DOCUMENT PERSONNEL
ego
Nous recevons la lettre suivante :
Voulez-vous me permettre d'ajouter quelques mots à l'article si bien documenté de votre docte collaborateur Mr. A. Haller, sur les "Camphres Artificiels".
J'ignore par quels procédés les camphres actuels ou mieux les succédanés du camphre naturel, sont obtenus.
Le fait signalé par M. Haller, que ces Camphres sont optiquement inactifs, semble prouver que ces produits ne sont pas synthétiques.
J'ai fait breveter en 1890 un procédé de fabrication synthétique du Camphre et je crois pouvoir parler de cette fabrication en toute connaissance de cause.
Aussi, un peu plus haut, si je dis " semble prouver' et non pas prouve, c'est que d'après les travaux de De Montgolfier, le pouvoir rotatoire de Camphres naturels diminue lorsque ceux-ci ont été chauffés et cette propriété peut même disparaître par un chauffage prolongé ou exagéré.
Je crois cependant que ce n'est pas le cas pour les produits mis en vente dans le commerce et que ceux-ci ne sont que des produits de substitution dont les propriétés sont suffisamment similaires à celles du produit naturel, pour les faire adopter.
Par la copie du Bulletin d'analyse de M. Houdas, Préparateur de Chimie à l'Ecole Supérieure de Pharmacie de Paris, daté du 24 Octobre 1890, vous verrez que, pour être plus faible, le pouvoir lotatoire n'en n'existe pas moins dans mon produit ; c'est qu'ici le résultat est bien une synthèse et non un approchant.
Analyse d'un Camphre Artificiel.
Le produit soumis à notre analyse se présente sous l'aspect de petits cristaux blancs, s'écrasant et s'agglomérant facilement sous la pression ; presque insolubles dans l'eau, très solubles dans l'alcool, l'éther, le chloroforme, les huiles grasses et les huiles essentielles.
Sa saveur esl brûlante, son odeur très pénétrante est comparable à celle du camphres des laurinées.
Il brûle avec une flamme fuligineuse.
Ce produit fond à 175° et se prend par refroidissement en une masse translucide
Il bout vers 204° et se sublime déjà bien au dessous de cette température.
Déposé à la surface de l'eau, il prend un mouvement giratoire eomme le camphre ordinaire.
L'analyse élémentaire nous a donné les résultats suivants :
Moyenne
Ce produit dévie la lumière polarisée à droite 29°15'. Sa déviation est moindre que celle du camphre des laurinées.
En résumé, le produit analysé présente tous les caractères du camphre naturel, comme on peut le voir par le tableau comparatif suivant :
Composition
Point de Fusion
Pouvoir rotatoire 40°17' 29°15'
Camphre naturel 78,94 Camphre artificiel 78,77
Point d'ébulition Camphre naturel 204° Camphre artificiel 204°
La seul différence se trouve dans le pouvoir rotatoire plus faible. Ceci n'a rien d'étonnant pursque, comme l'a montré De Montgolfier, les camphres naturels ont un pouvoir variable d'autant plus faible qu'ils ont été portés à une température plus élevée.
Paris, 24 octobre 4890. HoUDAS.
Prépar. de Chimie (Ec. sup. de Ph. de Paris).
Peut-être de vos lecteurs se demanderont pourquoi mon précédé n'est pas utilisé.
C'est l'éternelle histoire des inventions
qui arrivent trop tôt ou tombent entre les mains de rapaces ignorants. Ce fût le cas pour celle-ci.
Elle eut cependant la consécration du Brevet Allemand ; lequel fut obtenu après démonstration en mon laboratoire devant l'Expert Chimiste M. Magnierdela Source.
J'ajouterai que mon procédé décrit dans l'ouvrage de M. De La Coux, sur l'Ozone, l'est imparfaitement. Cette description ayant été tirée du brevet primitif, certain détails importants révélés au cours de mes recherches ne figurent pas dans ce brevet. Ce qui explique peut-être pourquoi, l'invention étant dans le domaine, celle-ci n'est pas appliquée.
Comme le dit fort bien M. Haller, la fabrication synthéthique du Camphre ne présente de réel intérêt que pour la fabrication du Celluloïd.
Le jour où les films en Celluloïd seront interdits, sera néfaste aux usine de Camphre artificiel.
En raison du coût de la matière première le prix de revient du produit fabriqué luttera toujours difficilement contre le produit naturel.
Je m'étonne que les Chimistes ne se soient pas préoccupés de partir, pour établir leur synthèse, d'un produit à bas prix relatif, je veux parler de la Naphtaline. Le résultat ne me semble pas impossible. Mais le produit vaut-il encore que l'on s'en occupe ?
That is the question !
Veuillez agréer, Monsieur le Directeur, mes salutations distinguées. De Mare.
Les Fabricants du monde entier - - qui veulent des Films fixes emploient
les Machines J. DEBRIE
Brevetié S. G- D. G.
Perforeuse, Tireuse, Sigaeuse, Brosseuse,etC 111, Rue Saint-Maur, PARIS
vr