‹ Cinq années de résidence au Canada [microforme] (volume 2)Chapitre 20 sur 38 · EURE · texte numérisé non relu

EURE

Le

160 LETŸRE IX.

tant pour le commerce que pour l'agriculture. 11 possède un excellent climatet un sol fécond, èt c'est la seule portion du Haut-Canada, ot on trouve une grande diversité de paysages pittoresques. Il est limité de trois côtés par des eaux navigables ; au Nord, par le lac Ontario , au Sud , par le lac Brie , et à l'Est, par la rivière de Niagara , possédant ainsi une belle frontière, mais sans aucune défense , d'environ cent vingt milles. Les pêches, les poires et les pommes y atteignent un degré de maturité et de perfection incounu dans tous les autres districts , excepté ceux de Londres et de l'Ouest. Néanmoins les avantages particuliers de ce district sont presque entièrement balancés par sa proximité des Etats-Unis , qui, en temps de guerre, en fait un séjour peu agréable pour les hommes qui aiment la paix et la tranquillité. Les fermiers sont tous Américains comme ceux de Gore , et les nexocians sont d'une classe mixte, Anglais, Ecossais et Américains. Les habitans sont au nombre de 15000.

Les districts de Lonpres et de l’'Ovesr, qui s'étendent le long des rivages des lacs Ærié et Saint-Clair, depuis l'embouchure de la grande

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riière , jusqu'à l'extrémité sud du lac Huron, possédent peut-être le plus beau climat et le sol le plus fertile que l’on puisse trouver sur tout le continent Américain 3 mais ils sont trèséloignés l’un et l’autre de la seule sortie maritime qui soit ouverte au Canada, celle du golfe de Saint-Laurent. Les Cascades de Niagara, qui interceptent la navigation entre l’Erié et l'Ontario , ôtent la possibilité d'un retour proportionné aux exportations de ces districts, aussi long-temps que les produits de l’agriculture seront peu fructueux , et que les moyens de navigation seront aussi peu faciles qu'ils le sont en ce moment ; mais si on établissait un Canal pour joindre ces deux lacs, les difficultés se trouveraient entièrement levées , et alors les districts de Londres et de l'Ouest , se trouveraient aussi avantageusement placés que ceux de Gore et de Niagara. Sur tous les autres points , ils possèdent déjà une supériorité décidée. Dans ces districts favorisés on trouve, dans toute la perfection possible , toutes les espèces de graines et de plantes qu'on cultive dans l'Amérique du Nord, à l'exception seulement du coton et de l’indigo. Tous les fruits.

par leur beauté et l'excellence de leur saveur, semblent y être indigènes. Les étés y sout trèschauds, et les hivers: beaucoup plus doux que dans les districts Orientaux. La population s’y accroît aussi avec rapidité. On compte à présent dans ces deux districts 22,000 habitans, dont près de 5000 descendent d'origine française. | Dans ces districts, et plus particulièrement dans celui de Londres , il y a plusieurs grandes étendues de terre entièrement dépouillée de toute espèce de bois. On leur donne communément le nom de Plaines ; elles sont pour la plupart d'une nature légère et sablonneuse, mal 2rrosées et fort inférieures aux terres boisées. Hi Y

a néanmoins plusieurs petites pièces de cite espèce qui sont d’une qualité très-fertile. C’est dans le voisinage de Long-Point , sur les bords de l'Ouseet dans le Burford, que sont les plaines les plus étendues , et les plus fertiles de la province. Depuis l'établissement Indien sur la rivière de l'Ouse , jusqu’au village de Burford , distance d'environ treize milles, on ne voit pas un seul acre de bois , et cependant cette étendue de terre est d'environ 100,000

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acres, dont une grande partie appartient aux Indiens de six nations, qui souvent , pour une légère compensation , en cèdent des portions aux Canadiens pour 999 ans : mais les titres en vertu desquels ces terres sont concédées sont très-sujets à discussion, parce que le :‘ 1vernement ne paraît point sanctionne ils marchés. Les plaines de la longue nt encore plus étendues et mieux cultivées.

Ce sont les seules portions du Haut-Canada, exceptéle voisinage de Niagara et de Sandwich, qui possèdent assez de moyens d'attraction pour engager les hommes qui ont quelque fortune , à s'établir dans ce pays. Néanmoins, elles sont sujettes, comme toutes les plaines d'une grande étendue , à un grand nombre d'inconvéniens, tels que le manque de bois pour le feu , pour les constructions et pour les clôtures. On peut se procurer de l’eau en creusant ; mais on est obligé d'aller très-avant dans les terres pour s’y procurer, à grands frais , les bois dont on a besoin.

On trouve aussi des plaines très-étendues dans les territoires de York, dans ceux de

Toronto , district de Hour, de Vervark et Tour I. ; 12

Stamford, district de Nracara , Ancaster et Dumfries, district de Gone. Ces plaines et

. celles dont j'ai déjà fait l’'énumération sont les

seules que je connaisse ; et j'ai lieu de croire qu’il n'en existe pas d’autres dans la province. Elles ‘sont agréablement parsemées de bosquets de chênes blancs, de pins et de peupliers qui leur donnent plutôt l'apparence de parcs plantés par la main des hommes, que de déserts incultes ombragés par leurs feuillages natifs. | | | Toutes les fois que je suis entré dans ces plaines , après avoir été renfermé plusieurs mois dans l’enceinte de sombres forêts , j'ai toujours senti mon cœur s'épanouir et mes idées s’agrandir en proportion de la vaste perspective qui s'ouvrait devant moi. C’est surtout dans l'été, lorsque ces plaines étaient couvertes des fleurs les plus variées , que j'éprouvais le plus fortement ces émotions dont je ne perdrai jamais le souvenir.

Quoique l’aspeet de ces plaines soit d’une

constante uniformité, étant toujours du même niveau et entièrement dénuées d’eau, elles offrent à l'œil un paysage délicieux, lorsque sur-

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