‹ Ciné-journalChapitre 284 sur 303 · Décembre · texte numérisé non relu

Décembre

Organe Hebdomadaire de l'Industrie Cinématographique Directeur : G. BUREAU

flBOMMEMEHTS :

FRANCE

Un an 10 fr.

i ÉTRANGER Un an. . . . . 12 fr.

Le Numéro : 25 cent.

Paraît le Samedi

Rédaction & Administration 30, Rue Bergère

PARIS

Le Film National

ï II est un fait. C'est que la faveur populaire est toujours acquise à la projection animée. Malgré tous les dénigrements de la presse quotidienne française, le bon public — celui qui va seulement chercher au spectacle le rire et les larmes nécessaires à son besoin d'illusion — se présente au guichet-contrôle plus abondant et plus enthousiaste que Jamais.

La campagne sournoise des directeurs de théâtre demeure vaine. Quant aux nations européennes, moins prévenues que la France contre la cinématographie, elles fêtent avec la même ferveur toutes les entreprises pratiques «d'exhibition», sous la réserve que les films ne choquent ni leurs goûts, ni leur moralité. L'Amérique du Nord possède près de quinze mille cinéthéâtres dont les recettes moyennes sont excellentes. L'Amérique latine suit le même mouvement et l'on peut dire, enfin, que de Sydney à Schangaï où la société Pathé frères envoie des pionniers diligents jusqu'à Constantinople et Salonique, nouvellement ouverts à la liberté commerciale, la oinématographie conquiert le monde et s'installe peu à peu. Ceci soit dit en passant pour rassurer certains esprits que démonte périodiquement une faillite dans notre industrie, comme si la disparition d'un restaurateur atteignait la prospérité générale de l'alimentation.

Mais comment se fait-il que, dans un

état plutôt favorable de la cinématographie exploitation, on rencontre tant de critiques pour accabler — au nom du grand art — les films offerts à la curiosité populaire? Toutes ou presque toutes les œuvres dramatiques, jouées au théâtre Français ou à Bobino, sont acceptées avec indulgence par la presse. Médiocres, elles triomphent bruyamment. Mauvaises, elles passent « en douceur » pour que le directeur sauve sa recette ou ses frais de mise en scène. Il arrive même qu'on ménage la carrière de l'auteur...

Seul, entre toutes les productions qui ressortissent du théâtre, le film, si joliment accueilli par tous les publics, soulève le dégoût impertinent des chroniqueurs et des courriéristes. Ces messieurs s'efforcent ou bien d'ignorer l'art certain de tel film ou d'en souligner par système les faiblesses possibles.

J'aimerais mieux les voir, puisqu'ils ont du talent pour la plupart, comparer l'œuvre cinématographique aux drames et aux comédies que nous transmet la tradition, depuis tant de siècles. J'aimerais mieux que, passant du tremplin séculaire à nos « scènes spéciales » , ils apprennent les terribles nécessités dans lesquelles se débattent nos auteurs, nos interprètes, nos photographes et tous les tireurs, développeurs, vireurs, etc.... ouvriers et artistes du cliché. J'aimerais mieux — nous y pourrions tous gagner — que, sachant au plus juste sens, les formes de cet art nouveau qu'est la cinématographie. ils lui rendent enfin justice, la

traitent comme elle mérite, c'est-à-dire sans dithyrambe mais aussi sans parti pris.

Nous ne cachons pas les imperfections artistiques du film. Mais il faut bien reconnaître qu'elles sont pour ainsi dire des vices du genre. Nos éditeurs sont obligés pour vivre et prospérer d'exporter leurs œuvres à l'étranger et spécialement en Amérique. Il leur faut donc produire des films d'un esprit neutre, international, sans quoi ils risqueraient fort d'être incompris ou tout au moins de n'être pas goûtés. Or, dans ce travail de dépersonnalisation, de « dénationalisation », la qualité artistique de l'œuvre s'efface insensiblement. Qui veut plaire à tous arrive à ne plaire à personne ; ce fut le cas de beaucoup de films qui, faits pour tous les âges, tous les pays, toutes les races, toutes les classes, n'avaient plus ni originalité, ni esprit. De même qu'il n'existe pas, à l'heure actuelle, une œuvre dramatique vraiment internationale, il ne saurait y avoir de bons films dégagés de toute pensée française, italienne, anglaise, allemande, russe ou américaine. La qualité est liée aux formes de l'esprit national. C'est un auteur latin ou slave ou yankee qui a créé le scénario ; ce sont des metteurs en scène latins, slaves ou yankees qui ont ordonné la composition théâtrale. Ce sont des artistes de tradition nationale qui interprètent ces petites scènes sans paroles, dans des décors peints par des gens ayant un métier local, ou dans le cadre de la nature impassible et qu'on ne saurait plier aux valeurs changeantes de la pensée. J'en vois clairement l'exemple dans la Macbeth de la Cinès, un

des films les plus famenx de ces jours-ci et qui offre pourtant des disparates scabreux, ayant été joué à Rome par des artistes italiens. Les auteurs se sont efforcés d'adapter l'œuvre, mais en réalité, ils ne pouvaient que trahir Shakespeare et la légende.

Nos grands éditeurs de films, en collaborant tous les jours avec les gens de lettres, ont déjà compris le péril et se préparent à le conjurer. M. Charles Pathé notamment, qu'il faut toujours saluer comme un innovateur, estime qu'il faut faire des œuvres nationales si l'on veut qu'elles soient belles. C'est dans cet esprit qu'il fournira au marché russe des films joués en Russie, par des artistes russes et selon des scénarios russes. Il agira de même en Amérique.

Je crois que la cinématographie gagnera beaucoup à ce nouveau système. Nous y verrons passer beaucoup de nouveaux millions mais un grand bénéfice artistique aura été réalisé : les véritables amis de notre industrie, ceux qui en assurent l'avenir, s'en féliciteront avec nous. G. DUREAU.

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Société Française le Photographie

Nous publierons chaque mois le compterendu des séances de la Société Française de Photographie, dans la mesure où les communications interresseront la Cinématographie. Ces informations seront signés d'un nom bien connu dans notre industrie, celui de le Ventujol.

La séance générale du 17 décembre comptera certainement parmi une des plus intéressantes de l'année et s'est ouverte devant une salle comble.

Parmi les différentes présentatations il convient de signaler celle de M. Montpillard au nom de M. Maquenne d'un nouveau procédé de virage en vert des épreuves au gélatino-bromure. Nous reviendrons ultérieurement sur cette communication et après avoir essayé ce que peut donner cette méthode pour le virage des films.

Les sociétaires ont eu la primeur d'admirer les magnifiques résultats obtenus en photographie des couleurs par les nouvelles plaques dioptichromes Dufay présentées par M. Guilleminot; les applaudissements n'ont pas été ménagés à ce dernier, le fabricant, et à M. Dufay l'inventeur.

Mais le clou de la soirée, ce que tout le monde attendait avec impatience, ce fut la présentation par le Dr Connandon des résultats merveilleux obtenus par lui au moyen de l'ultra microscope et du cinématographe accouplés.

Les projections accompagnées de claires

explications par l'auteur ont vivement intéressé et impressionné l'auditoire pendant plus d'une heure.

On a vu successivement la circulation du sang dans une patte de salamandre, la faune d'un intestin de souris, les parasites de « l'angine de Vincent» et un défilé fantastique de spirochètes et de trypanosomes et enfin un phénomène nouveau, le transport électrique des microbes et des globules sanguines, Il est impossible, à qui n'a pas vu une des projections du DrCommandon, de se faire une idée de l'activité des microorganismes ; on a l'impression d'être en présence d'un monde inconnu, aussi varié, aussi actif que celui que peuvent voir nos yeux dépourvus de tout instrument ; on finit même par ressentir un certain malaise en pensant qu'à l'instant même où l'on regarde l'écran, il se peut que de terribles combats semblables, se livrent dans notre propre organisme ; mais cette angoisse cesse avec la fin des projections, la réapparition de la lumière et les applaudissements nourris qui saluent la fin de la conférence du jeune savant.

Ventujol.

Les Obsèques le Lêopoli II

La Maison Gaumont vient d'éditer un film des obsèques du roi des Belges . L'actualité l'impose à tous les programmes.

S'inscrire de suite aux bureaux de la rue St-Roch.

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L'Exploitation

Cinématographique en Angleterre

Nous sommes heureux de pouvoir offrir aux lecteurs du Ciné-Journal, le texte du règlement de police imposé aux exploitants cinématographiques anglais à partir du P1 janvier 1910.

Le Bill du Cinématographe vient enfin de passer devant le Parlement, et a trouvé maintenant sa place dans les statuts, sous le titre d'Acte Cinémato graphique 1910. Il a reçn l'assentiment royal le 2S novembre et sera mis en application le 1er janvier 1910. Les règlements statutaires seront faits par le Home Secretary selon le caractère et la disposition des lieux et des appareils et en vue de parfaite sécurité'. Ces règlements ne sont pas encore publiés.

Les exploitations visées par cet acte sont « celles ée tableaux » ou autres effets d'optique au moyen du cinématographe ou autres appareils similaires pour lesquels on se sert de films inflammables.

Dans le cas où on se servirait de films ininflammables, l'acte ne serait pas appliqué. Dans cet article cependant nous comptons nécessairement avec les exploitations où sont utilisés des films ininflammables. Ces exploitations seront maintenant régulières quand elles auront le consentement des règlements statutaires et se feront dans des lieux autorisés. — Mais l'acte ne s'applique pas à une exploitation donnée dans une demeure privée où le public n'est pas admis, qu'elle soit payante ou non.

Les lieux n'auront pas besoin d'être autorisés si l'exploitation n'est que momentanée et ne dure pas plus de six jours pour les exploitations visées par l'acte ; mais quand on devra donner des représentations sur tel ou tel lieu l'occupant devra l'avoir notifié par écrit au moins sept jours à l'avance au local Licensing Council et au Chef de Police des locaux en

leur faisant part de son intention de se servir des lieux et il devra se mettre d'accord avec les règlements statutaires et avec les conditions imposées par le County Council et ceci par écrit,

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