Ibid., p. 27-28. DiOG. La., Vil, 73; Arn., II
2. La lliéorle des opposés connue par Simplicius d'après Chrysippe (cf. In Arist. cat.\ 98 Z, Akn., 50, 20) revient en effet dans ses grandes lignes à celle d'Aristole (cf. id., Arn., II, 49, 21, 35). Arlstole avait montré que, dans l'opposiLion de privation, le changement n'est possible que de l'eli; à la privation ; Chrysippe (iô., 52, 20) lui fait quelques objections.
LK LOGOS ET L EXPRIMABLE. 7a
de fécondité de la logique stoïcienne et la sévérité avec laquelle elle a été jugée par presque tous les anciens et les modernes. En déterminant le fait conséquent comme celui dont l'opposé contredit {\jÀyt-x'.) l'antécédent, ils sont obligés de faire du conséquent la répétition de l'antécédent : le conséquent ne petit pas, comme dans nos lois modernes, être un fait complètement hétérogène dont le contenu n'a aucun rapport avec celui de l'antécédent. — L'expérience méthodique et l'induction qui jouent un si grand rôle dans l'établissement des rapports entre antécédent et conséquent dans nos lois actuelles, n'en jouent aucun chez les Stoïciens : la simple inspection logique de l'antécédent doit nous montrer si le juvy;;j.y.évov est admissible ou non'.
En fait, les Stoïciens sont sortis fréquemment des limites qui leur étaient imposées par la théorie : placés entre l'alternative d'avoir des propositions fécondes, mais logiquement inacceptables, ou des propositions acceptables mais infécondes, ils se sont souvent décidés pour la fécondité aux dépens de la logique. Il faut, pour le bien comprendre, se rendre compte de la situation de fait dans laquelle se trouvent les Stoïciens ; il existe, à leur époque, des sciences ou des arts (sciences seméiologiques) qui emploient couramment le procédé qui consiste à déterminer un fait obscur par son lien de con-
1. Le (rjvr.'jiu.î'vov n'est nulle part considéré comme conclusion d'une induction, mais uniquement comme majeure d'une déduction.
séquence avec un fait connu : la science médicale, et l'art de la divination ; toutes deux se servent de faits présents (l'état du ciel, ou des entrailles; le vol des oiseaux; le symptôme d'une maladie) pour déterminer des faits invisibles (l'âg-e de la mort, etc.) ; ce sont des sciences acceptées par les Stoïciens et dont ils cherchent à déterminer le principe ^ Or ces arts n'ont nullement le souci logique des Stoïciens : ils se développent dans une direction franchement expérimentale, et sont tout à fait comparables (la divination notamment) à nos sciences inductives, avec moins de rigueur dans la méthode. Les Stoïciens admettent comme valables les auvY)[x(X£va tirés de ces sciences, nonobstant leur peu de valeur logique. Et ils les justifient non pas par la dialectique ni par l'expérience, mais par la physique.
Il y a une évidente contradiction entre ces (TuvY;[ji.[;.£va concrets et les c:jvY){ji,[j.éva purement dialectiques- : ils ont voulu traiter la dialectique comme science indépendante et n'y sont pas arrivés.
1. Cf. Plut., DeEi, ap. Delpli., 7 : la maatiqueestrartTteptTÔ iiéUov èx Tôiv napôvTwv ^ Ttaptjj/Yifisvwv ; elle a donc soa principe dans des «TuvTitifjLsva, tels que : e'cTÔSî èczi, t63î Y'^^'^s"*'-
2. La confusion entre les deux s'opère à cause de l'ambiguïté de la nolion d'àxo),oy9îa. Le mot signifie à la fois la conséquence logique (reposant sur la théorie des opposés) et le lien réel des causes, reposant sur le destin. La connaissance de l'àxo^ouô-a en ce second sens permet au médecin ou au devin de poser des (jyvnajxéva; mais ceux-ci, fondés sur la physique ou d'autres sciences (sans que d'ailleurs les stoïciens expliquent en rien de quelle façon nous y parvenons en parlant de la