‹ ChrysippeChapitre 50 sur 166 · LE RAISONNEMENT · texte numérisé non relu

LE RAISONNEMENT

admettre à la fois une conclusion et son opposée Les deux types suivants ont pour majeure une proposition disjonctive (ou A ou B), et pour mineure, l'un l'affirmation d'un terme (A est) et alors la conclusion est la négation du second; l'autre la négation d'un terme (A n'est pas), et la conclusion est alors l'affirmation de l'autre. Enfin le cinquième type a pour majeure l'opposé d'une proposition conjonctive (il n'est pas vrai que A est et que B est), pour mineure l'affirmation d'un des termes, pourconclusionla négation de l'autre. Nous voyons parfois- Chrysippe préférer cette forme à la forme hypothétique, à savoir la négation d'une coordination entre deux faits à la subordination de l'un à l'autre.

L'art de la discussion a, depuis Socrate, la plus grande importance dans la philosophie grecque. Chaque doctrine est un système qui s'établit en se défendant contre les autres. La dialectique donne les moyens de défense ; c'est un art de ruse où l'on cache aussi longtemps que possible à son adversaire ce que l'on veut établir^. Le paradoxe du stoïcisme est évidem-

1. N. 239. Cf. sur cettequeslion ua passage assez obscur de Plularque, De comm. not., 2 (n. 250). Ce que nous venons de dire repose sur le principe aristotélicien qu'on ne peut affirmer simultanément les deux opposés : or. suivant Plutarque, les stoïciens auraient admis, dans certainscas, « contre tout sens commun a, une pareille affirmation. Peutêtre s'agissait-il d'un sophisme, tel que celui que cite Dexippe (n* 251).

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