ACTE I, SCÈNE I
Peuvent sur son auteur renverser l'entreprise,
Tourner sur toi les coups dont tu le veux frapper
Dans sa ruine même il peut t'envelopper ;
Et, quoi qu'en ma faveur ton amour exécute,
Il te peut, en tombant, écraser sous sa chute1.
Ah ! cesse de courir à ce mortel danger;
Te perdre en me vengeant, ce n'est pas me venger.
Un cœur est trop cruel quand il trouve des charmes
Aux douceurs que corrompt l'amertume des larmes ;
Et Ton doit mettre au rang des plus cuisants malheurs2
La mort d'un ennemi qui coûte tant de pleurs3.
Mais peut-on en verser alors qu'on venge un père? Est-il perte à ce prix qui ne semble légère? Et, quand son assassin tombe sous notre effort, Doit-on considérer ce que coûte sa mort? Cessez, vaines frayeurs, cessez, lâches tendresses, De jeter dans mon cœur vos indignes faiblesses ! Et toi qui les produis par tes soins superflus \ . A^j^ jl^M Amour, sers mon devoir, et ne le combats plus il LT^y "Jj Lui céder, c'est ta gloire : et le vaincre, ta honte3 \Y iï^\ Montre-toi généreux, souffrant qu'il te surmonte ? '}&u>^