‹ ChrysippeChapitre 94 sur 166 · Gal., Adv. Jul., 4 (Arn., II, 21G · texte numérisé non relu

Gal., Adv. Jul., 4 (Arn., II, 21G

LA NATURE DE l\\ME. 163

médicale dans beaucoup de leurs doctrines : la doctrine de Chrysippe est le point de départ d'une école médicale, l'école « pneumatique » d'Athénée d'Attalie, auquel on a attribué récemment un traité pseudo-arislotélicien, le ~s.p\ ïîveJiJjtTs; ^

Cette biologie stoïcienne repose en grande partie sur la nature du -vîj;xa. Ce principe vital qui se nourrit au moyen des émanations du sang-, est tendu à travers le corps tout entier, et ses divers degrés de tension expliquent bien des phénomènes biologiques ; le sommeil est un relâchement momentané de sa force tonique, et la vieillesse un affaiblissement permanent; les passions sont expliquées par son bouillonnement 3. Ces divers degrés de tension tiennent aux proportions du mélange qui constitue le souffle^; c'est en effet un mélange d'air et de feu; l'cj/.paTÎx désigne le mélange

1. Nevstadt, ffffrniM, 44, p. 60. Sar la part propre à Chrysippe, Gal., loc. cit., \. 4. 10 montre que Chrysippe employait comme Aristote, dans l'explicalion des maladies, les forces élémentaires et les humeurs.

2. Galien {Deusupart., IV. 17; Kks., II, n^ 781) et le scholiaste In Hom. lliad., II, 857, n' 778) disent qu'elle est elle-même ane émanation du sang (cf. n" 8i7 Plalarque : ^tf,^ ?v«n; àva^viiiaoi;) et Galien •^a°' 782-783), qu'elle se nourrit de l'émanation (sx ttî; àvaO-jfuijEa);). Il semble bien que. d'après toutes les analogies du système (l'analogie avec les astres, avec es âmes extérieures au corps], c'est la seconde thèse qu'il faut accepter ^contre Bonbôflfer); la première signihe seulement que Témanation se transforme dans la substance de l'àme.

3. Sommeil, Ar!«., II, n°* 766 (Diogène), 767 (.\étios), 768 (TertuUien); vieillesse, n" 769 (Aéllus); passions, n"* 766 < Diogène), 877, 878 (Galien).

4. Galie.n, t.. 1;»^-/?.; r.ôôiv, I, 368 (Arn., II, 218, 40) : la fièvre ou l'intensibilité causées par un evcès de froid ou de chaud dans l'âme.

convenable où ni l'un ni l'autre ne prédominent. La théorie générale des maladies est la suivante : le souffle vital a, dans le corps, deux fonctions principales, le maintien de l'union (evwatç) et celui du mélange convenable des éléments (ejxpaaia); les maladies arrivent, lorsque ces fonctions s'accomplissent mal, soit par la rupture de l'union, soit par le mélange disproportionnée

Considérons maintenant les fonctions proprement psychiques de l'âme raisonnable. Chez Platon et Aristote, l'âme raisonnable n'était qu'une partie, la partie supérieure de l'âme totale. L'irréductibilité des phénomènes d'inclination et de désir au phénomène de la connaissance refléchie avait conduit Platon à la division que l'on connaît 2. Rien de pareil chez les Stoïciens; les phénomènes d'inclination ont leur siège là même où les phénomènes de connaissance ont le leur; la çavTaïia est inséparable de la cpsj,i^ ; toute représentation indique un objet d'inclination ou de répulsion, et par la nature même de l'être le mouvement se produit^.

Aristote avait fondé la division de l'âme sur celle

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