Juillet
Organe Hebdomadaire de l'Industrie Cinématographique Directeur : G. DUREAU
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Parait tous les Jeudis
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Des Droits d'Auteurs
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CHAPITRE Ier Dans lequel il est question de redevances réclamées, et où l'on voit, à propos d'Auteurs-Compositeurs, des Directeurs de Cinés décidés à faire de la musique.
« L'Universel Cinéma » a reçu de la Société des Auteurs, Compositeurs et Editeurs de Musique, une invitation à payer
« 0 fr. 05 + Ofr. 10 par jour et par 50 mètres, ou fraction de 50 mètres de films de scénarios déclarés à ladite Société. »
D'autres directeurs de Cinémas ont-ils reçu le même avis, et qu'ont-ils répondu?
La question intéresse la corporation toute entière, déjà assez chargée de droits fixes, proportionnels et extraordinaires, extraordinaires surtout.
Quant à nous, nous nous sommes empressés d'adresser au Directeur de la Société de la rue Chaptal, la lettre suivante :
Monsieur,
J'ai l'avantage de vous accuser réception de vos honorées du 9 courant, relatives au Cirque de Paris et au Théâtre Moderne.
Complètement d'accord avec vous en ce qui regarde les redevances à payer à votre Société pour les Droits d'Auteurs, Compositeurs et Editeurs de Musique, nous ne le sommes plus en ce qui concerne les produits industriels cinématographiques.
Lorsqu'une loi, un décret ou un simple arrêté aura réglé cette 'question, nous nous empresserons de faire droit à votre réclamation qui sera alors justifiée.
Veuillez agréer, Monsieur le Directeur, l'assurance de ma parfaite considération.
En dehors de cette question de droit, il y a une question d'équité. L'auteur d'une partition, d'une œuvre dramatique ou d'un simple scénario, a le droit indiscutable et indiscuté à une juste redevance.
Mais dans le cas particulier qui nous occupe, qui doit payer cette redevance, ou plutôt cette redevance n'est-elle pas déjà payée, et n'y a-t-il pas double emploi?
En effet, lorsqu'un directeur de théâtre ou de concert passe un contrat avec la Société des Gens de Lettres ou des Auteurs, Com-
positeurs de Musique, il paye tant pour cent sur la recette, mais il n'a pas acheté l'œuvre.
Or, nous directeurs de Cinématographes, nous avons acheté la e Bande », marchandise artistique sans doute, mais marchandise; elle nous a été livrée et nous la possédons. Or, possession vaut titre.
Si l'auteur du scénario préfère un droit proportionnel à la vente ferme de son œuvre, qu'il s'entende avec son éditeur, c'est son affaire. L'éditeur du film, de son côté, peut vendre ou louer un prix déterminé, libre de toute charge ou avec obligation de régler un droit d'auteur en sus, rien de plus juste. Nous achèterons ou n'achèterons pas; c'est notre affaire.
Quoi qu'il en soit, jusqu'à ce que la chose ait été réglée d'un commun accord entre les intéressés, ou déterminée légalement, il y a lieu, pour nous exploitants, de rester dans le statu quo.
Restons y.
(A suivre). G. F.
La Maison Pathé Frères