‹ Ciné-journalChapitre 130 sur 303 · OPINION DE M. MARIANI · texte numérisé non relu

OPINION DE M. MARIANI

Président du Syndicat des Opérateurs

L'incendie détruisant complètement le cinéma de la rue Lakanal, à Paris, et cet autre anéantissant le cirque de Limoges, ne me surprennent pas du tout. Je vous assure — ce qui m'étonne, au contraire, n'ignorant pas dans quelles conditions d'insécurité, au point de vue du personnel et du matériel, tant mécanique qu'électrique, fonctionnent de nombreux ciné, aussi bien à Paris qu'en province, ce qui m'étonne, dis-je, c'est qu'une catastrophe égalant en horreur celle du Bazar de la Charité, de triste mémoire, ne se soit pas encore produite depuis lors.

On aura beau réitérer les sages conseils, nous avons malheureusement beaucoup trop en France d'exploitanlsexploiteurs, incapables ou âpres au gain, pour espérer être compris d'eux. Ils ne peuvent ou ne veulent entendre la voix de la raison. Ce qui pour eux est vraiment intéressant, c'est l'économie qu'ils réalisent sur le personnel et sur le iuutériel. Quant à la sécurité du bon public qui les fait vivre plus que largement^ ils ne s'en soucient pas le moins du monde, pas plus d'ailleurs qu'ils ne s'intéressent au personnel sérieux et capable. Grâce à leur incurie, la catastrophe que tous les gens sensés redoutent, est plus que jamais possible. Ils n'ont cependant pas l'excuse d'ignorer

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que le jour où elle se produira, le moral du public sera à ce point affecté, et les mesures de police seront telles par la suite, que l'exploitation cinématographique aura à peu près vécue chez nous. Je sais bien qu'en cas d'accidents, comme ceux qui viennent d'avoir lieu, les fautifs ne manqueront point de travestir la vérité, en invoquant le cas de force majeure : explosion de moteur ou court-circuit. C'est et ce sera encore l'excuse donnée en pareille circonstance. Ils oublient avec raison de nous dire que, toujours par mesure économique, le moteur était confié à un incapable, et l'appareil projecteur (en rait de courtcircuit), à un operateur occasionnel ou j'menfichiste.

Le remède à ce déplorable état de chose, c'est le brevet de capacité pour les opérateurs cinématographistes, ainsi que pour les mécaniciens-électriciens conducteurs de moteur ou machine à vapeur dans les établissements publics.

J'admets que le brevet ne soit pas un titre contre l'infaillibilité ; il rendra du moins son titulaire responsable des accidents qui pourront maigre tout se produire (car en ce monde, rien n'est absolument impossible) du fait de sa négligence ou de son inattention, et comme en pareil cas, et selon la gravité de l'accident, ce serait la suppression momentanée ou définitive du budget, je vous prie de croire que l'intéressé ouvrira l'œil et sera tout à son travail. De plus, ce qui a une grande importance, comme

la responsabilité du possesseur du brevet sera engagée, il exigera de son employeur, une installation électrique sûre, et un matériel complet en bon état de fonctionnement, offrant ainsi le maximum de sécurité pour le public et pour lui-même.

Alors seulement disparaîtront, pour le plus grand bien de la cinématographie, ces trop nombreux « cinémateux », exploitants-exploiteurs, et opérateurs d'occasion, incapables et téméraires à la façon de Don Quichotte.

Jean Marianni, Président du Syndicat.

Le Cinéma à l'Etranger

En Belgique

De noire correspondant particulier :

Parmi les pays où le Cinéma est entré dans toute sa gloire et la noblesse de son extension sans cesse grandissante, il convient de citer la Belgique et Bruxelles, en particulier.

Depuis quelques années, le Cinéma y a pris une telle vogue, que les théâtres ont vu leur recette baisser d'une façon inquiétante.

Les théâtres où se déroule le film d'art, amusant, dramatique ou instructif, a conquis tous les suffrages. Et grands et petits, intellectuels et bon

qui veulent des Films fixes emjîloient

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bourgeois, s'y pressent de plus en plus nombreux.

La grande variété des spectacles, le renouvellement fréquent du programme et la modicité du prix des places, sont les principales causes du succès.

A Bruxelles, un vide a été comblé dans le ciel cinématographique par la créalion d'un Cinéma instructif, destiné à faire connaître aux Belges, les paysages, Les mœurs, et les richesses du Congo.

Le Cinéma colonial, tel est son titre, s'y est spécialisé. Et il a pleinement réussi dans sa difficile entreprise, autant ([in' trè's coûteuse. Les films que possède cette compagnie, lui appartiennent en propre. C'est elle-même qui a fait prendre au Congo même, par ses habiles opérateurs, les vues qui font courir toute la Belgique dans son éléganl cl confortable établissement de la pue de la Montagne.

Les moindres coins de la nouvelle colonie belge -oui ainsi mis directement devanl les yeux des nombreux spéculateurs attentifs el émerveillés.

On y voit Borna el sa vie active, le port, les chemins de ici', les villages nègres, les coutumes y afférentes, t'in-

térieur des forêts, des crocodiles en belle liberté, les rapides, l'armée indigè mi-, les mystères des kraals, une cliasse à l'éléphant, les grands eie\ iges, etc., etc..., toutes choses suprêmemènl instructives el plus vivantes que tous les livres possibles et imaginables !

C'est de la géographie et de l'ethnographie en... espèces !

Voilà un spectacle et une direction dans le Cinéma qui devraient être encouragés par tous les gouvernements, car ils ont intérêt à faire voir leurs colonies, que beaucoup de gens ne connaissent, hélas ! que de nom...

Le Cinéma colonial reproduit actuellement toutes les phases du voyage que lil dernièrement au Congo, le prince Albert de Belgique, héritier du trône.

Nous sommes heureux de pouvoir signaler à nos lecteurs la noble initiative de ce cinéma.

OJHICI»:

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