ECHOS
Il y a Fallières et Fallières
Il y a quelques semaines, une troupe d'artistes cinématographistes opérait au Bois de Boulogne par un clair matin. On tournait la Fille de l'Anarchiste, pour Le Lion. Le drame devant avoir un caractère de vérité plus actuelle, on avait imaginé que l'attentat préparé par l'anarchiste était dirigé contre le Président de la Bépublique et l'artiste qui tenait le rôle s'était merveilleusement fait la tête de M. Fallières. Lourdement assis dans sa victoria, à côté de sa présidente inauthentique comme lui, le faux seigneur de Loupillon roulait avec majesté par les allées du Bois, suivi de cyclistes « à la frime » et d'agents en bourgeois inconnus à la Sûreté générale.
Il goûtait la joie passagère d'être le premier magistrat de la République lorsque M. Santos-Dumont — le vrai — vint à passer. Tout au plaisir de saluer son grand ami, il ne vît pas l'opérateur ni soi appareil et s'élançant vers la voiture, s'écria avec cordialité : « Bonjour mon Président! »
Lors, le comédien un peu estomaqué laissa tomber ces mots d'une mélancolie imprévue :
« Excusez-moi, Monsieur, je ne suis que président de cinématographe! »
Et il passa, laissant M. Santos-Dumont plus surpris encore que lui-même.
Il y avait ce matin là deux présidents dans notre République : le règne de l'un peut durer 7 ans. Celui de l'autre fut plus court.
Je laisse au lecteur le soin de dire quel sera le plus glorieux.
AVIS
Dans la nuit du 25 au 26 juillet il a été dérobé dans la cabine d'opération de M. Potet, cinéma en fête à Clermont (Oise), un appareil projecteur Pathé n° 7171 dernier modèle. Il y a 100 francs de récompense à qui donnera des indications précises sur le ou les coupables.
Les Origines
du Cinématographe
(Suite)
II chercha donc à déplacer la plaque sensible entre deux images sucessives, comme il l'avait fait dans le fusil photographique, et il commença alors une série de tâtonnements dans lesquels nous avons eu notre part active et qui aboutit finalement à l'abandon.
La plaque de verre était toujours trop lourde pour être mise en mouvement puis arrêtée dans un temps si court.
La condition de netteté des images nécessitait que celdes-ci s'imprimassent sur une plaque immobile même avec un temps de pose extrêmement court. Ce temps de pose était poussé quelquefois jusqu'à des petitesses invraisemblables, le vingt-millième de seconde par exemple, ce qui permettait de photographier l'aile d'une mouche ou d'un moustique au vol et d'obtenir une image bien nette de cette aile qui fait par seconde 870 vibrations doubles.
D'autres chercheurs travaillaient cette question : en France, Londe, en Allemagne, Anschutz, produisirent des séries photographiques infiniment supérieures à celles de Muybridge bien qu'obtenues par les mêmes moyens.
Vint alors l'apparition de la pellicule ou ruban sensible remplaçant la
plaque de verre; elle offrit de suite à Marey des avantages inappréciables par sa légèreté et sa sensibilité. On put alors construire des apapreils où le ruban sensible se déplaçait facilement et rapidement entre deux obturations et s'arrêtait pendant l'éclairage, c'est-àdire pendant le passage de la fente du disque.
On avait un grand avantage à opérer ainsi, on n'avait plus besoin de se placer au-devant du fond noir indispensable dans la chronophotographie sur plaque fixe et les images successives étant imprimées sur des parties différentes de la pellicule, elles étaient bien dissociées et ne se recouvraient plus. On apercevait la solution prochaine de la question, c'est-à-dire de l'analyse de tous les mouvements par la photographie.
La pellicule était rare à cette époque, elle nous était fournie en petites longueurs par la maison Eastmann qui en chargeait ses kodaks et par Balagny, qui nous donnait des bandes de collodion émulsionnée au gélatino-bromure, mais ne dépassant pas 1 m. 50 de longueur. Le nombre d'images obtenues était ainsi fort limité et d'autant plus restreint qu'au début, nous prenions des images de grande dimension atteignant 9 centimètres.
Cela suffisait pour l'image que nous en voulions faire, notre prétention n'allait pas au delà de l'analyse scientifique d'un mouvement.
On connaît les résultats de ces tra-
^►CINEMAS FIX"«^
TéiéP. 327-48 . Boulevard Bonne Nouvelle, PARIS - «& m. kinefix