LE PARTI LIBÉRAL N'EXISTE PLUS
Le parti libéral de Lafontaine, de Viger, de Morin, de Dorion n'existe plus. Ses chefs sont morts ou retirés de la lutte.
Les grits ont tout absorbé à leur profit ; ils ont ruiné la province de Québec.
RÉGIME MCDONALD-UARTIER.
Depuis 1854, une ère de progrès s'était levée sur nous.
La forêt fut reculée, le pays agrandi, la marine créée, nos ca-
naux construits, notre commerce développé, nos manufactures favorisées, nos institutions raffermies, nos voies ferrées partout ouvertes, nos concitoyens riches et heureux.
Jamais, en vingt ans, l'on avait vu pareille prospérité.
otre territoire perdu autrefois par l'injustice des armes, nous a êté rendu. Nos frères, les Aca diens, peuple ‘intéressant par son histoire, son courage, son patriotisme, sont aussi retrouvés presqu'en même temps que nos enfants perdus du Grand Ouest. Nous voilà un grand peuple, libre de nos destinées. Non-contents de notre bonheur, nous ouvrons un asile aux peuples de l’Europe, moins fortunés que nous. Des Anglais, des Ecossais, des Irlandais s’empressent de venir habiter des rives hospialières. Le bonheur est partout. Les diverses nationalités qui se partagent notre pays se complèient mufuellemeït; le Canadien est industrieux, l'Anglais lui apprend le commerce, si important de nos jours et qui développe notre industrie ; l'Ecossaisnous enseigne l’agriculture, source de la prospérité d’une nation ; l’Irlandais nous redit la foi et le patriotisme. Notre sol est assez fécond pour nourrir tout le monde; l'eau de nosfleuves est assez profonde pour nous abreuver tous; notre soleil a assez de rayons pour nous réchauffer tous.
Jusqu'à 1873, sous le règne de Sir John et de Sir George—ïdeux frères que la mort seule a pu séparer— le peuple était riche, prospère et content.
Nos manufactures ne le cédaient en rien, en 1870, à celles des Américains, soit en nombre, en richesse ou en revenu, eu égard aux populations tespectives des deux pays.
De fait, en 1871, nos manufactures avaient investi pour $877,964,020.00 en capital ; leur valeur était de $8221,617,773.00 ; les gages payés sont de $40,851,000 ; les mains employées comptent 187,942.
Ainsi 54 p. 100 de la population sontengagésdans les manufactures.
Ainsi, 15 p. 100 de toute la population dépend des manufactures :
444 p. 100 de la classe agrico'e sont
Fr.
ET
occupés dans les manufactures et leurs gages auraient acheté toutes les céréales de 1871. La matière premières a coûté $125,207,846 ; les
énéfices, en sus des gages payés, ont été de $24,958,927. Et cependant, l'on dédaigne nos manufac tures aujourd’hui, pour protéger exclusivement l’industrie américainel ..,,
Notre commerce, en 1871, était; proportion gardée, du doublé de <elui de nos voisins per capita. De fait, en 1870, le cummerce total des Etats-Unisa êté de 8961,420,146, donnant $25.30 par tète aux Américains ; le nôtre a élé de $216,000- 000, donnant 854.00 par tête. :
De 1856 à 1856, le traité de réciprocité.avec les Etats-Unis nous favorisant, nous développâmes nos ressources agricoles. Lauerre de sécession nous valut aussi une immense protection dent ‘nous .profitâmes pour développer nos industries nationales. Sous ces circonstances heureuses, le Bäs-Canada perdit un des plus grands hommes d’Etat qu'il eût encore possédés.
A peine Sir George est-il descendu dans la tombe. que ses anciens adversaires saisissent le moment favorable pour s'emparer du pouvoir, au moyen de la Calomnie.