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TOUJOURS LA PANIQUE

M. Mariani, président du Syndicat des 0. C. P. a fait publier ici même dans le numéro 45 du 27 juin 3 juillet dernier, un article concernant l'Auto Allumeur.

Il a cru rendre un service à Messieurs les exploitants, en leur signalant les

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avantages de cet appareil vraiment radical contre la panique.

Beaucoup d'exploitants ne s'émeuvent guère à l'annonce d'accidents pourtant fréquents occasionnés par les paniques.

Il est à remarquer que plus les dérangements ou accidents augmentent, plus les sorties du public des établissements en pleine obscurité s'effectuent dans le plus grand désordre, et plus la liste des ('•(•rasés s'allonge chaque année.

La confiance du public dans la sécurité des cinématographes va en diminuant tous les jours.

Il est certain que le public doit être moins empressé à revenir dans un établissement, où quelques personnes ont été écrasées et d'autres assez sérieusement blessées.

Malgré les appareils de sécurité fonctionnant à l'heure actuelle, on enregistre des accidents assez fréquemment.

L'on voit que la majorité des exploitants se soucie plus des économies directes, souvent .mal placées, que de la sécurité du public.

Généralement, dans une industrie, on profite des perfectionnements pour fabriquer mieux dans les meilleures conditions et contenter sa clientèle.

Pour la fabrication, les éditeurs marchent dans cet ordre d'idées, . mais au moment où ils fabriquent le mieux, où ils soignent et la photographie et la fixité, la majeure partie, des exploitants font de la projection le plus mal possible, et nous reportent quatre ou cinq années en arrière.

Par mesure d'économies on emploie du personnel de moins en moins compétent, on remplace un bon opérateur par un balayeur de salle ou un ancien calicot, le matériel n'est Jamais entretenu, et il est réparé à la hâte quand les morceaux tombent par terre.

Dans les établissements où l'on fait plusieurs séances dans la même soirée, on passe les films à une vitesse exagérée. De la fixité on ne s'en occupe pas. Elle rendrait des points au cakewalk de nos grands concerts parisiens, et il arrive souvent que l'opérateur se trouve obligé de retourner ses bobines

pendant que se déroule un film dans d'appareii.

Il en résulte naturellement un manque d'attention sur la projection. Ceci n*a pas d'importance. Ce n'est pourtant que le seul plat que l'on serve au client et l'on serait porté à croire qu'il doit être soigné.

Il n'en est malheureusement souvent rien.

Quant à la question accident, on ne s'en soucie guère plus. Dans ce cas, les clients étant très pressés de sortir, se sauvent sans réclamer le remboursement.

Quant à ceux qui restent, comme ils sont morts ou presque, ils ne réclament pas davantage.

La séance étant suspendue, il en résulterait presque une économie d'éclairage, puisque cette séance dure moins longtemps que d'habitude.

On va se coucher par là-dessus et le lendemain on recommence comme de plus belle, comme si rien n'était.

Mais le public est un peu moins empressé. Aussi crie-t-on à l'agonie du cinéma, et comme les recettes vont en diminuant, on se ratrappe par de nouvelles économies sur le personnel et le matériel. Mais ce n'est pas toujours une solution, et je crois qu'il serait grand temps que les exploitants en question se rendent un peu mieux compte des résultats de leur façon singulière de comprendre le commerce et... les économies.

D'un autre côté les exploitants sérieux qui tiennent à l'existence de leurs établissements, ceux qui ont fait construire des établissements spéciaux, ainsi que ceux qui ont fait des frais considérables pour l'agencement d'une salle, ont tout intérêt à voir disparaître ce discrédit jeté sur le cinématographe parmi le public.

Il me semble que par réciprocité, la question doit également intéresser et les loueurs et les fabricants, et personne ne verra d'un bon œil péricliter cette industrie au moment où elle commence à intéresser le public et à devenir sérieuse.

Il est à remarquer que les établissements qui travaillent le plus' mal, ainsi que ceux qui font des séances répétées, cherchent à attirer leur clientèle avec la nouveauté.

Mais quel attrait a donc la nouveauté, avec une projection dégoûtante, et dans quel état sont rendus les films au bout d'une semaine d'un pareil travail.

Les exploitants qui les passent par la suite ne doivent pas en être très enchantés.

Quant à la question du personnel, elle est très simple à résoudre.

Le meilleur moyen d'éviter les accidents est de rendre responsable l'opérateur de ceux qui peuvent survenir par sa faute.

Mais par contre, s'il y a responsabilités, il doit y avoir garanties.

Donc, le brevet de capacité s'impose.

11 serait une garantie, tant pour l'exploitant que pour l'opérateur, la commission de contrôle de la préfecture et Ii1 public.

L'opérateur s'exposant a des poursuites, se refusera à travailler avec un matériel inapte au service, et il sera ;V même de pouvoir discuter avec autorité la question du matériel avec l'exploitant.

J'ose espérer que la question sera résolue avant peu. 11 suffit d'un peu do logique, de bonne foi et de bonne volonté. '•

E. Schneider, i,

Secrétaire du Syndicat des O. C. F. m

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