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Pendant de longues années, ils furent les maîtres des scènes provinciales.
Qu'en ont-ils faits? Qu'ont-ils innové pour satisfaire leur public? Quel effort artistique ont-ils t'ait, tenté même?? On pourrait les citer, tellement ils sont rares ceux qui sortant des sentiers suivis et battus ont fourni cet effort, ont apporte un appoint d'art.
Les théâtres provinciaux naviguaient au petit bonheur et il semblait '.pie jamais un écueilne se présenterait qui puisse obliger les pilotes à prendre la barre, le gouvernail en mains et à suivre d'un d'il plus attentif la marche du bâtiment qui assurait leur existence, paisibles et tranquilles, ils se laissaient vivre et tout leur idéal consista il à, tenter l'assaut des grosses subventions municipales.
Dur fut le réveil!
Le cinématographe naquit cl avec lui la ruée se produisit, on emplit les salles de cinéma. C'était là l'attrait du nouveau. Tout nouveau, tout beau, dit le vieux proverbe, et il reçut en cette occurrence une nouvelle confirmation.
L'attraction se ralentit ensuite et l'on peut croire aujourd'hui que si les cinématographes ont toujours la faveur du public, celui-ci ne cause, en, rien, au tliéàlr- (l préjudice pùcunier. Le public qui fréquenta les salles de cinéma entre là pour passer quelques instants et ressort bientôt, i'en(rant chez lui de bonne heure ou poursuivant une promenade de délassement.
11 n'en est point ainsi pour le public qui se rend au théâtre, qui y va pour entendre et voir jouer une œuvre, et c'est là, oi'i je voulais en venir, comparant la situation des directeurs de Ibéàfres provinciaux avec celle des directeurs de salles cinématographiques, ce public là entend bien passer une soirée entière à se distraire; il paiera pour rester jusqu'à, minuit; il n'entre pas pour voir jouer un acte et s'en aller ensuite ailleurs.
Donc, c'est à vous, directeurs le théâtres, à savoir ce qui, chez vous, peut lui plaire, c'est à vous de savoir l'attirer et le garder. Je crois qu'il vous l'aul sortir des sentiers suivis jusqu'ici pour obtenir ce résultat.
Une autre cause de la faveur 'du public pour le cinéma, réside en la facilité qu'il a de pouvoir 's'y abreuver, fumer, causer. L'œil seul est intéressé', l'œil seul suit les péripéties que lui offre le film, le spectateur est libre de toute autre contrainte, alors qu'au théâtre il doit apporter toute son attention à l'œuvre représentée pour ne pas perdre le lil de l'histoire.
Tout eu ayant les opinions que nous venons ici d'exprimer, nous avons demandé à quelques personnalités du monde théâtral leur opinion à cet égard.
La plupart des directeurs provinciaux ont déjà regagné leur poste; nous avons été cependant assez heureux d'en trouver un ou deux dans le bureau
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DIRECTEURS
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d'une agence, où ils devisaient de
prochaine saison.
Leur avis est unanime.
Le cinématographe? s'écrie l'un d'eux, mais le préjudice qu'il porte au théâtre est énorme, surtout dans les petites villes. Dans les localités un peu fortes, on peut s'en apercevoir beaucoup moins, les recettes s'équilibrent. Mais, dans la petite ville, là où surtout se trouvent des cafés-concerts suffisamment ackalandés — et ce mot fut souligné de maligne façon — lesquels ont pour la plupart adjoint à leur entreprise quelques minutes de cinématographie, comme intermède ou fin de spectacle, dans ces villes-là l'exploitation théâtrale n'est pas une sinécure, croyez-le bien! le public se rend de préférence à la maison d'en face plutôt que de venir chez nous entendre du bon théâtre joué par des artistes consciencieux; ajoutez à cela les tournées, les grandes Tournée-.
— A ces derniers, lin dis- je. vous refusez parfois vos salles et ne demandez-vous pas aux auteurs d'interdire aux impresarii d'aller jouer ailleurs que chez vous? C'est de l'arbitraire!
Sursautant alors, il s'écria: — Il laid que nous nous défendions, n'avonsnous pas des traités avec les auteurs, ils doivent nous défendre.
— Bon, lui dis-je, mais verserez-vous en droits ce que les impresarii versent en espèces? Et l'achat des œuvres??....
Allez, ne comptez pas sur la société des auteurs, elle ne voit que l'encaissement, le reste lui importe.
— Nous nous syndiquerons, me répliqua-t-il.
— ■ Ah! cher monsieur, le jour où les directeurs, tous les directeurs seront syndiqués et marcheront la main dans la main, ce jour-là, vous aurez change la face des choses et de l'avenir théâtral; vous serez, je crois, les maîtres de la situation, voire même vis-à-vis des artistes, et surtout des « gros c tchets ". Mais... vous entendrez-vous jamais à ce point!! That is the question?
Quittant ces messieurs, nous avons
pu joindre un imprésario qui. 1res aimablement, répondit à ma question:
Le cinéma, me dit. M. Zeller. il est indiscutable qu'il porte préjudice au théâtre, partout!! Les directeurs de tournées ont moins souvent l'occasion de s'en assurer, car ils parcourent le pays avec des œuvres souvent nouvelles et le public vienl quand même au spectacle, mais il n'en est pas moins vrai que le préjudice est certain, les peliU > bourses ne viennent plus; elles se rendent au cinéma. Le théâtre pourtant retrouvera son ancienne vogue, car les esprits se lasseront, les nouveautés se feront plus rares, je parle des nouveautés intéressantes, des films sensationnels; le public reviendra au théâtre, il y revient un peu déjà el je crois quo dans l'avenir les deux industries pourront vivre côte à côte.
Nous aurions bien été demander à M. Baret son impression à cet '''gai' 1, mais nous le savons 1res occupé par les préparations d'œuvres nouvelles, ( ( peut-être nous eut-il répondu: Le Cinéma ? ça m'est égal.
En résumé, si les directeurs se plaignent, ils doivent l'aire quelques « mea culpâ » car un petit effort de leur part doit ramener le public, la petite bourse chez eux, puisque celui-là seul, est un assidu du cinématographe. La besogne n'est pas si dure et les moyens son! faciles, mais il faut vouloir.
Souhaitons-le pour tout le mon le.
Pierre Edmond.
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SYNDICAT FRANÇAIS
DES
Exploitants du Cinématographe
Les membres adhérents au Syndicat français des exploitants du Cinématographe >on( priés de se rendre à la réunion générale extraordinaire qui aura lieu le mercredi 20 .octobre prochain au siège social, '22, boulevard de la Villette, à 2 h. \/2 de l'après-midi; il y va de l'intérêt de chaque exploitant à ne pas manquer à celle réunion.
Compte-rendu de la délégation de (|iiinze de ses membres auprès de M. Mesureur, directeur général d3 l'Assistance publique.
Lecture d'une lettre émananf de ce dernier et adressée au président du Syndicat, M. Prieur.
Les exploitants non syndiqués seront reçus sur la présentation de leur carte.
Le Secrétaire, H. Paillot.
TRIBUNE LIBRE
Le Coin des Opérateurs
Monsieur,
« Lecteur assidu fin Ciné-Journal, je nie permets de vous relater le fait suivant à titre de renseignement.
« Hier, jeudi. 7 octobre, à 10 heures [\w soir, dans un cinématographe de Marseille, la panique régnait.
« Que se passait-il? Au l'eu! Au l'eu! criait-on de toutes paris; les femmes courraient effarées, les enfants appelaient « Maman », et les hommes plus trempés cherchaient à se rendre compte.
« Une bobine de 400 mètres venait de s'enflammer, communiquant le feu dans la cabine. L'opérateur, revenu de sa stupeur, s'exerçaiï au siphon, mais en vain; au bout d'un quart d'heure,
on parvint à se rendre maître des flammes, mais non sans peine. Heureusement, les dégâts ne furent que matériels.
« La première frayeur passée, quelques personnes demandaient comment cet accident, qui aurait pu avoir de si graves conséquences, était survenu.
« A cette questioh, je vais répondre:
« Le directeur du dit cinématographe, comme beaucoup de ses confrères, cherche l'économie, mais.... quelle économie? l'économie sur le personnel, sur l'opérateur en particulier.
« Ce monsieur avait jadis des opéraleurs h 10 francs par jour, puis, ce fut 0, puis 8, cela tomba même à 5.... à 4 (pauvres opérateurs, les actions sont en baisse!) Mais, déjà à 4 francs, ce n'était plus des opérateurs, mais des balayeurs de salle., des cireurs de bottes, marchands de bonbons et consorts, transformés en opérateur.
« iGe digne directeur trouva ce prix encore trop élevé et arriva à avoir des créatures à 3 francs, et en rin de compte, il prit, il y a trois jours, un plongeur de restaurant qui n'avait de sa vie mis le pied dans une cabine, et le jeudi 7 octobre, faisant son troisième jour d'apprentissage, il était sacré opérateur et était à l'appareil au moment du sinistre (à chacun son métier!)
« Après cela, inutile de vous dire comment prit le feu.
« Cette lettre fait suite à celle de l'éli-
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ciltaions que j'ai adressée à M. Schneider, au sujet de l'article: « Toujours la panique » que vous avez inséré dans votre journal en date du 27 septembre au 3 octobre.
« Dans l'espoir que vous voudrez bien prendre ma lettre en considération, veuillez agréer, .Monsieur, l'assurance de mes sentiments dévoués.
« André Gavellb. »
BOHOS
Les Empêcheurs de tourner en rond.
Le gouvernement anglais vient de publier la nouvelle loi concernant l'exercice de la cinématographie sur le territoire du Royaume-Uni. Aucune repré- .
sentation ne peut avoir lieu si les prescriptions du secrétaire d'Etat ne sont pas remplies. Tous les locaux occupés par ce genre de spectacle auront désormais un droit d'exercer délivré par les soins du County-iCouncil, généralement valable pour un an. Mais les autorités se réservent le droit de retirer toute concession en cas de changement de propriétaire.
La demande doit être faite sept jours avant la première représentation et coûte une livre pour un an, cinq schillings pour un mois et au-dessous. Si l'exploitant emploie des appareils qui
ne sont pas conformes aux ordonnances, il est frappé d'une amende de 100 à 400 francs par jour de contravention. Le représentant de la police a droit d'à ■•ces dans les locaux, à toute heure'.
La loi sera mise en vigueur '° lor janvier 1910.
Plus fort que Bertillon.
On sait qu'il n'es! pas nécessaire d'être commissaire de police pour être un imbécile, mais on peut être les deux à la fois, ainsi que vient de le prouver M. Woods, de New-York. Ce distingué policier a eu ce qu'on doit appeler une idée de génie. iSoucieux d'établir un service complet d'identification des arri-.
vants dans le port de New- York, il propose tout bonnement de les cinëmatographier un à un, au débarquement, non sans les avoir au préalable affublés d'une pancarte portant un gros numéro.
La police aurait ainsi des « iiehesfilms » de tous les passagers. Il ne reste plus à M. Bertillon qu'à se pendre après cette leçon de la libre Amérique.
VoYage au Pays des Mois. — Chasse à l'Éléphant au Cambodge (Film édité par la Société « Le Lion » .
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deux régions étaient possibles: l'Afrique et l'Asie.
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Cham, si affable aux voyageurs et aux chasseurs, qu'il a été possible à M. F... de tenter une pareille entreprise.
L'exploit cynégétique auquel nous allons assister, a eu lieu dans la vallée de Mékong, province du Kom-Pong-Cham, sur les contreforts des Monts Danrek. Il est indispensable, pour chasser ces énormes pachydermes, d'être monté sur des éléphants domestiques; car pour traverser la forêt vierge, eux seuls, par leur force et leurs poids, peuvent arriver à se frayer un chemin.
Ils sont encore plus utiles au sortir de la forêt pour traverser la jungle terrible, dont les herbes compactes, hautes de 5 à 6 mètres, rendent impossible la marche, car tout Européen à pied ou à cheval, y serait étouffé par la chaleur nu dévoré par les moustiques.
Les éléphants que l'on rencontre au Cambodge ont des particularités curieuses; cette race n'a pas de défenses; de plus, leur flair est moins développé que celui de leurs congénères d'Afrique Orientale. Ils vivent généralement en troupes et en ce cas ne sont pas trop dangereux, si ou ne les attaque pas. Par fcontre, il existe des solitaires qui sont généralement les plus beaux spécimens de l'espèce, et qui, contrairement aux autres, sont très dangereux et méfiants; c'est du reste la raison pour laquelle ils ont été -chassés .les troupeaux par leurs congénères.
M. F... ayant déjà tué plusieurs pachydermes de cette espèce, n'a pas craint de s'attaquer cette fois à l'un des plus formidables spécimens qu'il lui ait été donné de rencontrer, ce qui a nécessité de pénibles journées de inarche pour arriver à acculer ce terrible adversaire et à l'abattre avec un sang-froid remarquable.
Il faut, en effet, beaucoup de sangfroid et de plus, être très habile tireur pour tuer l'éléphant, car il n'a que deux parties de son corps qui soient vulnérables: ce sont l'épine dorsale et un point situé entre l'oreille et l'œil.
Cette vue incomparable, attrayante et
impressionnante, charme l'œil du spectateur tant par sa poignante réalité que par la beauté sauvage des sites où se déroule l'action.