‹ Ciné-journalChapitre 25 sur 303 · EN ESPAGNE · texte numérisé non relu

EN ESPAGNE

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Le Bulletin hebdomadaire de la International Cinematograficu de Barcelone, publie l'article suivant, que nous reproduisons, croyant qu'il sera de quelque intérêt pour îos lecteurs :

La Maison Pathé ne se contente pas de la renie de ses filins, et cherchant, paraît-il, à en obtenir un plus fort rendement, elle s'est convertie en « loueur ». A partir du 1er juillet elle ne vendra plus' une seule vue.

Nous croyons que cette décision ne sera pas de longue durée et que l'on en reviendra vite à l'ancien état de choses; l'expérience lui prouvera que, dans la situation actuelle de ce genre de commerce, la Maison Pathé aura inévitablement à surmonter de grandes difficultés.

Nous ne connaissons pas les raisons qui /ont poussée à se donner à la location, mais si ce sont celles indiquées dans ses circulaires, c'est-à-dire retirer de la circulation

les films plus ou moins usés ou rayés et ne plus exhiber que des pellicules neuves et en parfait état, qu'elle nous permette de lui dire que cela est aussi absurde qu'impossible. Absurde, parce que étant donné le prix que payent aujourd'hui la majorité des loueurs, les recettes de location ne sauraient compenser les frais que suppose la production indispensable pour que les films soient toujours en bon état; et impossible, parce que, pas plus cette importante maison que les autres fabricants ne saurait fournir au marché les sujets nécessaires pour que tous les films à projeter réunissent ces conditions. De plus, la vie d'une pellicule en bon état n'est pas très courte ainsi que le prouvent des vues exhibées actuellement, éditées depuis plusieurs années et dont l'état ne saurait être meilleur. Les raisons données dans les circulaires sont donc sans valeur aucune.

Il ne fait pas doute que les loueurs ont fait quelque peu diminuer les ventes des éditeurs ; mais ceci est dû à ce fait que quelques maisons de location ont réduit leurs achats au stricte minimum et ont baptisé « nouveautés » des pellicules vieilles de deux ou trois mois. Nous avons, très souvent, appelé l'attention de nos lecteurs sur ce procédé, mais sans résultat. Dans notre Bulletin nous avons indiqué les dates d'éditions et malgré cela nous voyons souvent annoncées comme nouveautés des vues de stock. Et il n'y a pas longtemps le prix de location était de 0,03 et très rares étaient les contrats à 0,025.

Les nouveautés étaient payées 0,40 centimes le mèlre par semaine et, avec ces tarifs, le loueur était obligé d'avoir un bon matériel. Quelques maisons se mirent à travailler à des prix tellement ridicules que, poussées par la concurrence, les exploitants les recherchèrent. Au début leurs films étaient relativement bons, mais le service intense qu'ils fournissent les usa vite, leur durée fut courte; ils ne furent pas remplacés par de nouvelles bandes et leur valeur tomba sensiblement. Ces loueurs se virent alors obligés de baisser leurs taux et en arrivèrent à ce prix incroyable de un demi centime et un quart de centime. Dans ces conditions la concurrence s'établit et

quelques maisons durent baisser leurs prix pour ne pas perdre leur clientèle.

Nous croyons qu'il aurait été plus pratique d'obliger chaque loueur à acheter un certain nombre de nouveautés proportionné à ses besoins, sans toutefois que cette exigence fut telle que le loueur ne pût l'accepter; et il n'aurait plus été fait aucune vente au loueur qui n'aurait acheté qu'un métrage par trop réduit. En adoptant cette mesure le cinématographe reverrait les beaux jours. ï~~+^~i

L'Influence de la Température en Photographie

Il ne sera peut-être pas sans intérêt de rappeler l'influence qu'une température trop basse peut exercer sur les travaux photographiques.

I. — Tout le monde sait que l'action du froid augmente la tension des ressorts métalliques de nos appareils et, par suite, la rapidité des obturateurs que ces ressorts mettent en mouvement, circonstance dont il faut tenir compte dans le calcul du temps de pose. Au contraire, toutes les parties à bases résineuses, comme le caoutchouc, se crevassent par le froid, deviennent dures, cassantes et, par conséquent, inutilisables. Ceci s'applique naturellement en première ligne aux poires à déclencher.

II- — Mais ce qu'on perd généralement de vue, c'est l'influence du froid sur les propriétés photo-chimiques du négatif.

Jusqu'à une température de trois à quatre degrés sous zéro, plaques et fils ne perdent pour ainsi dire de leur sensibilité. Au-dessous de cette limite, au contraire, non seulement la sensibilité générale du bromure d'aigent diminue, mais même les émulsions orthochromatiques perdent quelque peu la propriété de rendre les nuances et tendent à se rapprocher des émulsions ordinaires (voy. Eder, Photo-chimie, 3e édition p. 505 /).

Le Docteur Kuhfahl de Dresde, prétend que certaines plaques, par une température de douze degrés sous zéro, perdent jusqu'à la moitié de leur sensibilité ordinaire : les films au contraire, semblent se soustraire à l'action du froid : des instantanés qu'il fit sur films par un froid de — 29 degrés avec le temps de pose habituel, n'accusèrent aucune diminution de leur sensibilité.

III. — La température joue également un grand rôle dans le développement des négatifs. L'énergie du révélateur augmente à mesure que sa température s'élève, et, dès lors, si l'on a des motifs de croire la plaque sous-exposée, on fera bien de chauffer le bain de développement.

F.-J. Clute, de Londres (Phot. Cent.), décrit à ce sujet une expérience convaincante. Il s'agissait de développer une série de clichés représentant des paysages de même nature.

Dès la première plaque, on s'aperçut que le temps de pose avait été tout a fait insufisant; on en prit une seconde, celle que l'on supposait avoir eu le meilleur résultat ; elle ne donna qu'un uégatif inutilisable. Toutes

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es autres plaques furent alors durcies pendant un quart d'heure dans une faible solution de formol, lavée à fond et développées dans un bain de métol de 40 degrés ; ce résultat fut satisfaisant; les négatifs étaient passables et dans tous les cas de beaucoup supérieurs aux deux premiers.

Si l'on veut expérimenter ce procédé, on devra toutefois user de certaines précautions. L'eau servant à rincer le négatif après le dévelsppement, ainsi que le bain de fixage, devront être quelque peu chauffés d'avance, pour empêcher la gélatine, à la sortie du bain révélateur, de se refroidir trop brusquement et de se détacher du verre. On doit, en outre, être excessivement prudent dans l'éclairage du laboratoire car l'énergie considérablement accrue du révélateur laisse agir certaines influences lumineuses qui ne se font pas sentir dans les cas ordinaires, ce qui pourrait voiler le cliché. IV. — Enfin, le bain de fixage, qu'on est si souvent porté à négliger, subit, lui aussi, l'influence du froid. Le voile jaune qui se montre parfois sur le négatif, après le fixage, aura bien souvent sa cause dans la température trop basse du bain d'hyposullite (Photo Era). On a fait l'expérience suivante : dans une chambre stéréoscopique, deux plaques furent exposées pendant le même temps, puis développées toutes deux simultanément. L'une de ces plaques fut ensuite placée dans un bain de fixage à 38 degrés Fahrenhet + 3, 4 degrés centigrades), l'autre dans un bain de 60 degrés Fahrenheit (+ 10, 7 degrés centigrades). La première plaque, fixée dans un bain relativement froid, accusa un voile jaune très prononcé, tandis que la seconde en étatt complètement exempte (1). MM. A. et L. Lumière, Houdaille, etc., ont pnblié également des recherches sur ce sujet et dans tous mes cours je démontre à mes auditeurs rinllucnce considérable de la température sur le développement.

(Le Moniteur de la Photoytaphie). >-*+o~^ ,

INVENTIONS NOUVELLES

400781. — Société des Etablissements Gaumont. Reproduction des sons par l'application combinée et successive de la près» sion de l'air et du vide.

400871. — Société Messters Projection G. m. b. H. Procédé d'entraînement intermittent des bandes cinématographiques ou autres.

401036. — Mury et Thomas. Appareil cinématographique, permettant également les projections fixes.

301076. — Société dite : Vereinigte Schallplatten-Werke Janus-Minerva G. m. b. H.

Disque de phonographe portant une étiquette à l'intérieur de la surface enregistrée.

401070. — Société Huet et C°. Dispositif d'entraînement de disques ou plaques photographiques pour appareils destinés à la prise ou à la reproduction des vues animées.

Communiqué par l'Office de Brevets d'invention de M. H. Bœttcher fils, ingénieurconseil, 39, boulevard Saint-Martin, Paris. Téléphone 1017-66.

Les Origines

du Cinématographe

Au moment où se p*se, une fois de plus, la question de savoir à qui revient le grand honneur d'aveir inventé le Cinématographe, nous croyons utile de présenter à nos Lecteurs les premières pages du très intéressant petit Livre paru à la Librairie Paulin, rue Hautefeuille, Paris, sous la signature autorisée de M. Demény, ancien collaborateur de Marey. L'ouvrage est tout entier à lire et tous ceux qui suivent le développement de la Cinématographie l'auront bientôt entre les mains.

L'analyse du mouvement.

Ceux qui m'ont suivi pendant le?

trente années de cours et de leçons que j'ai faits sur la physiologie des mouvements et sur l'éducation physique s'étonneront peut-être de me voir abandonner aujourd'hui mon sujet de prédi-

lection pour un autre, le cinématographe, qui semble n'avoir avec le précédent aucun lien, aucun côté commun.

,1e dois d'abord m'expliquer sur ce point, il me sera d'ailleurs facile de montrer la corrélation existant entre les deux sujets, en apparence si disparates.

Le cinématographe a pour origine les apâreils d'analyse dont nous nous servions, Marey et moi, à la Station physiologique pour étudier les mouvements de l'homme et des animaux, appareils que tout le monde connaît.

11 représente dans ma vie une phase pénible, une incursion malheureuse dans l'industrie et dans les affaires, deux terrains glissants, sur lesquels celui qui cultive la science ne devrait pas s'aventurer, en attendant le jour où la Société donnera à l'inventeur une juste part de rémunération ou de loisir, équivalente aux services qu'elle reçoit de lui.

Qu'est-ce qu'une invention ? C'est une idée réalisée. Pour être brevetable, la loi veut même que l'invention mène à \\n produit industriel nouveau.

L'idée première n'est pas une invention tant qu'elle demeure h l'état d'idée, elle doit entrer dans le domaine pratique, la disposition mécanique doit être nouvelle, précise, et assurer un fonctionnement certain et durable, à ceux qui auront à s'en servir.

Dans te cas présent, y a-t-it un produit industriel brevetable ?

L'illusion du mouvement, est-ce un produit industriel ?

Non, certes, mais le moyen de le produire est un moyen précis, défini, qui constitue une véritable invention.

Nous allons voir comment l'invention du cinématographe prit corps, par quelles étapes elle dut passer pour devenir ce que vous voyez couramment aujourd'hui.

Le cinématographe est, en réalité, le résultat de perfectionnements successifs d'appareils existant depuis longtemps, et basés sur les illusions de l'œil. Il doit son intérêt et a conquis su place définitive grâce au concours de la photographie, qui lui permet de substituer aux dessins grossiers et faux des vues réelles de la nature, aussi complexes que l'on désire ; mais l'idée cl le principe qui en sont [a base n'ont pas varié, ils ne sont pas nouveaux, ils étaient connus de tout temps. Ce principe est la persistance des impressions lumineuses dans l'œil, quand la rétine a été touchée, mémo pendant un temps très court par un rayon de lumière. Ce phénomène avait été observé 100 ans avant Jésus-Christ. Lucrèce, Ptolémée, Alhazen, philosophe arabe, en font mention.

Prenez une paire de pincettes t faites-la vibrer comme un diapason, vous verrez nettement et en même temps les positions extrêmes des deux brandies séparées par une teinte uniforme. Chaque lame n'occupe pourtant pas à la fois toutes les positions de l'espace, mais, en vibrant, elle laisse dans l'œil

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une image persistante comprenant à la fois toutes les positions qu'elle a prises ft tous les espaces qu'elle a occupés.

L'impression ressemble assez aux images (loues sans forme intelligible que laisse un objet en mouvement sur la plaque photographique, quand on ne se sert pas d'obturateur ou lorsqu'on emploie un obturateur trop lent. Qui de nous ne s'est amusé dans son enfance, et malgré la défense de nos parents, à tirer de l'âtre un tison incandescent et à lui imprimer un mouvement rapide pour dessiner dans l'air des lettres de l'alphabet en traits de feu ?

L'effet est dû à la durée des impressions sur la rétine.

Sans cette durée, qui varie de 1/10' à l/^4e de seconde, le point lumineux serait toujours pour l'œil un point mobile, mais il n'aurait pas l'apparence d'une ligne sinueuse ou d'un trait lumineux.

Le premier jouet construit sur cette observation fut une toupie éblouissante qui changeait d'aspect au moyeu de disques ;i secteurs colorés et dont on parle déjà dans les expériences de l'abbé Nollet, en 1705.

Puis le docteur Paris imagina, en L825, le I liaimiatrope, petit appareil mie nous avons tous eu entre les mains. Il représente, dessiné sur un petit disque de carton, un oiseau d'un côté et une cage de l'autre dans laquelle se trouve un lia ton-perchoir.

Deux fils sont attachés au carton et permettent de le mettre rapidement en mouvement par torsion et détorsion au moyen d'une traction des deux mains.

L'oiseau apparaît alors en cage sur son perchoir.

Il existe une foule de variantes de cet appareil jusqu'au stéréo-thaumatrope.

Nous arrivons alors à l'année 1883.

Plateau de Gand fait une suite d'études sur la durée des impressions visuelles et fait connaître son phénakisticope où sont représentés sur un disque une série de dessins indiquant les différentes phases d'un mouvement. On regarde ces dessins au travers des fentes d'un autre disque placé sur le même axe et on obtient l'illusion du mouvement par la fusion sur la rétine des différentes images représentées sur le disque.

C'est une véritable synthèse par l'œil des dessins qui représentent l'analyse du mouvement.

Son instrument, appelé anorthoscope, permettait même de projeter sur un écran les images assez grossières mais donnant une vague impression d'un mouvement. Ce jouet subit une foule de transformation, il put même être exécuté assez finement pour être introduit comme une vue dans la lanterne magique, devenue depuis notre lanterne à projection.

Le phénakisticope devint le zootrope cylindrique, le disque à images fut remplacé par une bande de figures coloriée*

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et le jouet se répandit partout en charmant nos loisirs.

Raynaud obtint les mêmes effets en 1877 par le moyen de miroirs.

Son praxinoscope-jouet devint le praxinoscope-théâtre et enfin le théâtre optique que tous ont pu voir fonctionner à Paris au musée Grévin.

C'est d'ailleurs l'appareil qui se rapprochait peut-être le plus de la solution du cinématographe.

Mais tous ces jouets, si perfectionnés qu'ils fussent, avaient toujours deux grands défauts. Ils donnaient fort mal la continuité du mouvement parce que, pour obtenir une sensation continue, il faut faire passer devant l'œil au moins 12 à 16 images par seconde; le mouvement représenté était forcément très court puisque les mêmes dessins revenaient constamment, et, deuxième dé-, faut tout à fait, capital, ces figures étaient dessinées à la main, à la fantaisie de l'artiste; la synthèse résultant de leur superposition était d'une imperfection notoire et tout à fait inexacte.

La portée de ces instruments cependant si ingénieux s'arrêtait donc forcément là. L'habileté de l'artiste était pourtant remarquable. M. Raynaud avait réalisé des tours de force, il avait eu là patience de peindre des bandes de gélatine transparente de plusieurs centaines de mètres de longueur et représentant des scènes entières. Mais quel que soit son mérite, cet inventeur dut reconnaître combien ses analyses étaient fictives et

qu'il ignorait complètement les mouvements qu'il voulait reproduire.

L'œil le moins exercé éprouvait une sensation de malaise devant ces mouvements faux et étranges, le scintillement produit par l'insuffisance des images venait compléter cette sensation eu le fatiguant.

Il n'y avait pas à hésiter, il fallait appliquer à ces appareils et à la confection de ces bandes les procédés exacts et fidèles de la photographie.

Cette idée était toute naturelle et elle vint à l'esprit des premiers inventeurs, Du Mont's en parle en 1861 et Ducos du Hauron, l'inventeur français de la photographie des couleurs, décrit en 186*3 un apareil de synthèse qui n'a jamais été connu du public et que j'ignorais du reste absolument, l'inventeur original se contentant de prendre sur sou propre fonds sans compiler les documents antérieurs. On trouvera plus loin la liste des antériorités que j'ai pu découvrir depuis 1860 jusqu'en 1895 où le cinématographe a fait son apparition à Paris.

L'application de la photographie aux zootropes était tout indiquée, mais elle ne se lit pourtant pas sans difficulté ; elle passa par des étapes pénibles.

Il fallut d'abord réaliser l'analyse du mouvement avant d'en faire la synthèse^

L'industrie avec Van Monckoven fournissait déjà en 1880 des plaques photographiques assez sensibles pour être

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impressionnées dans un temps très court.

Aujourd'hui, tout le monde fait de la pnotographië, tout le monde fait même des instantanés, mais on oublie ou on ignore la suite des découvertes ayant permis d'obtenir ce résultat.

Avant l'apparition du gélatino-bromure, on avait encore le collodion ; on préparait sa plaque soi-même et la sensibilité de celle-ci diminuait en .séchant.

Pour la daguerréotype, il fallait des temps de pose allant jusqu'à plusieurs minutes ; l'obturateur, c'était le bouchon de l'objectif. Les émulsions, de plus en plus sensibles, permirent de diminuer le temps de pose ; opérer aujourd'hui au millième de seconde est chose courante. Les obturateurs durent se mettre en rapport avec cette sensibilité et l'on put songer à photographier les objets en mouvement.

En France, îles premières applications de la photographie à l'étude des mouvements remontent à 1874. L'éminent astronome Jansen, ayant à étudier le passage de Vénus sur le disque du Soleil, construisit un revolver photographique qui lui permit d'obtenir sur une même plaque une série d'images successives du phénomène à des intervalles de temps égaux.

Le mouvement était lent, la lumière solaire très intense, et on avait le temps de déplacer la plaque entre deux images consécutives; le mécanisme était donc facile à réaliser.

Jansen n'alla pas plus loin dans ses applications, mais il sentit que son procédé aurait de l'avenir et s'étendrait à l'analyse de tout mouvement jusqu'à celle du mouvement de l'homme et des animaux.

Muybrigde, en Amérique, poursuivit ce problème, mais par des moyens différents. Pour obtenir une suite d'épreuves photographiques du mouvement d'un cheval au galop, il braquait sur lui une batterie de 24 appareils photographiques ayant chacun leur objectif, leur plaque sensible et leur obturateur. Le déclanchement de chaque appareil s'obtenait successivement par l'électricité, et c'est en passant dans la piste d'expérience devant les objectifs que le cheval rompait lui-même les fils aboutissant aux contacts électriques.

En 1880, Muybridge fit paraître ses curieuses épreuves ; c'étaient plutôt des silhouettes que des images, elles étaient déjà instructives, mais encore peu précises, bien supérieures cependant aux dessins faits à la main par leur authenticité certaine. Mais les espaces de temps séparant la prise des images était loin d'être égaux et le point de vue changeait avec chaque image.

Marey s'oecuppa de la question et, reprenant le principe du revolver photographique de Jansen, il le modifia pour l'adapter à l'analyse de mouvements très rapides comme le vol des oiseaux.

Il construisit le fusil photographique en 1882 et s'en servit comme d'un fusil de

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Il peut paraître paradoxal, qu'en pleine crise de l'industrie cinématographique, une de nos plus artistiques maisons d'édition françaises s'agrandisse et augmente tous ses services commerciaux. Tel est pourtant le cas de la Société des Cinématographes Eclair qui vient de quitter ses hureaux de la rue Taithout pour transférer son siège social rue Saint-Augustin, 8, dans les vastes locaux naguère occupés par la Cinéma-Exploitation. Trop à 1 étroit jadis pour assurer à son organisation commerciale son plein développement, l'Eclair jouira désormais de toute la place et de tout le confortable qu'elle désirait.

Situé en plein cœur de Paris, à deux pas de la Bourse 1 Eclair-Cinéma offre à ses visiteurs, à ses clients la plus belle salle de projection qu'ils puissent rêver, spacieuse, aérée et d'un accès facile. Ce confort n'est point à dédaigner et nous sommes certains que les clients parisiens et provinciaux qui viennent de faire la « Tournée » des éditeurs — le lundi par exemple — l'apprécieront tout particulièrement. Un beau film regardé sans fatigue est déjà un meilleur film. Un bon fauteuil vous met en bonne humeur et en appétit d'achat. Voilà ce que l'Eclair-Cinéma a bien compris et qui fait honneur à son sens des affaires modernes.

Mais comme il n'est vraie charité que celle qui commence par soi-même, l'Eclair-Cinéma ne s'est pas oubliée dans l'organisation générale de ses nouveaux établissements commerciaux. Le bureau des Directeurs et du Conseil d'administration est digne d'un ministre : il faut toute l'amabilité des maîtres de séant pour l'emplir. Quant au personnel, il ne peut être en meilleur place pour lui-même et pour le service.

Propriétaire du château de Lacépède, à Epinay, où sont établies ses usines et son beau théâtre de prise de vues. l'Eclair se devait des bureaux comme ceux qu'elle occupera désormais. Ces agrandissements étaient d'ailleurs nécessités par l'augmentation continue de ses affaires et sa prospérité générale. L'Eclair est en effet, une des maisons d'édition qui font mentir les découragés du cinématographe : elle s'élève avec méthode, sans bluff, et soucieuse seulement d'être une affaire industrielle, elle connaît de sûrs profits qui lui préparent un joli avenir. Puisse sa bonne fortune l'accompagner rue Saint-Augustin! C'est notre souhait personnel et celui de tous ses clients. G. D.

/0° Un Réveil Industriel ^°

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Cinématographes ^ Th. Vathé &

La Compagnie des Cinématographes Théophile

Pathé, rue de Richelieu, 99, esta la veille de reprendre sur le marché, la place qui lui est due, de par son expérience, son passé et sa valeur financière. Après une longue période de sommeil — d'un sommeil réparateur — la voici rajeunie, plus vivante que jamais et plus prête à l'action. Ses nombreux amis apprendront ce réveil avec plaisir. Quant à ses détracteurs ils s'étonneront une fois de plus, la Compagnie Théophile Palhé ayant mis jusqu'à ce £j|

jour comme une coquetterie à surprendre le monde cinématographique.

Nous n'avons pas le droit aujourd'hui d'être indiscrets. Mais nous sommes heureux d'annoncer aux lecteurs du Ciné-Journal que la Compagnie nouvelle leur prépare de réelles satisfactions industrielles et qu'elle apportera sur le marché du film du nouveau, ce nouveau que chacun cherche et espère. Elle aura son film incombustible. Elle se spécialisera dans un genre artistique et documentaire.

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