Cf. ci-dessus, p
produit de la réflexion, ne fait pas partie de l'activité morale ^.
Mais, d'autre part, il est incontestable que, par la démonstration scientifique seule, on peut arriver à des vérités certaines ; seul, le savant possède la vérité d'une façon sûre; la spontanéité naturelle est un guide incertain, tant que les règles de conduite n'ont pas passé par l'épreuve de la démonstration ; il faut pouvoir se démontrer à soi-même et aux autres que l'on est dans la vérité ^,
C'est cette dernière considération qui amène les Stoïciens à faire de la science une vertu essentielle du sage, à combiner la morale spontanée des cyniques avec la réflexion scientifique, et à donner une grande place dans leur philosophie à tous les procédés de démonstration.
3Iais le trait propre de la logique stoïcienne est d'avoir fait de la dialectique une science. Aristote avait soigneusement séparé la logique démonstrative, la seule qui ait une valeur scientifique, qu'il étudie dans les Analytiques, et la dialectique ou art delà discussion, art d'amener par une série de questions méthodique-
1. Cf. le mépris de la science chez Antisthènes (Diog. La., VI, 27), l'impossibilité de la discussion ((x9i eTvai àvTiXe'Ystv. Plvton, Euthyd., 285 a).
2. Dioc. La., VII, 46 (Arn., II, 39, 26). La science est xaTàXY)<]/i; àorça- X9); i"] l^i; èv çavTacriMV Trpoffôe^ôi àiiSTâTTTwco; Ouo Xoyou ; mais sans la dialectique le sage ne sera pas (xjitwto; èv Xd^to. Le passage concerne la dialectique considérée comme une vertu qui en comprend plusieurs autres.