Maitlaire, Am 1. fypogr
2. Ce manuscrit, que l’on croit du xii* siècle, est enrichi de Commentaires de la main de Pétrarque, qui sont d’une grande importance : reconnaissables au caractère de l’écrit are, ces notes le sont aussi au genre d’orthographe tout parti-
SUR M. T. CICÉRON
(Cat. Bibl. Laurent., t. III, p. 95), ces deux vers seraient de l’un •des plus illustres admirateurs de Cicéron, de saint Augustin.
La plupart des manuscrits de ce beau livre que l’on voit figurer dans les ventes sont du xv* siècle, quelques-uns du xiv*. Sur quelques-unes des innombrables éditions qui en ont été données dans le xvie siècle, il n’est pas rare de rencontrer une note ainsi conçue: « La révision de ce texte a été faite sur 12, sur 14, et même sur 22 manuscrits anciens, et l’excellente édition in- 4°, imprimée chez Didot en 1796, et tirée à 171 exemplaires, a été révisée sur plus de 40 manuscrits, du moins si nous pouvons ajouter foi à une lettre autographe du savant bibliothécaire de Bruxelles, La Serna Santander.
De Finibus bonorum et malorum libri V, ad M. Brutu/n. La plus ancienne édition connue est imprimée sans indication de lieu ni de date, mais avec les caractères d’Ulrich Zell, de •Cologne; elle doit avoir paru vers 1469; c’est un in -4° de 119 feuillets, 27 lignes à la page. De Bure avait d’abord attribué avec autorité cette édition aux premiers imprimeurs de Mayence : il est revenu sur cette erreur grossière dans son catalogue du duc de La Yallière.
De Legibus. M. Brunet cite de ce traité une très-ancienne •édition in— fol . , sans indication de lieu ni de date, mais imprimée •en caractères romains, qu’il a trouvée dans le catalogue du docteur Askew, dont l’exemplaire, annoncé comme édition princeps. mais sans aucune description, a été vendu 12 livres 12 schellings. M. Graesse croit que cette édition comprenant les
ailier adopté par l’illustre poète : en effet, il ne s’astreint nullement à suivre les tègles grammaticales : il écrit micki pour mihi, utillitas, conparare, secondas, H osofus. Son écriture est extrêmement capricieuse : ce sont tantôt des grandes «ttres, tantôt des minuscules; souvent les caractères sont droits et carrés, souvent nclinés et allongés. Le manuscrit dont il est ici question avait fait partie de sa Jibliothèque particulière ; il est décrit dans le catalogue que Jac. l’h. Thomasstn sublia dans son Pclrarcha rcdivious. 11 est de plus chargé de notes et e sco les Pane autre main, que tous les savants s'accordent à reconnaître pour ce e ce Boccace, l'ami particulier de Pétrarquo, et tout porte À croiro que i us e au eur lu Décameron, sachant l'ardeur que mettait son rival de gloire a a rcr 1ère o es trésors de l'antiquité littéraire, lui fit hommage do cet incomparable manuscrit.
358 ÉTUDE BIBLIOGRAPHIQUE
Officia , Paradoxe, de Amicitia, etc., fut imprimée à Venisr vers 1472; il la décrit comme composée de, 144 feuillets; k traité de Lcgibus a 31 feuillets à 36 lignes. M. Brunet, à cause dt la conformité de certaines lettres, l’a et le g , ain^i que de l abre viation du mot que, le croit sorti des mêmes presses que la pre mière édition A’ Horace, dont on ne connaît pas l’imprimeur, ï moins que l’on ne veuille admettre la présomption de Rain, qu l’attribue à Franç. Renner de Hailbrunn, à Venise.
Ce fut en Allemagne que Le Pogge trouva les manuscrits d< ces deux derniers traités : il les rapporta en Italie, les transcrivi et probablement présida à leur impression. Il est donc à croin que l’édition du docteur Askew était d'origine Milanaise ou Vénitienne, à moins cependant que ce ne fût un simple fragmen d’une des premières éditions des Opéra Philosophica , ce qu s’est rencontré plus d’une fois et a presque toujours induit le: bibliographes en erreur.
Le plus ancien manuscrit connu du de Lcgibus se trouve à 1 bibliothèque Saint-Marc, où il est inscrit sous le numéro CMII ce précieux Codex est du vmc, peut-être même du vne siècle. 1 porte sur le premier feuillet cette note : U'crinharius episc dédit sanclœ Mariœ : il fut transcrit au commencement di xivc siècle, pour les frères mineurs de Florence, par Henricusd Circulis, et cette transcription servit de type à tous les manu scrits qui, aux xivc et xv* siècles, furent répandus à profusioi dans toute l’Italie.
De Nature Deorum (lib. III) ; de Divinatione (lib. II): de Fato de Lcgibus; Academicœ quwstiones , liber ad Hortensiutn de Disciplina militari et M. T. Ciceronis vita ex dielis Plu tarchi breviter excerpta. Cette édition fut imprimée à N enis par Vendelin de Spire en 1471 : c’est un in-4° de 186 feuillets 34 lignes (les feuillets 151 et 152sonl blancs). Ce fut sur des ma nuscrits retrouvés et transcrits par Nicolas Niccoli qu’elle fu exécutée par l’imprimeur allemand, sous la direction de Raphac Joucnzonius, et non pas, comme on aurait pu le supposer, d'a
SLR M. T. CICÉRON.
près l’édition collective des Opéra Philosophica , imprimée à Rome la même année.
Remarquons que le traité de Disciplina militari , compris par Niccoli dans les œuvres de Cicéron, est très- probablement de Modestus; il fut publié séparément à Paris en 1541 et attribué à Cicéron, vulgo Ciceroni adscriptus.
Tusculanarum quœstionum libri Y, ad M. Brutum. Ce traité a été imprimé pour la première fois à Rome, chez Ulric Han de Wienna ', en 1469, in-4° (69 feuillets à 35 lignes). Les bibliographes sont divisés au sujet de ce livre : les uns (Laireet le Père Audiffredi) prétendent qu’il forme la dernière partie d’un plus ample recueil, contenant les Paradoxa, Laelius, Cato et le Somnium Ciceronis , imprimé par Ulric Han; mais tous les autres, Panzer, Maitlaire, Lichtenberger, etc., soutiennent qu’il a été imprimé seul.
En 1475, Fr. Philelphus expliquait et commentait les Tusculan.es dans des cours publics à Rome, qui avaient un grand retentissement, et ce fut lui qui rappela le premier que Cicéron •composa cet ouvrage alors que César, devenu maître de Rome, Hais sait à l’orateur tous les loisirs nécessaires pour s’appliquer «exclusivement aux belles-lettres ; et celui-ci, réunissant dans sa îmaison tous ses doctes amis, leur récitait ou plutôt leur dictait «ces admirables entretiens, qu’il improvisait en quelque sorte ut < quemdam ludurn litterarium.
De Amicitia, de Senectule ; Somnium Scipionis . In-fol. goth. «de 33 feuillets à 32 lignes; première édition fort rare des deux jpremiers traités publiés séparément. Dibdin (Bibl. Spencer, •"vol. I, p. 375) la croit avec raison sortie des presses d'Ulric «Zell à Cologne. .M. Brunet fait remarquer que la première page m’a que 30 lignes.
Le de Senectule fut imprimé deux fois séparément chez Ulric *Zell ; les deux éditions ont 24 feuillets, et sont en caractère go-
1. Ulricus Ilahn, latine Gallus, nalionc Germanu s ex Ingelstadt, civis Mien mentis. Panzer, tom. II, p. 458.
nou
ÉTUDE BIBLIOGRAPHIQUE
thique, sans aucune marque ni indication; lune a 26 ligne: l’autre 27 à la page; ces éditions sont sans doute le» première du traité, du moins imprimé à part : maintenant, des deu quelle est la première, qui le sait et qu'importe?
Le de Amicilia et le de Seneclute , on le sait, avaient é composés pour Atticus et à son instante requête :
O Altice, tu rogasti me, ut tractarem de Amiciita.
Sur un manuscrit du premier de ces traités, écrit au xiv" sii cle, et conservé à la Bibliothèque de Tienne, se trouvent en té les sept vers suivants, qui sont peu connus, et que quelques s; vants attribuent à Cicéron lui-mème :
Quœnarn summa boni ? quœ mens sibi conscia recti.
Pernicies liominis quœ maxima? solus homo aller.
Quis dives? qui nil cupiet. Quis pauper? avarus.
Quœ dos matronœ pulcherrima? vita pudica.
Quœ casta? de qua mentiri farna veretur.
Quid sapientis opus? quum possit, nolle nocere.
Quid stulti proprium? non posse et relie noeere.
Nous trouvons dans le bibliographe allemand Hain, au mi!i( des volumineux, mais intéressants détails qu'il consacre à d crireles innombrables éditions des Opéra philosophica , le liv suivant: de Ofpciis , de republica, de Legibus cl de Faloabsque nota (Rome, Ulric Han). Nous sommes obligé de recoi naître en toute humilité que nous ne connaissons ce livre < aucune façon. M. Graesse, qui cite à peu près toutes les éditio du de OfficiiSj jusqu'aux plus insignifiantes (et c'est là l'un < ses plus graves défauts), n’en parle en aucune façon; nous 1 a vo cherchée vainement dans Panzer, dans Ma il taire, et dans P. Audiffredi.
Quoi qu’il en soit, et si cette édition mystérieuse a réelleme passé sous les yeux de Hain, ce ne sont que les quelques frai monts de la République, répandus dans les différents ouvrag'
SUR M. T. CICÉRON
de Cicéron; fragments qu’en 1807 Bernardi réunit et publia à Paris, traduits eu français, dans son livre sur l'Origine et les progrès des sciences , des arts et du luxe citez les Romains , 3 vol. in-8°. ,
De Republica quœ supersunt , edente Angelo Maio. Romæ, Bourlié, 1822, in-8°, avec un portrait, une planche et le facsimilé du manuscrit.
C’est la première édition de ces précieux et admirables fragments, la plus belle découverte du cardinal Mai. Depuis les temps les plus reculés1, on regardait comme perdu cet admirable traité, à l’exception du Somnium Scipionis, qui en est le dernier livre, et de quelques fragments reproduits çà et là dans les autres ouvrages de Cicéron. Le cardinal Mai pense que le manuscrit qu’il a trouvé ne doit former à peu près que le quart du texte entier. Les plus grandes lacunes se trouvent dans le quatrième et le cinquième livre ; on chercha à combler ces vides à l’aide des fragments dont nous veuons de parler, et le Somnium Scipionis forma le dernier livre presque tout entier.
Le palimpseste sur lequel le Cardinal fit sa belle découverte était un commentaire de saint Augustin sur les Psaumes, du IXe siècle environ. Il appartenait jadis au monastère de Sain t- Palombano de Bobbio, et fut réuni à la Yaticane au xvne siècle, avant le pontificat de Paul V; les précieux fragments que recouvrait ce commentaire ont paru au Cardinal être du iv“ siècle, c’est-à-dire de la fin des derniers Césars.
La découverte du docte Cardinal fit un immense bruit dans le monde savant; les éditions se succédèrent rapidement : celle que publièrent Moser et Fr. Creuzerà Francfort en 1826, in-8°, passe pour être la plus exacte. Les traducteurs et les commentateurs se mirent à l’œuvre ; parmi les premiers, nous ne devons pas oublier M. Villemain, qui publia la première traduction française, Paris, 1822-23, 2 vol. in-8.
1. N'oublions pas cependant qu’au x« siècle nous le voyons figurer dans le catal. de la librairie de l'abbaye de Fleuri.
ÉTUDE BIBLIOGRAPHIQUE
Nous avons oublié, à propos de ce traité, de citer une anecdote que rapporte Merryweather; elle trouvera sa place ici. Un certain William Sellings, élu prieur de l’abbave de Canterburv en 147:2, sous le règne sanglant d’Édouard IV, fut obligé de quitter l’Angleterre, à la suite des terribles réactions qui marquèrent chacune des phases principales de la guerre des Deux Roses; c’était un homme singulièrement lettré et éclairé pour son époque: il se réfugia d’abord à la cour du vieux duc René d'Anjou, le Prince troubadour; puis de là il alla visiter l'Italie et fouiller les librairies de ses principaux monastères : il y trouva un manuscrit fie Repubhca j peut-être celui-là même que Pétrarque avait vu." Quand il put rentrer en Angleterre, il y rapporta, avec un soin religieux, le précieux Codex. A peine rentré au sein de son abbaye, le prieur s’empressa de livrer son trésor aux scribes les plus éclairés de sa librairie, quand, par malheur! habenl sua fa-la codices! un incendie détruisit à la fois et l'original et la copie, et presque toute la riche bibliothèque du couvent.
C est ici le moment de parler d’un livre qui causa une rumeur immense, lors de sa première apparition à Venise en 1585 : ce n était rien moins que le traité à jamais regrettable de Consolalione.
M. Tullii. Ciceronis. Consolationis. Liber, quo. se. ipsum, de filiœ morte. Consolatus. est. mine, primum. repertus. et. in. lucein. éditas, (a Francesco Yianello Yenetcy . Yeneliis. < 585. In-8°.
Jugez, même à notre époque de décadence littéraire, quel coup de tonnerre produirait l’annonce d’un livre des Annales retrouvé, ou l’apparition soudaine d’une décade de Tite-Live!
Réimprimé tout aussitôt dans toutes les villes savantes, dans toutes les universités, à Paris, à Strasbourg, à Francfort, à Leyde, etc., ce livre occasionna une émotion extraordinaire dans In république des lettres. L’année suivante il est aussitôt traduit en français : « Excellent opuscule de Marc Tulle Ciccro , par lequel il sc console soi/ mesme sur la mort de sa fille Tutlia,
! emph d une infinité de belles sentences confirmées par his-
• SUR M. T. CICÉRON
toires et exemples de grands et signalés personnages tant grecs que latins , naguère trouvé et mis en lumière. » Traduit du latin en françois par Benoist du Troncv, cont roi leur du domaine du Roy et secrétaire de la ville de Lyon. Lyon. B. Rii-'aud. loSi, pet. in-8n. Mais, hélas! bien vite aussi fut découverte la supercherie, et Carolus Sigonius fut signalé de toutes parts et anathématisé comme l’auteur ingénieux de ce très-habile, mais coupable pastiche.
Ce même Sigonius, heureusement, qui ne se livrait pas toujours a ces audacieuses plaisanteries, avait publié à Venise, en 1559, un excellent livre, qui fut bien souvent mis à contribution depuis. Il était intitulé :
S Ciceroms fragmenta variis in locis dispersa Caroli Sigonii diligentia collecta et scholiis iUustrata. - Venelns, lord. Zillettus , 1559, in-8°.
N’oublions pas de mentionner le Cicero noms du savant Leonard Aretin (ou d’Arezzo), oui accessit Ciceronis vita cum prœfatione ad Nicolaum Nicolum. Ce livre, dont il existe plusieurs manuscrits dans les bibliothèques d’Italie, a été traduit en 1804, et cette traduction a été imprimée par le célèbre Bodoni N.gmis affirme qu’elle a été publiée en latin, sur le manuscrit original qui existe à la Laurentiana, mais il ne cite ni le nom de I éditeur, ni le lieu, ni l’année de l’impression.
Citons encore XOrpheus, sive de adolescente studioso, ad Mar cum fdinm, nuper inventas et in lucem éditas. - Veneliis ap. J. -B. Ciottium, 1594, in-8’. Cet ouvrage supposé avait été compose au xiv* siecle; le nom de l’auteur est perdu. Il fut réimprimé en 1643 par les soins de J. Cæsar Glucianus Squarcia et a Florence en 1831, à 96 exemplaires, sous la direction du regrettable bibliophile Étienne Audin, l’ancien bibliothécaire du comte Boutourlin.
Des innombrables commentateurs do Cicéron, à tous les à-es en toutes les langues, nous n’avons pas à parler : un vül.imc°nè punirait pas a relever la nomenclature détaillée des extraits et des sentences, et des pensées, et des discours choisis, et' des
301 étude bibliographique
apophthegmes, imprimés ou respectueusement conservés inédits dans les dépôts publics ; des biographies, et des éloges, et des critiques, auxquels tant d’hommes éminents depuis Plutarque et Boëce jusqu’à Middleton; depuis Asconius Pedianus etG. Yalla, l’ennemi du Pogge, et A. Theod. Macrobius et Victorinus, jusqu’à M. Désiré Nisard, ont consacré leurs veilles et leurs recherches.
Nous ne pouvons pas non plus nous étendre sur les innombrables traductions qui en ont été faites dans toutes les langues. Pour les traductions françaises, nous renverrons le lecteur à l’excellent travail de MM. Breghot du Lut et A. Péricaud; ce morceau, aussi intéressant que complet, est placé à la fin du premier volume des œuvres de Cicéron (trad. Victor Le Clerc), édition de Lefèvre, Paris, -1821-25, 30 vol. in-8 ; pour les traductions allemandes, à la Bibliotheca scriplorum classicorum, le savant ouvrage d'Engelmann, p. 437 et suivantes.
Mais, si quelques bons philologues ont souvent cherché et parfois réussi à faire passer de la langue morte dans leur propre idiome la pureté, l’atticisme, l’extrême élégance et l’ampleur magistrale du plus grand écrivain de l’antiquité latine l, il en est d’autres dont la bizarrerie, disons le mot, 1 extravagance, méritent une mention à coup sur peu honorable.
Que dites-vous, par exemple, d'un sieur Thomas Guyot, dit le Bachelier, qui publia en 1G66, à Paris, une version des plus belles lettres de Cicéron à ses amis ? Et voici comment il s’v prend pour traduire la seconde lettre du livre IV, adressée à Servius Sulpicius :
Voici le texte : A. D. III. Kal. Maias, quum essem in Cumano accepi tuas litteras... postquam eas legi, Positonia tua me convenit et Servius noster. Ilis plaçait ut lu m (.u/nanum ventres, quod eliam mecum ut ad te scriberem egerunl...
1 . Nous pourrions citer ici bien dos noms illustres : Michel de Tours, Ktienne Dolet, le président Bouhicr, l’abbé d’Olivct, tous les savants collaborateurs de M. Victor l.c Clerc, et surtout M. Victor Le Clerc lui-même.
SUR M. T. CICÉRON
« Monsieur,
« J’ai reçu vostre lettre levingt-neufviesrae d’avril, lorsque j’estois au Cumin. ..Après l’avoir lue, madamevostrc femme m’ayant fait l'honneur de me venir voir avec monsieur vostre filz, ils ont jugé à propos que vous prissiez la peine de venir ici, et m’ont obligé à vous en escrire »
Et tout est de cette force; voilà ce qu’on nous permettra d appeler un bel habit à la française! Mais heureusement tous les traducteurs du grand Romain n’ont pas cette grâce polie, ce galant achevé, et le père de l’éloquence latine ne s’est pas vu toujours affubler de cette façon aimable. Perrot d’Ablancourt, et même Patru, le bel esprit, favocat illustre, ont cependant bien de la galanterie et une certaine façon do franciser la République Romaine, qui ne rappellent que trop le faire de ce brave bachelier Guvot.
Il est vrai qu’à cette même époque, au grand siècle, et jusque vers le milieu du siècle suivant, le vieil Horace et Erutus et Cinna paradaient sur la grande scène des comédiens ordinaires de Sa Majesté, en perruques à trois marteaux, la veste brodée et l’épée en verrouil, ni plus ni moins que les courtisans de l’CfEil-de-Bœuf.
Les traducteurs suivaient le mouvement; voilà tout.
Et maintenant, si 1 on nous reproche d’avoir donné autant d extension à un simple aperçu bibliographique, nous répondrons, sous forme d humble excuse, que ceci n’est qu’un fragment trop long, trop lourd, bien indigeste, si l’on veut, d’un pénible travail sur la conservation et sur la transmission d’âge en âge des manuscrits classiques grecs et latins, travail qui est loin d’ètre terminé, que nous ne pourrons peut-être jamais conduire à bonne fin, et que cependant nous ne désespérons pas de publier un jour, quand il plaira à Dieu et aux éditeurs!
TABLE ANALYTIQUE
DES MATIÈRES