SG
Autriche. — Les Tartares appelés par les Transylvanins contre l'Autriche, à cause de leurs cruautés, sont repoussés avec acharnement.
Écohhc. — Fuite de Marie Stuart en Angleterre. Élisabeth la retiendra prisonnière dix-neuf ans.
Espagne.— L'infaut don Carlos, âgé de vingt-trois ans, soupçonné d'hérésie ou de complicité avec les rebelles des Pays-Bas, ou d'attachement trop vif pour la femme de son père, Elisabeth, qui lui avait été promise à lui-même , est jeté en prison par l'ordre de Philippe 11 qui le livre à des inquisi leurs (1 8 jan v.) et y meurt bientôt (24 juill.). Mort de la reine Élisabeth (oct. ). — Dans les Pays- Bas, condamnation capitale prononcée par le tribunal des troubles contre Egmont et Horn ( 4 juin), et exécutée le 5. Beaucoup d'exécutions sanglantes. Déjà la guerre a commencé, elle durera quarante ans. Les gueux de mer et les gueux de bois aident Guillaume d'Orange dans la lutte contre l'Espagne. Des milliers d'artisans des Pays-Bas menacés, comme hérétiques, des vengeances du duc d'Albe, vont porter en Angleterre l'art de manufacturer les draps de laine. — L'Espagnol Mendana de Neyra découvre dans l'océan Pacifique l'archipel qu'il nomme lies de Salomon, à l'est de la Nouvelle-Guinée. 11 en fit une description séduisante, mais avec des observations de longitude si inexactes que pendant longtemps on ne les a pas retrouvées.
France. — Paix de Lonjumeau (23 mars); elle est de courte durée.
La Rochelle devient la place d'armes des protestants. Un édit du roi n'autorise qu'une seule religion en France, et ordonne à tous les minlslies protestants de sortir du royaume ( 25 sept. ).
Italie. — La bulle in cœna Dotnmt, qui établit les droits du saintsiége et de la juridiction ecclésias-
XVI* SIÈCLE ANtÈS J. C.
tique, doit être, par Tordre de Pie V, publiée dans toute la chrétienté.
Ruante* — Abdication apparente d'Ivan IV; il donne le titre de czar au Tartare Jédiguer, mais du fond de son palais, qui est voisin de Moscou, il continue à faire trembler
Russie.
«aède. — Éric XIV qui a médité la ruine de ses frères, est assiégé par eux dans Stockholm; il s'y défend quelques jours (sept.). Il est déposé et retenu prisonnier. Supplice de son favori. Son frère Jean 111 de Finlande, âgé de trente et un ans, est élevé à la royauté , malgré ses tendances au catholicisme.
Turquie* — Trêve de huit ans
avec l'Autriche (janvier).
Allemagne. — Les États poméraniens sont de nouveau réuuis pour n'être plus séparés.
Angleterre. — Complot du duc de Norfolk en faveur de Marie Smart qu'il voulait délivrer de sa prison et épouser.
Espagne. — Révolte ouverte des Mauresques. — Le Belge Gérard Mercalor publie la première carte hydrographique , où les parallèles coupent les méridiens à angle droit, et où les uns et les autres sont des lignes droites. On a donné sou nom à ce genre de projection employée dans les cartes marines.
France* — Bataille de Jarnac, près de la Charente, gagnée sur les protestants par Henri d'Anjou, frère du roi; Coudé est assassiné après la bataille (13 mars). Henri, prince de Béarn, fils de Jeanne d'Albret, est reconnu chef nominal du parti que l'amiral de Coligny dirige.
Après avoir été forcé de lever le siège de Poitiers , Coligny perd la bataille de Moncontour, dans le Poitou, contre Henri d'Anjou (3 oct.).
Halle* — Pie V s'arroge le droit de conférer la dignité de grand-duc à Corne de Médicis, sans l'avis de
l'empereur qui se prétend suzerain de Florence, ni du roi d'Espagne qui a été seigneur de Sienne (i*r sept.).
Pologne. — Réunion définitive du grand - duché de Lithuanie à la Pologne : Sigismond II Auguste renonce à tous les droits que la famille des Jagellons avait eus jusqu'alors sur la Lithuanie. Une parfaite égalité de droits (coîcqualio jurium) entre les deux gouvernements qui restent différents sous un même chef; les grands officiers de Lithuanie prennent rang au sénat de Pologne. — L'électeur de Brandebourg , Joachim H, obtient de son beau-frère le roi de Pologne, le droit de succéder à Albert-Frédéric, son parent, dans le duché de Prusse, au cas où celuici mourrait sans enfants: mais Joachim n'a plus que deux ans à vivre; Albert-Frédéric commence un règne de cinquante ans.
Portugal* — Camoêns, après des vicissitudes en Portugal, en Afrique, à Goa et à Macao, revient à Lisbonne, où il public son poëme épique des Lusiadcs, composé a la gloire de Vasco de Gama. 11 mourra pauvre à l'hôpital.
Russie. — Cruelles représailles exercées par Ivan IV contre Novogorod qu'il croit disposée à se donner aux Polonais. Atrocités commises à Tver et dans d'autres villes, même à Moscou.
Angleterre. — La bulle d'excommunication lancée contre Élisabeth par Pie V coûte la vie à ceux qui l'affichent à Londres (févr.).
Autriche. — Traité de paix entre Jean-Sigismond et Maximilien, conclu à l'insu des Turcs : le prince de Transylvanie renonce au titre de roi ; après sa mort, la partie occidentale fera retour à l'empereur et, s'il n'a pas de postérité, le reste appartiendra, sous la suzeraineté de l'Autriche, à un prince élu par les étals du pays.
Espagne* — Établissement de
XVIe SIÈCLE APHÈS J. C.
l'inquisition dans les colonies. — Philippe II, âgé de quarante-trois ans, épouse en quatrièmes uoees une fille de l'empereur.
Iran ce. — Troisième édit de pacification à Saint - Germain en Laye; il donne aux huguenots l'entrée à toutes les charges et quatre places de sûreté : la Rochelle, Monlauban sur le Tarn, Cognac sur la Charente, la Charité sur la Loire (15 août).
Turquie* — Venise, menacée par les Turcs pour la possession de Chypre, obtient des secours maritimes du pape et de l'Espagne. Désaccord entre les chefs. Nicosie est emportée d'assaut ; toutes les places de l'île se rendent, excepté Famagouste, dont le siège commencé pendant l'hiver est converti en blocus.
Allemagne.— Mort de l'électeur de Brandebourg, Joachim II, éloquent, amateur des lettres, habile diplomate, d'un goût délicat pour les arts qu'il a lui-môme cultivés.
Jean-Georges qui lui succède protégera les sciences avec une sorte de despotisme, et se déclarera lui-même recteur de l'université de Francfort ; il bannira le luxe.
Autriche. — A la mort de Jcan- Sigismond, qui n'a pas de postérité, les états de Transylvanie élisent Étienne Balhori, seigneur puissant du pays . qui rend hommage à la cour de Vienne , et paye tribut aux Turcs (mai).
Efipagne.— Après de rudes campagnes de don Juan d'Autriche , fils naturel de Charles V, les Maures d'Espagne qui ne veulent pas se soumettre émigrent en Afrique. — Philippe 11 défend contre la cour de Rome les privilèges que constituait pour la royauté le tribunal ecclésiastique de la monarchie sicilienne , établi depuis cinq siècles.
i:spagnc. Italie et Turquie.
— Sélim II renouvelle l'attaque con-
tre Famagouste, capitale des possessions vénitiennes en Chypre. Trois mois de siège ; elle est prise par Mus* tapha qui sera cruel dans la victoire, même après une capitulation (août).
Chypre est tout entière aux Turcs.— La (lotte chrélieune de Venise, du pape , et de l'Espagne, commandée par l'Espagnol don Juan d'Autriche, héros de vingt-quatre ans, gagne sur les Turcs une grande victoire dans le golfe de Lépante ( 7 oct.). Perle immense des Ottomans en vaisseaux et en hommes. Les confédérés résistent aux conseils de don Juan qui voulait qu'on allât droit à Constantinople.— Le général des galères romaines fait une entrée triomphale dans Rome.
France. — La reine de Navarre et Colîgny sont attirés à la cour par les négociations du mariage du prince de Béarn avec la sœur de Charles IX, et par le projet d'une guerre en Flandre contre les Espagnols, dont l'exécution serait confiée à l'amiral.
il usa le et «uètle. — Ivan IV, pour arracher la Livonie aux Suédois qui viennent de s'en emparer, propose aux Litoniens de se donner pour roi l'évéque luthérien de Derpt de la maison de Holstein. — Pendant que les Russes sont en Livonie, les Tartares de Crimée, à l'instigation de la Pologne, se jettent sur les régions centrales et viennent incendier les faubourgs de Moscou. — Trêve conclue par Ivan avec les Tartares et avec les Polonais pour continuer la guerre contre les Suédois.
Angleterre. — Le duc de Norfolk conspire de nouveau pour Marie Stuart : son procès; il meurt sur l'échafaud (8 mai).
Autriche. — L'empereur abdique la couronne de Hongrie en faveur de son fils Rodolphe.
France. — Mort de Jeanne d'Albret (10 juin). Son fils Henri, maintenant roi de Navarre, n'en célèbre pas moins son mariage avec Marguerite
île Valois, sœur du roi ( 18 août ).
Influence de Coligny sur l'esprit de Charles IX: jalousie de Catherine de Médicis, du duc d'Anjou, et du jeune duc de Guise ; il est blessé d'un coup d'arquebuse par Maurevers (22 août).
Charles IX donne son consentement au massacre des protestants (23 août); nuit de la Saint-Barthélémy (Î4 août), un dimanche : mort de Coligny a Paris, le massacre dure deux jours ; les protestants sont tués aussi dans beaucoup de provinces. Le roi de Navarre et le prince de Condé, qui étaient à la cour, sont épargnés parce qu'ils abjurent. Mort du philosophe Ramus, el du sculpteur Jean Goujon. — Révolte des protestants à Sancerre , à Montauban, à la Rochelle.
stalle.— Une bulle de Pie V confirme l'institution des frères de charité (1" janv.).
Pologne. — La dynastie des Jagelions s'éteint avec Sigismond II Auguste (juill.). Son goût pour les lettres et les savants. 11 a favorisé secrètement la doctrine de Luther.
— La diète polonaise dorénavant donnera toujours le trône par élection.
Espagne. — Les cruautés impolitiques du duc d'Albe, et surtout les désastres des dernières campagnes , le font rappeler des Pays-Bas par Philippe 11. Il a pour successeur le grand commandeur de Castillc, don Louis de Requesens, dont la douceur est un encouragement pour les rebelles.
France. — Mort du chancelier Michel de L'Hôpital (13 mars).— La Rochelle et Sancerre résistent aux armées royales (juin- juill.) ; quatrième édit de pacification.
Pologne. — Henri, duc d'Anjou, frère de Charles IX, l'emporte sur un fils de l'empereur; les suffrages de la diète le font roi (9 mai). 11 signe à Paris les Pacta conventa qui sont les conditions de la royauté (lOsept.):
si le prince manque aux engagements qu'il jure, les sujets sont déliés du serinent de fidélité; un des articles l'oblige à maintenir dans l'exercice de leur culte les dissidents.
France. — Naissance du parti des politiques qui réunit bientôt des catholiques et des protestants.
— Mort de Charles IX (30 mai ).
Avènement de son frère , le duc d'Anjou, roi de Pologne : Henri III quitte furtivement ce royaume (juin).
— Mort du cardinal de Lorraine, frère du duc François de Guise, qui a été visité encore par le nouveau roi à Avignon.— Le jurisconsulte François Hotman publie un livre sur les origines de la France : Franco-Gallia.
Italie* — Le marquisat de Montferrât, annexé depuis 1530 au duché de Mantoue, est érigé par l'empereur en duché pour la maison régnante de Gonzague.
Portugal.— Le roi Sébastien, à vingt ans, plein de l'esprit de la chevalerie, recommence ces imprudentes guerres contre les Maures d'Afrique qui, même heureuses, auraient épuisé le Portugal. Quelques succès lui donnent la pensée d'une grande expédition qu'il prépare pendant quatre ans.
Turquie. — Les Turcs chassent les Espagnols de la Goulette et de Tunis. Les États du nord de l'Afrique sont gouvernés, au nom de la Porte, par des pachas.— Amurath 111 succédant à son père Sélim H, commence par faire tuer ses cinq frères sous les yeux de leurs mères (déc).
France. — Bernard Palissy, le célèbre potier de l'Agénois qui a su appliquer l'émail à la terre pour fabriquer de belles poteries, fait des cours publics sur la nature des terres, des pierres et des métaux : ses observations sont comme un prélude de la science géologique.
Espagne.— Mort de Diego Hurtado de Mendoza , diplomate , historien, poète, auteur du Lasarillo de formés, roman de mœurs, le père des Figaros et des Gil Blas.
Italie. — Torquato Tasso, de Sorrenle dans le royaume de Naples, achève à trente et un ans, pendant son séjour à Fcrrare, son poème épique : la Jérusalem délivrée, qui ne reçut pas d'abord l'accueil qu'il méritait. — Grégoire XIII confirme l'établissement de la congrégation de l'Oratoire, fondée par saint Philippe de Neri,à Rome (15 Juill.). Elle s'est répandue utilement dans toute la chrétienté.
Perse.— Le schah de Perse meurt empoisonné par une de ses femmes»
Son second fils, que depuis vingt-trois ans il tenait en prison , s'empare du pouvoir et tue le troisième désigné pour l'empire. Il est en horreur aux grands de l'État. Discordes intérieures.— Quatre princes se succéderont en onze ans.
Pologne. — Les Polonais, après avoir attendu treize mois le retour de Henri de Valois, déclarent le trône vacant ( 15 juill.) et élisent Etienne Bathori, le prince de Transylvanie, qui épouse la sœur de Sigismond 11 Auguste (15 déc).
Allemagne. — Avènement de Rodolphe H au trône impérial : prince nul qui n'aura que les vertus de la vie privée.
Espagne.— Philippe H parcourt les provinces de l'Espagne pour voir et corriger par lui-même les vices et les abus de son gouvernement.— Impuissance du gouverneur espagnol Kequesens dans les Pays-Bas. Sa mort (mars). Irritation des Flamands à cause de la suppression de leurs privilèges et des dévastations commises par les soldats espagnols mal payés. Progrès du prince d'Orange , qui est reconnu surtout en Hollande et en Zélande. Don Juan d'Autriche, frère naturel du roi, succède à Requesens.
APRÈS J. C
Le sac d'Anvers par les Espagnols
(4 nov.) décide les Belges et les Bâta ves, sans dictiuction, à s'unir avec Guillaume d'Orange par la pacification de Gand (8 nov.). Don Juan essaye vainement de négocier. — Publication , à Séville , du Comte Lucanor, recueil d'apologues et de fabliaux composé au commencement du xiv- siècle par l'infant don Juan Manuel, neveu d'Alphonse X le Sa«e.
H sera réimprimé à Madrid en 1642.
France. — Henri de Navarre s'évade et abjure la religion catholique (févr.) : le prince de Condé et Monsieur, le frère du roivduc d'Alençoo, sont avec lui à la téte du parti des huguenots unis aux politiques; les reîtres allemands et les lansquenets du prince palatin combattent pour eux. Cinquième édit de pacification de Loches ou de Beaulieu, qui leur donne de grands avantages ( mai); le frère du roi reçoit le duché d'Anjou. Les catholiques organisent la sainte ligue, dont le premier formulaire est signé à Pérônne. Les états généraux de Blois provoquent la rupture avec les protestants et le roi se met à la tête de la ligue, dont le chef réel est le duc de Guise Henri le Balafré. Débauches et prodigalités de la cour; le peuple est accable d'Impôts.
Italie. — A Gènes, pour terminer les débats entre les anciens et les nouveaux nobles , quelques familles plébéiennes sont admises dans le corps de la noblesse. — Le Titien meurt, à quatre-vingt-dix-neuf ans, de la peste. 11 est le véritable chel de l'école vénitienne , qui se distingue surtout par le coloris.
Pologne. — Lesétals de Transylvanie permettent à Élienne Bathori, qui devient roi de Pologne, de transmettre la couronne de Transylvanie à son frère. — Les Russes s'étant emparés de la Livonie et d'une partie de la Lilhuanie , Étienue. Balhori leur enlève Polock, et se ligue avec les Suédois pour reprendre la Livonie.
XVIe SIÈCLE APRÈS J. C.
Angleterre. — L'Anglais Fr.
Drake entreprend le tour du monde qu'il achèvera en mille cinquante et un jours. Sur la route, il attaque et dépouille les établissements espagnols dans les Indes. — 11 découvrit, sous le nom d'Iles Élisabéthides , la partie occidentale de l'archipel, appelée Terre de 'Feu, au sud du détroit de Magellan; il atteignit même l'extrémité australe de l'Amérique, à laquelle des navigateurs hollandais ont ensuite donné le nom de cap Horn. Au nord de l'Amérique septentrionale , il a reconnu la Nouvelle-Albion , c'est-a-dire le Labrador, et le Maine.
Espagne. — Dans les provinces méridionales des Pays-Bas où la rcligion catholique domine, les nobles, inquiets de l'influence qu'exerce le calviniste Guillaume d'Orange, appellent pour diriger la guerre contre l'Espagne, un Autrichien, parent de Philippe II , l'archiduc Mathias, frère de l'empereur. — Ercilla commence à publier son1 poGme VAraucana , dont les héros sont les araucans du Chili, qu'il avait lui-même combattus.
Trance.- Sixième édit de paci- " ficaiion , dit de Bergerac ou de Poitiers.— Publication de la République de Jean Bodin, étude de politique et de philosophie sociale. '
Perse. — Au moment de commencer une campagne contre les Turcs, le schah des Perses est étranglé par les grands, qui lui substituent son frère aîné.
Portugal. — Le roi donne asile et promet appui au roi de Fez et de Maroc, Muley-Mohannued, dépouillé par son oncle.
Espagne. — Traité d'Êlisabeth avec les confédérés des Pays-Bas (7 janv.). Don Juan, de son côté, reçoit des volontaires de l'Espagne, de la France, et de l'Italie; arrivée de son neveu, Alexandre Farnèse, prince de Parme. Victoire à Gembloux , au
nord-ouest de NamurQanv.). Il meurt à trente et un ans (7 oct.); Alexandre Farnèse lui succède. Le duc d'Anjou est appelé par les Belges, qui ne veulent se livrer ni à l'Espagne ni à Guillaume d'Orange.
France. — Création de l'ordre des chevaliers de Saint-Esprit, qui faisaient profession de la foi catholique entre les mains du roi. — Henri III pose la première pierre du Pont-Neuf à Paris. — Dernier combat en champ clos, autorisé par le roi.
Portugal. — Le roi Sébastien, avec la piété d'un croisé , porte la guerre en Afrique, maigre les conseils du roi d'Espagne, qui cependant lui fournit cinquante vaisseaux et cinq mille hommes. Au sud de Tanger, près Alcaçar-Quivir, grande bataille où meurt le roi avec une partie de sa noblesse ( 4 août). — Avènement d'un vieillard infirme, le cardinal don Henri , son oncle , âgé de soixantesept ans.
Russie. — Une nouvelle incursion des Tarlares de Crimée en Russie interrompt les progrès d'Ivan IV en Livonie.
Turquie. — Ouze ans de guerre avec les Perses.
Espagne et Hollande. — Les
sept provinces bataves forment entre elles une union particulière à Utrecht, et constituent une république des provinces-unies avec un stathouder ou gouverneur général, et une assemblée diEtats généraux (19 janv.) : ce sont les comtés de Hollande et de Zélande, le duché de Gueldre, les seigneuries d'Utrecht, de Frise, d'Over-Yssel, et de Groningue. Ces provinces avaient entre elles une grande affinité de lois, de mœurs, de religion et d'intérêt commercial, et ressemblaient peu aux Belges, dont elles se séparent. Chacune garde son administration distincte. Le stathouder Guillaume d'Orange est en môme temps capitaine et amiral général.
— Continuation de la guerre avec le
XVIe SIÈCLE APRÈS J. C.
général de l'Espagne, Alexandre Farnèse qui ramènera les dix provinces du sud a l'obéissance.
France. — Ordonnance, dite de Blois, qui résulte des cahiers qui furent présentés par les députés des élatsde Blois en 1 576 (mai) : troiscent soixante - trois articles de réforme et de discipline ecclésiastique.— Par l'ordonnance de Blois, la possession d'un fief cesse d'être un titre de noblesse.
Italie. — Alphonse II , duc de Ferrare, Modène, et Keggio, fait enfermer, sous prétexte de folie , dans l'hôpital de Sainte-Anne de Ferrare, le poète Torquato Tasso, coupable d'amour romanesque pour sa sœur Léonore. L'auteur de la Jérusalem délivrée fut sept ans détenu avec des fous.
Russie. — Ivan IV a à combattre à la fois les Polonais , les Suédois et les Tartares de Crimée.
Turquie. — Hostilités avec l'Autriche en Hongrie.
Allemagne. — La formule de concorde précise la doctrine des luthériens et resserre l'union entre eux , mais exclut tout à fait les calvinistes.
ïcosse. — Fondation de l'université d'Edimbourg.
Espagne et Portugal. — Mort du roi don Henri (31 janv.) : le fils naturel d'un de ses frères, don Antoine, grand prieur de Crato,-se fait nommer roi ( juin). Mais le duc d'Albe, vainqueur à Alcanlara, fait en deux mois la conquête du Portugal. Philippe U est proclamé (2 sept.).
France. — Le Languedoc est le théâtre de la guerre dite des Amoureux, entre les catholiques et les protestants. — Le duc d'Anjou prétend à la main d'Élisabeth d'Angleterre. — Montaigne publie son livre des Essais,
Hollande. — La tétc du prince
d'Orange est mise à prix par Philippe îl (15 mars).
Russie. — lermak , hetman ou chef des cosaques, pénètre le premier, au nom du czar, en Sibérie.
Espagne, Hollande et Portugal.—Les états généraux de Tomar reconnaissent Philippe 11 roi de Portugal, à la condition que le royaume restera séparé et indépendant avec ses tribunaux, sa capitale, etc. (avril). Des vengeances politiques sont exercées au nom du nouveau roi, avant qu'il fasse son entrée à Lisbonne (juin). — Les étals généraux de la Haye, capitale fédérale des provincesunies, se séparent solennellement de la couronne d'Espagne, rompent le sceau de Philippell, le déclarent déchu de toute autorité dans les Pays- Bas : cette déclaration est le titre fondamental de la république de Hollande (2 juill.). — Le duc d'Anjou est appelé au protectorat des Pays-Bas, par Guillaume d'Orange lui-môme , qui songe à l'opposer aux Espagnols dans les dix provinces du sud. H contribue à la délivrance de Cambrai, qu'assiégeait le prince de Parme; de là il passe en Angleterre .
pour les négociations de son mariage avec la reine.
France. — Faveur d'Anne de Joyeuse ; il est créé duc et pair.
Transylvanie. — Les états nomment prince le neveu d'Etienne, Sigismond Balhorj.
Angleterre.— Elisabeth ne veut pas se marier. Elle n'a pas d'autre héritier légitime que le fils de Marie Smart , qui descendait d'une fille de Henri VIL
Espagne et Portugal* — Mort du duc d'Albe entre les bras du roi d'Espagne, à soixante-quatorze ans (12 janv.). — Le duc d'Anjou se fait décerner le titre de duc de Brabant à Anvers, et de comte de Flandre à Bruges. — Antoine de Crato, réfugié
XVIe SIÈCLE
en France, reçoit de Catherine de Médicis le Florentin Philippe Strozzi, qui livre pour lui la bataille navale des Açores, près de l'Ile Saint-Micliel. Strozzi est blessé mortellement et fait prisonnier (26 julll.). Antoine retournera en France.
Italie. — Fondation, à Florence, de l'académie de la Crusca, qui composera le grand dictionnaire de la langue italienne. — Grégoire XIII attache son nom à la réforme du calendrier, qui fut dirigée par le médecin romain Louis Lilio. Le calendrier grégorien sera successivement adopté par les États catholiques et inéme par les peuples pro lestants. — Le pape donne une édition, curieusement annotée, du décret de Gratien, antique palladium de l'autorité pontificale.
Pologne et-Bussle. — Pendant que le roi de Pologne assiège et prend Pskof au sud-est du lac Peipus, le czar, effrayé des progrès des Polonais, a recours à la médiation pontificale. Le jésuite Possevin , envoyé de Rome à Moscou, vient au camp du roi Bathori négocier une trêve de dix ans pour les Russes. La Courlande reste à la Pologne. — La guerre continue entre la Russie et la Suède.
Ruaate* — Ivan ne se décide pas à accepter le rite de l'Église romaine. — Soupçonnant son fils de trahison, ii le tue de sa main.
Suède.— Jean III fait sanctionner par les Etats une nouvelle liturgie mixte contraire aux principes luthériens : la peine de mort est décrétée contre les opposants. Charles de Sudermanie, frère du roi, réclame la liberté de religion.
Angleterre. — Élisabcth prétend à la souveraineté sur l'Ile de Terre-Neuve, que fréquentaient à cause de la pèche les Espagnols, les Portugais et les Français.
Autriche» — Guerre avec les Turcs : la Transylvanie fera cause commune avec l'Autriche.
APRÈS J. C. 517
Espagne. — Pendant son séjour à Lisbonne, Philippe II échappe à deux tentatives de meurtre.— Le duc d'Anjou, qui a vainement essayé de se rendre maître absolu à Anvers, retourne en France couvert de honte (juin). Les provinces belges n'ont pour les protéger contre le despotisme espagnol que les forces des Bataves. Progrès du prince de Parme. — Guzman d'Alfarache, roman de Mathieu Aleman , dans le même genre que le Lasarillo de Tormès ; il annonce Figaro.
Italie* — Le Yéronals Joseph Scaliger, par son ouvrage de Emendatione temporum, donne à la chronologie le caractère d'une science rigoureuse. C'est quelques mois après la réforme grégorienne, que Scaliger a pourtant repoussée, et dont il a éloigné les pays non catholiques.
Russie. — Les comptoirs du commerce russe pour la mer Blanche sont transportés de Kholmogory a Arkhangel.
Espagne. — L'Espagnol Gali découvre , au nord - ouest de l'Amérique septentrionale , les côtes que les Anglais ont appelées, depuis, Nouvelle - Géorgie et Nouveau - Cornouailles. Une partie de ces côtes a reçu de François Drake le nom de Nouvelle-Albion.
E« pagne et Hollande. — Succès croissants du prince de Parme sur les Hollandais : il prend Ypres (8 avril) et Bruges (26 mai). Le prince d'Ora.ige est assassiné a Delft par le Franc-Comtois Baliliazar Gérard (lOjuill.). Comme l'aîné de ses fils est prisonnier en Espagne depuis dix-sept ans , le second, âg< de dix-huit ans, lui succède dans , confiance des états généraux, mais sans aucun titre ni pouvoir déterminé : le parti de l'indépendance manque de direction. Gand se rend au prince de Parme, qui soumet toute la Flandre excepté Ostende et V Écluse, villes maritimes. 11 coni-
menée les travaux d'attaque contre Anvers.
France.— La mort du duc d'Anjou, héritier de Henri 111, qui n'avait pas d'enfant (10 juin), fait du pic inier prince du sang, Henri de ISavarre, l'héritier direct de la couronne : il descendait par son père d'un fils de saint Louis, Robert, comte de Clermonl. Les ligueurs et les Guises, qui prétendent l'éloigner du trône à cause de sa religion , par le traité de Joinville, se placent déjà sous la protection du roi d'Kspagne : le cardinal de Bourbon les laisse se servir de son nom contre son neveu Henri de Navarre.
Italie. — Le pape fonde à Rome pour les catholiques du mont Liban, les Maronites, un collège qui a donné quelques noms illustres.
KuMle.- Mort d'Ivan 1Y (mars).
11 a été le plus cruel, et le plus follement sanguinaire des princes russes, avec un esprit distingué et même délicat. Réformes législatives ; soins donnés à l'instruction ; admission de nouveaux arts; importation de l'imprimerie. — Son fils , Fédor 1", âgé de trente-cinq ans , faible de corps et d'esprit , ne gouvernera pas par lui-même : toute -puissance de son beau-frére Boris Godunow.
Angleterre. — Dévastation des colonies espagnoles dans les Indes occidentales par une flotte marchande que commande Fr. Drake, avec Martin Forbisher pour vice-amiral : Saint- Domingue , Carthagèue et les côtes de la Floride sont rançonnées.
Kapagne. — Pendant le blocus d'Anvers, Bruxelles, Malines, etc., rentrent sous l'autorité de l'Espagne.
Malgré les machines infernales de l'Italien Gianbelli, qui détruisent les travaux d'attaque d'Alexandre Farnèse, reddition d'Anvers après un siège d'un an (17 août\ — Le comte de Leicester, favori d'Élisabeth, général sans capacité , vient trop lard
APRÈS J. C
pour diriger la défense des Pays-Bas
(I9déc).
Yranee. — Manifeste du roi de Navarre ( 10 juin ). Henri 111 se laisse dicter par les ligueurs le traité de Nemours, à la suite duquel il révoque tous les privilèges des protestants ( 18 juill. ). Le pape Sixte-Quint fulmine contre Henri de Navarre et le déclare incapable de succéder au trône de France (10 sept.). La protestation du roi de Navarre et du prince de Condé, rédigée par Pierre l'Etoile, est affichée sur les portes du Vatican. — • Le conseil des seize se forme à Paris, au sein de la ligue. Résurrection de l'esprit féodal et de l'esprit municipal dans les provinces :
l'autorité royale est également menacée par les huguenots, par les ligueurs et par les royalistes.
Italie. -Grégoire XIII, quelque temps avant de mourir, a reçu une ambassade du Japon. — Le gardeur de pourceaux de Montalte, devenu général de l'ordre des cordeliers, est élu sous le nom de Sixte V (avril).
Portugal* —Un imposteur se donne pour le roi don Sébastien.
Trois autres tentatives du même genre en neuf ans.
Turquie* — Les Perses reprennent Tauris sur les Ottomans : la citadelle résiste à soixante assauts.
Angleterre et EcoMe. — Jacques VI, âgé de vingt ans, consent, pour n'être pas privé de ses droits à la couronne d'Angleterre, à conclure une ligue offensive et défensive avec Elisabeth, qui tient toujours sa mère dans la plus cruelle captivité.— Marie Stuart est rendue responsable d'une nouvelle conjuration formée contre Elisabeth par les catholiques. Une commission , composée au gré d'Elisabeth , l'accuse , la juge et la coudamne à mort , comme si elle avait attenté à la puissance et a la vie de la reine d'Angleterre (25 oct.).
Espagne et Hollande» — Le
XVIe SIÈCLE APRÈS J. C. 519
comte de Leicestcr reçoit à la Haye le titre de gouverneur pour les états de Hollande , de Zélande, de Frise et de Gueldre (fév.). H ne pousse pas activement la guerre.
France. — Guerre des trois Henri : la Ligue sépare ouvertement ses intérêts de ceux de la dynastie des Valois; alliance coupable des Guise avec l'Espagne.
«•Ile.— Sixte V confirme Tordre des feuillants qui réforment la règle bénédictine de Cîleaux (mai). — A Rome, où beaucoup de monuments datent de ce règne, achèvement d'un aqueduc qui rivalise avec les belles constructions des anciens Romains.
Perse. — Abbas , dont le règne devait être long et glorieux, débute par la guerre contre les Usbecks : il leur reprend le Khoraçan , qu'ils avaient enlevé à ses prédécesseurs.
Pologne. — Mort du roi Etienne Batuori, sans postérité, a Grodno. — Sous ce règne, les Cosaques disciplinés ont formé une cavalerie redoutable aux Tartares; l'Ukraine, dont les dévastations des Tartares avaient fait une solitude, a été repeuplée ; un grand tribunal de la couronne a été établi pour juger les causes des nobles ; la diète seule peut permettre qu'un roturier soit anobli.
Russie. — Le séjour à Moscou du patriarche de Constantinople, que le vizir avait chassé de son siège, donne à Boris la pensée de créer un patriarcat en Russie : le métropolite Job est fait patriarche.
Baisse* — Les cantons catholiques rompent l'alliance, qui a duré
Ëlus d'un siècle, avec la république de lulliausen, maintenant protestante.
Allemagne. — Le margrave de Brandebourg, Jean George, renouvelle les traités de succession réciproque avec les maisons de Saxe et de Hesse.
Angleterre. — Après un délai
de quatre mois, Élisabeth fait exécuter la sentence rendue contre Marie Stuart (18 févr. ) : mort pleine de royale noblesse et de résignation catholique de la reine d'Écosse; elle ne sera pas vengée par son fils. — Walter Raleish , qui a donné , en l'honneur d'Élisabeth Je nom de Virginie à la côte de l'Amérique septentrionale du 30° au 40° de latitude, fait un essai malheureux de colonisation dans la Caroline du nord.
Enpagne et Hollande. — Progrès des Espagnols : ils prennent Devenler sur l'Yssel (29 jauv. ), et l'Écluse (4 août). Leicester retourne honteusement en Angleterre (déc.).
Maurice de Nassau dirige la guerre.
France. — La royauté des Valois est mise en péril par les succès du roi de Navarre et par ceux du duc de Guise. Le roi de Navarre est vainqueur en Guyenne , à Coutras , des troupes de Henri III que commande le duc de Joyeuse (20ocL). Des Suisses et des Allemands qui devaient rejoindre le roi de Navarre , sont battus par Guise à Vimori près de Montargis(27 oct.), et à Auneau dans la Beauce (24 nov. ). La réputation du duc de Guise grandit par les désastres de l'armée royale qu'il ne commandait pas. Les passions religieuses sont entretenues par les prédicateurs de la Ligue.
Italie. — Mort du grand-duc de Toscane, François-Marie de Médicis.
11 faisait uue véritable concurrence mercantile à ses propres sujets; il trafiquait à Florence, faisait la banque à Rome et à Venise. Mœurs dissolues à la façon de l'Orient. Son frère, Ferdinand 1er, qui est cardinal, lui succède ; il se mariera à une nièce de Catherine de Médicis.
Pologne. — La Pologne se donne pour roi Sigismond 111, né d'une fille de Sigismond I*r et de Jean 111 le roi de Suède : il a été élevé dans la foi catholique.
Turquie. — Le général ottoman, vaincu dans la guerre de Hongrie.
prévient, en s'empoisonnant, l'envoi du fatal cordon qui lui était préparé.
Angleterre. — Premier numéro du journal English Mercury, pour raconter le désastre de l'armada ( 10 août ).
Angleterre et l'Hpugne* —
Malgré son peu d'affection pour Philippe II, Sixte V est obligé de lancer des bulles contre Elisabeth, qui lui répond par une sentence d'excommunication. La grande armada de Philippe II, destinée à faire expier à l'Angleterre la mort de Marie-Stuart, appelée d'avance l'invincible, est détruite par les tempêtes et par la marine anglaise (juill.). Depuis ce désastre, les flottes d'Elisabeth vont jusqu'en Amérique insulter les possessions d'Espagne.
Danemark. — Mort de Frédéric 11. Minorité de Christian IV : huit ans de régence paisible.
Vrauce. — Le manifeste des partisans des Guises donné, à Nancy, est une menace pour Henri 111 et pour les protestants ( févr. ). Malgré la défense du roi, le duc de Guise vient à Paris (9 mai). Journée des barricades le 12 : Il était roi s'il eût osé avouer son ambition.
Henri 111 , qui a abandonné la capitale, accorde cependant au duc l'édit d'union (21 juill.).— Aux états généraux de Blois, Henri 111, qui craint d'être détrôné, fait assassiner le duc et le cardinal de Guise (23 déc. ); mais leur frère, le duc de Mayenne, leur survit. Fureur séditieuse des ligueurs à Paris, et surtout des prédicateurs. Le mouvement se propage dans tout le royaume. — Le duc de Savoie, Charles-Emmanuel, sous prétexte d'arrêter les progrès de Lesdlguières , chef du parti huguenot en Dauphiné, a occupé Château-Dauphin, au pied du mont Viso, place frontière de Savoie et de France ; s'est emparé du marquisat de Saluées , qui relève de la France. Henri 111 a armé contre lui les Suisses et les Génevois.
*;ro«*e. — Jacques VI épouse la fille du roi de Danemark.
France. — Catherine de Médicis, retirée à Dlois, finit sa vie dans l'obscurité, à soixante et dix ans (5 janv.). — Les seize font une épuration du parlement et le tournent contre le roi. Us nomment Mayenne lieutenant général (fév.). Henri III transfère à Tours sa cour et les parlementaires restés fidèles. Il se décide à faire cause commune avec le roi de Navarre, qui est menacé comme lui dans ses droits ( avril ) : leur" s armées sont réunies contre Paris. Un fanatique , Jacques Clément , assassine Henri 111 à Saint- Cloud (31 Juill.).
Henri de Navarre devieut Henri IV de France : mais beaucoup de seigneurs catholiques l'abandonnant, il ne peut continuer le siège de Paris. En Normandie, Henri IV gagne la victoire d'Arqués , près de Dieppe , sur Mayenne (21 sept.). Les ligueurs lui opposent, sous le nom de Charles X, son oncle le cardinal de Bourbon, <pii était alors prisonnier des huguenots.
Italie. — Sixte V commence à réparer pour la bibliothèque du Vatican les désastres que lui a causés le sac de Rome par les Allemands en 1627; il y joint une imprimerie. Sa munificence, qui le recommande à la postérité, le faisait détester de ses sujets à cause des impôts.
Perse. — Par un traité de paix, le schah Abbas cède aux Ottomans trois provinces conquises par eux :
l'Arménie, l'une d'elles, avant d'être cédée est dépouillée d'une partie de sa population; vingt- deux mille familles sont divisées en plusieurs colonies et dispersées dans les diverses régions de ses États. L'industrie et l'activité de ces colons firent la richesse commerciale de la Perse. Ils se bâtirent une ville considérable, Sulfa ou Julfa, près d'Ispahan.
Portugal.-— Nouvelle et inutile tentative d'Antoine de Crato avec les marins anglais J. Norris et Fr. Drake.
XVIe SIÈCLE
« Espagne. — Lope de Vega , à vingt-huit ans, quitte le service militaire et compose pour le théâtre. 11 écrit pendant plus de quarante ans ; il fait dix-huit cents pièces.
France.— Victoire de Henri IV sur Mayenne à Ivry, dans le pays d'Évreux (H mars); il sert de plus près Paris. Mort du cardinal de Bourbon, soi-disant roi (mai). Philippe Il propose plus ouvertement aux ligueurs de prendre pour reine sa fille, l'infante Isabelle-Claire-Eugénie, née d'ÉIisabeth de France , sa troisième femme. Appareil militaire et ecclésiastique de la procession des ligueurs à Paris ( sept.). Affreuse famine, soulagée par Alexandre Farnèse, duc de Parme; il délivre Paris, mais son séjour en France laisse libre carrière à Maurice de Nassau dans les Pays-Bas. — Lesdiguières arrête le duc de Savoie dans la conquête du Dauphiné et de la Provence, où l'ont appelé les ligueurs (nov.).
Mort du sculpteur Germain Pilon.
Perse.— Le schah Abbas fixe sa résidence à Ispahan , au sud de Plrak-persique ou Adjemi; elle lui doit ses premiers embellissements.
11 commence, dans le meidan ou marché, qui est une des plus belles places ûe l'univers, un superbe pa-
Espagne. — L'affaire d'Antonio Perez , ministre disgracié de Philippe 11, est l'occasion d'une révolte en Aragon ; elle est réprimée par le supplice des chefs , môme du grand justiza qui a défendu la loi contre le roi. Pérez trouve asile en France.
France. — Grégoire XIV , dévoué aux Espagnols , fulmine contre Henri IV (mars). Le roi prend Chartres pour couper les communications de Paris avec la Beauce qui nourrit les Parisiens. Il investit Rouen (nov.). Les plus forcenés des seize font des épurations sanglantes dans le parlement -, ils ont rompu avec Mayenne,
APRÈS J. C. 62 i
qui les châtie sans les ramener à lui (nov.-déc. ). — Henri IV reçoit des secours de l'électeur Jean Georges de Brandebourg. — Guy Coquille compose le plus ancien traité des Libertés de VÊglise de France.
Hollande. — Nimèguc. qui avait été occupée jusque-là par les Espagnols, est réduite à capituler, et annexée aux Provinces-Unies.
Italie. — Grégoire XIV régularise l'usage de la calotte rouge pour les cardinaux.
Allemagne. — Pour la première fois, Leipsick a une foire aux livres.
Autriche et Turquie. — Pour satisfaire la milice inquiète des janissaires, le sultan rompt tout à Tait avec l'Autriche. Le pacha de Bosnie se rend maître de Wichts ou Bihacz, ville forte de la Croatie hongroise, sur l'Unna, affluent de la Save. Mathias est envoyé par l'empereur son frère contre les Turcs.
Espagne. — De 1592 à 1596, le jésuite Mariana compose en latin son Histoire d'Espagne, qu'il a mise lui-même en espagnol.
Espagne et France. — Rouen est délivré par Alexandre Farnèse
i avril). — Mort de Farnèse a Arras 3 déc. ). Il laisse la réputation d'un des plus grands capitaines de son siècle.
Italie. — Clément VIII, qui arrive au pontificat, publie la première édition authentique et officielle de la Vulgate , ou version latine de la Bible ; il supprime, comme fautive, celle que Sixte-Quint avait publiée deux ans auparavant.— On achève à Venise les bâtiments de la place de Saint-Marc. On commence , sur le grand canal, le pont Kialto, remarquable par la hardiesse de sa construction.
Suède. — Mort de Jean 111 (nov.).
Son fils, le roi de Pologne, Sigismond, auquel est destinée la couronne, n'ar-
XVIe SIÈCLE APRÈS J. C
rivera que dans un an. Gouvernement du frère de Jean 111 Charles de Sudennauie.
Autriche et Turquie. — Le
,*acha de Bosnie assiège Sisseck , boulevard de la Croatie. Grande victoire des troupes autrichiennes, due surtout à Montécuculli. Mais Sisseck se rend aux Ottomans (24 août). Les Turcs viennent jusqu'à Albe-Royale; ils sont battus (oct.).
France.— A Paris, ouverture des états généraux de la Ligue (26 janv.).
Le catholicon , c'est-a-dire l'argent de l'Espagne, ne parvient pas à assurer la couronne de France à la fille de Philippe II : la maison de Guise elle-même, qui aurait élé frustrée, ne favorise pas ces prétentions.
Aux conférences de Surène, Henri IV fait annoncer son projet de conversion (avril). Arrêt du parlement contre toute prétention d'une, femme ou d'un étranger au trône de France (28 juin). Abjuration solennelle de Henri IV à Saint-Denis (25 juill. ). — La Satire Ménippéey qu'on commence à imprimer à Tours, est à la fois un monument de bon sens et d'esprit français, et une protestation nationale contre les étrangers qui soutiennent la Ligue.
Hollande. — Les États généraux de la Haye, après être restés six moi» séparés, deviennent sédentaires et perpétuels (24 juin).
Italie. — Le sénat de Venise fait construire, entre Aquilée et Udine, la forteresse de Palma-Nova , pour arrêter les incursions des Turcs dans le Frioul.
Allemagne.— Ligue formée entre les protestants.
Autriche et Turquie. — Les
Turcs forcent à se rendre, après plusieurs assauts, la forte place de Raab ou Javarin, près du confluent du Raab et du Danube (sept.).
Eapagne et Hollande. — Le
roi d'Espagne nomme au gouvernement des Pays-Bas l'archiduc Ernest, frère de l'empereur Rodolphe , qui croit pouvoir, comme Alexandre Farnèse, tenir tête en même temps aux rebelles des Pays-Bas et à Henri IV.
11 essaye vainement de faire assassiner le prince Maurice et les principaux chefs des confédérés. Maurice échoue dans ses attaques contre Bois-lc-Duc et contre Maestricht; mais il entre victorieux dans Groningue, après trois mois d'investissement (24 juill.) : cette conauête complète le territoire des sept Provinces-Unies.
France.— Lorsque déjà plusieurs villes importantes, Meaux, Lyon, Orléans, Bourges se sont séparées de la Ligue, Henri IV se fait sacrer à Chartres ( 27 fév. ). Paris lui est vendu par le gouverneur Brissac (22 mars).
Le parlement de Tours est réintégré à Paris. Reddition de Rouen et du Havre dont le gouverneur est aussi chèrement acheté. — Suite du procès de l'Université et des curés de Paris contre les jésuites : Antoine Arnaud parle pour l'Université (mai). — Mort de François d'O , surintendant des finances insigne déprédateur (oct.) : il est remplacé par huit conseillers, qui continuent à dissiper le trésor. — Le duc de Guise se réconcilie avec le roi (29 nov.). — Attentat de Jean Chatel contre le roi ( 27 déc. ) ; les jésuites sont chassés du royaume, par arrêt du parlement de Paris. — Pierre Pithou publie, avec dédicace à Henri IV, les Libertés de V Église gallicane, rédigées en quatre-vingt-trois articles.
Italie. — Mort de Palestrina, surnommé le prince de la musique. 11 a introduit dans la musique sacrée un style large et majestueux.
Suède. — Sigismond , prince ca tholique , est forcé, à son sacre, de promettre le maintien de la confession d'Augsbourg (févr.) : la religion catholique ne sera exercée que dans la chapelle du prince. Commencement des discordes que le zèle lu-
XVIe SIÈCLE APRÈS J. C.
thérien et l'ambition de Charles de Sudermanie suscitent entre ronde et le neveu.
Autriche. — Dans un traité d'alliance contre les Turcs, Sigismond Hathort fait reconnaître formellement l'indépendance de la Transylvanie. Il épouse une princesse autrichienne.
Eftpa#ne, France et Hollande. — Henri IV déclare la guerre à Philippe II (17 janv.). 11 va chercher les Espagnols et les ligueurs dans la Bourgogne, gouvernement du duc de Mayenne, les bat à Fontaine- Française (,& Juin) , parcourt la Bourgogne et le Lyonnais.— Clément VIII, après les négociations de d'Ossat et de du Perron , prononce solennellement à Rome l'absolution de Henri IV ( 17 sept» ). — Le comte de Fuentes, qui succède à l'archiduc Ernest dans le gouvernement des Payslias espagnols, emploie ses forces contre la France, etentre en Picardie où il occupe quelques villes. 11 force à capituler Cambrai, une des places flamandes rebelles,qu'encourageaient dans la résistance les armées françaises (9 ocL); mais il indispose les Flamands en les excluant de son conseil, où ne sont admis que des Espagnols.
Hollande. — Le navigateur Cornélius Houtman suggère à ses compatriotes, qui commençaient à aller chercher directement les produits des Indes orientales dont les Portugais s'étaient réservé pendant près d'un siècle le monopole, la première Idée des associations appelées compagnies des Indes.
Italie. — Le poète Torquato Tasso meurt en arrivant à Rome, où Clément VIII l'avait appelé pour lo Couronner solennellement au Capitole (26 avril). — Le différend qui tfétait élevé depuis quelques années entre les dominicains et les jésuites, au sujet de la grâce et du libre arbitre, est porté devant la cour de Rome
qui , après onze ans d'examen , laissera la question sans solution.
Turquie. — Mort d'Amurath III, épuisé à cinquante ans par la débauche et le vin. Son avarice. Dans les nombreuses guerres qui ont eu lieu pendant son règne, il n'a pas paru en personne. Il a réprimé des mouvements séditieux des janissaires. — Le nouveau sultan, Mahomet 111, commence par faire étrangler dix-neuf de ses frères et jeter à la mer dix des femmes de son père. II a vingt-sept ans.
Angleterre. — Mort de Fr. Drake (janv.).— Le comte d'Essex, beau-fils de Leicester, qui lui-même est le favori de la reine, âgéealors de soixantedeux ans, surprend et pille l'opulente ville de Cadix (juill. ). — Walter Raleigh découvre la Guyane, au nordest de l'Amérique méridionale.
Shaksperc , qui est déjà célèbre depuis six ans par ses compositions dramatiques, donne llamlet.
Autriche et Turquie* — Le
sultan dirige en personne la guerre de Hongrie. Il attaque Agria qui se rend (oct.) ; la garnison , en sortant de la ville, est massacrée par les janissaires.
ENpngne. — L'Espagnol Mendana retourne pour la troisième fois vers les lies Salomon qu'il n'avait pu retrouver dans son second voyage; il emmenait des prêtres et des soldats pour fonder une colonie. Sur la route, il découvre l'archipel des Iles Marquises de Mendoza : c'est de tous les groupes d'Iles du grand Océan celui qui se rapproche le plus de l'Amérique méridionale. 11 meurt au milieu de son nouvel établissement qui ne lui survit pas.
France. — Rachat coûteux des provinces. Accommodement de Henri IV avec le duc de Mayenne, gouverneur de la Bourgogne ; avec Joyeuse , gouverneur du Languedoc (janv. ) ; avec le duc d'Épcrnon , gouverneur de la Provence. Marseille se rend au roi en février. — Progrès
des Espagnols : fis enlèvent Calais (25 avril) , et Ardres (23 mai). — Détresse du roi, malgré l'habileté de Mavimilien de Héihune, marquis de Rosuy, plus tard duc de Sully, qui est devenu membre du cous- il des finances. Il convoque sans prolit l'assemblée des notables à Rouen (nov.).
Autriche* — Sigismond Batliori renonce lionteuseuient à la Transylvanie, est constamment menacée par les Turcs, pour recevoir de l'empereur, eu échange, deux principautés de Silésie. Plusieurs fois, depuis, il tentera de rentrer en Transylvanie.
KMpttKiie. — L'algébrisle Van Hœmen de Louvain ( Adrianus Roinanus ) essaye de créer au moyen des lettres, symboles abstraits, une science mathématique universelle qui embrasserait les quantités de toute nature.
France. — Amiens, prise par les Espagnols (mars) , est recouvrée par le maréchal de Biron (sept.). — Pour la première fois , à ce siège , les sol - ^dats furent employés aux travaux de la tranchée qu'ils regardaient auparavant comme indignes d'eux.
Hollande. — Deux Hollandais , Rarentz et Hemskerk , qui avaient déjà tenté deux fois ensemble , en 151)5, de trouver par le nord-est do l'Europe le chemin de la Chine , osent essayer un troisième voyage qui fut aussi malheureux que les autres. Ils pénètrent au nord de la Sibérie et luttent en vain contre les glaces. Après la mort de Rarentz , son compagnon hiverne dans la Nouvelle-Zemble, où avaient déjà abordé des Anglais. Vers ce temps, les Hollandais arrivent au Spitzberg , dernière terre connue au nord , dans l'océan Glacial.
Italie. — Mort d'Alphonse II d'Esté, sans enfant (oct. ). Le persécuteur du Tasse avait été cependant un Mécène pour les gens de lettres et les artistes: peintres, sculpteurs, et architectes avaient embelli
Ferrare et Modène. — Clément VIII .
déclare dévolu au saint-siége le duché de Ferrrare, et intimide par l'excommunication et l'approche des troupes pontificales César Ier , petitfils d'Alphonse II , que le dernier prince a déclaré par testament son héritier universel (déc).
Autriche et Turquie. — La
nouvelle de la perle de Raab, que les impériaux viennent d'enlever aux Turcs, cause une sédition à Constata tinople (mars). Le sultan fait étrangler un de ses frères.
Eftpagnc. — Philippe II transporte à sa fille Claire-lsabelle-Eugénic, Agée de trente-deux ans, la souveraineté des Pays-Ras, du comté de Charolais et de la Franche-Comté , en annonçant son prochain mariage avec Albert d'Autriche qui a quitté la robe d'église (G mai) : mais H a soin de réserver aux rois d'Espagne la suzerainetésur les pays qu'il abandonne.
— Mort de Philippe II (13 sept). On l'a surnommé le Démon du Midi. Srs prétentions à la monarchie universelle ont épuisé l'Espagne. Il a fixé la majorité des rois à quatorze ans. — Son fils Philippe III, âgé de vingt ans, laisse l'autorité au ministre Sannoval , duc de Lerme.
Expnsne et France. — Henri IV vient recevoir la soumission du duc de Mercœur qui avait prétendu à la souveraineté de la Rretagne( 1 8 fév. ). La Ligue n'a plus de chef.Edit de Nantes accordé parle roi aux protestants : il leur laisse le droit de former encore un parti politique dans l'Etat ( 1 3 avril . Vaines remontrances du parlement. Le roi fonde deux nouvelles chaires de théologie à la Sorbonne. Le traité de Vervins met fin à la guerre avec les Espagnols, sans que Philippe II garde rien du territoire français (2 mai).
France. — Lesdiguières enlève le fort Rarraux, que le duc de Savoie avait fait construire, en 1597 , pour protéger Moutmélian. — Le marquis
XVIe SIÈCLE APRÈS J. C. 525
do Rosny devient grand voyer de France. — Le célèbre imprimeur Henri Estienne , calviniste , qui ne s'était pas occupé seulement d'un dictionnaire de la langue grecque, mais qui , sous le titre d' Apologie pour Hérodote, avait écrit en français une satire amère contre les mœurs et la crédulité de son siècle, persécuté, proscrit, ruiné, meurt à l'hôpital de Lyon.
Italie. — Une convention subie par César I«p laisse la ville de Ferrare au pape (janv.); une bulle la réunit au saint-slége (fév.). Négligée par les papes, elle perdra de sa prospérité. — Les princes de la maison d'Esté établissent leur cour à Modènc qui deviendra une des plus brillantes résidences de l'Europe.
Russie* — Mort violente de Dimitri , frère du czar Fédor. Mort de Fédor, sans enfant; il est le dernier prince de la maison de Rurik. Boris Godunow, qui a fait tuer Dimitri,avec l'assentiment du clergé , de la noblesse et du peuple, se fait nommer czar. Les premières années du nouveau règne furent douces et heureuses. Paix au dehors. Protection accor-
XVIP SIÈCLE APRÈS J. C.
APERÇU GÉNÉRAL
Le xvii* siècle, qui doit enfanter de si mémorables événements dans l'histoire de la politique , de la religion , des lettres et des sciences, qui doit transporter aux Indes orientales et en Amérique des populations et des institutions nouvelles, se divise naturellement en deux parties. Le moment où Louis XIV commence à gouverner en personne , attirant à lui toute la gloire , mais faisant aussi retomber sur son nom toutes les fautes de cette grande époque, est le point qui sépare la première partie de la seconde.
dée aux savants, aux artistes étrangers et aux marchands de la Hanse.
Angleterre. —» Après une première disgrâce , le comte d'Essex est chargé par Elisabeth du gouvernement de l'Irlande. Ses fautes. Son rappel.
Espagne et Hollande. — Le général Mcndoza essaye de pénétrer dans les Provinces-Unies par le pays de Clèves, au-dessus de l'endroit où le Rhin se sépare en plusieurs branches. Il marque son passage par des actes de barbarie. Le prince Maurice l'arrête.
France. — Le marquis de Rosny (Sully) devient surintendant des finances. — Mort de la maîtresse du roi, Gabriellc d'Estrées, qu'il avait faite marquise de Monceaux et duchesse de Beaufort ( avril ). — Une sentence pontificale consacre le divorce de Henri IV avec Marguerite de Valois , dont il s'était séparé depuis quatre ans (17 déc).
Italie. — Ranuce I«r , fils et successeur d'Alexandre Farncse, reconstitue l'université de Parme.
4° 4600*4664. — Au début comme à la fin du siècle, deux États de l'Europe occidentale ont de grands souverains. L'Angleterre s'honore également d'Élisabeth Tudor, reine despote, qui ne survit pas longtemps au supplice de son imprudent et coupable favori, le comte d'Essex, et de Guillaume d'Orange, monarque constitutionnel qui, après Tan 4700, n'aura plus que le temps de préparer une nouvelle guerre européenne contre Louis XIV. Élisabeth avait été plus heureuse , elle avait vu descendre dans la tombe sou ennemi Philippe IIf qui emportait avec lui la gloire et la puissance de l'Espagne. La France, l'an 4600 , a encore dix années du règne prospère de Henri IV. Les quinze dernières années de Louis XIV, qui ne sont cependant pas vides de gloire au début du xvm* siècle, ne sont que la fin déplorable d'un grand règne.
Biron, qui conspire avec l'Espagne et la Savoie , est puni comme le comte d'Essex : les prétentions de la noblesse et les rancunes du parti protestant pouvaient enfanter de nouveau la guerre civile et la guerre étrangère. Médiateur entre le pape et la république de Venise, qui chasse alors les jésuites tandis qu'ils rentrent en France après un court exil; entre l'Espagne et les Provinces-Unies, pour qui la trêve de douze ans est comme une reconnaissance implicito de leur indépendance, Henri IV aspire à un rôle encore plus grand en Europe : il veut fonder la paix perpétuelle en abaissant la maison d'Autriche. Le coup do poignard que lui porte Ravaillac est la vengeance des ligueurs; la France retombe sous une reine de Médicis et sous un roi enfant, presque dans la même condition qu'après la mort de Henri IL
En Espagne Philippe III porte le titre de roi, le duc de Lerme gouverne; le faste de la cour contraste avec la misère du peuple et la dépopulation des provinces, surtout depuis l'expulsion définitive des Maures. La branche allemande d'Autriche est sur le point d'être séparée en deux par l'ambition de Mathias, qui s'irrite du long règne de son frère, l'impuissant Rodolphe II; les états héréditaires sont ouverts, par les révoltes de la Hongrie et de la Transylvanie, à l'invasion ottomane. La Suède protestante rejette son roi légitime qui prétend rester catholique, et qui, à ce titre, avait été appelé à la couronne de Pologne. Le Danemark est plus heureux et plus sage sous Christian IV, qui n'a passé encore que douze années d*un règne de soixante ans; des établissements littéraires el des essais de colonisation aux Indes orientales donnent à ce peuple ia prospérité et la civilisation. Les Polonais, les Suédois et les Danois ravagent à plaisir les provinces russes qui , depuis 4598 , subissent tout imposteur qui veut se donner pour héritier du trône,
XVIIe SIÈCLE APRÈS J. C.
Michel Romanow commence enfin une nouvelle dynastie nationale : c'est celle qui règne encore aujourd'hui.
L'empire ottoman, qui profite de la faiblesse militaire et des divisions intestines do l'Autriche, a un plus redoutable voisin à l'est dans le schah de Perse, Abbas le Grand, qui avait refoulé les Mongols: Abbas est cruel, comme tant do princes illustres de l'Orient.
L'attention du monde, après la mort d'Élisabeth et de Henri IV, se détourne de la France et de l'Angleterre pour se porter sur l'Allemagne. Jacques I" Stuart, zélé anglican quoique fils de Marie Stuart , compromet la paix religieuse en Écosse comme en Angleterre , par son goût pour les controverses; catholiques et puritains s'enhardissent contre un prince qui aime à formuler le droit divin des rois et qui laisse cependant le parlement attaquer la prérogative royale qui avait été sacrée sous les Tudors : les griefs do la nation sont légitimés par les intrigues et les folies du favori Buckingham, qui est cause d'une rupture avec l'Espagne. La défense du parti protestant sur le continent, une des gloires d'Élisabeth, est abandonnée par son successeur.
La France s'éloigne aussi des voies que lui a tracées Henri IV; au milieu des nouveaux orages civils que soulève l'administration faible et détestée du Florentin Concini, une infante d'Espagne est demandée pour le jeune roi. Les États généraux de 1 61 4, les derniers jusqu'en 1789, discutent toutes les questions qui touchent au pouvoir des rois, aux prétentions du saint-siége sur les couronnes, aux privilèges et aux intérêts de l'église nationale, aux besoins du tiers état; la justice, les finances, le commerce, sont l'objet de beaux plans de réforme, qu'on était impuissant alors à accomplir : le bon sens pratique, une éloquence solide et nerveuse distingueut le prévôt des marchands, Miron, qui tient tète aux orateurs de la noblesse et du clergé. De Luynes, le favori personnel de Louis XIII, ne vaut pas mieux que le favori de Marie de Médicis, qui tombe elle-même du pouvoir et ne saura pas le reconquérir par des révoltes: le nouveau ministre ne peut assouvir les ambitions féodales ; connétable , il portera mal l'épée do la royauté catholique contre les huguenots. Après une sorte d'interrègne , le gouvernement de la France passe enfin aux mains de l'évèque de Luçon , qui ne sera pas longtemps reconnaissant envers Marie de Médicis; à dater de 1624 Richelieu devient le maître du roi et du royaume. En Espagne aussi un nouveau ministre entre au pouvoir : le comte d'Olivarès est contemporain de Richelieu. On remarque à peine que l'indolent Philippe ni vient de mourir pour faire place à son fils; Philippe IV a le mérite d'avoir choisi Olivarès.
XVIIe SIÈCLE APRÈS J. C
L'intérêt , qui s'attachait à la Hollande quand on doutait encore du succès de sa résistance au gouvernement de l'Espagne, n'est pas entretenu par les querelles sanglantes des arminiens et des gomaristes : sous prétexte d'hérésie , Maurice , qui de stathouder veut se faire prince souverain, livre à la mort le grand pensionnaire Barnevelt; ce vertueux citoyen, à qui Ton devait la trêve et la liberté, n'aurait pas supporté un usurpateur. Même après cette inique vengeance, Maurice n'ose pas dévoiler son ambition, et, quand il meurt, son frère n'est comme lui que stathouder : la guerre a cependant recommencé avec l'Espagne.
Ce n'est plus la branche espagnole de la maison de Habsbourg mais la branche autrichienne qui va avoir à défendre le principe catholique contre les protestants : du reste la guerre de Trente ans ne sera pas exclusivement une lutte religieuse. Le désir de l'affranchissement politique arme les Bohémiens et les Hongrois, sur lesquels veulent régner l'électeur palatin et le prince de Transylvanie, le désir de conquête les rois de Danemark et de Suède; et ce n'est pas pour ruiner la religion catholique, mais pour affaiblir une maison rivale de la France, que le cardinal de Richelieu fait la guerre aux Autrichiens dans l'empire, en Italie, en Alsace; aux Espagnols dans les Pays-Bas, dans le Roussillon et sur les mers. Frédéric V, comte palatin, Christian de Danemark, Gustave- Adolphe de Suède, la France avec Richelieu et Mazarin, sont tour à tour les héros de ce grand drame : il se compose comme de quatre drames distincts, qui ne se ressemblent ni par les motifs de la guerre, ni par le théâtre des hostilités, ni par les résultats des luttes partielles. Le Bavarois Tilly, le Bohémien Waldstein, sont les généraux de Ferdinand H ; le second mérita d'être assassiné par l'ordre d'un prince faible qui craignait son ambition, comme le chef des ligueurs par Henri III.
Ces quatre guerres séparées n'ont un dénoûment commun que six ans après la mort de Richelieu : les succès militaires de Condé et de Turenne, ceux des généraux suédois Banner, Torstenson, Wrangel, font conclure la paix de Westphalie, qui règle les droits des puissances européennes, détermine ceux des membres du corps germanique, et garantit aux protestants d'Allemagne, calvinistes et luthériens, la liberté de leur culte. Malgré les protestations bien légitimes d'Innocent X, qui voit les riches domaines épiscopaux de l'Allemagne abandonnés comme indemnité de guerre à des princes ennemis de l'Église, ce traité de 4648 devient l'une des bases du droit public de l'Europe. La science de la diplomatie date de cette époque.
XVIIe SIÈCLE APKÈS J. C*
Le traité de Westphalie reconnaît solennellement l'existence indépendante de la confédération helvétique, fait accompli au moins depuis un siècle et demi ; et celle des Provinces-Unies, dont le territoire a été non - seulement affranchi pendant une nouvelle guerre de vingt-sept ans, mais s'est étendu par des conquêtes : Maèstricht, le Brabant septentrional et les bouches de l'Escaut sont aux Hollandais; avec leurs flottes, ils dépouillent aux Indes orientales, au Brésil , et sur les côtes d'Afrique, les Portugais qui sont encore, jusqu'en 4640, les sujets de l'Espagne.
La révolution de 4640 place sur le trône de Portugal Jean de Bragance, que le comte-duc d'Olivarès combat vainement, môme avec le concours des armes spirituelles de Home. Richelieu soutient les Portugais et les Catalans révoltés. Il conduit Louis XIII à la conquête du Roussillon. Dans les Deux-Siciles, la sédition de Masaniello à Naples; la tentative du duc de Guise, issu des princes d'Anjou , que le pape a invité à soutenir ses droits sur ce royaume; des conspirations à Palerme attestent la décadence de la puissance espagnole. Olivarès a livré le fardeau des affaires, dans des circonstances bien critiques, à son neveu don Louis de Haro, qui cependant a une administration plus facile et plus paisible que l'Italien Mazarin, successeur du triomphant Richelieu.
Un complot tramé contre Richelieu au début do son ministère lui a fourni l'occasion de réprimer les manœuvres des grands, d'intimider Gaston d'Orléans, frère du roi, de supprimer les dignités de connétable et de grand amiral, qui étaient sans profit pour la nation. Vainqueur des protestants de la Kochelle après un siège mémorable, il a eu la sagesse de conserver aux réformés le libre exercice do leur religion. La noblesse fut épouvantée par les supplices de Marillac et de Montmorency ; Louis XIII ne put sauver de la disgrâce ni sa mère, ni sa femme. Les seigneurs qui entreprennent encore la guerre civile avec le pusillanime Gaston d'Orléans laissent condamner à mort Cinq-Mars, le favori de Louis XIII, qui allait vendre la France à l'Espagne. Ce ministre inflexible, qui jusqu'au jour de la mort dans son Palais-Cardinal disait n'avoir eu d'autres ennemis que ceux de l'État, imposa le même niveau à tous; il courba devant lui les parlements , il se rendit plus odieux encore en ne remettant qu'à des commissions extraordinaires le soin de ses vengeances politiques. Sa mort permet à la France de respirer plus à l'aise. L'Italien Mazarin, ministre de la reine mère Anne d'Autriche, pendant que Louis XIV n'est qu'un enfant, paraît faible parce qu'il n'opprime pas violemment. Les grands et le parlement ligués forment la faction mutine de la Fronde qui , dans ses mouvements capricieux ,
XVIIe SIÈCLE APRÈS J. G
semble n'avoir qu'un but bien constant, c'est d'éloigner Mazarin des affaires. Gaston d'Orléans ne sait trop a quel parti s'arrêter; Turenne et Condé sont quelquefois réunis, plus souvent opposés, pour ou contre la cour ; la galanterie ajoute à la frivolité d'une guerre déjà ridicule dans son principe: le coadjuteur de l'archevêque de Paris, qui devient le cardinal de Retz , génie fait pour les temps de troubles, n'engage pas avec lui heureusement l'honneur de l'Église. Mazarin s'enfuit, revient, se retire encore; il lasse enfin la Fronde, et, lorsqu'il rentre pour rester le maître jusqu'à sa mort, il s'interdit toute vengeance et gouverne nonchalamment un peuple frivole. La dernière tentative de la féodalité a avorté, et le parlement ne s'occupera plus que des affaires de la justice ; il est réduit au silence jusqu'à la fin du long règne de Louis XIV.
La guerre, continuée avec l'Espagne depuis 4648, était prolongée par les troubles civils qui vont opposer Turenne, chef de l'armée française, à Condé, général des troupes espagnoles dans les Pays-Bas. Le traité des Pyrénées , dernière œuvre de Mazarin , assure la conservation des conquêtes faites sous Richelieu rend Condé à la France et marie Louis XIV à Finfante Marie-Thérèse. Louis XIV, à vingt-deux ans , se fait le successeur de son ministre, depuis 4661 il entend régner par lui-même.
L'agitation parlementaire, ridicule en France , enfante en Angleterre une révolution. Le parti de la liberté publique, qui se forme dans la chambre des communes à la fin du règne de Jacques I", résiste à Charles Ier et veut dominer. Occupé de guerres avec la France, avec l'Espagne, avec les Écossais révoltés, Charles Ier est encore plus menacé par la lutte qui se déclare entre lui et les communes. II offense les parlements, il les casse, il les ménage. Irritée de ses hauteurs, encouragée par sa faiblesse, la chambre des communes obtient de lui la condamnation de Strafford, serviteur fidèle qu'il ne devait pas abandonner; elle s'empare du pouvoir exécutif et lève une armée : des manifestes proclament la guerre civile , elle éclate quand le roi a quitté Londres. De nouvelles sectes religieuses et politiques se sont formées, celles des épiscopaux et des presbytériens, celle des puritains, celle des indépendants celle des niveleurs; Olivier Cromwell est à la tète des indépendants qui ne veulent pas seulement, comme une partie des presbytériens , des libertés con stitutionnelles, mais affichent déjà une ardeur hypocrite pour la démocratie : et ce sont ces révolutionnaires qui laisseront prendre ou qui offriront la dictature à Cromwell. Les généraux du parlement, Fairfax et Cromwell, remportent des avantages décisifs sur le malheureux roi , qui se livre aux Écossais , comptant sur leur attachement
XV1P SIÈCLB APRES J. C. 531
traditionnel à la maison des Stuarts, et est vendu par eux à ses ennemis. Cromwell, qui règne en maître dans l'armée, intimide la partie encore saine du parlement; il fait juger et condamner à mort le roi son prisonnier : quelques commissaires, qui ne représentent pas tout le peuple , se chargent des fonctions de régicides. Cet épouvantable arrêt , l'étrange apologie qu'en publia ^lilton, les discours de Cromwell et tous les détails de ces horribles scènes portent l'empreinte du plus cruel fanatisme. On se battait avec fureur pour des intérêts de sectes religieuses : enveloppé dans les ténèbres des opinions théologiques et mystiques, le sentiment de la liberté se montrait à peine et ne s'éclairait encore d'aucune idée d'équité publique, et d'aucune notion de sûreté personnelle. L'ambitieux Cromwell, après avoir fait proclamer la république*, s'empresse de dissoudre le long parlement, qui ne consistait plus que dans la chambre des communes. La répression sanguinaire de la résistance catholique en Irlande, et du parti de l'indépendance et de la royauté en Écosse, lui donne un titre a l'autorité souveraine. Le protecteur sait du moins rendre puissante la prétendue république anglaise; il obtient pour elle et pour lui-même les horomages de la Hollande, de la Suède et de la France ; Mazarin le courtise et brigue son alliance. Mais à la mort de Cromwell , son fils Richard trouve trop pesant le fardeau des affaires. Le parti républicain ne peut se soutenir avec les débris du long parlement, qui est flétri du nom de rump ou croupion : la défection du général Monk rétablit presque sans coup férir la royauté. Au nom du roi Charles II Stuart, on condamne à mort les juges de Charles ltr, on dissout l'armée, on relève Tépiscopat; les pouvoirs publics sont replacés dansla condition où ils étaient avant la révolution.
Le nom de république qui n'a jamais convenu au gouvernement de l'Angleterre, même avant le protectorat d'Olivier Cromwell, est porté glorieusement par les Hollandais. La rivalité commerciale a armé contre eux la Grande-Bretagne. Us abolissent le stathoudérat et se confient au patriotisme des deux frères de Witt chargés des fonctions de grand pensionnaire et d'amiral.
La Suède et le Danemark, que la guerre de Trente ans a associés aux grands mouvements de la politique européenne , enfantent encore l'une un héros, l'autre un prince réformateur. La fille de Gustave-Adolphe, Christine, pendant que ses armées continuaient glorieusement la guerre de Trente ans, au sein de ses États paisibles, encourageait et cultivait les sciences: Grotius et Descartes ornaient sa cour. Le goût de la philosophie et des lettres , peut-être aussi celui des aventures, lui inspire le dessein d'abdiquer: Son cousin,
XVIIe SIÈCLE APRÈS J. C.
Charles-Gustave, à qui elle laisse le trône , ne règne que six ans, mais il remue tout le nord par sa passion désordonnée des conquêtes : les Russes , les Polonais , les Danois subissent ses menaces ou ses atteintes, mais de pareils exploits épuisent l'État, et son fils Charles XI, monarque plus habile, doit souscrire trois traités qui rendent au moins le repos à la Suède. Le roi de Danemark, délivré de l'invasion suédoise , met à profit l'antipathie de la bourgeoisie contre la noblesse et le clergé, et, du même coup, rend le pouvoir royal absolu et héréditaire. La Pologne s'affaiblit de plus en plus, à cause du pouvoir exorbitant de la noblesse qui multiplie les entraves autour du trône électif, quoique depuis 1587 elle soit fidèle à une môme famille de rois, d'origine suédoise. Jean-Casimir, le dernier roi de cette famille, ci-devant jésuite et cardinal , est pressé par les Cosaques et par les Russes; la mort de Charles-Gustave lui épargne une nouvelle invasion. Ces Cosaques sont redoutables aussi à l'empire ottoman ; les guerres des Turcs sont fréquentes contre ces barbares, contre les Persans et contre les Vénitiens, qui ne doivent pas conserver longtemps leurs possessions de l'Ile de Candie. Les sultans ont moins de pouvoir que leurs vizirs : depuis le commencement du siècle, les intrigues du sérail, les révoltes des janissaires exposent les maîtres de Constantinople à la réclusion perpétuelle dans le château des Sept-Tours, et même au fatal cordon.
La paix règne à peu près partout dans le monde ; les idées du droit divin et du pouvoir absolu des rois sont comme une doctrine admise par plusieurs peuples de l'Europe, lorsque paraît Louis XIV, qui doit entourer de tant de gloire, par les armes et par les beaux-arts, le despotisme le moins contesté.
Le grand siècle , qu'on appelle de son nom , avait déjà produit d'utiles et de brillants travaux dans tous les genres d'études qui concourent à la prospérité et à la civilisation des nations, avant que ce roi pût influer sur les opinions et sur les idées de ses contemporains. Shakspere et Bacon composent, du temps de Jacques Ier, une grande partie de leurs immortels ouvrages ; mais ce roi n'inspire ni ne secondo leur génie. Bacon , dont la conduite politique fut malheureusement tachée par de honteux abus, ose tracer un plan pour la réédification des connaissances humaines; l'observation, l'expérience et la réflexion sont les instruments que nous offre la nature pour l'étudier elle-même : Bacon esquisse un tableau provisoire de toutes les sciences, même do celles qui n'existaient pas encore. Le calcul acquiert alorsun instrument qui allait le rendre plus rapide et plus puissant : l'Écossais Neper invente les logarithmes , dont il publie le premier essai en 101 4. La médecine doit à
l'Anglais Guillaume Harvey la grande découverte de la circulation du sang qui subit un mouvement continuel par le cœur, les artères et les veines. En France , la poésie, moins riche et moins téméraire qu'en Angleterre, continue à fixer sa langue : Malherbe est à ce titro un grand poète. Mais l'Espagne et l'Italie avaient trop d'influence sur notre littérature; et le cavalier Marin, Napolitain trop célèbre, devait à son Adone les faveurs de Marie de Médicis. L'hôtel Pisani, bien plus connu sous le nom d'hôtel de Rambouillet, donne le ton à la conversation du grand monde ; c'est une école d'esprit et de beau langage, tendre et un peu maniéré : la fille d'Artenice, Mlu do Rambouillet, deviendra la femme de l'austère Montausier. UAstrée, d'Honoré d'Urfé, annonce un nouveau genre de romans, qui depuis a été trop fécond. Le conseiller de Henri IV, Olivier de Serres, a déjà publié son Théâtre d'agriculture; Pierre de L'Étoile rédige ses journaux; du Perron, d'Ossat, Jeannin, Mornay, Sully, écriventdes mémoires historiques; le véridique et judicieux de Thou achève la rédaction latine de son corps d'Annales, qui s'étend de 4 543 à 4 607. La Hollande produit le grand publiciste Grotius, ami de Barnevelt. On connaît moins Cluvier, né à Dantzick, qui a étudié la géographie ancienne de la Germanie, de l'Italie et de la Sicile. Le nom de Kepler, Saxon de Wittemberg , fait époque dans l'histoire de l'astronomie; il a trouvé les lois mathématiques qui régissent les mouvements des corps célestes : il meurt dans la misère à Ratisbonne, où il était venu solliciter auprès de la diète les arrérages d'une pension mal payée. L'Espagne a encore son historien national, le jésuite Mariana, qui a traduit lui-même son texte latin en castillan ; les romans de chevalerie de la littérature espagnole sont tous dépassés par l'admirable Don Quichotte , de Cervantes , qui a laissé en outre des contes ou nouvelles et des pièces de théâtre. La fécondité dramatique de Lopo de Vega trouvera un émule dans Galderon , qui perpétuera le genre des mystères, quoique des sujets profanes soient déjà souvent mis en scène. L'Italie s'honore du poète Guarini et du prosateur Davila, historien partial des guerres civiles de France. Le Vénitien frà Paolo Sarpi est injuste contre l'Église dans son Histoire du concile de Trente ; le jésuite Pallavicini , cardinal , a repris le môme sujet vers le milieu du xvii* siècle. Le Pisan Galilée, né avant Kepler, et qui doit vivre plus vieux que lui et plus malheureux, ose développer et confirmer par de nouvelles expériences la doctrine de Copernic, qui parut une hérésie aux inquisiteurs de Rome: on lui doit d'autres découvertes, des observations sur la pesanteur de l'air et sur la chute des corps graves ; c'est à lui que remonte la physique moderne. Torricelli, son disciple et Toscan comme lui, invente
XVIIe SIÈCLE APRÈS J. C.
le baromètre. L'académie del Cimento , fondée à Florence en 4 557 , est utile au développement des études naturelles.
Descartes commence une nouvelle ère pour la philosophie : il recommande à l'homme de douter, c'est-à-dire de ne croire qu'après examen , de ne pas se laisser imposer par l'autorité , de ne céder qu'à lalumièrede la vérité; son Discourssur la méthode est le premier grand monument de la langue philosophique en France. Ses travaux mathématiques suffiraient à sa gloire; il a perfectionné le calcul algébrique, appliqué l'algèbre à la géométrie, l'une et l'autre à la mécanique et à l'optique, toutes à l'astronomie. Gassendi, contemporain de Descartes, rajeunit, en l'étayant de preuves nouvelles, la doctrine bien ancienne qui fait venir des sens toutes les idées.
L'érudition s'enrichit dans tous les pays : la chronologie doit beaucoup aux travaux du jésuite français Petau , de l'Irlandais Usserius; la critique historique et littéraire au Hollandais Meursius, à l'Allemand Gérard-Jean Vossius , aux Français André Duchesne et Saumaise. La Hollande, la Suède, l'Angleterre, terres protestantes, se disputent l'honneur de servir d'asile aux philosophes et aux savants persécutés : cette munificence est la principale gloire de la fille de Gustave-Adolphe.
Le cardinal Richelieu avait protégé les lettres, mais quand sa conscience de prêtre et sa vanité d'auteur n'étaient pas blessées. L'Académie française lui doit se* statuts : Voiture, Balzac, Vaugelas, qui en furent membres , ont leur part de gloire dans les progrès de notre langue. L'art dramatique moderne est créé par Pierre Corneille: dès 4636, il avait fait le Cid, un an avant la publication du Discours sur la méthode, et, dans les années suivantes, s'avançant dans la carrière où il s'est annoncé par un chef-d'œuvre, il donne les Horaces, Cinna, Polyeucte, la Mort de Pompée, le Menteur, ifadogune, Héraclius. Après 4664 il ne produit plus rien d'aussi grand : Sertorius sera suivi d'0//wm, d'Âgésilas, et d'Attila. La comédie peut espérer déjà dans Molière, qui s'est fixé à Paris en 4658; les Pnécieuses ridicules sont de 4659. Racine et Boileau sont à peu près de l'âge du roi, et leur illustration commencera en même temps : ils vont, avec des titres différents, marcher ensemble à l'immortalité. Bossuct et Bourdaloue sont bien jeunes encore dans la carrière de l'Église. L'atfaire du jansénisme inspire à Pascal, en 4656, les Provinciales, qui ont d'un coup élevé notre langue presque au niveau des anciennes. Arnaud et Nicole ont fondé à Port-Royal une écolo de cartésianisme et de littérature, dont les erreurs sont rachetées par les lumières et les vertus de cette docte société. Pour sa vie austère, le grand peintre Lesueur peut être placé à côté de pareils
XVIIe SIÈCLE APRÈS J. C.
noms. Nicolas Poussin, son émule, assistera à la naissance do l'école française de Rome dont il est le plus illustre chef.
La première partie du siècle est signalée par les entreprises maritimes des Hollandais , des Anglais et des Français pour fonder dos établissements aux Indes occidentales ou orientales, soit en dépouillant les Portugais et les Espagnols, soit en prenant possession de terres où n ont pas encore paru les Européens; d'autres expéditions n'ont pour but que de reconnailre les diverses contrées du nouveau monde. De 1607 à 1616, les Anglais Hudson et Baffin découvrent au nord-ouest de l'Amérique les deux grandes baies qui portent leurs noms : les Hollandais Lemaire et Schouten traversent, près du détroit de Magellan, le long de la Terre de Feu, le détroit qui a reçu le nom du premier, et doublent le cap qui prit le nom de Horn, emprunté à la patrie du second. Une vaste région apparaît au sud de l'Asie, elle est appelée Nouvelle-Hollande: c'est la portion la plus considérable du monde océanique. Les Hollandais vont surtout chercher les épices dans les Indes orientales; leurs colonies ne sont que des comptoirs de commerce. Les terres de l'Amérique du nord, entre la Floride espagnole et le Canada, où s'étaient montrés les Français pour le commerce des pelleteries et l'exploitation de la pèche, servent de refuge à toutes les sectes religieuses successivement persécutées en Angleterre : la foi et la liberté animent ces populations nouvelles que le travail des grandes plantations ou le commerce maritime élèveront à la richesse. Elles restent unies à la métropole, mais subissent peu les effets des révolutions du continent. Les plus importantes des treize colonies, berceau primitif de la grande nation américaine, sont fondées et constituent autant de petites républiques indépendantes; la Carolineetla Pensylvanie appartiennent à la seconde partie du siècle.
2° 4661-1700. — Louis XIV gouverne : pendant cinquante-quatre ans, l'Europe subira l'influence de sa volonté, de son ambition, de ses succès, ou de ses fautes, punies par de cruels revers. Ministres, généraux, hommes distingués en tout genre, forment comme un cortège au grand roi qui sait choisir les instruments de sa gloire. L'établissement monarchique de Louis XIV peut être défini une royauté absolue et dispendieuse, sévère pour le peuple, hostile envers l'étranger, appuyée sur l'armée, sur la police et sur la gloire du roi, tempérée cependant par le besoin de ménager pour la guerre et pour l'impôt le nombre et la fortune des sujets.
Il commence par disgracier et livrer aux juges le surintendant Fouquet qui doit à ses malversations une magnificence plus que royale. Colbert devient contrôleur général des finances, et bientôtad-
XVll* SÎÈCLB APRÈS J. C.
ministrateurde la marine, du commerce, des bâtiments, et, à ce titre, des beaux-arts et des lettres : son ministère est la plus belle partie du règne de Louis le Grand. Grâce à lui, la France accroît ses colonies aux Indes orientales et occidentales, et sur les côtes d'Afrique. Louvois, ministre de la guerre, est moins important parce qu'il est dominé par le roi. La jeunesse du prince ne suffit pas à expliquer la conduite arrogante qu'il tient à l'égard de la cour de Rome, pour l'insulte faite au duc de Créqui, son ambassadeur; entiché de sa qualité de roi, il fit plus d'une fois plier devant lui même le vicaire de Jésus-Christ. Le gouvernement acquiert Dunkerquedu roi Charles II qui vend la conquête de Cromwell ; entreprend le canal du Languedoc; crée une marine qu'on oppose aux pirates d'Afrique, qu'on utilise pour le commerce des colonies; publie de nouveaux codes, et améliore toutes les administrations, sans oublier celle de la justice. Vauban fortifie les frontières. Des manufactures naissent dans les provinces. La capitale s'embellit; la police sait en rendre le séjour plus sûr et plus salubre; l'hôtel des Invalides s'élève ; la colonnade dessinée par Perrault complète le Louvre. Versailles devient digne du roi qui l'habitera : Ma n sa ri construit la façade du palais qui regarde le parc et les jardins dessinés par Le Nôtre ; des eaux amenées de Marly, un nombre infini do statues de marbre et de bronze, réunissent les merveilles de la nature et de l'art. Ch. Lebrun préside à la décoration des maisons royales; il inspire même les statuaires, les Anguier, Pierre Puget, Fr. Girardon, Ant. Coysevox, Nicol. Coustou, et les célèbres fondeurs, les frères Keller. Le Napolitain L. Bernini, dit le chevalier Bernin, exerça une moins heureuse influence.
La guerre n'amène longtemps que des succès. Les Français contribuent à la victoire de Saint-Gothard, gagnée par les Allemands sur les Turcs; il ne tient pas à eux que Candie, la précieuse colonie de Venise ne soit sauvée des coups de la Porte. A la mort de Philippe IV, qui ne laisse qu'un roi enfant, Charles II, l'Espagne continue une guerre malheureuse avec les Portugais; Louis XIV prend la Flandre : Condé, Turenne, Louvois ont préparé la gloire du roi. Il ne craint pas d'envahir la Hollande, qui a prouvé sa force sur les mers dans une guerre récente avec les Anglais, mais que les frères de Witt, préoccupés surtout de la marine et du commerce , n'ont pas mise en état de se défendre sur terre. La république menacée de périr se sauve en inondant ses foyers; les deux frères de Witt, massacrés malgré leur attachement sincère à la liberté publique, font place au jeune Guillaume d'Orange, de la maison des stathouders, dont il reprend le titre: la délivrance
XVIIe SIÈCLE APRÈS J. C. 537
de la patrie justifie son ambition ; il réunit l'Europe contre Louis XIV. Les terres d'empire, surtout le Palatinat, la Franche-Comté espagnole et les Pays-Bas, payent pour la Hollande. Une partie de la Sicile, agitée par des factions, se donne au roi de France; l'Espagne a recours aux Hollandais, dont la flotte commandée par Ruyter se mesure avec celle de Duquesne dans les parages mêmes de la Sicile. La guerre s'étend à l'électeur de Brandebourg, duc de Prusse, qui a des domaines près du Rhin; et, par contre-coup, à la Suède, notre alliée qui peut menacer les possessions de l'électeur sur la Baltique. C'est Louis XIV, malgré la mort de Turenne, et la retraite de Condé, qui dicte à l'Europe les conditions de la paix de Nimègue, désastreuse surtout pour l'Espagne, honorable pour la Hollande qui reste intacte.
Lorsque le titre de Grand lui est solennellement décerné à l'hôtel de ville (4680), fl cesse déjà de le mériter : la France est au point culminant de la gloire, le despotisme de Louis XIV ne pourra que la faire décliner. La contagion de l'absolutisme se fait sentir de bien loin, chez les Suédois, nos alliés: il semble que Charles XI ait cherché à égaler Louis XIV, lorsqu'on 4680, il a étendu l'autorité royale bien au delà des limites qui l'avaient jusqu'alors resserrée.
Conquêtes injustes en pleine paix, qui nous donnent près du Rhin l'importante place de Strasbourg, jusqu'alors ville impériale; ardent débat au sujet de la régale avec le pape Innocent XI, qui provoque en 4 682 la fameuse déclaration de l'Église gallicane rédigée en quatre articles par le clergé assemblé et défendue par Bossuet; c'est par de tels faits que s'annonce la seconde partie du gouvernement de Louis XIV. La mort de Colbert le laisse entre les mains du chancelier Le Tellier, de Louvois, fils de ce chancelier et ministro de la guerre, du jésuite Lachaise, de Mm" de Maintenon, toute-puissante surtout après la mort de la reine Marie-Thérèse : Louis XIV, qui n'a encore que quarante-cinq ans, cherche dans cette nouvelle affection, profonde et sérieuse, le bonheur de la vie privée. Le bombardement d'Alger, le bombardement de Gènes, la condition humiliante faite au doge de venir implorer la clémence du roi de France dans son palais de Versailles, dépassent les droits ordinaires de la guerre. Le roi de France était moins généreux que le héros de la Pologne, le roi Jean Sobieski : quoiqu'il eût à se plaindre de la maison d'Autriche, Sobieski délivrait Vienne que les Turcs assiégeaient on 4683; malgré l'ingratitude de ses concitoyens, il a été chez eux le fidèle et le dernier garant de la liberté, de l'ordre, et de la prospérité publique. La révocation de l'édit de Nantes, contraire à la justice et à l'humanité, en obligeant les protestants par cent mille à
XVIIe SIÈCLE APRÈS J. C
sortir du royaume, est contraire aussi à la saine politique. Les puissances protestantes, surtout la Hollande et la Prusse, profitent de ces fautes. Le saint-siége ne lui sait pas gré de tant de rigueur parce qu'il soutient trop insolemment le droit de franchise, dont jouissait son ambassadeur à Rome. Pour arrêter Louis XIV dans ses prétentions de despotisme européen, le stathouder Guillaume d'Orange commence à former la nouvelle ligue d'Augsbourg; de part et d'autre, on s'apprête. Le stathouder double ses forces en devenant roi d'Angleterre.
La révolution qui a coûté la vie à Charles I#r avait été un enseignement perdu pour les Stuarts; ils n'avaient pas compris que le pays qui leur rendait la royauté voulait des institutions libérales, la tolérance religieuse pour tous les cultes, excepté pour le papisme ainsi qu'on appelait le catholicisme on Angleterre, et au dehors une politique vraiment nationale qui assurât Ta prospérité de la Grande- Bretagne. Les fils de Charles I«r ne négligèrent pas la marine qui d'ailleurs se développait d'elle-même et qui donna à l'Angleterre de nouvelles colonies importantes aux Indes orientales, aux Indes occidentales et en Afrique. Mais Londres éprouve en deux ans les horreurs des deux plus terribles fléaux, la peste et l'incendie. La disgrâce du chancelier Clarendon inaugure de nouveaux malheurs, dont le roi est responsable. Le parlement s'en prend aux catholiques, aux jésuites, même au duc d'York, frère du roi. Du sein de la lutte parlementaire, sort une loi, célèbre sous le nom d'habeas corpus , qui garantit la liberté individuelle. Les deux partis de la cour et de la patrie se distinguent par les noms de torys et de whigs: les torys dominent; une conspiration est étoufîée dans le sang de Russel, et du philosophe Sidney. Le duc d'York, que plusieurs parlements ont déclaré inhabile à régner, succède alors sans opposition à Charles II : Jacques II n'épargne pas le supplice des traîtres au fils naturel de Charles II qui essaye de le détrôner; se croyant fort des actes do cruauté ordonnés par l'horrible chef de la justice, Jeffreys, il s'avoue franchement catholique, s'entoure de moines, et mépriso la colèro du peuple. Son gendre Guillaume d'Orange n'a qu'à se montrer avec une armée : Jacques II n'essaye pas de combattre; il fuit de Londres. Le trône, d'abord déclaré vacant, est donné à la famille du stathouder, après qu'on a déterminé les droits des citoyens et les pouvoirs de leurs représentants, raffermi les garanties publiques et assuré la prérogative royale en la circonscrivant par la déclaration des droits de 4688.
L'Angleterre, et la Hollande qui continue de laisser des pouvoirs presque absolus à son stathouder, maintenant roi de la Grande-Breta-
gne, l'empire, l'Espagne, bientôt môme le duc de Savoie, et la Suède, ordinairement alliée à la France, sont conjurés contre Louis XTV. Jacques II ne sait pas reconquérir sa couronne, quoique FÉcosse et l'Irlande arment pour lui, et que les flottes de la France combattent au service des Stuarts. L'incendie du Palatinat, ordonné une seconde fois par Louvois, est une tache à la mémoire de ce grand ministre, dont la perte qui arriva alors fut sensible : son fils Barbezieux ne valait pas le brillant ûls deColbert, Seignelay, dont s'honore notre marine. Le maréchal de Luxembourg gagne en Flandre des victoires sur Guillaume d'Orange en personne; Guillaume ne se lasse pas de courir de la Flandre en Irlande, de revenir de l'Irlande sur le continent, pour défendre sa couronne, protéger les Hollandais ou les Espagnols. Les Anglais, vainqueurs sur mer dans la journée de la Hogue, bombardent Dieppe et plusieurs de nos ports de mer. Malgré les succès de Luxembourg, « le tapissier de Notre-Dame, » que la France perd vers la fin de la guerre, malgré les campagnes glorieuses de Catinat en Italie, Louis XIV sacrifie ce qui a été conquis ou confisqué, et signe les articles de Ryswick qui sont loin de valoir ceux de Nimègue : le prince d'Orange était reconnu pour roi légitime d'Angleterre. Louis XIV, qui a eu la sagesse de vouloir la paix, accepte le testament de Charles II, roi d'Espagne, qui lègue tout son héritage au duc d'Anjou, petit-fils du roi de France : cette acceptation , contraire aux intérêts de l'Autriche , et aux engagements que Louis XIV venait de contracter avec l'Angleterre et la Hollande, entraînera une nouvelle guerre européenne.
La maison d'Autriche n'a pas pu prendre une part bien active à la lutte contre Louis XIV, la guerre étant incessante avec les Turcs, et avec la Hongrie révoltée, contre laquelle l'empereur Léopold exerça de cruelles vengeances. Le prince Eugène s'illustre sur le Danube; la paix de Carlowitz humilie et affaiblit la Porte.
La paix, ainsi rétablie aux deux extrémités du monde en Occident et en Orient, n'était pas encore gravement troublée au nord. Sur le sol inculte de la Russie, apparaît pour la première fois un grand homme, c'est le czar Pierre. Il n'a pas supporté longtemps un collègue impuissant, son frère Ivan ; une conseillère ambitieuse, sa sœur Sophie. Le Génevois Lefort lui apprend à avoir une armée et une flotte; ses voyages en Hollande et en Angleterre doivent doter la Russie à la fois des arts de la guerre et de ceux de la paix; la milice des strélitz, brisée violemment à son retour, enseigne à tous qu'il faut obéir, et trouver bonnes les réformes par lesquelles il veut régénérer la nation. 11 conspire déjà avec le Danemark et la Pologne, qui vient de passer à un prince saxon, contre le jeune roi de
XVIlf SIÈCLE APRÈS J. C.
Suède, le Gis de Charles XI, dont le génie entreprenant n'était pas encore dévoilé. Entre les noms de deux grands princes absolus, Pierre Ier et Louis XIV, l'un dans toute la plénitude de sa force, l'autre touchant à son déclin, se place le roi constitutionnel de la Grande-Bretagne qui ne survit pas longtemps à l'élévation d'un prince Bourbon sur le trône espagnol.
La seconde partie du xvu* siècle, remplie de tant d'agitations extérieures , est en même temps féconde en travaux pacifiques , en productions littéraires : œuvres d'imagination et de raisonnement, éloquence de la chaire, histoire, critique, genre épistolaire, revêtent en France la forme de langage la plus pure et la plus brillante. Si Pierre Corneille est presque épuisé quoiqu'il doive vivre encore vingttrois ans, nous avons le théâtre entier de Racine; après quelques années de pieuse retraite, il ajoute à ses chefs-d'œuvre, inspirés surtout par l'antiquité grecque ou latine, Esther et Athalie, émules de Polyeucte. Les comédies de Molière suffiraient à la gloire d'un siècle; elles sont classiques, comme toutes les grandes compositions du genre humain qui, sans être imitées des anciens, empruntent à leur beauté naturelle un vernis d'antiquité. La critique des mœurs du temps et la critique de l'art recommandent Boileau. Le théâtre lyrique de Quinault, qui partagea ses succès avec Lulli, le musicien du roi, et les ouvrages de La Fontaine qui n'eut de naïveté dans ses fables qu'à force d'étude, montraient la variété de l'esprit français. Un nouvel auteur dramatique, Regnard, s'annonce par le Joueur, que suivra le Distrait» Les Caractères de La Bruyère, postérieurs aux Maximes de La Rochefoucauld, sont placés par Boileau à côté des Provinciales. Les romans de M"" de La Fayette et les lettres de Mroe de Sévigné , parente de Bussy-Rabutin, ornent une grande époque, dans laquelle tant de femmes furent célèbres, Mmede Motteville, M11* deMontpensier, Mrae de Maintenon ; sa grâce et son esprit permettent de citer Ninon de l'Enclos. Les Mémoires du cardinal de Retz vivent encore à côté des œuvres historiques de Bossuet qu'inspira surtout la religion. Le Discours sur l'histoire universelle, Y Histoire des variations du protestantisme, la Politique tirée de VÊcriture sainte, composés pendant l'éducation du dauphin, furent écrits à la gloire du peuple juif précurseur des chrétiens, pour la défense des dogmes, et au profit du pouvoir absolu des rois, ministres de Dieu sur la terre. Si Bossuet défend la déclaration gallicane, il continue, en même temps que le savant Arnaud, contre Claude et Jurieu, la guerre du catholicisme contre la religion réformée. Il égale Bourdalouo dans le sermon ; il surpasse Fléchier dans l'oraison funèbre : la mort du grand Condé lui fournit l'occasion de son dernier triomphe dans la chaire. Les
XVIIe SIÈCLE APRÈS J. C. 541
débuts de Massillon annonçaient moins de vigueur ; mais il a répandu toutes les grâces de la diction sur une morale douce, sensible et pénétrante. L'esprit de polémique emporta trop loin l'évèque de Meaux dans sa lutte contre les Maximes des saints : Fénelon se soumit humblement à la condamnation pontificale. Tèlémaque vaudra des persécutions d'un autre genre au précepteur du duc de Bourgogne.
La fin du siècle a produit des ouvrages moins distingués, mais qui ont joui d'une sorte de popularité, les travaux demi-historiques et demi-romanesques de Saint-Réal, les Révolutions de Portugal et de Suède de Vertot, les Oracles et les Mondes de Fontenelle. L'Académie française venait d'achever, en 4694, son Dictionnaire commencé en 4635, et avait pu profiter, pour fixer la langue, des grandes productions du siècle. Bayle publia en 1697, à Rotterdam, son Dictionnaire historique et critique, savant recueil où une érudition, riche et profonde, est souvent au service d'une critique partiale et d'une philosophie trop audacieuse. L'école de Port-Royal s'était bornée à recueillir les leçons les plus immédiates de Descartes ; elle les appliquait à la grammaire, à la logique, à la morale, à la direction des études. Malebranche, en creusant le cartésianisme, y avait retrouvé la philosophie de Platon, et il y rallia la théologie des premiers siècles chrétiens : il est le meilleur écrivain de tous les métaphysiciens modernes, surtout dans son ouvrage de la Recherche de la vérité ; son art, son talent, son savoir sont dans son enthousiasme.
Plus active que l'académie des inscriptions, qui n'a presque rien produit jusqu'en 1700, l'académie des sciences, instituée aussi par Coiberten 4 666, s'est livrée aussitôt à des travaux utiles. On remarque dans son sein deux étrangers, l'astronome Cassini et le physicien Huyghens qui, par ses calculs, détruisait les tourbillons et le monde de Descartes, perfectionnait les horloges et pressentait l'attraction universelle.
L'Académie de Londres, née sousCromwell, appelée Société royale par Charles II, s'occupe surtout de physique et de mathématiques. Toutes les connaissances humaines sont cultivées alors chez les Anglais: c'est le temps de l'audacieuse philosophie d'Hobbes, des méditations politiques et de la proscription de Sidney ; des travaux historiques de Clarendon, des satires de Rochester, courtisan sans honneur, que les débauches ont enlevé à trente-trois ans; des poésies de Denham qui se distingua surtout dans le genre descriptif ; de Roscommon, habile traducteur et d'un goût pur; de Walter qui a loué en aussi beaux vers Charles II et Cromwell; dos productions dramatiques d'Otway, d'abord acteur, auquel les Anglais donnent le premier rang après Shakspere. Milton n'a guère été célèbre do
XVIIe SIÈCLE APRÈS J. C.
son vivant que comme pamphlétaire et publiciste; ses premiers essais poétiques avaient plus d'agrément que de force. La postérité a presque oublié en lui le courageux et persévérant défenseur des idées de liberté, qui Font exalté jusqu'au fanatisme; sa prose toute brillante d'imagination et souvent de saine raison est à peine connue. Le Paradis perdu, dicté par le poète aveugle à sa femme et à ses deux filles qui partageaient sa pauvreté et sa solitude , vendu seulement quelques livres sterling , est une des plus grandes gloires de l'Angleterre. La poésie s'est soutenue après lui. Dryden, qui approche de Milton pour le talent, mérite les reproches de versatilité politique et de vénalité qu'ont attirés sur eux la plupart des poètes contemporains de Charles Ier, de Cromweli, de Charles II et de Guillaume d'Orange. Cependant il ne sut pas plaire jusqu'au bout au maître du jour et mourut dans l'indigence. Guillaume ne pardonna pas au poè'te, qui avait débuté par des stances à la louange de Cromweli , de s'être fait catholique sous Jacques II. Addison commence aussi sa réputation par un poème en l'honneur de Guillaume qui le paya magnifiquement.
L'Anglais Locke, de 4686 à 4690, analyse l'entendement humain, recherche les éléments des idées générales, explique lo système entier des facultés de l'intelligence et des divers genres de connaissances , en donnant trop de part à la sensation et par conséquent au matérialisme. Newton publie, en 4687, ses Principes mathématiques ; il révèle aux hommes la plus grande loi de l'univers, la loi de l'attraction universelle. L'invention du calcul différentiel est attribuée à la fois à Newton et à Leibnitz; les frères Bernouilli, Jean et Jacques, nés à Bâie et associés à la fin du siècle à l'académie des sciences de Paris, ont perfectionné cette nouvelle analyse. Les études de Leibnitz ont une immense étendue; il est en métaphysique le fondateur de l'école allemande ; son nom se retrouve dans les listes des théologiens, des publicistes, des jurisconsultes, des érudits, môme des compilateurs de chroniques et d'antiquités : c'est l'écrivain qui honore le plus la littérature germanique, quoiqu'il ait aussi écrit en français.
L'Italie a moins de noms célèbres, excepté pour les sciences exactes et les sciences naturelles : les résultats des études de plusieurs savants ont été publiés, en 4 667, par le secrétaire de l'académie florentine del Cimento. Les annales de Venise sont continuées, depuis4613 jusqu'en 4674 , par Nani, qui ne manque pas de lumières politiques.
En Espagne , Solis abandonne sans dommage la poésie et lo théâtre pour l'histoire ; ta Conquête du Mexique, partiale pour les conquérants, est écrite avec talent.
La Hollande, patrie littéraire de tous les écrivains persécutés dans leur pays, sorte de tour de Babel où s'impriment les ouvrages de toute langue, a alors son penseur original, l'auteur de la doctrine du panthéisme, le juif Spinosa, disciple de Descartes, comme Tétaient Malebranche et Leibnitz, qui ne tiraient pas des mêmes principes de pareilles conséquences.
L'art typographique illustre plusieurs familles de Leyde, de la Haye, d'Utrecht, de Rotterdam, d'Amsterdam ; les Elzévirs sont les plus célèbres, ils ont publié diverses collections classiques. L'Angleterre a la belle imprimerie dont l'archevêque Sbeldon a enrichi l'université d'Oxford; les presses du Louvre ont donné avant 4700 la collection des historiens byzantins; la typographie du Vatican rend peu de services; les Aides n'ont pas de successeurs en Italie.
Espagne et Hollande. — Les
villes maritimes de Flandre, que ruinaient les hostilités continuelles dans les Pays-Bas, prennent l'offensive contre les Provinces-Unies. Les côtes bataves sont ravagées par les marins de Nieuport et de Dunkerque. Maurice de Nassau entreprend, avec deux mille huit cents bâtiments, l'investissement de Nieuport, que l'archiduc Albert vient défendre. Deux combats dans la même journée. Le premier est gagné par les Espagnols qui ensuite perdent six mille hommes et leur artillerie (juill.). Mais Maurice ne peut forcer la ville.
France. — Conjuration du maréchal de Biron. — Le duc de Savoie, par un traité conclu à Paris, doit restituer a la France le marquisat de Saluces (févr.). Sur son refus de restitution, Henri IV fait envahir ses États. — Dans le cours de celte expédition , à Lyon, le roi épouse Marie de Médicis, âgée de vingt-sept ans (déc).
France et Turquie* — Des volontaires français, sous le duc de Mercœur, défendent quelque temps, au nom de Rodolphe 11, Ganisza, au sud du lac Balaton, contre les Turcs.
Italie*— Le Campanien Giordano
Bruno , calviniste et néoplatonicien, est brûlé à Rome comme panthéiste.
Angleterre.— Tentative d'insurrection du comte d'Essex, à Londres même. 11 est exécuté (19 févr.). — Factoreries, pour le commerce des épices, sur la côte indienne de Malabar.
Danemark. — Mort de l'astronome danois Tycho-Brahé à Prague, dans la faveur de l'empereur Rodolphe II. 11 a rédigé avec son disciple Kepler, qui est né en Saxe, les Tables rodolphines.
Espagne. — A la sollicitation des Flamands , Albert d'Autriche commence le siège d'Ostende , la seule grande ville maritime de Flandre , qui , depuis le début de la guerre d'indépendance, soit restée en armes contre les Espagnols (5 juill.). 11 durera plus de trois ans. Toutes les puissances de l'Europe s'intéresseront à cette grande lutte : les Italiens , les Espagnols , les Flamands * contribueront à l'attaque \ les Français, les Anglais, les Allemands et les Hollandais, à la défense.
France. — Le duc de Savoie , par un nouveau traité & Lyon , cède
XVIP SIÈCLE AfRÈS J. C.
la Bresse, le Bugey, le Val-Romey, pour garder le marquisat de Saluées.
C'est la seule conquête territoriale du règne de Henri IV, et encore par échange. — Le marquis de Hosny, (Sully) est fait grand maître de l'artillerie.
Autriche. — Une dernière renonciation de Sigismond Balhori livre la Transylvanie à l'empereur Rodolphe, qui ne sait pas se faire aimer de ses nouveaux sujets.
Kco»*e.— Jacques VI interdit aux nobles le droit de vengeance : ils poursuivront la réparation dos injures par les >oies ordinaires de la justice, au lieu de se venger eux-mêmes.
franoc. — Conspirations de plusieurs soigneurs, encouragée par l'Espagne. Le maréchal de Biron , convaincu de ce crime, est condamné a mort et exécuté (juill.).
Hollande* — Une compagnie nationale est créée, dite des Indes orientales, qui reçoit un privilège exclusif de vingt ans. Au retour de chaque vingtième année, le privilège sera renouvelé.
Italie.— Inutile tentative du duc de Savoie sur Genève (déc).
gulftae. — Les Grisons forment un traité d'alliance perpétuelle avec Berne, comme en 1G00 avec la république du Valais.
Turquie.— Les galères de Malte reprennent pendant dix-huit ans la lutte agressive contre les musulmans sur les côtes d'Afrique, d'Asie Mineure, de Grèce et de Moréc.
Allemagne. — Renouvellement de la ligue entre les protestants.
Angleterre. — Mort de la reine Elisabeth (3 avril). — Le grand poëtc anglais Shakspcre est aiors au milieu de sa carrière : il a déjà donné au théâtre plusieurs de ses chefsd'œuvre. — Avènement du roi d'Écosse Jacques VI, fils de Marie Sluart,
alors âgé de trente-neuf ans , qui prend le titre de Jacques Ier comme roi de la Grande-Bretagne. Les couronnes d'Angleterre et d'Écosse sont unies, mais rtëcossc est gouvernée comme un royaume particulier. — Jacques Ier conserve le culte anglican.
Autriche. — Moïse , chef des Szeklcrs , se met à la tète des Transylvains révoltés contre Rodolphe, et occupe la ville principale, Albe- Julie , ou Weissembourg, sur le Maros. 11 meurt en combattant les impériaux.
France. — Le roi rappelle 1rs jésuites ( sept. ) : le parlement retarde pendant quatre mois l'enregistrement de l'édit. Un jésuite sera toujours à la suite de la cour pour répondre de la conduite de ses confrères: le premier désigné, le P. Coton, devient le confesseur du roi. — Le Pont -Neuf, qui ne sera achevé qu'en 1G04 , commence à recevoir la pompe, dite la Samaritaine , qui doit amener les eaux de la Seine dans les bâtiments du Louvre et des Tuileries. — Mort du Français Viète, qui est comme le créateur de l'algèbre moderne.
Italie. — Le sénat de Venise défend de bâtir de nouvelles églises sans sa permission expresse.
Turquie. — Les infirmités précoces, fruit d'une vie corrompue, hâtent la mort du sultan (déc). Il laisse pour héritier un jeune homme de quinze ans, qui a en germe toutes les qualités d'un grand prince , Achmet Ier.
Angleterre* — Le roi , que
Henri IV appelait maître Jacques, discute théologie avec les puritains dans les conférences d'Hainpton- Court.
Autriche. — Les Transylvains, soutenus par une partie de la Hongrie, se donnent pour chef, contre Rodolphe, un noble Hongrois, Éiicnnc Botskaï, protestant.
Espagne* — Michel de Cervantes
XVIIe SIÈCLE APRÈS J. C.
Saavedra commence à publier son Immortel roman, Don Quichotte de la Manche, qui devait désespérer et faire tomber sons les coups de la plaisanterie la plus line et la plus ra; lieuse les faux chevaliers de son temps. La seconde partie fut publiée dix ans plus tard.
Espagne. — Enfin , après trois ans, quand des deux parts ont élé faites des pertes immenses d'hommes ci d'argent, Ostende est prise par rtspagnol Spinola (21 sept.). Peu après, les troupes espagnoles se révoltent faute de paye. L'archiduc Albert est forcé de leur livrer des otages, une place et de l'argent. — Le gouvernement d'Espagne n'empêche pas les Hollandais de pénétrer dans les Moluques, un des plus précieux établissements du Portugal.
France. — Complot de la maison d'Kntragucs et du comte d'Auvergne contre le roi. — Édit de la Pauletle:
les charges du parlement peuvent être vendues, moyennant un droit annuel payé à la couronne.
Italie. — Le grand-duc Ferdinand Ier commence à Florence la chapelle royale des tombeaux.
Jfogol*. — L'empereur mogol de l'Inde, Akbar, qui régnait depuis quarante-huit ans sur les pays qui s'étendent entre l'Inclus, les monts Himalaya, le golfe de Bengale et le Dckkan, perd, par un assassinat, son grand vizir Aboul-Fazel, auquel il avait fait rediger en persan une histoire de son règne.
Russie. — Les défiances et les cruautés de Boris Godunow, qui atteignent toutes les classes de la nation, favorisent les vues ambitieuses d'un moine, Olrcpief-Gregori, qui se donne pour Dimitri, le frère de Fédor.
Les Polonais , dans l'espérance que le rite latin sera établi en Russie , et les Cosaques du Don lui fournissent une armée contre Boris.
Suède. — Charles de Sudermanic, exploitant la haine des protestants contre Sigismond, le fait solennellement déposer, et reçoit lo
trône à cinquante-quatre ans ( févr.mars ). Sigismond ne règne plus que sur la Pologne. — Guerre entre les deux pays.
IGOiî.
Angleterre. — La faiblesse et le zèle anglican de Jacques 1" inspirent à des catholiques le projet de la conspiration des poudres ( i:ov. ) :
le roi et la famille royale devaient sauter par une mine , avec le parlement. Le complot est ré\élé; les coupables sont suppliciés et les jésuites chassés.
Autriche. — titienne BotskaI obtient de la cour ottomane la confirmation du litre de prince de Transyi\anie que lui ont donné les états, et celle du titre de prince de Moldavie et de Valachie qu'il doit au succès de ses armes (nov.).
France. — Travaux du canal de Briare pour faire communiquer, au moyen du Loing, la Seine et la Loire, Paris et Orléans. — Création d'un journal, qui n'est pas quotidien , le Mercure de France.
Italie. — Causes du démêlé engagé entre le nouveau pape Paul V et la république de Venise: 1" défense a été faite par le sénat de bâtir des églises sans sa permission ; 2° le droit d'acheter des biens-fonds est interdit aux ecclésiastiques; 3° le conseil des Dix a fait emprisonner deux prêtres accusés de crimes.
Jlofçol*. — Mort d'Akbar ; il a encouragé les arts, les sciences, l'industrie et l'agriculture. Les Mogols de Tlnde n'auront pas un chef aussi illustre pendant cinquante ans.
Russie. — Boris ne résiste pas a l'attaque- du faux Dimilri. Il meurt (avriP. Son fils et sa veuve sont tué> (juin). Le nouveau czar entre à Moscou et est couronné (juill.). 11 force la mère du vrai Dimilri à le reconnaître pour son /ils.
Angleterre. — Paul V défend aux catholiques d'Angleterre de pré-
XV!1« SIÈCLB APRÈS J. C.
ter le serment d'allégeance , par lequel on leur demande de reconnaître comme indépendante de tout autre pouvoir l'autorité temporelle du roi (sept.). — Deux compagnies maritimes de Londres et de Plymouth obtiennent de Jacques 1er des privilèges extraordinaires pour le défrichement et la colonisation des vastes terres de l'Amérique du nord, que Raleigh a appelées Virginie. Les seigneurs et les négociants qui se sont associés espèrent découvrir des mines d'or, d'argent et de cuivre , et doivent en payer redevance à la couronne. Pas de résultat.
Autriche* — Rodolphe se réconcilie par un double traité avec ses sujets de Hongrie et avec retienne Botskaï (23 juin). La pacification de Vienne confirme les droits de la nation hongroise , les privilèges des villes sont rétablis, les étrangers sont exclus des emplois; Élienne Botskaï est reconnu prince de Transylvanie , comte des Szekiers et palatin de Hongrie: ces dignités sont transmissibles dans sa race masculine; après l'extinction de cette race, la Transylvanie fera retour à la maison d'Autriche. — Trêve pour vingt ans avec les Turcs (9 nov.). — L'ordre teutoniqtie, qui a pris part à la guerre de Hongrie sous le grand maître Maximilien d'Autriche, renouvelle ses statuts.
France. — Les Français, déjà établis dans l'Acadie, ^qu'on a appelée depuis Nouvelle- Écosse, prennent possession du Canada, qui en est voisin.
Hollande. — Des Hollandais reconnaissent la Terre Australe, au sud delà Nouvelle-Guinée, dans l'Océanic.
Italie. — Sentence monitoriale de Paul V, qui excommunie le sénat de Venise et le doge Léonard Donato , et menace de l'interdit si la république n'a pas fait droit dans vingt-quatre jours sur les trois points en litige (17 avril). Venise n'en tient compte. L'interdit est décrété. Le sénat ordonne de continuer la célé-
bration du service divin. Refus des jésuites, des tliéatins et des capucins ; ils sortent du territoire de la république. Guerre de plume: le cardinal Bcllarmin , jésuite toscan , et le cardinal Baronius, oralorien de Naples, auteur des Annales ecclésiastiques, écrivent pour le pape ; Paul Sarpi ( frà Paolo ) , historien du concile de Trente, écrit pour Venise. Paul V menace d'employer les armes temporelles.
Basile. — Le mariage du faux Dimitri avec une Polonaise, fille du palatin de Sandomir, qui l'avait aidé à renverser Boris ( 3 mai ) ; son inclination connue à accepter le rite latin, précipitent sa ruine. Une double conspiration dirigée par le boyard Chouiski lui coûte le trône et la vie (17 mai). Chouiski est proclamé czar.
Suède.— Charles IX est couronné à Upsal.
Angleterre. — Le serment d'allégeance est un texte de discussion entre Jacques 1" et le cardinal Bellarmin. — L'Anglais Davis découvre, au nord-est de l'Amérique septentrionale , en cherchant un passage vers les Indes, le détroit qui porte son nom, et une partie du Groenland.
— Une première colonie anglaise est fondée, au nom de la compagnie privilégiée de Londres, sur les bords de la rivière de James, dans la Virginie proprement dite.
Autriche. — Quoique Étienne Botskaï soit mort sans enfant, les Transylvains, réunis à Clausembourg, se choisissent, au détriment de l'Autriche, un prince indépendant qui vit un an (févr.).— L'archiduc Malhias se fait élire roi par les seigneurs hongrois, au détriment de l'empereur son frère (14 oct.).
France. — Le Béarn, patrimoine de Henri IV, est réuni à la couronne de France (juill. ). — A l'an 1607 s'arrête le grand corps d'annales composé, en latin , par le véridique et judicieux de Thou : il embrasse
XVIIe SIÈCLE APRÈS J. C.
tous les pays et les événements de toute nature pendant soixante-quatre ans, 1543-1607.
Italie. — Au nom de Henri IV le cardinal de Joyeuse , allant tour à tour de Venise à Home et de Rome à Venise , réconcilie le pape avec la république à l'honneur des deux parties (avril) ; seulement les jésuites, bannis en 1G06, ne furent pas rétablis.
Afrique. — Les pirateries des corsaires barbaresques menacent les côtes de l'Italie et de l'Ile de Chypre. Armements maritimes de la Toscane pour leur donner la chasse.
Autriche. — Rodolphe II est forcé de sanctionner l'élection de son frère en Hongrie (juin). Mathias n*est couronné qu'après avoir accordé aux Hongrois, outre les anciens privilèges, l'élection d'un palatin pour gouverner en l'absence du roi, le libre exercice de la religion prétendue réformée , et l'expulsion des jésuites ( nov. ). — Le nouveau prince Gabriel, frère de Sigismond Bathori, élu par les Transylvains, est reconnu waïvode par Rodolphe, à condition de recevoir une garnison allemande dans les villes de sa domination. De là, la guerre entre la Transylvanie et la Porte.
Kftpagnc et Hollande. — Négociation d'un traité de paix par Ambroise Spinola pour l'Espagne, et par le président Jeannin, minisire de Henri IV, pour les Provinces- Unies. Maurice de Nassau aurait voulu , dans l'intérêt de son ambition , la continuation de la guerre.
Le jurisconsulte Barnevclt, grand pensionnaire , c'est-à-dire premier magistrat civil de la république , est favorable à la paix.
Hollande. — Des Hollandais sont conduits dans l'Amérique du nord par Hudson, vers la rivière qui porte son nom ; ils fondent les nouveaux Pays-Bas, en s'établissant dans les Iles, en face de l'embouchure de la
rivière, là où furent plus tard New- York et New-Jerseyt
Italie.— Paul V confirme l'ordre militaire de Mont-Carmel et de Saint- Lazare , renouvelé par Henri IV. — H reçoit une ambassade du roi de Congo nouvellement converti à la foi par les soins des Portugais.
Angleterre et Amérique. —
Les Anglais prennent possession des Iles Bermudes.
Autriche. — L'empereur Rodolphe est forcé d'accorder à ses sujets de Bohême le libre exercice de la religion prolestante (10 juill.). Il signe les Lettres de majesté, grande charte des Bohémiens.
Egpagne et Hollande. — Conclusion d'une trêve de douze ans (9 avril) : Philippe III et l'archiduc Albert, gouverneur des Pays-Bas , reconnaissent l'indépendance des Provinces - Unies, et la liberté de commercer dans les deux Indes.
Espagne. — Un édit royal ordonne à tous les Maures du royaume de Valence (9 déc. ) et bientôt aux Maures de toute l'Espagne (10 janv.) de sortir de la péninsule. Les Maures emporteront avec eux les traditions de l'agriculture, du commerce et de l'industrie; leur retraite laisse sans population des provinces entières. Ils émigrent en Afrique, en Asie, même en France.— Les jésuites constituent un gouvernement théocratique dans le Paraguay espagnol.
France. — Les jésuites obtiennent par lettres patentes permission d'enseigner.
s fol lande. — Mort du théologien protestant Arminius, qui combattait à Lcyde la doctrine de Calvin sur la prédestination des élus et des réprouvés. Son adversaire Gomar devait assister pendant trente ans encore aux rivalités souv ent sanglantes que ces débats théologiques ont soulevées.
nus*le. — A la faveur des trou-
XVIIe SIÈCLE APRÈS J. C
blcs, Sigismond III de Pologne, qui soutient un rival de Chouiski , enlève aux Russes la Severie , au nord de l'Ukraine. Les Cosaques du Don, sous prétexte de favoriser le nouveau prétendant , s'avancent avec les Polonais jusque sous Moscou.
Suède. — L'assemblée des états refuse au roi les secours nécessaires à la guerre contre la Pologne. Le Danemark et la Russie , sont mêlés incidemment à la lutte.
Allemagne. — La succession du duché de Clèves et de Juliers réclamée par des princes catholiques et par des princes protestants, est mise en séquestre par l'empereur. Les protestants forment l'Union évangélique (févr.).
Angleterre.— L'Anglais Hudson cherchant par le nord-est de l'Amérique un passage vers les Indes, voit la côte orientale du Groenland, à 73* de latitude, et est arrêté à 82° par les glaces. Plus tard il découvre le détroit et la baie qui portent son nom et où il trouva son tombeau.
France.— Préparatifs de Henri IV pour une guerre contre la maison d'Autriche : traité avec le duc de Savoie pour avoir le passage des Alpes (25 avril). Il fait couronner à Saint- Denis la reine, qui doit avoir le gouvernement en son absence (13 mai).
Assassinat du roi dans son carrosse , à l'entrée de la rue de la Féronnerie, par François Ravaillac (14 mai). — Avènement de Louis XIII, âgé de neuf ans. Le parlement confère la régence à sa mère, Marie de Médicis, qui suit les conseils des amis de l'Espagne et du pape. Faveur de l'Italien Concini et de sa femme LéonoreGaligaî. Sully, qui sous Henri IV a fait revivre l'agriculture et l'industrie, payé les dettes et augmenté les ressources du trésor, reste étranger aux intrigues de la nouvelle cour, et n'a plus d'autorité.
Hollande. — Les arminiens exposent leur doctrine religieuse dans
un mémoire intitulé Remontrances, et l'adressent aux États. — Rencontre hostile avec les Anglais qui avaient des établissements dans l'Ile de Java, aux Indes orientales. Les Hollandais y fonderont, à la place de Jakatra, la ville de Batavia, qui sera la métropole de leur commerce dans les Indes.
Italie. — Paul V complète la bulle in cœna Domini^ qui est le formulaire des prétentions du saint-siége (avril). — Canonisation du cardinal saint Charles Borromée, dont les vertus et les travaux avaient ramené les peuples d'Italie à la vénération pour l'Église (novembre). — L'ordre des religieuses de la Visitation, fondé par saint François de Sales, reçoit l'approbation du pape.
Russie. — Un parti offre la couronne au fils du roi de Pologne.
Livré perfidement à Sigismond, qui faisait le siège de Smolensk, Chouiski meurt en captivité à Varsovie. Smolensk tombe par trahison au pouvoir des Polonais. La Russie se partage entre deux candidats à la royauté, le fils de Sigismond et le second fils du roi de Suède.
Autriche. — Rodolphe II perd encore la couronne de Bohême que lui arrache son frère Malhias. Mathias ratifie par serinent les accords faits entre les ca tholiqueset les protestants.
Franée. — L'assemblée des huguenots , à Saumur , prend des mesures de défense contre le gouvernement. — Marie de Médicis obtient de Paul V la reconnaissance de la nouvelle congrégation de l'Oratoire de France, dont estétabli général le cardinal Pierre de Berulle (mars): elle se voue surtout aux travaux d'érudition et à l'enseignement. L'institut des Ursulines, fondé à Paris pour l'éducation des jeunes filles, est confirmé aussi par le pape (sept A — Les mémoires de Pierre de l'Estoile s'arrêtent a l'année ICI 1.
Hollande. — Les Hollandais, qui déjà sont en rivalité avec les Portu-
paîs sur la rôle de Coromandel, parviennent au Japon.
Pologne. — ï,c roi donne d'avance à l'électeur de Brandebourg l'investiture du duché de Prusse, que celui-ci est appelé à recueillir du droit de sa femme.
Suède. — Quelque temps avant de mourir, en présence des états, Charles IX déclare majeur son fils, Gustave-Adolphe, âgé de moins de quinze ans, qui déjà s'était signalé dans la guerre nouvelle avec les Danois. Mort de Charles IX (nov.).
Gustave- Adolphe continue les trois guerres que lui lègue son père. 11 rend à la noblesse, par les conseils du chancelier Axel-Oxenstiern, les droits et les privilèges que Charles IX lui avait ôtés.
Turquie.— Traité avec les Perses :
le schau Àbbas garde Tauris et d'autres places. La paix ne durera que cinq ans.
Allemagne.— Mort de Rodolphe II. Mathias, déjà roi de Bohème et de Hongrie, est élu empereur.
France. — Déclaration de la régente contre les assemblées des huguenots (16 déc).
Italie. — A Parme, le duc Ranuce Farnèse punit avec cruauté une conspiration tramée contre sa puissance et sa vie : les plus illustres têtes des maisons Torelli et San Vitali tombent sur l'échafaud.
Portugal. — Établissement au nordd'Ormuz, à Bender-Abassi, dans la province persane de Laristan.
Angleterre. — Mariage de la fille de Jacques Ier avec l'électeur palatin Frédéric V, prince calviniste.
Autriche. — Bethlem Gabor, noble hongrois et calviniste , se sert des Ottomans pour renverser le prince élu de Transylvanie; après l'avoir forcé à se tuer, il se fait luimême déclarer prince (oct).
Danemark et Suède. — Traité de paix, par la médiation du roi Jacques, beau-frère de Christian IV :
Qanv.) : les Danois rendent Calmar.
Espagne.— Le navigateur Quiros adresse un mémoire à Philippe III sur ses voyages. Il a découvert beaucoup d'Iles de l'Océanie , entre autres Otalti.
France. — Reconstruction de l'aqueduc romain d'Arcueil, qui fournit de l'eau salubre aux quartiers méridionaux de Paris — Mort du poète satirique Bégnier.
Hollande. — Occupation, dans le bassin des lies de la Sonde, de Timor, qui produit des épiecs.
Italie. — Un décret du saint-office atteint l'ouvrage d'un jésuite trop ultra-montain : De la puissance du roi et du souverain pontife. — Le duc de Savoie élève des prétentions à la tutelle de sa nièce, fille du dernier duc de Montferrat et de Manioue. Il entre en armes dans le Montferrat , où quatre années de guerre avec les Espagnols ne lui donneront pas de nouvelle conquête. — L'émir Fackardln, qui avait soulevé la Syrie contre le sultan, trouve asile à la cour du grand-duc de Florence : il ne peut rien pour rendre Jérusalem aux chrétiens.
»us«le. — L'assemblée nationale appelle au trône Michel, âgé de quinze ans, fils d'un noble, Fédor Romanow qui descend de Rurik par sa mère jfévr.). Son couronnement à Moscou (avril). Lutte contre les Suédois et les Polonais.
Angleterre. — Remontrances du parlement que Jacques avait convoqué pour obtenir de l'argent : il est dissous, et frappé dans quelquesuns de ses membres.
France. — Révolte de la noblesse : les traités de Sainte-Meneliould promettent la convocation des états généraux (15 mai). Déclaration de la majorité de Louis XIII (2 oct.). Ouverture des états généraux de
Paris, les derniers avant ceux de 1789 (27 oct. ). lis sont féconds en projets de réforme; on y débat la question de l'Inviolabilité des rois, et de l'indépendance de la couronne à l'égard du salnt-siége. — La statue équestre de Henri IV, envoyée par le grandduc de Toscane, est placée au milieu du Pont-Neuf (août).
Portugal. — Les Persans et les Anglais chassent les Portugais de la position de Bender-Abassi, acquise par eux depuis deux ans.
Allemagne. — Une nouvelle organisation des postes impériales enuage les États de Saxe , de Brandebourg et de Hesse, à établir pour leurs terres des postes particulières.
Autriche. — Guerre entre l'Autriche et Venise, parce que l'Autriche protégeait les Uscoques , association d'aventuriers qui faisaient la piraterie sur la côte vénitienne de Dalmatie :
l'archiduc appelle à son aide les Espagnols du Milanais; Venise se ligue avec le duc de Savoie, leur voisin à l'ouest de Milan. — Un nouveau traité de Mathias avec les Turcs , alors inquiétés par des révoltes d'Arabie et de Géorgie, rend à la couronne de Hongrie presque toutes les villes perdues dans les dernières guerres.
Espagne et France* — Au milieu des cabales des huguenots, et malgré la prise d'armes du prince de Condé, Louis XIII est conduit à Bordeaux pour célébrer son mariage avec Anne d'Autriche , fille du roi d'Espagne ( oct. ). Une de ses sœurs épouse l'infant depuis Philippe IV, âgé de dix ans (nov.).
France* — Marie de Médicis fait commencer le palais du Luxembourg à Paris» sur les dessins de Jacques de Brosse. — Une charge de juge général d'armes est créée pour remédier aux nombreux abus qui provenaient de l'usurpation des armoiries et des titres de noblesse. Elle sera héréditaire dans la famille d'Hosier.
•Hollande. — La connaissance
de l'Amérique méridionale est complétée lorsque les Hollandais Schouten et Lemaire découvrent le détroit qui porte le nom de ce dernier, a l'est de la Terre de Feu: ils démontrèrent que les deux océans, le Pacifique ou le Grand océan, et l'Atlantique se joignent au sud de l'Amérique par une vaste mer australe.
Lemaire découvrit dans l'Océanie, au sud-ouest des Iles Marquises, la mer mêlée d'Ilots etd'écueils, si justement nommée la mer Mauvaise.
Angleterre* — En 1615 ou en 1616 , mort de Shakspere^ à cinquante-deux ans. — Bylot et Baffin, marins anglais, entrent dans la baie qui porte le nom de ce dernier au delà du détroit de Davis, au nord de l'Amérique; ils en font le tour, sans trouver le passage cherché vers les Indes.
Autriche* — L'empereur, qui n'a pas d'enfant, adopte son cousin Ferdinand, de la branche de Styrie, alors âgé de trente-huit ans.
Espagne* — Michel de Cervantes, un an après la publication complète de son Don Quichotte, meurt dans la misère.
France. — — Nouvelle lutte de la noblesse contre Marie de Médicis et Concini, qui est depuis 1613 maréchal d'Ancre. Paix de Loudun (mai).
Elle est violée par le prince de Gondé ; la reine mère le fait arrêter et garder prisonnier (sept.).
Russie et Buède.— Michel Romanow, pour avoir la paix avec la Suède, renonce formellement à la Livonie et à l'Kst hoirie; il abandonne la Carélie et l'Ingrie (26 janv.).
Allemagne. — Célébration du premier jubilé protestant, la dernière année du premier siècle de la réforme.
Angleterre* — Vaine tentative de Jacques pour établir en Ecosse la religion anglicane. — Le parlement
proteste encore contre les abus de la prérogative royale, et combat les théories de droit divin. 11 condamne pour malversations le chancelier François Bacon dont le Novum organum a commencé la restauration de la philosophie. — Dissolution du parlement.
Autriche. — L'empereur se démet de la couronne de Bohême en faveur de Ferdinand, qu'il a adopté, uin). — Par la médiation de la rance, Venise se réconcilie avec l'archiduc d'Autriche (sept.).
France. — Louis XIII, pour élever son favori Albert de Luynes, fait tuer le favori de sa mère, Concini, (avril). — Disgrâce de Marie de Médicis, que suit dans sa retraite Armand Duplessis de Richelieu, évêque de Luçon (mai). — Odieux procès de la femme de Concini, Léonore Galigaï, qui est condamnée à mort, par arrêt du parlement, pour sortilèges (juill.).
Suède* — Couronnement du roi Gustave-Adolphe, à Upsal (oct.).
Turquie* — Mort d'Achmet Ier; son frère lui succède. — Le nouveau sultan croit le baron de Sanci, l'ambassadeur de France , complice d'un chef des rebelles en Moldavie, et le fait mettre en prison.
Allemagne et Autriche. — La
destruction des temples des protestants sur les terres ecclésiastiques de Prague et de Braunau, cause les troubles de Bohême. Les insurgés avec le comte de Thurn se vengent des gouverneurs catholiques par la défenestration de Prague (23 mai ).
C'est l'occasion de la guerre de Trente ans. — Ferdinand , déjà roi de Bohême , oblige l'empereur Mathias à Lui céder encore la couronne de Hongrie (juin): il est couronné à Presbourg (1er juill.).
Angleterre. — Au retour d'un voyage dans la Guyane d'où II ne rapporte pas les trésors qu'il avait promis au roi, WalterRaieigh est mis à mort, sur les accusations du gou-
vernement espagnol dont il avait dévasté les colonies et en vertu d'une sentence capitale prononcée contre lui quinze ans auparavant. — Origine religieuse des colonies anglaises : des non -conformistes, pour échapper aux persécutions, s'embarquent avec leurs femmes et leurs enfants sur des vaisseaux hollandais, et se forment une nouvelle patrie dans le nord de la Virginie, sur les terres qu'ils ont acquises de la compagnie de Plymouth. Ils s'étendent des deux côtés du cap Cod , à l'est de Bosston , et fondent une ville du nom de New Plymouth. Ils cultiveront eux-mêmes la terre sans se servir d'esclaves. Presque tous appartiennent à la classe moyenne et éclairée.
Danemark. — Christian IV envoie aux Indes la première escadre danoise ; elle prit terre à la côte de Coromandel, où furent bâties Tranquebar et Danebourg.
Espagne. — Chute du favori de Philippe III, le duc de Lerme, après vingt ans de domination (oct.). Le ministre déchu se fait nommer cardinal, et son fils, le duc d'Uzeda, qui l'a renversé, prend sa place.
France. — La France est agitée par les factions des seigneurs, de la reine mère, et du favori.
Eiollande. — La lutte théologique est résolue par le synode général de Dordrecht contre les remontrants ou arminiens , en faveur de Gomar qui est présent. Le grand pensionnaire Barnevelt, malgré ses soixanteneuf ans et les services qu'il a rendus, est emprisonné, comme arminien, par l'ordre de Maurice de Nassau, son ennemi politique.
Italie. — Célèbre conspiration espagnole contre Venise, attribuée à l'ambassadeur Bedmar, ou au viceroi de Naplcs, le duc d'Ossuna. — A l'occasion de ce complot , peut-être imaginaire, plusieurs étrangers, espagnols ou français» qu'a fait arrêter le sénat, perdent la liberté et la vie.
Pologne. — A la mort d'Albert-
XVIIe SIÈCLE APRÈS J. C.
Frédéric, son gendre l'électeur de Brandebourg, Jean«Sigismond,se met en possession du duché de Prusse, qui est réuni alors pour toujours à l'électoral.
Pologne et Russie. — Trêve de quatorze ans.
Turquie. — Les grands vizirs déposent le sultan (mars). Ils mettent à sa place son jeune neveu Othman IL— Réparation est accordée pour l'outrage fait a l'ambassadeur de France.
Allemagne. — Mort de Mathias.
Ferdinand II est élu et couronné empereur Caout, sept.). — Opposition des états de Bohême : ils appellent pour régner sur leur pays l'électeur palatin, Frédéric V, calviniste. Commencement de la période palatine de la guerre de Trente ans. —Tandis que Ferdinand est occupé de l'insurrection de Bohême, Bethlem Gabor, allié des rebelles, entre dans la haute Hongrie (sept. ), et reçoit le titre de prince à Prcsbourg (21 oct. ). La Silésie et la Lusace ne reconnaissent plus Ferdinand. — Inaction du nouvel électeur de Brandebourg, duc de Prusse, Georges-Guillaume , qui est beaufrère de l'électeur palatin.
Fronce. — Lutte ouverte entre le roi et sa mère que soutient le duc d'Epernon. Richelieu se fait médiateur. Le prince de Condé sort de prison (20 oct.)- De Luynes est fait duc et pair (14 nov.). — Luciiio Vanini , philosophe néo-platonicien , est brûlé à Toulouse comme athée.
Hollande.— Les désordres commis par les arminiens sont attribués au grand pensionnaire Barnevelt.
Maurice de Nassau le livre à une commission de vingt-quatre membres, qui le condamne à mort ; il est exécuté ( 1 3 mai ). Persécution de ses partisans : l'historien et jurisconsulte Grotius ( Hugo de Groot), né à Delft, membre des États généraux, déjà célèbre à trente-six ans, est condamné à une prison perpétuelle ; il s'échappe. Maurice ne peut cependant pas arri-
ver au pouvoir absolu. — Fondation dans Plie de Java, de la ville de Batavia, qui est destinée à une grande prospérité commerciale.
Tores. — Guerre active avec les Perses, jusque devant Tauris.
Allemagne. — Les troupes de l'empereur, commandées par Maximilien, duc de Bavière, battent à la montagne Blanche, près de Prague, l'armée du prince palatin (nov.). Frédéric V fuit en Silésie, bientôt en Danemark, puis en Hollande.
Fronce. — Réunion de la basse Navarre a la couronne, création d'un neuvième parlement à Pau ; les huguenots de celle province sont forcés de restituer les biens ecclésiastiques.
Hollande. — Conquête d'une des colonies portugaises les plus précieuses par le commerce des épices , File d'Amboinc dans les Moluqucs.
Italie. — La Valtelinc, étroite vallée de l'Adda supérieur, qui sépare le Milanais espagnol du Tyrol autrichien, est agitée par les intrigues du duc de Feria, gouverneur du Milanais. Elle se soulève contre les Grisons ses protecteurs naturels et nécessaires. Les catholiques égorgent cinq cenls protestants, et forcent les autres à fuir ou à apostasicr.
Suède. — Gustave - Adolphe épouse la fille de l'électeur de Brandebourg.
Allemagne. — Actes de vigueur de l'Autriche : Prcsbourg est enlevée à Bethlem Gabor par le comte de Buquoi, général de l'empereur (mai). Ferdinand ordonne en Bohême l'exécution de quarante-trois chefs de l'insurrection. — Des Allemands, généraux d'aventure, combattent seuls pour l'électeur palatin.
Danemark. — Le duc de Holstein-Gottorp accueille les remontrants de Hollande , poursuivis par les gomaristes, et fait bâtir pour eux la ville de Stadt Frédéric, sur PEyder.
XVIIe SIÈCLE APRÈS J. C. 553
Kepagne.— Mort de Philippe III (mars). L'aîné de ses enfanis nés d'une princesse autrichienne, Philippe IV, lui succède à seize ans; majeur de droit, il ne gouvernera pas plus que son père : puissance du comte d'Olivarès.
Espagne et Hollande. — Expiration de la trêve de douze ans (10 avril) : les États généraux refusent de la proroger. Au milieu des préparatifs de guerre, meurt l'archiduc Albert, qui gouverne les Payslias espagnols depuis vingt-cinq ans ( 1 3 juill.). Ambroise Spinola seconde sa veuve, l'infante Claire-Eugénie.
Francei — De Luynes , qui n'a jamais combattu, est nommé connétable (2 avril) ; il marche avec le roi contre les protestants révoltés (9 avril). — L'assemblée de la Rochelle donne une base républicaine à la constitution des pays réformés ( 1 0 mai ). Le duc de Rouan et le duc de Soubise, son frère, sont à la tete des protestants.—Guerre en Guyenne et en Gascogne. Le roi ne peut prendre Montauban (août-nov. ). — Mort du connétable de Luynes ( 15 déc). — La congrégation bénédictine de Saint- Maur reçoit ses statuts de Grégoire XV ( mai ): ses travaux d'érudition et d'histoire lui ont acquis en France une réputation immortelle.
Italie. — Mort de Paul V (janv.).
Il a beaucoup embelli Rome; les précoces talents du Napolitain Bernini, statuaire et architecte , ont été employés à l'achèvement de l'église de Saint-Pierre; réunion de beaux ouvrages de peinture et de sculpture au Vatican. — L'empereur érige Guastalla en duché pour Fernand II de Gonzague et pour sa postérité (juill.).
Pologne. — Courte guerre entre la Pologne et la Turquie, à cause des brigandages des Cosaques de la mer Noire. Choczim, sur le haut Dniester, est attaquée par les Turcs.
Portugal. — Découverte de mines d'or au Brésil.
Angleterre. — Premier numéro du premier journal régulier qui ai!
paru en Angleterre : Nouvelles la semaine^ rédigées surtout par Nathaniel Butter.
Eapagne et Hollande. — Habile stratégie de Spinola et de Maurice de Nassau devant Berg-op-Zoom , au nord-ouest du Brabant. L'armée espagnole après plusieurs assauts, de juin à octobre, abandonne l'attaque.
France. — Apostasie de plusieurs chefs protestants. Le duc de Lesdiguières, qui se convertit à quatrevingts ans, est fait connétable (juill.) L'édit de Montpellier laisse aux reli gionnaires leur importance politique ( oct. ). — Richelieu, à la recommandation de la reine mère, qui rentre au conseil , est nommé cardinal ( 5 sept. ). — L'église de Paris est érigée en archevêché (20 oct. ). — Mort du président Jeaunin qui a toujours uni dans les affaires publiques, dans les finances, et dans la diplomatie, la droiture à l'habileté.
Italie. — Grégoire XV, zélé pour la conversion des infidèles, fonde le collège de la propagande. Il canonise saint Ignace de Loyola, saint François Xavier, saint Philippe de Neri et l'Espagnole sainte Thérèse, célèbre par la réforme des carmélites et par ses écrits (mars).
Perse. — Les Persans et les Anglais chassent les Portugais de l'Ile d'Ormus. Les Anglais se font donner le monopole du commerce de la soie en Perse.
Tarante. — Othman II est le premier sultan que les janissaires, menacés d'être cassés, déposent, livrent aux outrages de la multitude, et font étrangler au château des Sept-Tours.
Allemagne. — La dignité électorale du comte palatin calviniste est donnée par la diète au duc de Bavière, prince catholique qui l'a vaincu au nom de l'empereur.
Angleterre.— Après de longues négociations pour le mariage du prince de Galles, Charles, âgé de vingt-trois ans, avec la fille de Philippe IV, le jeune prince est conduit à la cour de Madrid par George Villers, duc de Buckingham, le favori de son père : conduite imprudente de Buckingham, l'alliance est rompue.
Danemark. — Christian IV fonde à Soroê, dans l'Ile de Seeland, une académie pour la noblesse, et la dote de grands revenus.
KApagne. — Plusieurs ordonnances d'Olivarès ont pour objet de favoriser l'accroissement de la population, en accordant une diminution ou une suppression d'impôts à ceux qui se marient jeunes, ou qui ont beaucoup d'enfants.
France et Italie. — Ligue de la France avec Venise et le duc de Savoie, pour soustraire la Valteline à l'ambition de l'Espagne ( janv.).
Hollande. — Conspiration contre la vie dustathouder : un des fils de Baruevelt, et les principaux conjurés sont décapités à la Haye (29 mars).
Italie. — L'électeur de Bavière, le vainqueur de Frédéric V le prince palatin, a cédé aux bibliothèques de Home une partie des manuscrits de la riche bibliothèque palatine. — Mort de Grégoire XV. Il aimait a s'entretenir avec les académies qu'il avait établies dans son palais. Le Florentin Barberini qui lui succède, Urbain VIII, cultive aussi les lettres, et est lui-même poiite (août).
Turquie. — Un oncle d'Othman, qui l'avait précédé sur le trône, et qu'on avait tiré de prison pour lui rendre la dignité de sultan , mérite une seconde fois par ses folies et par ses cruautés d'être déposé (sept. ) :
il sera étranglé en prison. Avènement d'un frère d'Othman, Amurat IV , âgé de quinze ans, — Incursions des Cosaques qui sont maîtres de l'embouchure du Don. Révoltes de plusieurs pacbas en Asie.
Angleterre. — Avec l'agrément de son parlement, le roi demande pour son fils Henriette de France, sœur de Louis XIII.
Autriche. — Bethlem Gabor se réconcilie avec l'empereur (mai) : il renonce au titre de roi de Hongrie , mais reçoit, outre la principauté de Transylvanie, les deux duchés de Silésie Oppelen et Ratibor, qui n'avaient été offerts à deux de ses prédécesseurs que comme dédommagement de la principauté.
F.Npngnc. — Un projet d'organisation qui réduirait tous les impôts en un seul est vainement présenté par un magistrat de Tolède.
FMpagne et Hollande. — Succès maritime des Espagnols près de Calais. Spinola assiège Bréda, sous les yeux du prince Maurice (août).
Maurice ne réussit pas dans un coup de main contre Anvers. — Les Hollandais battent la flotte espagnole sur la côte du Pérou , près de Lima. Ils s'emparent, dans le Brésil portugais, que défendent mal les Espagnols, de la baie de Tous-les-Saints et de la ville de San Salvador.
France. — Richelieu entre au conseil (avril) et renonce à son éveché de Luçon. — La Valteline est replacée par les troupes françaises sous la souveraineté des ligues Grises. — Balzac commence à publier ses Lettres qui ont donné à la prose française de l'harmonie et des formes oratoires.
Turquie. — Lutte acharnée avec les Perses dans l'Irak- A rabi : Bagdad attaquée pendant cinq mois résiste aux Turcs.
Allemagne et Danemark. —
Christian IV, comme duc du Slesvlg- Holstein, qui est terre germanique, répond à l'appel des protestants de la basse Saxe, et des amis de l'électeur palatin. Commencement de la période danoise, de la guerre de Trente ans. — Ferdinand 11 cède à son fils la couronne de Hongrie (déc).
XVIIe SIÈCLE APRÈS J. C. 555
Angleterre. — Mort du roi Jac- parlement : il répond à une demande que» I,r (avril). Charles Ier, son fils, de subsides pour la guerre d'Espagne lui succède; il épouse Henriette de par une exposition de griefs. Il est France (mai) : Buckingham , qui dissous (15 juin). Les emprunts forgarde sous Charles son pouvoir cés suppléent aux impôts, refusés de favori, a fait déclarer la guerre à par la nation. — Mort du philosophe l'Espagne. Vaine tentative contre Ca- Bacon.
dix (oct.). - Dans les Antilles espa- *rjmee. Richelieu accorde en-
gnoles, occupation de la Barbade. core aux protestants un édit de pa
France.— Richelieu recommence cification (févr.). — Édit contre les
la lutte contre les protestants. — duels. — Le maréchal d'Ornano , qui
Assemblée de notables. Une cham- conspire contre le ministre a\ecMon-
bre de justice sévit contre les fer- sieur, frère du roi, est arrêté (mai)
miers généraux. et meurt à Vincennes (sept.). Le
Hollande. — Maurice de Nassau comte de Chalais pour le même
meurt à la Haye (avril). Il avait mis crime est décapité à Nantes (l9août).
à profit toute la science militaire des ~~ Assemblée des notables : mesures
anciens :1e premier, il s'est servi Priscs contre les nobles; réforme
dans les sièges de lunettes à longue- dans les finances. — Etablissement
vue, et a ouvert des galeries. On lui au Sénégal, et, dans l'Amérique du
reproche son ambition et les dérègle- suu*> a 'a Guyane,
me nts de sa vie privée. — Son frère, Italie. — Une donation faite par
Frédéric-Henri, reçoit des États géné- le dernier duc de la maison de la
raux les charges de capitaine et d'à- Rovère réunit au sainl-siégc le du*
mirai-général; chacune des provinces ché d'Urbin. successivement le nomme stathouder,
sauf Groningue et Frise qui choisis- 1627.
sent un autre Nassau. — Bréda est Allemagne et Danemark. —
prise par Spinola après dix mois de Walstein bat le marquis de Bade-
siége (juin ). — Alliance avec l'An- Dourlach qui commande une armée
gleterre et le Danemark contre l'Es- danoise (sept.) : le Holstein presque
pagne (août). tout entier devient le prix de cette
Italie. — Le sénat de Gènes victoire. La Poméranie protestante
institue le tribunal des inquisiteurs est à la merci de Walstein. — L'em-
d'État, sur le modèle de celui de pereur fait proclamer roi de Bohême
Venise. son fils, qui est déjà roi de Hongrie.
1626* Angleterre. — Des puritains
anglais, s'exilant pour vivre libres,
Allemagne* — Le comte de Wal- obtiennent de la compagnie de Ply-
lenstein ou Walstein , noble de Bo- mouth la cession de la baie de Mas-
hême, qui a formé une armée pour sachusets , au nord des vastes ter-
l'empereur en s'en réservant la dispo- ritoires de l'Amérique septentrionale
sition presque exclusive, bat sur l'Elbe appelés Virginie. Le gouvernement
près de Dessau, et poursuit jusqu'en y sera moins démocratique que dans
Silésie et en Hongrie le comte Ernest la colonie établie au pied du cap Cod
de Mansfeld, un des héros d'aventure en 1618; Église puritaine intolé-
qui soutiennent le roi de Danemark, rante ; les principaux emplois sont
Le général bavarois Tilly bat Chris- électifs.
tlan IV à Lutter, dans le duché de Rt*hAi!*n c,.™:™~ i
Brunswick, et le rejette sur le Jutland rhl^S^M^T^1^ *
fanfit) Walstein interdit an ml 1* c"arZet «e connétable qu'a laissée va-
(aout). walstein interdit au roi le cante la mort deLesdiguières fjanv ).
brandebourg et le Mecklembourg. et blenlot ceUe dc g«and
•—Esprit hostile du se fait nommer surintendant général
du commerce et de la navigation. — Boutcville-Montmorency et le comte de Chapelles sont exécutés en place de Grève comme duellistes (juin).
— La guerre est recommencée avec les huguenots; le duc de Uuckingham, ennemi de Richelieu , les soutient sans succès. Louis XIII et Richelieu viennent assiéger la Rochelle; le port est barré par une digue, août à novembre.
Hollande. — Pierre Nuyts découvre la côte sud-ouest de la Nouvelle-Hollande.—Les Hollandais fondent en Guyane Essequcbo.
Italie. — Mort du duc de Mantoue. 11 a désigné, pour lui succéder, son cousin Charles de Gonzague, l'époux de sa nièce Marie, qui possède en Fiance le comté de Rethel et Nevers. La succession sera disputée à ce prince, ami de la France, par César de Gonzague , fils du duc de Guastalla, protégé de l'empereur. Le duc de Savoie saisit l'occasion pour redemander le Montferrat. — A Gènes, conspiration démagogique du riche plébéien Vachero à qui le duc de Savoie a promis son concours : le sénat frappe avec vigueur Vachero et ses principaux adhérents.
Suède. — Gustave-Adolphe défend le duel sous peine de mort, et tiendra à l'exécution rigoureuse de la loi.
Angleterre. — Le parlement accorde des subsides au roi, à la condition qu'il secourra la Rochelle. — Buckingham , qui doit conduire l'expédition, est assassiné (23 août). — L'Anglais Guillaume Harvey démontre la circulation du sang, qui est en mouvement perpétuel par le cœur, »es artères et les veines.
Hollande. — Capture à la hauteur de Cuba, dans les Antilles, d'une flotte espagnole avec tout son chargement évalué douze millions de florins.— Spinolaqui n'a plus de succès, parce qu'il ne reçoit pas d'argent de l'Espagne, est rappelé. — Frédéric-
Henri de Nassau assiège Bois-le-Duc, une des plus fortes places du Brabant septentrional. Claire-Isabelle-Eugénie , soutenue par les impériaux et même par un prince de la maison de Nassau, ne peut empêcher la place de capituler (14 sept.). Les Hollandais prennent Wcscl, sur le Rhin, au sud-est de Clèves.
France. — La Rochelle, privée du secours des Anglais qui ne peuvent forcer la digue, est affamée, et forcée de se rendre (28 oct.). Klle perd ses fortifications, et ses privilèges politiques, et reçoit le culte catholique. — Tu renne âgé de vingt ans, fait son apprentissage des sièges dans les Pays-Bas, à l'armée de son oncle Frédéric-Henri.
perse. — Mort du schah Abbas le Grand dans l'Irak-Adjemi , à Casbin, au nord-ouest de Téhéran. — 11 a enlevé aux Mongols de l'est plusieurs provinces que son successeur perdra, entre autres le Candahar qui touche au Khoraçan. Pour détourner ses sujets du pèlerinage de la Mecque, et les empêcher ainsi de porter à un temple étranger l'argent de l'empire, il leur a inspiré de la dévotion pour Reza, l'un des douze saints ou imans de Perse, dont le tombeau est à Mesched, dans le Khoraçan, un peu à l'est de Nichapour.
Protecteur des arts et du commerce, il a été cependant cupide et cruel, et quatre de ses fils ont été immolé > à d'injustes soupçons. — Un de ses petits-fils lui succède à quinze ans :
c'est le Néron des Persans.
Allemagne. — Édit impérial pour la restitution des biens de l'Église, usurpés par les protestants depuis l'an 1555 (G mars). Résistance des princes et des villes de Brandebourg et de Saxe. — Réconciliation de l'empereur avec Christian IV a Lubeck (27 mai). — Les protestants alors s'adressent au roi de Suède.
Gustave-Adolphe, que la France aussi sollicite à la guerre contre l'Autriche.
Angleterre. — Le parlement formule la pétition des droits de la nation. Le débat est encore tout constitutionnel entre la nation et le roi. — Paix avec la France (24 avril).
France. — Louis XIII marche contre le duc de Savoie, pour soutenir le parti français de Mantoue ; il force vaillamment le pas de Suze (mars). — Campagne dans le Languedoc, au milieu des Cévennes, pour réduire le duc de Hohan, chef des calvinistes; il fait sa paix particulière à Mais (27 juin). L'édit de pacification de Nîmes ( H juill. ) respecte la liberté de religion, et maintient l'égalité civile entre les catholiques et les protestants. Montauban résiste la dernière au ministre qui vient la menacer en personne (20 août). — Richelieu est déclaré principal ministre ( 2 1 nov. ). — Il part pour la guerre d'Italie (29 déc. ). — Mort du poète Malherbe. — Milite, première comédie de P. Corneille, âgé de vingttrois ans.
Pologne et Suède. — Trêve de six ans, par la médiation de la France : Gustave avait enlevé les possessions prussiennes de la Pologne (15 sept. ).
Allemagne. — Le débat, que depuis vingt ans la succession de Clèves et de Julicrs a soulevé entre la maison de Brandebourg et la maison de Neubourg , est suspendu par un accord qui laisse à l'électeur Georges-Guillaume le duché de Clèves, un peu à Test de Nimègue entre la Meuse et le Rhin, et le comté de la Mark, dans la vallée centrale de la Lippe et de la Ruhr, au nord -est du duché de Berg. — L'archevêché de Magdebourg est l'occasion d'un conflit entre la maison de Brandebourg et l'empereur. — L'association de la hanse teutonique est dissoute.
Allemagne et Suède. — La
diète de Ratisbonne, par l'influence de l'électeur de Bavière, obtient le renvoi de Walslein, dont les soldats
se sont livrés à d'affreux brigandages même sur les terres catholiques :
elle n'élit pas roi des Romains le fils de l'empereur. — Laissant en Suède sous la protection des étals une fille âgée de quai re ans, Gustave-Adolphe passe de l'Ile de Rugen sur la terre allemande pour combattre l'empereur au nom des protestants (juin ). Commencement de la période suédoise, de la guerre de Trente ans. — Les Suédois sont bien accueillis dans la Poméranie, qui avait beaucoup souffert du séjour des impériaux en 1027 (2! juill.) : Stctlin, Stargard et Wolgast reçoivent garnison suédoise. — Magdebourg reçoit de nouveau l'archevêque luthérien de la maison de Brandebourg, oui est assuré de la protection de Gustave-Adolphe ( 1er août).
Angleterre. — Les colonies de New-Hampshire et du Maine sont fondées par les agents de la compagnie de Plymouth, dans la partie de l'Amérique septentrionale qu'on commence à appeler Nouvel le- Angleterre. Gouvernement libéral, comme à Massachusets. — Les concessionnaires de la terre de la Caroline, au sud de la Virginie, n'y font pas d'établissement durable.
Autriche, France et Italie.
— Lutte devant Mantoue entre les généraux de l'empereur et le maréchal d'Estrées : les impériaux prennent Mantoue au nom de la maison de Guaslalla ( 18 juin), et la pillent pendant trois jours; ils transportèrent à Prague les plus belles peintures du palais. — Le duc de Savoie est menacé par Richelieu et par Louis XIII (janv.). Dépouillé de ses États, il meurt de chagrin, après cinquante ans de règne ( 2G juill. ).
Victor-Amédée, son fils, âgé de quarante-trois ans, lui succède. — Dans le duché de Guastalla, César de Gonzague succède à son père ( 5 août). — A la diète de Ratisbonne, l'empereur se décide à reconnaître le duc de Nevers Charles de Gonzague, comme duc de Mantoue et de Montferrat ( 1 3 oct. ) : le capucin Joseph , en-
558 XVIIe SIÈCLE
▼oyé de Richelieu, a conduit les négociations.
France. — Louis XIII après la campagne d'Italie, revenu à Lyon, tombe malade (22 sept.). Disgrâce imminente du cardinal : la journée des dupes, à Versailles, est fatale à ses ennemis ( 1 1 oct.); il fait commencer le procès du maréchal de Marillac, un des complices de la reine mcre. L'usage des postes, étendu au service des particuliers, devient une branche des revenus de la couronne. — A l'aide des flibustiers , les Français menacent la colonie espagnole de Saint-Domingue.— Mort du poète dramatique Hardy qui, pendant trente ans, a imite ou pillé les auteurs espagnols.
Hollande* — Commerce sur la côte africaine d'Arguin , près du cap Blanc. Établissements sur la côte de la Guinée supérieure, aux dépens des Portugais; conquête moins fructueuse du pays d'Angola, entre le Congo et le Bcuguela.
Allemagne et Suède* — Traité d'alliance de la Fi ance avec Gustave- Adolphe (janv.). — Siège deMagdebourg, dont l'archevêque est 1 allie des Suédois (30 mars) : quatre assauts par Tilly et Pappenheira ; sac, massacre et incendie (10 mai). — Le roi de Suède, qu'ont retardé les hésitations calculées des électeurs de Brandebourg et de Saxe, arrive enfin sur les terres de l'archevêché ( juin ), et s'empare de Halle. Il défend l'électorat saxon, menacé parles impériaux; sa victoire à Leipsick, où Tilly est fait prisonnier (7 sept.). — Pendant que l'électeur de Saxe s'avance entre l'Elbe et l'Oder jusqu'à la Bohême autrichienne, Gustave traverse la vallée du Mein sur les terres des évôqnes catholiques de Thurlnge et de Franconie , jusqu'à Mayence ; il parcourt, en conquérant, l'Alsace et la Souabc, et s'approche de la Bavière, alliée de l'Autriche. — La Transylvanie se donne pour prince
APRÈS J. C
Georges Ragotzky qui veut être Indépendant de l'empire et de la Turquie; il s'allie aux Suédois. — Le fils de Ferdinand, roi couronné de Hongrie et de Bohême, âgé de vingt-deux ans, épouse Marie-Anne, fille de Philippe III d'Espagne, sœur de la reine de France. — Kepler meurt indigent a Batisbonne; il a trouvé les lois mathématiques qui régissent les mouvements des corps célestes.
Espagne et Hollande. — Claire- Isabelle-Eugénie fait envahir la Zélande, par terre et par mer. Frédéric-Henri obtient alors pour son fils Guillaume, enfant de cinq ans, la survivance du stathoudérat dans les provinces de Zélande et de Hollande.
Désastre de la flotte espagnole (12 sept.). Les Hollandais s'étendent à Test, dans le Li m bourg jusqu'à Venloo et Ruremonde sur la Meuse. — Us concluent une alliance avec Gustave-Adolphe.
France. — Richelieu écarte ou abat ses ennemis intérieurs, Marie de Médicis, Gaston frère du roi , le duc de Lorraine. La reine mère se retire à Bruxelles. Les partisans de Gaston sont livrés à une chambre de justice établie à l'Arsenal (14 juin). Le duc de Lorraine qui a donné un asile et a promis sa sœur à Gaston, est combattu sur ses terres. — Premier journal politique , les Gazettes nouvelles^ sous la direction de Théophraste Renaudot, médecin du roi.
11 ne paraît d'abord qu'une fois par semaine.
France et Italie. — Le traité, négocié au nom de la France par l'Italien Mazarin, et signé à Chérasque, au sud de Turin, confirme au duc Charles de Gonzague de Ne vers la possession de Mantoue et de Montferrat ; rend à Victor-Amédée Ier tous ses États moins Pignerol et trois autres places que gardent les Français; quelques villes du Montfcrrat lui sont données (G avril).
Hollande. — Grotius, quoique bien traité en France, revientdans sa patrie. Sa té te y est mise à prix. 11
XVIIe SIÈCLE AHtÊS J. C.
reprend la route de l'exil; 11 sera bientôt attiré en Suède.
Italie. — Mort de François-Marie 11 de la Rovère, qui ne laisse pas d'héritier direct (avril). Urbain VIII fait prendre possession par son neveu, le cardinal Barbe ri ni, du duché d'Urbin, fief dévolu au saint-siége.
— Le grand-duc de Toscane, Ferdinand H, ne recueillit que les biens allodiaux de la maison d'Urbin à laquelle il est allié par mariage.
Allemagne et Suède. — Gustave, arrivé à l'entrée de la Bavière, force le passage du Lech , affluent du Danube ; Tilly est mortellement blessé ( avril ). Gustave entre a Munich (17 mai). — L'empereur, qui a rendu le commandement de ses armées à Walstein, sauve d'abord la Bavière. L'électeur de Saxe est de nouveau menacé par les impériaux. Gustave vient le défendre; il meurt vainqueur dans les champs de Lutzen, au sud-ouest de Leipsick ( 16nov. ). Les Suédois ont encore plusieurs généraux illustres, surtout le duc Bernard de Saxe-Weimar.
Angleterre. — Édits royaux pour arrêter les progrès de l'émigration en Amérique : ne pourront émigrer que ceux qui auront prêté le serment d'allégeance ou de foi anglicane et de suprématie épiscopale.
— Dans l'Amérique du nord, la colonie de Maryland est formée par un démembrement de la Virginie proprement dite, en faveur de lord Baltimore , protégé de la cour de Londres. Son gouvernement dépend de la métropole, plus directement que celui des colonies puritaines du nordest. Les esclaves sont admis pour la culture de la terre. — Depuis quatre ans, les Anglais s'avancent dans les petites Antilles: ils occupent, au nord de la Guadeloupe , les lies de Montserrat et d'Antigua ; plus à l'est, dans les Iles Bahama, la Providence , au nord-ouest de San Salvador.
K»pagne et Hollande.— Macs-
tricht, défendue par des travaux de
fortifications et par trois armées espagnoles , ne peut résister plus de deux mois. Elle se rend aux Hollandais (22 août).
France. — Richelieu ne consent au mariage du duc d'Orléans Gaston avec la sœur du duc de Lorraine qu'après une convention onéreuse pour le duc (janv.). Gaston va rejoindre sa mère à Bruxelles, chez les Espagnols. —Le traité de Saint- Germain confirme celui de Chérasque, en ce qui regarde la cession de Pignerol à la France (5 mal). — Le maréchal de Marillac, condamné par une commission sous prétexte de concussions, subit la sentence capitale (10 mai). Prise d'armes de Monsieur, du duc de Lorraine et du maréchal de Montmorency dans le Languedoc ( juin ). A rapproche de Louis XUI , le duc se soumet. Montmorency , vaincu et pris au combat de Castelnaudary (sept.), est livré au parlement de Toulouse, condamné à mort et exécuté (30 oct.).
Pologne. — Mort du roi Sigismond 111. — Son fils Wladislas VII est élu (nov.). 11 défend énergiquement Smolensk contre les Russes , qui ont recommencé les hostilités après l'expiration de la trêve.
Allemagne et Suède. — Les
princes protestants de l'empire laissent la direction de la guerre contre l'Autriche au chancelier suédois Oxenstiern. Progrès vers le bas Rhin, en Franconie et dans le Palatinat. — La France, représentée par le marquis de Feuquières à Heilbronn, renouvelle l'alliance avec la Suède (mars).
Angleterre.— Charles Ier, après son couronnement à Edimbourg , assemble le parlement écossais pour y faire décréter l'acceptation du culte anglican : docilité du parlement (juin). Laud, qui a préparé cette réforme est élevé à l'archevêché de Canterbury.
France. — Création d'un dixième
560 XVIIe SIÈCLE APRÈS J. C.
parlement à Metz pour les trois évô- Turquie. — A murât IV ose chés(janv.). — Constants efforts de permettre la vente publique et ru- Richelieu pour détacher le duc de sage libre du vin. Retrait de l'édît Lorraine de Gaston et rompre le au bout de deux ans. mariage de ce dernier. — Richelieu .
présente aux princes d'Italie un plan 10, 0' de confédération contre les Espa- Allemagne , i:Npn«nc, Franguols: le duc de Parme l'accepte seul, ce, Hollande et Suède. - L.es
Italie. - Galilée de Pise, qui a Espagnols ont pris Trêves et enlevé
confirmé par de nouvellesexpériences l'archevêque qui s était mis sous la
îadocîrineastrononnquedeCopernic, protection de a France;. J Richelieu
est contraint de l'abjurer à genoux saisit ce prétexte pour faire déclarer
devant les inquisiteurs de Rome. la guerre à l'Espagne, a liée .de Au-
«uede ^Les états ont donné la ^J^^^^Z
couronneàChristine .«"^eGusUve- ct ,e * des
Adolphe, âgée de six ans (niais). ^ espagnols (g /évr)> Vic-
4654. toire d'Avein , dans le Luxembourg, i . t « i gagnée par les troupes françaises Allemagne. — Walstein , qui ?2g ma, } . h jalousje des Hollandais était sur le point d'usurper la cou- vcmpêchera d»en profiter — L'emronne de Bohême est assassiné â up se ^concilie à Prague avec Egra par l'ordre de l empereur (févr.j. j»élccleur de Saxe et l'électeur de Allemagne et Suède. — La Brandebourg (30 mai ). Les États de victoire remportée à Nordlingue, en électeur de Brandebourg n'en sella vière, par le fils de l'empereur, roi ront pas mojns foulés tour à tour par de Bohême et de Hongrie, sur ies impériaux, et par les Suédois qui Horn le général suédois , relève la continuent la guerre avec l'alliance cause catholique et impériale (6 sept.). de |a France. Le fils de l'électeur Angleterre. — Établissement de de Saxe, qui est catholique, reçoit la taxe de vaisseaux (ship-money). l'archevêché de Magdebourg, au dé- France. — Louis XIII confisque triment du prince de Brandebourg, une partie des domaines du duc de luthérien, qui a été si cruellement Lorraine : le mariage de la sœur du frappé en 1G31 . — Commencement duc est déclaré nul par le parle- de la période française de la guerre ment de Paris ct par le clergé de de Trente ans : la guerre, engagée France (sept.). — Réconciliation mo- en 1GI8 au nom de la religion, se mentanée de Gaston avec le car- transforme en une lutte politique dinal (oct.). — Création des inten- entre la France et les deux branches dants des finances dans les provinces, de la maison d'Autriche. — Ligue
Les grands jours, tenus à Poitiers, offensive et défensive de la France
condamnent, pour exactions et vio- avec le duc de Savoie et le duc de
lences,plus de deux cents nobles. — Parme (11 juill.).— Le duc de Rouan,
Supplice d'Urbain Grandier, accusé après avoir été occupé longtemps a
de sorcellerie. réconcilier entre eux divers cantons
Hollande. — Curaçao, dans les de la Suisse, entre dans la- Vallelinc
Iles-sous-le-Vcnt , près de la côte comme allié des Grisons contre les
nord de l'Amérique méridionale, est Espagnols. 11 est trois fois vainqueur
enlevée aux Espagnols. (juin-oct. ) : mais les Grisons crai- Pologne et K«s»ie. - Smo- gnent pour leur indépendance et ne lensk est assiégée depuis deux ans par favorisent pas ses progrès, les Russes avec l'aide d'officiers France. — Une société de gens français et allemands : ils se brouil- de lettres, qui s'assemblait à Pans
lent, Smolensk est sauvée. chez Conrart, reçoit de Richelieu !e
XVIIe Sli-CLE APRÈS J. C.
titre d* Académie française. Voilure, Balzac, Vaugelas. en font partie. Le Dictionnaire de la langue française est commencé. — Fondation du Muséum d'histoire naturelle ;Jan!in des Plantes) : Guy de La Brosse, médecin ordinaire du roi, en est l'intendant.
— Établissement à la Guadeloupe.
Suède.— Le Hollandais Grotius, hôte de la Suède, est chargé de représenter les Suédois à la cour de France : il y passera dix ans.
Allemagne, K*pagne, France et Italie. — L'État de Parme, allié de la France, est dévasté par les troupes d'Espagne et de Modène (févr.). Le duc de Savoie, beau-frère de Louis XIII, résiste mieux. — Tentative inutile du prince de Condé sur Dole, dans la Franche-Comté. — Les Espagnols viennent par la Picardie jusqu'à Corbie (août) : effroi à Paris; la présence de Louis XIII contribue au salut de la province (novO. Danger du côté des Pyrénées et de la Bourgogne ; le duc de Lorraine combat à la tète îles impériaux. — En Poméranie, les impériaux et les Saxons, leurs alliés, sont battus par le Suédois Banner ( oct. ). — Ferdinand II fait élire son fils roi des Romains (déc).
Angleterre. — Procès de Hampden qui a refusé de payer la taxe des vaisseaux : discussion sur la légalité de la taxe.
Eapagnc. — Un an après la mort de Lope de Vega, Calderon est attiré à la cour de Philippe IV, qui fournira aux dépenses de la représentation de ses pièces. Il en a composé environ quinze cents.
France. — Pendant le siège de Corbie, Richelieu échappe à un projet d'assassinat formé entre Monsieur, le comte de Soissons, et Paul de Gondi, depuis coadjuteur de Paris et cardiual de Retz. — Création des intendants de finances. — Corneille donne le Cid : le théâtre français est créé.
Turquie. — Le schah a arraché Erivan, place forte d'Arménie, à une garnison de vingt-deux mille turcs.
Kflbrts d'Amurat IV pour la reprendre.
Allemagne. Mort de Ferdinand Il ; avènement du roi des Romains, Ferdinand III ( févr. ). — La Hongrie se soulève pour la défense de ses privilèges et pour la liberté de religion.
Allemagne et Suède. — Le
dernier duc de Poméranie, Bogislas, meurt sans enfant (mars). Les Suédois, qui maintenant sont les ennemis de l'électeur de Brandebourg, retiennent ce pays dont il était héritier.
Angleterre. — Lorsque la liturgie anglicane est imposée au peuple d'Édimbourg, l'insurrection éclate en Ecosse. Le Covenant unira les défenseurs de la religion et des droits politiques de la nation. — Depuis deux ans, des Anglais non conformistes fondent dans l'Amérique du nord , sur les terres de la Nouvelle- Angleterre, les colonies de Connecticul , de Rhode-lsland et de la Providence. Établissement d'une colonie de puritains à New-Haven. — Le gouvernement renouvelle lesédits contre l'émigration. — Une commission des colonies établie en Angleterre veut modifier la charte démocratique de l'État de Massachusets, et étendre le pouvoir royal sur 1rs colonies de New-Uampshire et du Maine.
Espagne et Hollande. — Bréda, après trois mois de siège, est enlevée aux Espagnols (7 oct.).
France. — Descartes publie en français son Discours de la mé+ thode, qui fera une révolution dans la philosophie.
Italie. — Le duc de Parme se réconcilie avec les Espagnols. — Mort du duc de Mantoue, allié de la France ( sept. ) ; son héritier est son petit-fils, Charles II, âgé de huit ans. — Mort du duc de Savoie Victor- Amédée 1er ( oct, ). 11 laisse un fils mi-
562 xvii* siêclë
ncur. La régente, sœur de Louis XIII, a pour compétiteurs les frères de Victor, le cardinal Maurice et le prince Thomas qui commande en Flandre pour l'Espagne.
Pologne. — Les Cosaques de l'Ukraine, qui donnaient retraite aux paysans polonais accablés d'impôts cl de corvées par les seigneurs, sont attaqués parle roi de Pologne; ils auront pour alliés les Tartares.
Portugal. — Les Portugais sont chassés du Japon, à cause des troubles attribués à la présence des jésuites.
France. — Naissance du dauphin (5 sept.). — Mort du P. Joseph, conseiller intime de Richelieu. — Preuves des libertés de VEglise gallicane, par P. Dupuy. Le parlement les défendra contre quelques évéques opposants.
perae et Turquie. — AmuratlV reprend la Babylonie et Bagdad essuie cinquante jours d'assaut Cruauté du vainqueur.
Allemagne, F» pagne, France et Italie.— Importante campagne du duc de Saxe-Weimar avec les Suédois sur le territoire des villes forestières du Brisgau , en Alsace, et clans la vallée du Rhin, entre Constance et Baie: il a en tête le général de l'empereur, Jean de Wcrth.— Le Suédois Banner désole la Saxe, le Brandebourg et la Poméranie. — La France a six armées sur pied. — L'archevêque de Bordeaux Sourdis commande la flotte contre les Espagnols. — Le cardinal de La Valette force la régente de Savoie , qui voulait rester neutre entre l'Espagne et la France, à signer avec la France un traité d'alliance offensive et défensive (3 juin). Mais les Grisons ont fait alliance avec les Espagnols. — Mort du duc de Saxe-Weimar (juill.) : Richelieu achète son armée suédoise et ses conquêtes en Alsace.
Angleterre. — Suspension de la g uerre avec les Écossais rebelles(oct. ).
HPRÈS J. C.
Danemark. — Découverte de la célèbre corne d'or de Tondern, qui pèse plus de sept livres : des figures sont tracées entre les sept cercles qui la garnissent.— Le duc de Holstein-Gottorp cherche à établir des rapports de commerce avec l'Orient , et même avec la Perse.
E«pagne et Hollande. — Martin Ti oui p est deux fois vainqueur des flottes d'Espagne dans les batailles des Dunes , entre Nicuport et Duukerque (16 sept., 31 oct.).
Yranee. — Richelieu fait élever une statue équestre à Louis XIII sur la nouvelle place Royale à Paris (27 sept, Horace et Cinna de P. Corneille.— Bourse de commerce à Paris.
Italie. — Commencement d'un débat qui durera cinq ans entre le duc de Parme et le saint-siége au sujet du duché de Castro.
Suède.-" Établissement, de courte durée, sur les côtes de l'Amérique du nord, à l'embouchure de la Delaware, un peu à l'est du Maryland.
Allemagne, ïspntsne et France. — Le Suédois Banner tente un coup de main jusque sur Ratisbonne où l'empereur a convoqué la diète ; il manque d'enlever les députés allemands.— Les Français assiègent avec succès Arras(du 13 juin au 10 août); Turin (du 16 mai au 24 sept.).
Allemagne. — Mort de Georges- Guillaume; avènement de son fils, Frédéric-Guillaume I«p dit le Grand.
Les terres de Brandebourg sont en partie occupées par les armées de la Suède.
Angleterre. — La révolte recommençant en Écosse, Charles l«r convoque pour la quatrième fois le parlement, après dix ans d'intervalle.
Le parlement censure les excès de la prérogative royale. Victoire des Ecossais ; ils demandent la paix. — Charles Ier convoque le cinquième parlement (le long parlement). Réunion inutile du grand conseil des pairs à
Vork ( sept. ). Le parlement prend déjà des mesures hostiles à la royauté (5 no v.) : cependant les presbytériens n'y sont pas encore en majorité.
Eapagne et Portugal. — Révolte de la Catalogne , dont les privilèges avaient été violés : le vice-roi a été égorgé. — Révolution en Portugal, préparée et accomplie par les amis de Jean , duc de Bragance et descendant de l'ancienne race royale :
le lieutenant civil et le secrétaire d'Etat, agents de l'Espagne, sont tués à Lisbonne. Jean IV de Bragance est proclamé roi (8 déc). Deux prétendants lui disputent le trône. Plus de vingt ans de guerre avec l'Espagne.
France.— Le parlement de Rouen est interdit de ses fonctions, pour n'avoir pas réprimé assez sévèrement une rébellion de Normandie ( janv. ).
— Premiers louis d'or renommés à cause de la beauté de leur gravure :
Jes coins en ont été gravés par Varin.
— Polyeucte, de Corneille.
Hollande* — Occupation des comptoirs de Malacca, si importants pour le commerce des épices et des drogueries.
Turquie. — Amurat IV meurt des suites de l'ivresse ( févr. ). H donnait accès à tous auprès de lui :
les sultans prennent l'habitude d'aller tous les vendredis à la mosquée, pour se faire voir au peuple. — Un de ses frères, Ibrahim, captif depuis quatre ans, lui succède.
Allemagne et Suède*— Le général suédois Banner meurt à quarante ans (mai). Génie militaire de son successeur Torstenson.
Angleterre* — La chambre des communes met en accusation le comte de Straflbrd, ministre du roi et lord lieutenant d'Irlande : la cour des pairs le condamne à mort, il est exécuté (12 mai). Arrestation de l'archevêque de Canterbury, Laud. — La paix est conclue avec les rebelles d'Écosae (août). Le massacre des protestants
d'Irlande par les catholiques est reproché à Charles 1er (oct.).
Cf*pagne*— Olivarès punit cruellement la rébellion de Tortosc, en Catalogne. Les Catalans se mettent sous la protection de la France (20 févr.).
France. — Révolte du comte de Soissons, prince du sang, soutenue par Olivarès. Il meurt, vainqueur, dans le combat de la Marfée, près de Sédan (6 juill.). — Le roi, en lit de justice, défend au parlement de s'occuper des affaires de l'État ; il enregistrera les édits sans délibération.
Portugal* — Les cortès confirment la royauté héréditaire à Jean IV de Bragance (20 Janv.). Il est reconnu dans les colonies, partout où ne dominent pas les Hollandais. — Alliance avec la France.
Allemagne et Suède. — Torstenson défait l'armée de l'archiduc Léopold et du général Piccolomini (oct.), et prend Leipsick.
Angleterre. — Le parlement, par des décrets successifs, usurpe le pouvoir exécutif. Charles Ier quitte Londres (10 janv. J. H commence la guerre civile (août). L'armée du parlement, qui est sous les ordres du comte d'Essex, sera d'abord inférieure en cavalerie; les comtés les
Elus populeux du sud et du sud-est, ondres, une partie de l'armée et de la flotte se déclarent pour le parlement. Combats de Worcester et d'Edge-Hill. — Le philosophe Hobbes, royaliste, réfugié en France dès 1640 , publie son ouvrage de Cive.
Espagne. — Olivarès offre vainement à la Catalogne une amnistie et la restitution de ses privilèges.
France. — Louis XIII , que Richelieu malade ne peut accompagner au delà de Narbonne, va prendre possession du Roussillon espagnol, conquis par ses armées. Révélation du complot, que Gaston et le duc de Bouillon ont tramé avec l'Espagne par les conseils de Cinq-Mars, mar-
XVIIe SIÈCLE APRES J. C.
quis d'Effiat, favori du roi (mars).
Gaston est humilié; Bouillon est dépouillé de Sédan ; Cinq-Mars meurt sur l'échafaud, avec son ami de Thou qui , ayant su son projet, ne l'avait pas révélé (12 sept.) Ketour triomphal de Richelieu mourant Marie de Médicls est morte dans la misère a Cologne (3 juill.). Mort de Richelieu a Paris au Palais-Cardinal ( Palais- Royal ) ( 4 déc. ) : il est enseveli dans l'église de la Sorbonne qu'il a restaurée ; son tombeau sera sculpté par Girardon. — L'Italien Mazarin, aussi cardinal, lui succède. — Établissement à Madagascar. — Achèvement de l'église Saint-Eustache à Paris, partie en style gothique, partie en style grec.
Hollande.— Le Hollandais Abel Jannsen Tasman découvre une Ile a laquelle il donne le nom du gouverneur général des Indes orientales:
Van Diemen. Il a reconnu aussi une partie delà Nouvelle-Zélande.
Italie. — Les princes de Savoie se réconcilient avec leur belle-sœur, et entrent dans l'alliance de la France.
Perse. — Avènement d'un enfant de treize ans : il aura les qualités de son bisaïeul Abbas.
Turquie. — La prise d'Azof , à l'embouchure du Don , d'où partaient les incursions maritimes des Cosaques, assure contre toute surprise la navigation de Constantinople.
Allemagne, Espagne, Traitée et Muè<ie. — Au début du règne de Louis XIV, les meilleures bandes de l'infanterie espagnole , sous les ordres du gouverneur des Pays-Bas, don Francisco de Mello, envahissent ki Champagne : elles sont terrassées à Rocroy , par le fils du prince de Condé, le duc d'Enghien , âgé de vingt et un ans ( 19 mai ). — En Allemagne, après la mort du maréchal de Guébriant, désastres de l'armée française (nov. ) : le commandement en est donné au vicomte de Turenne, âgé de trente -six aus,
qui vient d'être nommé maréchal.—» Le Suédois Torstenson ravage la Silésie et la Moravie. — Trêve de vingt ans entre la Suède et le Brandebourg.— Commencement des négociations, en Westphalie, pour la paix défiuitivequi tarderaencore cinq ans (10 juillet). Les députés de l'Autriche, de l'Espagne et de leurs alliés se partagent entre les conférences de de Munster pour les puissances protesiantes, et celles d'Osnabruck pour les puissances catholiques.
Angleterre. — La guerre civile s'étend à toute l'Angleterre. Actions importantes de Newbury , dans le comté de Berks (26-29 sept.). Succès d'Olivier Cromwell à la téte des troupes du parlement. L'assemblée d'Oxford, opposée par Charles Ie* au parlement de Londres, ne représente qu'une fraction de la nation. — En Amérique, les colonies de la Nouvelle- Angleterre, Massachusets, Connectent, New-Haven, New-Plymouth f forment un pacte fédéral pour se défendre contre les Indiens , les Hollandais et les Suédois: mais le tribunal de l'union sera peu respecté même par les Étals qui se sont unis.
Danemark et Suède. — Christian IV, malgré les états du royaume, déclare la guerre à la Suède, avec l'espoir d'être soutenu par l'empereur. La France empêche la Pologne de se joindre à lui. Les Suédois se jettent à l'improviste sur le Julland et le Holstein.
lùMpagne. — Disgrâce du duc d'Olivarès, qui a surnommé Philippe IV le Grand, quoique, sous son ministère, aient été perdus le Portugal, le Houssillon, la Catalogne et l'Artois. Don Louis de Haro, son neveu, lui succède.
France. — Mort de Louis XIII (14 mai). Avènement de Louis XIV, âgé de moins de cinq ans. Le parlement casse le testament du roi, qui instituait un conseil de régence, et nomme régente Anne d'Autriche (18 mai). Mazarin devient premier ministre (déc).
XVIIe SIÈCLE APRÈS J. C.
Hollande. — Les découvertes de de Vries donnent une idée de l'île d'Yedo et des Kouriles , qui sont au nord du Japon ; mais on croyait que ces Iles ne faisaient qu'une péninsule de la Tartarie chinoise.
Allemagne,Espagne et France. — Victoire du duc d'Enghien, et de Turenne à Fri bourg, dans le Brisgau (3, 4 et 5 août), sur les impériaux commandés par Mercy. Prise de Philipsbourg et de Mayence. — Le duc d'Orléans, oncle du roi, commande dans les Pays - Bas. — Le prince de Transylvanie, Georges Ragotzky, envahit la Hongrie au nom des Hongrois rebelles.
Angleterre. — La reine, assiégée dans Exeter, ville du comté de Devon , se sauve en France ( juin ). La défaite du prince palatin Robert, neveu de Charles I,r, à Marston-Moor, livre aux parlementaires commandés par le comte de Manchester, Fairfax et Cromwell, la ville d'York (3 juill.). Les communes obtiennent contre l'archevêque de Canterbury, Laud, un bill d'attaindir qui le déclare convaincu du crime de haute trahison (nov.). En Écosse, le comte de Montrose combat, au nom du roi, les troupes du Covcnant.
Chine. — La dynastie Ming , qui durait depuis le xiv* siècle, est renversée par la race des Tartares orientaux, qui forme la dynastie mantchoue des Tsim ou Tay-Tsing, la vingt-deuxième dynastie depuis les Hia, encore aujourd'hui régnante :
son chef est Chun-Tchi.
Danemark. — Désastres maritimes dans la guerre avec la Suède.
France. — Édit du toisé. Emprunt forcé. Irritation du parlement.
Hollande. — Conquête sur les Espagnols du Sas de Gand , près de l'embouchure du canal de Gand , au sud de la Zélande (5 sept.). — Les Etals-Généraux refusent à Frédéric- Henri une augmentation de troupes, dont il aurait pu se servir contre
les libertés de la république. — Conquête d'Hulst , place importante au sud-est de la Zélande (4 nov.).
Turquie. — Une capture faite par les galères de Malte et amenée dans le port vénitien de Céphalonie, est l'occasion de la guerre entre Venise et la Porte.
164tf.
Allemagne, France et Suède.
— En Bohême, victoire de Torslenson, à Janowitz, près de Tabor (6 mars). Siège de Brunu, en Moravie: l'empereur craint une attaque sur Vienne. La goutte force Torstenson à quitter le commandement de l'armée à trente -neuf ans; il est remplacé par Wrangel. — Le duc d'Enghien secourt Turenne , surpris par Mercy (mai) , et bat avec lui les impériaux a Nordlinguc , à rentrée de la Ba\ière, où Mercy est tué (3 août).
Angleterre. — La chambre des lords donne son assentiment à la poursuite des communes contre l'archevêque Laud ( 4 janv. ) ; il meurt décapité le 10. — L'acte du renoncement à soi-même, proposé dans ic parlement par Cromwell, exclut des fonctions civiles et militaires la première génération parlementaire de la révolution, qui était constitutionnelle et modérée; le commandement en chef de l'armée est donné à Fairfax , dont Cromwell devient le conseiller absolu: avec Cromwell la secte fanatique et républicaine des indépendants domine la révolution.
Charles 1er est vaincu à Naseby, dans le comté de Norlhampton (i4 juin); il perd l'importante place de Bristol.
Danemark et Suède. — Traité de paix parla médiation de la France 23 août ) : les Suédois obtiennent Visby dans l'Ile de Gotland, et le Halland.
France. — La reine mère fait commencer à Paris le Val de Grâce, sur les plans de Mansard (1er avril).
Russie. — Alexis, âgé de quinze
566 xvii* SIÈCLE
ans, succède à son père , Michel Romauow (juill.) ; » la'«se le pouvoir aux mains indignes de son ancien précepteur, le boyard Morozow, qui devient sou beau-frère ; sérieuse révolte à Moscou.
Turquie. — Les Turcs attaquent l'Ile vénitienne de Candie (juin). Insuffisance des secours fournis par le pape , la France , l'Espagne et Florence. La Canée , au nord-ouest de File, se rend (août) ; longue résistance de la capitale. Plusieurs années de guerre.
Angleterre. — N'espérant pas de transaction avec les parlementaires, qui devenaient les plus forts, Charles Ier se confie à ses compatriotes les Écossais (mai). Ils le traitent en prisonnier, et négocient avec les Anglais pour le leur vendre.
Espagne et France. — Le duc
d'Orléans prend Courtrai (juin ) et Mardick (août); le ducd'Enghien force Dunkerque (10 oct.) ; le maréchal de Gasslon ferme avec succès la campagne de Flandre.
France. — Le duc d'Enghicn , Louis, succède au titre de son père Henri II, le prince de Condé (26 déc).
Angleterre. — Les Écossais livrent le roi aux commissaires du parlement, moyennant quatre cent mille livres sterling (30 janv. ). Par les artifices de Cromwell il tombera des mains du parlement dans celles des chefs de l'armée. — George Fox , cordonnier de Leicester, fonde la nouvelle secte des quakers.
Autriche. — La Hongrie reconnaît pour roi le fils aîné de Ferdinand III, qui n'a que treize ans: libre exercice de la religion pour les prolestants, confirmation des privilèges nationaux.
Egpagne et France. — Lérida, en Catalogne, qui en 1646 a résisté au comte d'Harcourt, ne peut être prise par le prince de Condé (17 juin).
APRÈS J. C
—Mort du maréchal de Gasslon ( 2 oct. ) : le maréchal de Turenne commande quelque temps dans les Pays- Bas.
*;« partie. — La disette et la taxation du blé causent une révolte à Palerme (19 mai) : court passage au pouvoir d'un tireur d'or, Joseph d'Alcsi ; il est assassiné par la corporation des pêcheurs (22 août). Rigueurs du gouvernement espagnol. Un nouveau chef d'insurrection est mis à mort. Conspirations et révoltes à Palerme, à Girgenti (nov. ) et à Naples(7 juill.), où un pêcheur de vingt-quatre ans, Thomas Aniello, dit Masajiiello, est pendant six jours, après l'expulsion du vice - roi espagnol, le mattre du gouvernement et l'idole du peuple. Ses violences. 11 est assassiné par des agents du viceroi (16 juill. ). Nouveau soulèvement (6 oct.); rigueurs du jeune don Juan d'Autriche, fils naturel de Philippe IV. Henri de Lorraine, duc de Guise, alors à Rome , est proclamé généralissime par le peuple (15 nov.); il ne sera pas soutenu.
France.— A rtamène ou le grand CyriiS) roman héroïque de M"* de Scudéry, a beaucoup de vogue et de lecteurs illustres, malgré ses dix volumes et son style faux.
Hollande. — Huyghens fait une révolution dans l'horlogerie, en appliquant le pendule aux horloges pour en régler le mouvement. — Mort de Frédéric-Henri; Guillaume II, son (ils, lui succède comme stathouder.
Italie. — Le duc de Modènc, François Ier d'Esté , accepte le commandement des armées françaises eu Italie ; mais il sera enchaîné dans ses mouvements par les volontés des généraux et du ministre de la France.
Allemagne, Espagne, France, Hollande et Suède. — Après une guerre de quatre-vingts ans , l'Espagne, par le traité de Munster, renonce à tout droit sur les Provinces-Unies, qu'elle reconnaît pour
XVIIe SIÈCLE APRÈS J. C
États souverains ( 30 janv. ). — La victoire de Turenne et de Wrangel , à Sommershausen , en Bavière , force l'électeur à se séparer de l'Autriche ( mai ). — Victoire décisive de Condé près de Lens, en Artois (20 août). — Le traité de Westphalie, signé à Osnabruck et à Munster, met fin à la guerre de Trente ans ( 24 oct. ); l'Espagne seule reste on guerre avec la France et avec le Portugal. Les trois religions catholique, luthérienne, calviniste, sont admises dans l'empire avec égalité de droits. Organisation définitive de la diète germanique; les villes impériales obtiennent l'exercice sérieux du droit de suffrage. Une huitième dignité électorale est créée pour le fils de Frédéric V, comte palatin , qui a été dépouillé de l'électoral au profit du duc catholique de Bavière en 1 623 : le collège se compose ainsi de cinq catholiques et de trois protestants.
Pour indemniser les puissances protestantes, beaucoup de terres d'évéchés et d'abbayes sont sécularisées.
La France obtient la souveraineté de l'Alsace : Strasbourg reste ville impériale, en dehors de la nouvelle province française. La Suède reçoit l'archevêché de Brème et l'évéché de Verden , la Poméranie citérieure avecSteltin, les lies de Hugen et Wollin, les embouchures de l'Oder, et le droit de représentation à la diète.
L'électeur de Brandebourg garde la plus grande partie de la Poméranie ultérieure*, avec l'évéché de Camin sécularisé; il reçoit l'évéché de Minden, au nord-est du comté de la Marck qu'il possède depuis 1630, l'évéché d'Halberstadt, et l'expectative de celui de Magdebourg. Le traité reconnaît l'Indépendance des Suisses et celle des Grisons.
Angleterre. — Charles I,r, qui s'est enfui dans l'Ile de Wight, tombe à la disposition de Cromwell, qui le fait conduire à Windsor. — Les colonies d'origine royale , la Virginie et le Maryland , sont restées attachées au parti de Charles 1er ; les plus septentrionales, nées de la
résistance au pouvoir royal éi au culte anglican, se sont déclarées pour le parlement. Plusieurs, surtout les Massachusets et le Connecticut, de 1648 à 1650, se donnent des lois qui consacrent l'indépendance du gouvernement, les droits de la commune, et les grands principes d'éducation, mais aussi l'intolérance religieuse.
Danemark* — Mort de Christian IY (0 mars). Il avait confisqué toutes les libertés de la nation. La noblesse ne consent qu'avec peine à l'élection de son fils Frédéric III, et restreint l'autorité royale.
Espagne. — Naples a tenu cinq mois contre les Espagnols. Le duc de Guise est pris (6 avril) ; il passera quatre ans en Espagne. — La Sicile est pacifiée par le nouveau vice-roi, don Juan d'Autriche (avril).
France* — Les exactions des intendants dans les provinces et les édits bursaux, multipliés par le surintendant des finances, l'Italien Éuiery, créature de Mazarin, et imposes en lit de justice, irritent le parlement contre le gouvernement ; il s'unit aux trois autres cours souveraines, le grand conseil , la cour des comptes et la chambre des aides, pour proposer des réformes, limiter l'autorité royale et faire tomber Mazarin (maijuin). Le jour du Te Deum pour la victoire de Lens, la cour fait enlever le conseiller Broussel, un des opposants les plus opiniâtres (24 août):
colère du peuple, intrigues de Gondi, coadjuteur de l'archevêque de Paris, son oncle. Journée des barricades (26 août). Le parlement, môme abandonné des autres cours souveraines , reste en hostilité avec le gouvernement : commencement de la guerre de la Fronde, renaissance des factions féodales et princières.— Ouverture au public de la bibliothèque Mazarine.
— Commencement de l'académie de peinture.— Eustachc Le Sueur achèv e pour le couvent des Chartreux la série de tableaux représentant la vie de saint Bruno.
xviie siècle Araès j. c
Pologne.— Mort de Wladislas VU.
Les suffrages de la diète sont brigués par le czar Alexis et le prince de Transylvanie, Georges Ragotzky, qui meurt bientôt. Élection du frère de Wladislas, Jean-Casimir V, jésuite et cardinal (nov.). La guerre est continuée avec les Cosaques.
Portugal* — Une partie de ses colonies sont recouvrées, surtout en Afrique.
Angleterre— Amené à Londres, Charles I'r est jugé au nom du peuple par une commission de soixante et dix membres qu'inspire Cromwell (janv. ). Condamné à mort , il a la tête tranchée devant le palais de Whitchall (9 févr. ). La France et la Hollande servent de refuge à sa femme et à ses enfants; une de ses fdles, âgée de treize ans, reléguée dans nie de Wight, y meurt bientôt.
La chambre des communes abolit la royauté et supprime la chambre des lords. La république remplace la monarchie , au profit des indépendants et de Cromwell , nommé généralissime. Charles 11, â«;é de vingt-neuf ans , est proclamé en Écosse par le comte de Monlrose.
Espagne et France. — Le duc
de Modène est forcé de quitter l'alliance et le service de la France (févr.). — Succès des Espagnols dans les Pays-Bas.
Kwpagnc. — Philippe IV, à quarante-quatre ans , épouse , en secondes noces, une fille de Ferdinand III.
France. — La cour abandonne Paris, où dominent les frondeurs janvier). Bouffonneries militaires de ia Fronde, auxquelles se mêle la galanterie. Condé, général de la cour, fait peur aux Parisiens. Par la paix signée à Rueil, le parlement se réconcilie avec la cour (mars-avril). — L'ambition du prince de Condé suscite bientôt une nouvelle Fronde , plus féodale que parlementaire.
Italie* — Le duc de Parme expie le meurtre commis par son principal
ministre, Gaufredi, sur le nouvel évôque de Castro : la ville de Castro est rasée par les troupes pontificales.
Portugal. — Innocent X, cédant à l'influence espagnole, refuse quoique temps de reconnaître les éveques désignés par le roi Jean de Bragance.
Suède. — Christine, qu'entourent déjà beaucoup de savants et d'artistes étrangers, attire Descartes.
Turquie. — Les débauches et les cruautés d'Ibrahim le font déposer ; il meurt étranglé ( 28 juill. ). Minorité turbulente de Mahomet IV.
Angleterre. — Le comte de Montrose est , par sentence du parlement d'Édimbourg, pendu et écartelé ( mars ). Cromwell dévaste l'Irlande catholique , qui a reconnu Charles 11. Il est vainqueur des Ecossais royalistes à Dumbar, à Test d'Edimbourg (13 sept.).
France. — Anne d'Autriche fait enlever les princes de Condé et de Conti, et leur beau-frère le duc de Longueville (17 janv.). Prise d'armes des seigneurs dans la Normandie, dans la Bourgogne, et dans la Guyenne, gouvernement de Condé. — Progrès des Espagnols. — Le concours de Turennc, ennemi de Mazarin, ne les empêche point d'être vaincus à Rethel par le maréchal Duplessis-Praslin (14 et lSdéc). — Descartes meurt en Suède , à cinquante-quatre ans (Il févr.).
Hollande.— Les États-Généraux craignant l'ambition de Guillaume 11, réduisent l'armée (juin). Tentative infructueuse du stathouder contre Amsterdam. Il meurt (G nov.). Naissance d'un fils posthume (14 nov.).
Les États-Généraux, à l'instigation de Cromwell, laissent vacantes les charges de capitaine, d'amiral général et de stathouder. — Occupation du cap de Bonne-Espérance , où les Portugais n'avaient pas fondé d'établissement.
Biièdc. — Christine, qui veut ab-
XVIIe SIÈCLE APRÈS J. C.
cliquer et se livrer dans la vie privée à son goût pour l'étude, fait reconnaître les droits de Charles-Gustave, son cousin, qui est né d'une fille de Charles IX et du duc de Deux-Ponts.
Angleterre* — Charles II, couronné roi d'Écosse à Scone (1er janv.), est vaincu par Crouiwell près de Worcester , à la limite de la principauté de Galles (13 sept.). 11 court les plus grands dangers avant d'arriver en Fiance (nov.). — Le parlement de Londres propose vainement un projet d'union à la Hollande.
— Acte de navigation, défense d'introduire m Angleterre sur navires étrangers d'autres denrées ou marchandises que celles qui sont le produit du sol, ou de l'industrie de la nation qui les apporte : celte loi prohibitive, si favorable à la marine anglaise, a été en vigueur jusqu'au 1er janvier 1850. — Droit sur la pêche au hareng, que les Hollandais venaient chercher près des côtes britanniques. — La guerre est imminente entre les deux républiques. — Occupation de Sainte-Hélène , au milieu de l'océan Atlantique.
France. — Alliance du duc d'Orléans et du parlement avec les seigneurs rebelles. Mazarin s'exile à Cologne, d'où il continue à conseiller la cour. Condé, Conti et Longuevillc, auxquels il avait lui-même rendu la liberté, s'emparent du gouvernement à Paris et dominent le parlement.
Mais Turennc s'est réconcilié avec la cour (2 mai) ; le roi est déclaré majeur (7 sept.) : la guerre contre les frondeurs est engagée plus résolument dans les provinces. — Nouvelle édition des Preuves des libertés de V Église gallicane , par P. Dupuy, avec privilège du roi (11 sept.).
Angleterre et Hollande. —
L'Anglais Blake combat l'amiral hollandais Martin Tromp dans le pas de Calais et dans les eaux de Douvres
( mai-déc. ). Succès du Hollandais Hiiylcr.
Kapagne. — Don Juan d'Autriche prend Barcelone (13 oct.) : les Catalans se soumettent.
Espagne et France. — Succès des Espagnols : ils reprennent Gravclincs (mai) et Dunkerque (sept.).
France. — Retour de Mazarin malgré le parlement et le peuple de Paris (févr.). Condé est vainqueur à Gien, dans l'Orléanais (avril), et aux portes de Paris, près du faubourg Saint-Antoine (2 juill.) ; mais Louis XIV transfère à Pontoisc les membres fidèles du parlement ((• août), et pour donner satisfaction à l'opinion publique renvoie Mazarin le 9 : le cardinal ne va pas plus loin que Sédan. Condé sort de Paris (18 oct. ): le roi y rentre le 21; défense au parlement de s'occuper des affaires générales de l'Etat (24 oct.); disgrâce du duc d'Orléans et de sa fille Mademoiselle ; exil du coadjutcur de Retz , alors cardinal.
Condé passe dans les Pays-Bas espagnols.
Pologne.— Pour la première fois à la diète, un nonce fait usage de ce droit de veto qui arrêtera trop souvent les délibérations de l'assemblée.
Angleterre. — Cromwell dissout violemment le parlement (30 avril); il compose une assemblée de gens sans naissance et sans mérite, qu'il fait dépositaires de l'autorité souveraine en son nom et au nom des officiers de l'armée. Le nouveau parlement remet le pouvoir aux officiers (22 déc.) , qui défèrent le protectorat à Cromwell ( 26 déc. ). — Hobbes, qui rentre en Angleterre, établira dans ses Éléments de philosophie qu'il n'y a d'autre droit que la force.
Espagne et France. — Défaite des Français devant Glrone par don Juan d'Autriche.
France. —Mazarin rentre ti iom-
570 XVIIe SIÈCLB
phant à Paris, accompagné par Turenne (3 févr.). Soumission des seigneurs et des villes rebelles, surtout en Guyenne. — Les intendants de justice, de police et de finance sont rétablis dans les provinces. — Innocent X condamne les cinq propositions de Jansénius, évéque d'Ypres, sur la grâce et le libre arbitre (mai).
Hollande. — Jean de Witt est nommé grand pensionnaire ( févr. ). Martin Tromp meurt dans un combat naval contre les Anglais (JOaoûl): son fils, Corneille Tromp, âgé de vingtquatre ans, est déjà un habile marin.
Portugal.— Conspiration tramée par l'évêque de Colmbre pour livrer le roi à Philippe IV d'Espagne. Elle avorte.
Angleterre et Hollande. —
Traité de paix ( 20 févr. ) entre les deux républiques qui redoutent l'influence de la maison d'Orange.
Angleterre. — Cromwell compose un parlement (sept.).
Espagne et France. — Turenne, opposé aux Espagnols et à Coudé, force leurs lignes devant Arras : Turenne et Condé seront en présence pendant quatre ans dans les Pays-Bas. Première campagne du roi au siège de Stenay-sur-Meuse.
France. — La colonie de Madagascar est transportée à l'Ile Bourbon : elle n'y sera pas plus florissante.—Mort de Balzac, six ans après Voilure.
Hollande. — Ennemi de la maison d'Orange, Jean de Witt demande aux Etats-Généraux de lui interdire l'accès au stathoudérat : ils refusent.
La province de Hollande, en particulier* abolit cette charge.
Portugal. — Les Hollandais sont chassés du Brésil.
Russie. — Le czar prend sous sa protection les Cosaques, sujets rebelles de la Pologne, qui ont même origine, même religion, même langue que les Russes.
APRÈS J. C
Suède. — Abdication de Christine, en faveur de son cousin Charles X Gustave, gendre du duc de Holstein-Gottorp (juin). A lnspruck, elle abjure le luthéranisme; elle ira à Rome. Retraite et mort du chancelier Oxenstiern.
Angleterre. — Cromwell brise encore une fols le parlement (janv.).
Angleterre « Espagne et France. — Tentative inutile des Anglais sur Saint-Domingue (mars) ; avec l'aide des boucaniers français.
Ils prennent la Jamaïque (mai). Blake attaque même les Espagnols dans la Méditerranée et les corsaires d'Afrique. — Traité d'alliance de Cromwell avec Mazarin contre les Espagnols, à la condition que les fils de Charles Ier sortiront de France (2 nov.) ; ils se retirent à Bruxelles. L'Espagne déclare la guerre à l'Angleterre.
Autriche. — Mort du fils aîné de Ferdinand 111; son second fils, Léopold, âgé de quinze ans, devient roi de Hongrie (juin).
France. — Le roi vient siéger au parlement , en habit de chasse et le fouet à la main.— Mort de Gassendi, adversaire de Descaries.
Hollande et Suède.— En Amérique , la colonie suédoise de la Dela ware est occupée par les Hollandais, qui avaient déjà un établissement près de l'embouchure de l'Hudson.
Hollande et Suède, Italie*
— Le duc de Modène , François Ier d'Esté, prend de nouveau une part active à la guerre contre les Espagnols, avec le concours des troupes de Savoie et de France. Son fils épouse une nièce de Mazarin (mai).
— Le Toscan Chigi est élu pape sous le nom d'Alexandre VII.
Pologne. Russie et Suède. —
Invasion de Charles X Gustave en Pologne; Jean-Casimir fuit en Silésie. — Les Russes envahissent la Lithuanie polonaise, et par leur diversion favorisent la conquête suédoise.
Angleterre et Espagne. — A
la hauteur de Cadix, Blake enlève une flotte espagnole qui revenait de l'Amérique (sept.).
France* — Lettres provinciales de Pascal, à l'occasion de la condamnation en Sorbonne du docteur Antoine Arnauld, janséniste, une des gloires de Port-Royal. — Première manufacture de bas au métier, établie dans le château de Madrid, ou bois de Boulogne. — Christine de Suède est reçue à Paris solennellement (8 sept.).
Hollande.— Conquête de la colonie portugaise de Ccylan.
Pologne, nasale et Suède.—
Traité de l'électeur de Brandebourg, Frédéric - Guillaume , avec Charles- Gustave de Suède , contre le roi de Pologne, qui est le suzerain de la Prusse ^janv.) : il contribue au gain des trois combats devant Varsovie (28,29, 30 juill.). Le traité de Vilna rend au czar, Smolensk et les autres villes conquises en Russie par les Polonais sous Wladislas VII. Le czar combat alors les Suédois en Mvonie.
Mais bientôt il se réconcilie avec Charles-Gustave.
Portugal. — Mort de Jean IV (nov.). Avènement de son fils âgé de douze ans ; sage tutelle de sa veuve.
Angleterre. — Cromwell refuse la couronne que lui offre le parlement; il se fait confirmer la dignité de protecteur.
Danemark, Pologne, Suède et Transylvanie* — Georges Ragotzky II de Transylvanie se joint au roi de Suède contre les Polonais qui n'ont pas voulu de lui pour roiQanv.).
Il est vaincu par les Polonais et les impériaux. — Déclaration de guerre du Danemark à la Suède (juin).
France. — Dans un second vovage en France, Christine de Suède' fait assassiner à Fontainebleau son grand écuyer, Monaldeschi (8 nov.).
Italie* — Venise , dans l'espoir que Rome et la France l'aideront à terminer la guerre pénible de Candie qui dure depuis douze ans, consent, sur la demande des deux cours, au rappel des jésuites. — Le cardinal Léopold de Médicis fonde à „ Florence l'académie del Cimento, ' pour la physique expérimentale : elle sera encouragée par les libéralités du grand-duc Ferdinand II.
Prus*e. — Frédéric -Guillaume, électeur de Brandebourg, fait reconnaître par -le roi de Pologne l'indépendance de la Prusse ducale, qui était depuis 1625 un fief de la couronne polonaise (19 sept.). Il obtient la cession d'Klbing , près de l'embouchure de la Vistule.