Var. A qui la mort d'un père a donné la naissance
2. Il est singulier que cette pièce, la mieux écrite peut-être de toutes celles de notre auteur, débute par un amas de figures et d*épithètes, plus digne de Scudéry que de Corneille. On sait que Boileau s'égayait sur « ces désirs, ûls impétueux du ressentiment . qu'embrasse une douleur séduite...» L'amphigouri cesse au delà du quatrième vers; mais l'apostrophe aux désirs se prolonge jusqu'au quinzième. — Dans leurs monologues, les personnages de Corneille s'adressent volontiers à leurs sentiments personnifiés, les adjurent, les invoquent, les gourmandent, et déploient dans cette manière de parler à eux-mêmes une clairvoyance d'observation intime et des curiosités, des subtilités d'analyse qui trahissent chez eux plus de sang-froid que, d'ordinaire, le tragique de la situation ne doit leur en laisser. — V. les derniers vers, aussi bien que les premiers, de ce monologue d'Emilie : « Cessez, vaines frayeurs... Amour, sers mon devoir, » et plus loin : «Tout beau, ma passion... »