Cf. sur ce point, ma Théorie des Incorporels, p
2. Chrys. ap. DioG. L4., VU, 140 :daas le monde, il n'y a pas de vide, à^V YivâxiOai aÙTÔv toûto yàp àvaYxâ^etv tyJv tûv oùpavi'wv npàçxà èuîyeta oujiTcvoîav xai (j'jvTovîav.
3. Chrys. ap. Ak. Did., fr, 33 (Arn., II, n° 652) : Le soleil est fait
LE PROBLÈME DE l"iXDIVIDUATIO> . 153
1 revenir sur cette « sympathie » à roccasion de la doctrine du destin.
Le problème de l'oîdividcatiox. — ta suite de notre exposition nous amène nécessairement à nous poser un problème fort difficile à résoudre : le feu primitif est un être individuel ; le monde est d'une part un êti-e animé composé d'une âme et d'un corps, d'autre part, un ensemble d'êtres individuels absolument distincts de nature'. Or, nous comprenons comment le feu primitif a pu produire le monde, conçu comme un être animé (à savoir en se donnant un corps, par une espèce de condensation). Au contraire, nous ne saisissons nullement par là : 1' le rapport du feu primitif à l'ensemble des êtres individuels ; 2° le rapport de l'anim ai-monde à ces mêmes êtres. Le passage du feu au monde-animal nous est minutieusement décrit d'après Heraclite; nous cherchons en vain une réponse aux deux dernières questions.
On attribue assez volontiers aux Stoïciens une solu-
Ix Toû TiS; OoXôaoTiC &va9u|uâ|iaTo<, et la lane {ib., n° 677) de rémanation de leau des fleuves: Aétius (II, 17, 4; Ahx., II, n' 690) rapproche les Stoïciens d'Heraclite qui admettait que les astres se nourrij^sent Ix t^; îTîtyeio'j àva^uiuâffEuî. Les saisons sont produites par les mélanges, en proportions différentes de lachaleur du soleil arec le froid de l'air (Chrys. ap. Ab. Did.. fr. 26: Arn., II, n* 693}.
1. D'une part ïôov Xoyixby xai l}i'lrj-/ov xal voepôv (Abji., II, n" 633), d'autre part xo èx Oeûv xal &vOpctf^{i)\ «tîottkuc xai Ix tûv Ivexa Toûtur» YCYOvÔTMv (ABn.. Il, 168, 13).
tion panthéiste, qui semble en effet impliquée dans leur système : les « souffles » qui constituent l'individualité de chaque être sont des fragments de l'âme universelle. Remarquons d'abord que nous trouvons bien quelques déclarations nettement panthéistes dans le stoïcisme moyen et postérieur : l'âme raisonnable de l'homme est pour Posidonius un fragment de l'éther, c'est-à-dire de la raison directrice du monde i; pour Sénèque, le monde est un dieu dont nous sommes les membres 2. Mais nous pouvons affirmer avec certitude que ce panthéisme ne vient pas, tel quel, de l'ancien stoïcisme; car, pour le premier point, Chrysippe décrit l'origine de l'âme raisonnable tout autrement que Posidonius 3; et, sur le second point, il affirme que le monde n'est pas du tout un dieu. De plus, un trait remarquable de la théorie de l'individualité (îSfwç ttoiov) est incompatible avec le panthéisme; cette qualité propre, étant indivisible, ne peut se former graduellement et par composition, mais seulement apparaître d'un coup (à9p6o)ç), et elle disparaît de même (la mort est instantanée) après avoir duré, identique à elle-même, pendant tout le cours de la vie de l'individu ^.