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ÉPURATION

Nous avons déjà entretenu nos lecteurs et cela à plusieurs reprises, des poursuites intentées par la police berlinoise contre des directeurs de théâtres cinématographistes, qui corsaient leur programme de films trop « corsés ».

Gomme nous l'indiquions également, certaines de ces poursuites étaient souvent exagérées. Tels films qualifiés de répréhensibles étaient tout simplement comiques.

Mais cet état de choses a sensiblement empiré. De réels attentats aux bonnes mœurs ont été commis dans certaines salles de la capitale de l'Allemagne, attentats provoqués par des films par trop lascifs. La presse s'est émue de ces faits, et proteste. vigoureusement contre certains établissements de Berlin. Nous extrayons ce qui suit d'un article, traitant le sujet en question, et paru dans le journal Berliner Morgenpost :

« C'est habituellement dans l'arrièreboutique d'un débit de vins et de bières que ce cinéma donne ces représentations. Sur la devanture, des affiches aux sujets aussi lestes que possible ; devant la boutique, des fillettes de treize à quinze ans, qui admirent ces images et écoutent le discours du bonisseur.

Commentaires, rires, et regards sournois à l'adresse des vieux messieurs qui passent. Elles voudraient bien entrer, mais elles n'ont pas l'argent nécessaire pour payer l'entrée, et surtout une bonne place. Soudain, un vieux monsieur s'approcho et, souriant, invite une ries jeunes personnes, qui se laissent tenter facilement et volontiers.

« Le couple entre et admire les vues excessivement erotiques. On boit du Champagne, on parle d'amour et du...

reste. Et voilà un détournement de mineure accompli ; le quinzième de lia soirée peut-être, et cela par la faute du cinématographe. Nous n'en voulons plus... »

Il doit y avoir exagération dans la teneur dudit article. Le cinématographe n'est pas si pernicieux, et la police censure suffisamment les films, même comiques. Mais il y a cependant quelque vérité dans ce que disent les journalistes protestataires, car les directeurs des cinémas sérieux de Berlin se sont réunis et ont décidé la formation d'un comité de censure composé de directeurs des plus importants théâtres cinématographistes. Ce comité agréera ou refusera tel ou tel film qui sera ensuite adressé à la police, qui en permettra la représentation ou la prohibera. De cette façon, les poursuites de l'une et les excès des autres seront supprimés et avec un peu moins de violence de la part de la presse, tout ira ainsi pour le mieux.

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b9M NOUVEAUTÉS DE LA SEMAINE

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ETTE de L'EMP PATHÉTIQUE — SUPERBE AFFICHE

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Film sensationnel reproduisant un épisode vraiment émouvant de la campagne de Napoléon en 1814, dans les plaines de la Champagne.

Une estafette est contrainte de s'arrêter dans une cour de ferme, son cheval est blessé, l'ennemi est à sa poursuite, elle ne peut lui échapper. Le fils du fermier lui indique, sous la paille, un coin qui lui permettra de se dérober aux recherches.

Arrivent les soldats ennemis. « Cet enfant doit savoir quelque chose, dit le chef, qu'on l'interroge! » — Mais l'enfant reste muet. L'officier s'approche alors de l'enfant, lui présente sa montre et lui dit: « Allons, cette montre est pour toi si tu nous indique la retraite du cavalier! » — L'enfant tenté, indique du geste l'endroit où s'est réfugié l'estafette. || g

Survient son père. Comprenant ce qui vient de se passer, il reproche à son fils l'indignité de sa conduite. Il faut qu'il s'emploie sans tarder à la délivrance du cavalier que l'ennemi a enfermé dans une cabane dépendant de la ferme. L'enfant obéit; il réussit par un prodige d'adresse à parvenir jusqu'au prisonnier.

Chargé de l'important message, il traverse au péril de ses jours les lignes ennemies et parvient jusqu'au camp des Français. L'Empereur mis au courant de son acte héroïque, l'en récompense sur le champ en lui donnant un tambour d'honneur.

Longueur: 218 mètres. Prix: 298 fr. 50. Mot télégr. ESTAF. (y compris virages et teintures).

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