tal., De natur. fac, I, 3j Arn., II, n
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que les théories péripatéticiennes et médicales attribuaient aux qualités élémentaires, ils l'attribuent aux éléments eux-mêmes. Suivant l'impulsion des médecins, ils répartissent les éléments en deux groupes : éléments actifs : le feu et l'air, et éléments passifs : la terre et l'eau '.
Mais dans ce dernier cas, l'agent (feu, air) et le patient (eaw, terre) s'opposent à peu près de même que le principe actif et le principe passif dans l'opposition de Dieu et de la matière. Il s'agit non pas d'une action destructrice ou assimilatrice, mais d'une action formatrice '.
3" Enfin l'opposition des deux principes se retrouve dans une troisième théorie que l'on pourrait appeler théorie de lindividuation.
L'unité de chaque individu corporel n'est pas due à une simple juxtaposition des parties •^. Il faut même aller plus loin : en un sens, il n'y a même pas dans un être d'un seul tenant (ffu;j.?jÉç) de parties dernières et indivisibles. Nous connaissons quelques-unes des spé-
1. G\L..»6., Il, 4, n» 410; NÉMÉs., Dp no^. /io;n., 5 (Arn., Il, n'élS).
2. Cf. les termes d'Alhénée d'Attalie (Galien, Abn., II, 137,28); deux qualités sont uoirjtxd, deux autres -jXixi. Id., n" 439 : L'air et le feu - contiennent » ; la terre et leau « sont contenues ». Aristote, au contraire, n'admet d'autre action de la qualité élémentaire que l'action assimilatrice. Le feu et l'air jouent chez les stoïciens le rôle de la cause formelle.
3. Cf. Plct., Prxc. conjug., 4 Arx., II, 124, 10); cf. 124, 19; H, 124, IG prouve que les distiactions faites ici remontent à Cbrysippe.
dilations de Chrysippe sur la divisibilité de la matière à l'infini ; la principale raison pour laquelle il l'acceptait, est qu'il ne voulait pas, à la façon des atomistes, composer l'être d'un agrégat de corps indivisibles K
Cette unité est due à une force interne qui contient la matière en l'empêchant de se dissiper ~. Nous devons considérer successivement : la substance même de cette force (le xveOfjia), son mode d'action (tôvoç), enfin le rapport que la nature présente avec elle.
Nous avons vu plus haut, que le feu et l'air étaient les éléments les plus actifs, parce que les plus mobiles. Le 7:v£!j|j,a consiste dans une combinaison de feu et d'air : il est essentiellement un souffle chaud ou enflammé ^. Il est constant qu'après bien d'autres, c'est au phénomène de l'expiration d'air chaud chez l'être vivant que les Stoïciens ont pris l'idée. Cet air chaud, accompagnant toutes les manifestations de la vie, est considéré par les médecins ^, comme identique au principe vital, ou très intimement lié avec lui. Du reste les divers « souffles » ne difî'èrent entre eux que par les proportions
1. Cf. surtout Arn., II, n" 483; le corps humain oût' et Ttvwv ouveffiàvat, xai ©[lottoç, oût' è? ÔTrôorwv, eît' ànsîpwv eÏTs 7tîTîspa(T(JiÉv(j)v.
2. Alex., De mixt. (II, 145, 24); Cléom., Cire, doctr., I, 1 (Arn., II, n» 540). ■
3. Alex., De mixt., yeyovô; Ix uupd; te xal às'po; (Arn., II, 45, 40 ; cf. 146, 33). La représentation du soufde domine chez Chrysippe ap. Plut., De St. rep., 43 (Arn., II, n» 449).
4. Cf. Stein, Psycli. der Sloa, [>. 252. Le ÔEptibv èaçuTÔv est l'origine du TTveïjia de Chrysippe. Galien, De tremore, 6; Arn., II, 147, 3.
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différentes de feu et d'air (de chaud et de froid) qu'ils contiennent; il y a une hiérarchie des souffles ou osprits : ils sont d'autant plus élevés qu'ils sont plus secs et plus chauds '.
L'idée de cet agent a donc son origine dans une biologie grossière. Mais cet esprit qui anime et unifie le corps vivant, les Stoïciens en généralisent l'idée en se le représentant comme le principe d'unité de tout individu corporel, animé ou non. D'un bout à l'autre de l'échelle, de la pierre à l'être raisonnable, chaque être est caractérisé par un <i esprit » qui lui est propre, et le fait ce qu'il est -. Chaque individu est conçu à l'image d'un vivant ayant en lui son principe d'activité. Partout où il y a activité, les Stoïciens placent un souffle. Ainsi la qualité n'est pas selon eux un simple état i -âOoç), mais un agent ; et le pneuma forme la substance de la qualité ^.
C'est à la biologie que les Stoïciens ont emprunté la notion du principe actif de chaque être : c'est à la morale qu'ils empruntent l'idée de la manière dont il agit.
La notion du -avec qu'ils trouvent dans la morale cynique, et qui, chez Zenon, ne désigne encore que l'é-
1. Cf. la différence entre 1' < esprit » des plantes et celui des animaax, Galien. Arn., Il, n" 787; n** 788-9. Gomp. Hebacl., fr. 118 Diels. :>. Cf. la hiérarchie de ces forces, Puilon; Arn., II, n" 458. 3. ChrïS., ap. Plut., De Sloic. rep., 43 (II, 147, 40).
12i LES PRINCIPES DE LA PHYSIQUE.
nergie de l'activité morale, a eu ses premières applications physiques chez Gléanthe *, mais n'a obtenu toute sa signification qu'avec Chrysippe : en effet elle est liée à la théorie du mélange total (ypSatç Cl' oXojv) que Chrysippe a le premier développée.
L'action appelée tovcç consiste essentiellement dans la force qui retient ensemble les parties de l'être pour les empêcher de se dissiper- : par là l'être reçoit la qualité particulière qui le constitue, sa dureté ou sa blancheur par exemple, et par là, il reçoit son unité et sa substance 3. Cette action suppose donc que matière et force (ou plutôt le corps passif et le corps actif) sont entièrement inséparables dans toutes leurs parties, qu'ils constituent un seul et même êtrc^; le corps actif n'agit pas de l'extérieur mais de l'intérieur de la matière; il y est dès le début, <( mélangé entièrement ». Le corps réel, le corps avec ses qualités , est donc créé comme tel, par le mouvement môme qui l'informe. S'il n'y a pas dans le tcvoç unification des deux principes actif et passif, il n'y a pas non plus seulement combi-
1. Sur l'histoire de celte notion, Stein, Psych. der Stoa, n. 109. 110.