‹ Ciné-journalChapitre 26 sur 303 · SB W · texte numérisé non relu

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chasse pour viser l'oiseau à photographier en plein vol.

Le mécanisme de cet ingénieux instrument permettait de prendre 12 images sur une plaque tournante accomplissant son tour en une seconde. Nous nous rappelons avoir aidé le maître à confectionner, avec les images données par le fusil photographique, des disques zootropiques qui donnaient déjà la synthèse du coup.d'aile et l'illusion parfaite du mouvement de l'oiseau. Ce fut certainement une des premières applications de la photographie à ces appareils.

Marey ne s'en tint pas là, il reproduisit plus tard, par le modelage, l'oiseau complet et établit ainsi des zootropes avec des figures entières à trois dimensions.

Cependant, le fusil photographique ne suffisait pas à l'analyse du vol, il fallait beaucoup plus d'images, il en aurait fallu 50 à 60 à la seconde au moins; il se servit pour les obtenir d'un a ii Ire moyen. Il laissa la plaque fixe et lit tourner au-devant d'elle, et très rapidement, un disque obturateur opaque peroé d'une ou plusieurs fentes. Cela lui permit d'obtenir sur une même plaque un grand nombre d'épreuves de L'oiseau se déplaçant dans l'espace.

Mais ce procédé d'analyse ne dissociait pas asez les images ; celles-ci se superposaient dès que la vitesse de l'objet n'était plus suffisante et l'on obtenait une figure confuse souvent indé-

chiffrable.

(A suivre).

INSTANTANES LA NUIT

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Combien de fois n'avons-nous pas regretté de ne pouvoir saisir une impression de rue la nuit; combien de fois n'avons-nous pas été tentés par le mouvement des boulevards, une sortie de théâtre, une manifestation même; les becs de gaz, lampes à arc, cordons d'illuminations et autres sources lumineuses, faisant à la ville un éclairage si différent de celui du jour, en modifient l'aspect au point de la rendre presque méconnaissable; des monuments, des immeubles, des objets qui passent inaperçus dans la journée prennent, au contraire, la nuit une valeur, un aspect décoratif des plus curieux, et, par contre, certaines parties qui le jour gâtent un tableau disparaissent, d'ellesmêmes dans l'ombre et ne gênent plus en rien la composition, l'harmonie de l'ensemble. Ces effets de nuit on tenté plus d'un photographe et, sans parler des effets de « clair de lune » qui sont obtenus en plein midi et à contre-jour, on a essayé de les rendre en faisant de longues poses, soit avec un très petit diaphragme, soit avec un verre jaune, devant l'objectif, afin que seuls les objets immobiles puissent, grâce à la longueur du temps de pose, impressionner la plaque sensible. Mais par ce moyen on obtenait des rues, des places désertes et sans vie : les passants, les voitures, tout ce qui animait le tableau av^it disparu, et n'était une brume dans laquelle s'estompaient les lointains et le haut des maisons : on aurait pu croire que les photographies avaient été

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prises de jour dans une ville sans habitants. L'aspect des boulevards sans passants, des Champs-Elysées sans voitures était modifié au point qu'on avait peine à reconnaître ces voies si familières; et tous les points lumineux que l'opérateur n'avait pu éviter s'entouraient d'un halo déplorable.

M. Wild avait été frappé comme nous tous de cet état de choses et s'était dit qu'il y avait là peut-être moins de difficultés à vaincre qu'il ne semblait de prime abord ; il essaya, travailla et finalement nous montra dans « Photography » des résultats absolument surprenants.

Il opère avec un objectif à portrait Dallmeyer 2 B, ouvert à F : 3.3, et nous montre une station de fiacres (pose : 1 seconde), une place avec grand monument brillamment éclairé au lointain (pose : 1/j de seconde), une sortie de théâtre (pose '/4 de seconde) qui ne peuvent être comparés à rien de ce que nous avons vu jusqu'ici comme effets de nuit; certes, des vues de feux d'artifices, de palais illuminés qu'on nous a montrées sont curieuses et amusantes, mais il y manque la vie, le mouvement, la réalité, tandis que dans ces nouvelles instantanées de nuit plusieurs points sont absolument remarquables.

D'abord, les sources de lumière, becs de gaz, ampoules électriques, lampes à arc, ne se montrent pas retournés au négatif par excès de pose, comme c'est généralement le cas ; leur aspect est des plus naturels et elles ne sont pas entourées de halo, pas plus, du moins, que celui qui auréole tout point lumineux regardé la nuit à l'œil nu; en second lieu l'échelle des valeurs est très complète et très étendue; ceci est important, car les effets de nuit dans lesquels les blancs crus avoisinent brutalement les plages d'ombre, sans qu'existe la transition de le gamme des gris, sont toujours durs, désagréables et peu naturels. Les passants, les crieurs de journaux, les chevaux sont en mouvement, et c'est ce qui permet d'appeler ces tableaux instantanés; cela étonne un peu, étant donnée la durée de l'exposition, une seconde ou même une demi-seconde, car ces figures sont nettes; c'est là que l'artiste doit faire preuve de jugement et surtout de patience; il s'agit d'attendre le moment opportun où

les figures du premier plan sont aussi immobiles que possible; les figures plus éloignées peuvent remuer, et plus elles sont loin de l'appareil plus le mouvement leur est permis; à une certaine distance on peut même saisir des déplacements assez rapides à condition que les mobiles se meuvent perpendiculairement à l'appareil, soit qu'ils s'approchent, soit qu'ils s'éloignent de lui; il faut éviter autant que possible tout ce qui passe en travers.

Le long foyer de l'objectif (le 2 B de Dallmeyer a 210 millimètres pour une plaque 9x12) permet de placer le premier plan du tableau assez loin de l'appareil, tout en lui conservant des dimensions relativement grandes, ce qui est important, et cette particularité aide en même temps l'opérateur à se dissimuler davantage ou, tout au moins, à être moins en vue. Mais, dira-t-on, avec un aussi long foyer et une ouverture de F : 3, il est impossible d'obtenir une netteté suffisamment uniforme pour les différents plans du tableau. C'est là une erreur, et M. Wild nous le prouve par les vues qu'il nous montre; son secret consiste à mettre l'objectif au point sur l'infini et à veiller à ce que le personnage le plus rapproché ne soit jamais placé à moins de la moitié de la distance de cet infini. Avec l'objectif de 21 centimètres, l'infini est de 21 mètres, et il ne comprend dans son tableau rien qui ne soit à mains de 10 mètres de l'appareil. Les plaques doivent être orthochromatiques, extra-rapides et enduites d'un bon antihalo; il est bon de les manipuler pour le chargement, la mise en cuvette et jusqu'à la moitié du développement dans l'obscurité complète; comme elles sont naturellement très fortement sousexposées, il faut les révéler dans un bain faible chauffé à 25°; les cuvettes, les eaux de rinçage, le bain de fixage, tout doit être maintenu à la température de 25°, pour éviter les décollements que des changements de température ne manqueraient pas de provoquer. Voici la formule employée; c'est celle qui réussit le mieux :

Solution N° i

Acide pyrogallique 6gr.

Métol 4 »

Métabisullite de potasse 14 »

Bromure de potassium 2»'

Eau bouillie lOOOcc.

Solution N° 2

Carbonate de soude ordinaire 200 gr.

Eau bouillie lOCOcc.

Pour l'usage, une partie.de n° I, une partie de n° 2 et une partie d'eau chaude.

Evidemment, ce n'est pas encore à grande vitesse, tel que nous le pratiquons si facilement en plein jour, mais avec du soin on arrive à obtenir des effets de nuit des plus intéressants et des plus nouveaux; c'est pour cela que nous avons pensé être utile à nos lecteurs en leur signalant ces résultats et en leur fournissant toutes les indications nécessaires pour les obtenir.

èMââH!!!!

Syndicat des Opérateurs

Cinématographistes de France g B {g

Le Syndicat de O. C. F. n'étant plus en possession d'une partie de ses livres, lettres en blanc, convocations, de divers autres objets lui appartenant met MM. les Exploitants et Intéressés en garde contre l'usage qui pourrait en être fait. Prie ces derniers de bien vouloir lui signaler toute teutative faite en ce sens. Les lettres, notes ou communiqués, pour être valables devront toujours être signés du président M. Jean Maniani, ou du secrétaire actuel M. E.

Schneider.

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