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Vues neuves.
vaux, leur application à l'éducation physique, à l'étude du vol, à l'analyse des allures du cheval et à tous les mouvements rapides ou l'œil ne distingue plus rien.
Nous avions plaisir à montrer ces images aux artistes et à leur offrir des documents exacts tirés de la nature à la place d'interprétations où les conventions d'écoles dominaient l'observation précise. Mais nous allions trop vite en besogne, les images nouvelles étaient vraies, il n'en fallait pas douter, mais pour les faire accepter par l'œil qui jamais ne les avait perçues, il fallait contracter de nouvelles habitudes, passer par tous les degrés que nous avions franchis et se faire en un mot une éducation de la vue sur les documents nouveaux.
Pour montrer à quelle difficulté nous nous attaquions, il suffit de citer une petite anecdote qui ne manque pas de sel.
Le grand peintre Meissonier venait quelquefois à notre laboratoire, il s'intéressait aux allures du cheval qu'il cherchait à représenter le plus exactement possible. A l'aspect des premières analyses photographiques que nous lui présentions, il eut un cri d'étonnement et accusa notre appareil de voir faux. « Quand vous me donnerez un cheval galopant comme celui-ci, ajouta-t-il en aous faisant un croquis, je serai satisfait de votre invention ».
Nous ne faisions cependant aucune théorie, nous nous bornions à rassembler des documents, mais une fois obtenus, ceux-ci nous permettaient de préciser la manière dont îles différents exercices sportifs étaient exécutés, comment les sujets d'élite accomplissaient leurs mouvements, de voir en un mot clairement en quoi consistait leur supériorité. Grâce à ces études, nous avons, pu établir les manuels de gymnastique de l'Instruction publique et de la Guerre sur des données expérimentales. Cette manière de procéder semblait devoir être à l'abri de tout reproche, mais nous n'avions pas compté avec la routine, les préjugés et les habitudes enracinées.
Nous nous servions de modèles sortis pour la plupart de Joinville-le-Pont :
nous les passions au crible de nos méthodes analytiques, nous les faisions marcher, courir, sauter ou exécuter tous autres mouvements gymnastiques.
Les images photographiques, une fois prises, il suffisait de jeter les yeux sur elles pour en déduire immédiatement et certainement leur façon de faire. Mais on leur enseignait d'une manière, et ils faisaient souvent d'une autre; la théorie ne concordait pas avec la pratique. Les sujets croyaient suivre leur théorie, mais étaient obligés, de par les lois naturelles, d'agir autrement. Ils ont ainsi renié des épreuves authentiques de leurs sauts, accusant plutôt nos procédés d'être inexacts que d'admettre que leur théorie pût être en défaut. Ils s'imaginaient agir comme on leur enseignait, mais, en réalité, ils exécutaient autrement, d'une façon plus parfaite, celle que leur dictait la nature.
Demént