SCÈNE XI
Les Précédens, UN OFFICIER.
l'OTEMRIN , virement, à l'officier. Que /oulez-vous?.. qu'y a-t-il !
L 'officier. Une lettre que le prisonnier vient d'écrire, et qu'avant tout j'ai jugé convenable de vous remettre... Elle est adressée à un intendant général , un nommé Gregorieï, que nous ne connaissons pas.
POTEMRIN. Je le connais, moi... (Il déchire l'enveloppe, regarde la seconde adresse, "t dit à l'officier.) Donnez à madame.
geste de Pbtomk'in , il sort. Potemkin , qui est
toujours auprès de la table à droite , écrit pendant
que la comtesse lit.)
L Y COMTESSE , lisant. « Pour remettre à » la comtesse Braniska.Onm'a dit que j'ai- » lais mourir, et je n'y pense guère... je ne » pense qu'à vous ! qn'à vous seule ! On » vient de suspendre l'arrêt , et c'est un » grand bonheur , je peux vous écrire... je ■> peux vous dire que, grâce au ciel, je con- » nais enfin la vérité... C'était vous, ma- » dame , c'était bien vous! » Il y revient encore! c'est une idée fixe! «Nemeplai- » gnez pas... aimé de vous, je meurs le » plus heureux des hommes, et jenechan- ■> gérais point ma place contre celle de Po- » temkin. Signé Ladislas. fW scriptum...» POTEMRIN , écrivant toujours. Ah! il y a un post scriptum ?
LA COMTESSE , essuyant oieement une.
larme. Oui, mon oncle. .. (Achevant de lire.") « Consolez ce pauvre Gregorief , qui vous remettra cette lettre , et qui doit être désolé.» Qu'est-ce que cela signifie?
POTEMRIN, froidement. Qu'il est en bas dans la chapelle du palais... à côté est un prêtre... Iglou, mon chapelain, pour l'assister dans ses derniers momens.
la comtesse. 0 ciel !.. sa mort est-elle donc si prochaine ?
potemrin. Oui... car je veux que tu sois vengée !.. et si je tombe , il n'en sera pas le témoin... je l'ai juré.
LA COMTESSE , timidement. Et si vous triomphez de vos ennemis. . . si vous restez au pouvoir ?
potemkin. Je t'ai dit que cela dépendait de toi.
LA COMTESSE, tremblante. Et moi, monsieur, je vous ai dit que je me dévouais... (Vivement.) Pour vous... pour vous seul... quelque terrible que ce fût.
POTEMRIN. C'est bien !
la COMTESSE. Mais que faut-il faire?
POTEMRIN, prenant le papier qui est sur la table. Porter cet ordre à Iglou mon chapelain ; et quand il l'aura lu , songe à ta promesse.
LA. COMTESSE , tremblante. Oui , monsieur.
potemrin. Songes-y!
LA COMTESSE, de même. Oui, monsieur.
potemrin. Et hâte-toi... car on vient... il ne sera plus tems.
la COMTESSE , se précipitant par la porte à gauche. Ali ! j'y cours.
(Elle sort.)