INFLUENCE DE PLATON ET D ABISTOTE
existences », puis autour est répandue l'eau qui participe à la forme sphérique. Ces deux éléments possèdent , comme chez Aristote , un mouvement naturel vers le centre, tandis que l'air et le feu, légers par nature, vont vers les extrémités du monde. Au-dessus de l'eau se trouve l'air; puis au-dessus de l'air les sphères d'éther, dans lesquelles sont logées les planètes, puis comprenant le tout, la sphère des étoiles fixes. Les astres sont sphériques, et tout entiers de substance ignée, sauf la lune, la plus rapprochée du centre, dans laquelle l'air se mélange au feu*.
L'originalité des Stoïciens n'est pas dans cette disposition des êtres. Il faut pourtant mentionner deux difiFérences importantes : d'abord l'existence d'un vide infini au centre duquel réside la sphère du monde 2. Ce néant
1. Cf. la description d'ensemble de Ghrysippe : Stobéb, Ed., I, p. 184 t^ÀRN., n, n° 527). Sar lesmouveroents naturels des éléments chez Chr>sippe,cf. Put.. Stoic. rep.. 42 (Arn., II, n<> 434). D'après le mêmePlutarque, a" 435, Ghrysippe aurait également admis que l'air n'a ni pesanteur ni légèreté. Ce n'est pas la seule difficulté qu'il y ait dans cette tht'orie des mouvements naturels, transplantée dWristote ; si on l'admet entièrement en effet, il n'y a pas de raison pour ne pas en conclure que l'éther, identique au feu, se disperse dans le ride infini qai entoure le monde cf l'objection péripatéticienne mentionnée par Cleo»., De motu circuL, l, 1); ou alors il faut donner au feu un autre mouvement « tonique » par lequel il se contient lui-même et contient les parties dans l'espace. Il y aurait donc là comme un germe de dualisme entre le feu élémentaire, partie du monde, et le feu, 2$i; du mond». Cf. les longues discussions (Plut., Z>c Stoic. repugn., 44; Kks., n'^ 550. 551), et les opinions stoïciennes sur les astres.
2. Opinionde Chrysippe : Si^vucai, In Arist.de caelo{Con., Il, 171,6), Ar?j., n» 539.
est fait pour laisser au monde, en quelque façon, la liberté de ses mouvements ; il est le rien par lequel le monde ne pourra être limité lorsqu'il se résoudra en feu, et, dans cette résolution, occupera une plus grande place. Dans le stoïcisme, la limite d'un être dans l'espace vient de la force interne qui en contient les parties, non des corps qui le limitent; aussi le monde ne peut-il se dissiper, mais seulement s'y étendre ou s'y contracter'. La seconde différence, c'est l'affirmation de la communauté ou sympathie entre toutes les parties du monde. La subordination hiérarchique, qui caractérisait le monde d'Aristote, est remplacée par la coordination et la conspiration de toutes choses. Les éléments sont comme attachés et suspendus les uns aux autres ; il n'y a aucun vide pour permettre aux actions des corps de se propager sans obstacle 2. Il y a un mouvement continuel d'échange de la sphère supérieure à la sphère inférieure de la terre. L'air, milieu universel à travers lequel s'exercent ces actions, est considéré avant tout comme un agent de transmission. La terre et l'eau, par leurs émanations, fournissent au feu céleste ses aliments; et l'éther, principe mobile et pénétrant,
influence à son tour les corps terrestres 3. Nous aurons