‹ ChrysippeChapitre 48 sur 166 · LK RAISONNEMENT · texte numérisé non relu

LK RAISONNEMENT

Nous trouvons, superposée à la théorie purement logique des rapports des faits dans le auvr^i^jx^vov, une théorie toute dillerente tirée de la physique : les événements du monde sont liés les uns avec les autres, parce qu'ils dépendent tous du destin ; ils ne se produisent pas les uns les autres, mais ils sont tous produits par une cause unique, identique avecles lois du monde. Mais pour atteindre cette raison universelle et réelle de la liaison des événements, nous sommes forcés de sortir de la dialectique ; la dialectique est donc un savoir insuffisant par lui-même.

A quelles conditions le ajvYj[jL;jLévov peut-il servir de base àla démonstration? La démonstration a pour objet de prouver l'existence du conséquent par l'antécédent. Il faut, pour que cette preuve ait de la valeur, que l'antécédent existe. Dans le cuvrjjjLjxévsv : s'il fait jour, il fait clair, pour prouver qu'il fait clair, il faut qu'il fasse jour. Le nerf de la démonstration se trouve donc dans une évidence sensible^.

Les recherches logiques sur les types de raisonneperception sensible), dépassent singulièrement ce que donnerait la dialectique laissée à elle seule, avec sa notion de conséquence logique. Telle semble être la portée des textes opposés par Le Breton iJlev. de Philos., octobre 1908, p. 435) à ma thèse sur les Incorporels. Sur rincapacité de Chrysippe de « comprendre la causalité comme liaison entre simples événements », cf. Barth, Die Stoa.

1. Une fois le <ruvT,(i[jL. admis, la démonstration se trouve réduite à une question de fait:Tr,v ■n^oa'kri^i^ r; aîaôrjsi; T(p X6YV 8î5«ffiv (Phvr., il>id.).

ment se ramènent à la recherche des raisonnements concluants. En effet la propriété d'ôtre vrai ou démonstratif n'est pour un raisonnement qu'un caractère tout à fait extérieur; sa vérité dépend de la réahté des faits énoncés dans les prémisses, et il y a démonstration quand la conclusion se trouve être un fait non perçu immédiatement^.

Quant aux raisonnements concluants, Chrysippe en a admis cinq formes qui n'ont pas toutes égale signification^. Les deux premières ont comme majeure un (7uvy;;j,,7.£vov (si A est, B est), et comme mineure, l'une, l'affirmation de l'antécédent d'où suit le conséquent, l'autre, la négation du conséquent, d'où suit l'affirmation de l'antécédent^. Ces deux formes sont par excellence les formes « syllogistiques » ; les autres raisonnements sont simplement concluants mais non syllogistiques^. Encore le premier est-il le principal; on saisit très bien, grâce à un passage de Ps. -Apulée, comment le second qui prend pour mineure l'opposé de la conclusion du premier, a été créé pour les besoins de la discussion, pour démontrer que l'on ne peut pas

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