C'est le sens du reproche Je Galie>, Akîi., Il, n
Mais le but du dialecticien n'est pas proprement l'invention, la découverte de thèses nouvelles; tout son effort porte sur la discussion des thèses qui se présentent naturellement à l'esprit humain; mais, passées à l'épreuve de la discussion, elles deviennent d'opinions incertaines et instables, des croyances fermes et systématiques. Aussi les Stoïciens ne s'efforcent jamais de prouver que des thèses qu'ils considèrent déjà comme des opinions communes ou qu'ils rattachent, par toute espèce d'artifices, aux croyances générales de l'humanité : l'existence des dieux, la réalité de la divination. Et ils cherchent donc à prouver moins pour établir la validité de la thèse que pour amener à une conviction qui résiste à toute argumentation opposée ^ . La dialectique est donc aussi, et par là même, une arme défensive permettant d'échapper aux adversaires. C'est pourquoi elle contient une théorie des sophismes.
Seulement les Stoïciens veulent que la dialectique soit, non plus comme Aristote, la science du vraisemblable, mais comme la logique elle-même, la science du vrai et du faux ; de plus qu'elle soit non plus l'art de persuader une opinion, mais l'art de la démontrer ; donc ils absorbent la logique (avec sa théorie du vrai et de
1. Parmi les vertus dialectiques énumérées par Diogène se trouvent l'àTrpojtxwffta, l'art de ne pas céder trop promptement, l'àvsixatoTYiî, la circonspection, Vi^tlty^ia,, l'art de ne pouvoir être amené à l'opinion opposée. Chrysippe rattache formellement sa dialectique à celle de Platon Pt d'Arislote(Pi.uT., St. rep., 24; Arn., II, 38, 21).