ACTE III, SCÈNE I. o
Et par là nous verrions indignement trahis Ceux qu'engage ! avec nous le seul bien du pays. D'un si lâche dessein mon âme est incapable : Il perd trop d'innocents pour punir un coupable. J'ose tout contre lui, mais je crains tout pour eux.
EUPHORBE
Auguste s'est lassé d'être si rigoureux; En ces occasions, ennuyé de supplices2, Ayant puni les chefs, il pardonne aux complices. Si toutefois pour eux vous craignez son courroux, Quand vous lui parlerez, parlez au nom de tous.
MAXIME
Nous disputons en vain, et ce n'est que folie
De vouloir par sa perte acquérir /Emilie ;
Ce n'est pas le moyen de plaire à ses beaux yeux
Que de priver du jour ce qu'elle aime le mieux.
Pour moi, j'estime peu qu'Auguste me la donne
Je veux gagner son cœur plutôt que sa personne
Et ne fais point d'état de sa possession3,
Si je n'ai point de part à son affection. -^
Puis-je la mériter par une triple offensey?)
Je trahis son amant, je détruis sa vengeance ;
Je conserve le sang qu'elle veut voir périr ;
Et j'aurais quelque espoir qu'elle me pût chérir ; !