Amsterdam
SUR M. T. CICÉRON
chions. Le texte est donné d’après les travaux de Victorius, de P. Manuce, de Lambin et de Gruter ; mais le travail philologique est bien loin de la perfection au point de vue do la science et du 'goût: aussi cette édition, si remarquable typographiquement parlant, si recherchée au xvin* siècle, a-t-elle déjà perdu presque tout son prix. Les savants , surtout depuis la nouvelle édition d'Orelli, la dédaignent, et les curieux n’en recherchent que les exemplaires en grand papier, recouverts des splendides reliures de Padeloup et de Derome. Elle fut très-fréquemment réimprimée à la fin du siècle dernier, particulièrement en Italie et en Angleterre.
L’édition Barbou (Paris, 1768, 14 vol. in- 1 31 ) , publiée sous la direction de Lallemand, reproduit le texte de l’abbé D’Olivet avec quelques bonnes variantes et corrections nouvelles : elle est bien imprimée, d’un format charmant, et conserve un cerlain prix.
Laissons de côté toutes les éditions d’Oxford, de Madrid, de Deux-Ponts, de Londres, de Glasgow, de Leipzig, etc.; citons seulement celle de Boston, 1818 (23 vol. in-8°) : c’est le texte d’Rrnesti, et la première édition de Cicéron publiée en Amérique. Mentionnons celle de Lefèvre (Paris, 1823-25, 18 vol. in-18),' publiées sous la direction d’Amar et de Victor Leclerc. Citons encore celle de Lemaire qui, comme celles de presque tous les classiques de sa collection, est remplie de bonnes intentions, très-complète et renferme une grande quantité d’annotations, do gloses, de remarques et d’arguments, le tout peut-être un peu confus. Elle a été publiée à Paris de 1827 à 1832 et forme 19 vol. in-8°, divisés en cinq parties, dont la dernière renferme tous les fragments retrouvés. MM. J. W. Rinn, Victor Leclerc et Bouillet, eurent la direction de ce grand travail.
Remarquons, en passant, combien M. Brunet s’est montré sévère pour cette immense entreprise littéraire, la Bibliothèque classique ( 144 vol. in-80/, que M. Lemaire mit vingt années à conduire à bonne fin, et dont, malgré tout, lo tort principal est d’être trop développée.
Nous arrivons à l'excellente édition d’Orelli ( Turici , 1826-37/,
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8 vol. en douze parties, très-grand in-8°, qui comprend, outre le texte, tous les scoliastes de Cicéron, et que son prix réduit met à la portée de toutes les bourses.
Enfin , et pour terminer cette trop longue énumération , que l’on nous permette d’ajouter que depuis quelques années un certain nombre de savants allemands, avec cette persévérance et cette conscience qui distinguent à un degré si éminent celle race sérieuse, s’occupent des travaux philologiques les plus approfondis sur Cicéron. Ils n’ont pas reculé devant la pénible tâche de comparer tous les manuscrits qu’ont pu leur fournir et leurs nombreuses bibliothèques et même les bibliothèques étrangères, remontant patiemment de siècle en siècle, jusqu'à ce qu’ils soient arrivés au texte le plus pur et, si l'on ose le dire, à la version Princeps. Ces scrupuleuses recherches ont déjà, lentement, il est vrai, mais sûrement, produit d'excellents résultats, et les volumes édités à Leipzig par Taüchnitz d’abcrd, et depuis par Tübner, dépassent certainement , au point de vue de la correction du texte, tout ce qu’on a publié jusqu'ici de plus authentique.
Hâtons-nous maintenant de passer aux œuvres séparées, que nous diviserons en trois classes : Les Opéra rhelorica et Oratoria , dans lesquels nous comprenons les Oraliones, les Epislolœ et les Opéra philosophiez.
OPERA RHETOR1CA ET ORATORIA.
LIBRI IV RHETORICORÜM AD C. HEBENNIDMJ LIIUVI II DE INVENTIONS.
Ouvrage de la jeunesse de Cicéron, dont les manuscrits s’étaient conservés assez nombreux au moyen âge. Il fut transcrit et mis au net par Omnibonus Leonicenus, qui le fit imprimer à Venise par Nicolas Jenson en 1470, gr. in-4*, 138 feuillets à 30 lignes. La souscription en lettres capitales qui termine le volume est conçue en ces termes :
SUR M. T. CICÉRON
Mar ci Tullii Ciceronis oratoris clarissimi rheloriconm velerum liber ultimus féliciter explicil. si. cccc. lxx.
Les quatre livres Rheioricorum furent tout d’abord attribués à CicéroD par saint Jérôme, et ce jugement a été consacré. Depuis un siècle environ, quelques critiques, attaquant cette attribution, ont prétendu que ce traité était indigne du grand orateur, et en ont fait honneur, les uns à Cornificius le père, les autres au fils de Cicéron, puis à Timolaus, puis à M. Gallio, d’autres enfin à Virginius Rufus; malheureusement aucun de ces savants n’a su appuyer son attribution de preuves probantes.
De Oratore Libri iii (adQuintum fralrem). Grand in-4° de 108 feuillets à 30 lignes, sans indication de lieu ni de date, mais imprimé au monastère de Subiaco, près Rome [in monasterio . Sublacenci ), par Sweynheym et Pannartz, vers 1466 ou 1467. «Ces illustres disciples de Gutenberg et de Scheffer importèrent «en Italie la nouvelle découverte à la fin de 1463, et trouvèrent R’hospitalité chez les moines du couvent de Subiaco. Le preunier livre sorti de leurs presses fut le Lactance de 1465.
Les moines de Subiaco avaient une riche et nombreuse libraii rie, et tous les livres imprimés chez eux, entre autres le Laci tance, le saint Augustin et le Cicéron, le furent évidemment sur «des manuscrits du couvent *. Sweynheym et Pannartz trouvèrent lia des manuscrits de la petite écriture romaine, dont l’usage ss’était conservé jusqu’aux vme et ixc siècles, et qui venait d’être •reprise par les calligraphes du xvc; ils adoptèrent ce caractère, «auquel ils donnèrent plus de rondeur et de netteté, et il en résulta ce beau caractère romain, avec lequel ils imprimèrent le ilhetance de 1465 et les ouvrages suivants.
La première édition, avec date certaine, du traité de Oralore, ifut donnée à Rome en 1468 par Ulric Han de Wien, petit in-folio 'de 91 IL à 36 lignes. Cet imprimeur tirait a petit nombre, ce qui ^explique l’excessive rareté do la plupart des livres sortis de ses ! presses.