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7 mai 1818.
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INTRODUCTION, | xiij
A la réception de ces lettres qui équi..
valaient à un ordre de marche pour notre bande empressée , nous préparâmes tout pour nous rendre immédiatement au lieu où nous devions nous embarquer.
Comme les lettres que je publie instruiront graduellement les lecteurs de tout ce qui concerne notre colonie émigrante, je pense que la présente introduction leur paraîtra suffisante.
Départ pour Cowe. — Analyse de ce que nous éprouvons , en contemplant la contrée dans laquelle nous passons. — Regrets qui en furent les suites. — Arrivée du vaisseau qui devait nous transporter. — Sa description.
— Manière dont il était disposé, — etc.
Port de Cowe, 13 juin 1818.
C'est avec beaucoup de justesse que la célèbre lady Morgan a dit qu'il y avait certaines émotions du cœur que la plus haute éloquence ne pouvait décrire, et que tout ce qui est fortement conçu par l’âme, peint par l'imagination, ou senti par le cœur, devient faible et languissant, par la froideur et la sécheresse des détails. Jamais je ne sentis si fortement la vérité de cette assertion, que je le fais en ce
moment : la pensée de me séparer à jamais d’une contrée chérie, des compagnons de ma jeunesse et des amis de mon cœur produit dans mon âme un tel conflit de sentimens opposés, que sans l'espoir consolant de trouver l'indépendance au-delà des mers, et l’agréable perspective d’un échange constant de sentimens avec cêux qui me croiront digne de correspondre avec eux, mon esprit affaibli, dénué de toute autre consolation , aurait bientôt succombé sous le poids de ses tristes réflexions. |
Vous avez souvent essayé de me persuader que dans les premiers momens d’une viÿe afiction, il est inutile de vouloir lutter contre les chagrins dont notre cœur est accablé; mais vous pouvez vous rappeler que je n'ai jamais voulu admettre la justesse de cette remarque. Une longue et pénible expérience m'a maintenant démontré la rectitude de vos observa- * tions. :
Lorsque nous arrimâmes à Cowe , nous trouvâmes que le vaisseau destiné à nous transporter en Amérique n’était pas encoré arrivé :
nous fûmes, en conséquence , forcés de pren-
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LETTRE 1. 6 r 3
dre des logemens, que nous parvinmes heureusement à nous procurer à des prix modérés et dans un quartier très-agréable de la ville, d'où nous avions une vue étendue du port et de ses différentes fortifications.
Nous y demeurâmes plus d'un mois Avant ae
d'apprendre l’arrivée du Brunswick : c'était un très-beau bâtiment et disposé avec beaucoup de soin, pour que nous y fussions tous bien logés. Les appartemens de cabine consistaient en une vaste salle à manger, deux appartemens principaux, dans chacun desquels il y avait des logemens pour quatre personnes, et deux vastes chambres à coucher qui pouvaient recevoir environ vingt personnes. La chambre commune contenait environ quarante logemens séparés, propres à recevoir six hommes, ou un nombre proportionné de femmes ou d’enfans. Le Brunswick était commandé par le capitaine Black , officier anglais d'une grande expérience : il y avait à bord cent cinquante tonneaux de lest, cent cinquante tonneaux de munitions pour la garnison de Québec, et trois mois de provisions pour les colons de mon père qui ne devaient s’en servir