calvin, envenime les haines religieuses (sept ). Pas d'unité dans le parti protestant : le prince de Condé et le roi de Navarre manquent de foi comme huguenots ; Ils n'ont pas la résolution de chefs de parti ; la réforme est pour eux une question féodale. Antoine de Navarre, qui a assisté au colloque de Poissy, incline depuis lors pour la foi catholique, a laquelle des vues d'intérêt le rattacheront tout à fait. ■— Ordonnance d'Orléans , utile surtout à la réforme de la justice.
Italie. — Pie IV invite inutilement les princes protestants à prendre part aux travaux du concile de
Trente , annoncé pour cette année , mais qui ne sera ouvert de nouveau qu'en 1662.
Pologne. La ville de Rcvel et la noblesse du duché d'Esthonie rcnoncent à l'obéissance qu'ellesavaient jurée au maltrede l'Ordre de Livonie, peut-être par crainte des Russes (juin). Gothard Kettler se déclare luthérien, se marie, s'attribue des domaines de l'Ordre, la Courlande et laSémigalle, qu'il fait ériger en duché héréditaire sous la mouvance de la Pologne ; il livre la Livonie , désolée par les Russes, à la domination polonaise (26 nov.). L'Ordre cesse d'exister en Livonie. L'archevêque de Riga fait aussi serment de fidélité au roi.
Rnsale. — L'Esthonie suédoise se donne à Ivan IV.
«aède. — Éric XIV crée le premier des comtes et des barons.
France. — Les représentants de toutes les cours du royaume , réunis à Saint-Germain , ont préparé l'édit de janvier, qui permet aux calvinistes l'exercice public de leur religion hors de l'enceinte des villes; le parlement n'enregistra qu'après trois jussions.
Massacre de protestants à Vassy , en Champagne , par les gens du duc de Guise ( l*r mars). — Commencement des guerres de religion. Les huguenots achètent les secours de l'Angleterre par la cession du Havre (20 sept.) et reçoivent des renforts d'Allemagne. Ils perdent Rouen (oct.), où a été blessé mortellement le général de l'armée royale, Antoine de Navarre, qui s'est séparé du prince de Condé, son frère , et de l'amiral de Coligny.
Ils sont battus près de Dreux (déc).
— Coligny, pour ménager un asile à des protestants français, a fait l'essai d'une colonisation dans la Floride, au nord-ouest des Antilles. Malheureuse issue de l"expédition, qu'a conduite d'abord le capitaine Jean Ribaut de Dieppe. — Jeanne d'Albret , veuve , gouverne seule la Navarre; elle élève
dans la doctrine calviniste son fils Henri, âgé de neuf ans.
Italie. — Réouverture du concile de Trente, l'évéque de Modènc, Movone, triomphe habilement des exigences des cours catholiques , et les ramène aux idées du saint-siége. — Pie IV, protecteur éclairé des lettres, confie au savant Vénitien Paul Manuce, fils d'Aide , la direction d'une imprimerie placée au Capitole, qui doit reproduire les monuments des langues de l'Orient.
Turquie. — Trêve de huit ans avec l'Autriche.
Autriche. — Ferdinand fait couronner roi de Hongrie son fils Maximilicn, en se prévalant du pacte conclu avec Ladislas ( septembre). Les Hongrois réclament vainement la liberté d'élection.
Eapagnc— Philippe II charge le
«lus habile architecte d'Espagne, R.
[onnegro, de construire à PEscurial, un peu au nord-ouest de Madrid, un palais monastique qu'il a promis de dédier à saint Laurent le jour de la féte de ce saint (lOaoût), où la bataille de Saint-Quentin a été gagnée. Ce sombre édifice, dont la forme rappelle le supplice du martyr mort sur un gril, sera à la fois un monastère, une résidence royale , et un tombeau des rois. Il fut achevé au bout de vingt ans. — Les plaintes de ses sujets des Pays-Ras, les instances même de sa sœur Marguerite . nui les gouverne, décident Philippe II à enlever tout pouvoir officiel à Granvclle, qui n'en reste pas moins son conseiller intime.
France. — Au siège d'Orléans , ville calviniste , le duc François de Guise est assassiné par un gentilhomme huguenot , Poltrot de Méré (févr.). Catherine de Médicis conclut avec les protestants la paix d'Amboise , qui rend Orléans au roi ( 19 mars). L'armée royale reprend le Havre aux Anglais (28 juill.). Déclaration de la majorité de Charles IX dans un lit de justice (17 août). —
Établissement de la juridiction des provinces avec Catherine de ! Médkis. juges-consuls pour les marchands de -A Roussdlon château sur 1 Rhône Paris f nov ). — Création du corps un peu au sud de Vienne, est rendu des cardes ^ française! - Pie IV cite un édit qui réforme l'admin.straUon t^^l^^ire devant de la justice, et fixe co-menc^ le saint-siége, dans six mois, pour de l'année an 1« janvier a " «e répondre de ses croyances hérétiques la veille de Pâques ( août). Résine soSs peine d'excommunication ( 29 tions apportées à la cornent on sent V La cour de France elle-même d'Amboise. — Vif débat engagé de froU uevoiî protester contre les me- vaut le parlement entre l'univemlé naces de Rome ( déc). La reine de de Paris et les jésuites au sujet de Navarre se laisse excommunier. l'enseignement : htienne ^qmer
Italie. - Clôture de la vingt-cin- «mmenw M ^utouon ~r^^ quième et dernière session du concile fcnae de JS de Trente (4 déc.). Les décrets sont Mt^,CirT^iripPrni f Œn confirmés aussitôt par une bulle de Pa,alsJe» ™ K-ffiL!? de ^orme Pie VI (janv. 1504). La lumière ré- sur les plans de Philibert de Lormc panduc sur les dogmes , la voie ou- et de Jean Bullan. verte aux réformes de la discipline Genève. — Mort de Calvin et des mœurs, le maintien de la su- (27 mai).
prématie du saint -siège sont les «aile. — Un traité du duc de avantages incontestés que l'Eglise gavoie avec le canton de Berne condoit au concile de Trente. sacre ja conquête du pays de Vaud
Pologne. — Abolition de la loi qu'avaient faite les Bernois en 1536; qui excluait des dignités en Lithuanie je Gex revient au duc. — San Pietro, les dissidents et les excommuniés. sortj de Corse après la paix de Ca-
Kii*8le. — Renouvellement de la teau-Cambrésis qui assurait la posguerre entre la Russie et la Pologne, session de l'île aux Génois , renonce Le czar emporte d'assaut Polock, au séjour de France pour appeler d<i sur la Duna, au nord de la Lithuanie. nouveau ses compatriotes à la guerre — La mort de la femme du czar est de l'indépendance.— Mort de Michelune perte incomparable pour lui et Ange, à quatre-vingt-dix ans. Il ocpour la Russie : il revint â son carac- cupe le premier rang comme sculplèic féroce, dont elle avait pendant teur; sa statue de M oïse orne le maudix-huit ans tempéré la rigueur. soléc de Jules 11. Comme peintre, il
Suède. — Violences sanglantes égale Raphaël avec des mérites difft-
exercées par Éric XIV contre les par- renls; son /uoempnt dernier est dans
tisans de son frère qui est marié à la chapelle Sixtine. H est sans égal
une princesse catholique : il l'a fait comme architecte ; la coupole de
prisonnier dans A bo , en Finlande. — Saint-Pierre de Rome , merveille de
Commencement d'une guerre de sept l'art moderne, couronne dignement
ans entre la Suède et le Danemark, la capitale du monde chrétien. — Vi-
gnole succède à son mattre , Michel-
1864, Ange, comme architecte de Saint-
... ... „ lt Pierre de Rome. R est le premier
Allemagne. - Maximillen II { |es modernes qui a|t fixé les
succède à l'empereur son père, Fer- » fc . d l'architecture.
dinand Ier. 11 est tolérant, môme pour c*
les protestants des États héréditaires |
d'Autriche.
Conquête de Penon Keoftne. — Marie Smart fc^usc
de Vêlez, sur la côte maure de la Henri Darnley, son cousin, qui n'a Méditerranée. d'autres qualités que les avautages