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sa famille dans une situation supportable , au moins pour les individus de cette classe. -
Hn'a jamais à craindre l'approche d’un seigneur exigeant ou d’un collecteur inflexible. il n'est assujetti qu'à des taxes légères; et bi:: que la disette de numéraireen rendele paiement par fois difficile, rarement elles sont pour lui une charge bien onéreuse. Quelle différence entre sa situation actuelle dans ie Haut-Canada et celle du pauvre laboureur irlandais resté dans sa terre natale, exposé à la faim et à-la misère. La crainte de la mendicité , de la servitude et de l'esclavage ne vient plus empoisonner sa coupe ; il a de quoi satisfaire abondamment à ses besoins. Cependant comme Alexandre Selkirk, iltourne parfois ses regards vers le pays qui l'a vu naître. Parfois il regrette sa pauvre chaumière, et les amis de son enfance et les jeux de sa jeunesse, et la société dans laquelle il a vécu. Tel est l’ättachement que conservent tous les hommes et plus spécialement, les pay:°« ::!"idais pour le lieu de leur naissance. Ces sentimens qu'on ne saurait définir, lui rappellent sans cesse qu'il est. dans une terre d’exfl, et répandent dans
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LETTRE XXMEV, ... 207
l'âme du colou émigré ua çertain degré d'amertume qui le rend en quelque sorte mécontent de l'échange qu'il a fait, quele que soient les avantages qu'il y a trouvés. Peut-être votre esprit philosophique vous fera paraître ces
réflexions ridicules; mais vous en jugeriez :
autrement , si vous étiez placés dans la même situation.
Je ne prétends pas induire de ces considérations que les regrets bien naturels qu'éprouvent ceux qui, pour s’arracher à l'infortune , ont dû quitter les lieux, séjour de leur enfance, peuvent contrebalancer les avantages réels qu'offre le Canada. Mais s'il est vrai que le
bonheur dépend de la paix de notre âme, :
tout ce qui tend à y réveiller des affections douloureuses et pAnP est un véritable malheur.
Je ne veux ni encourager à l’émigration ceux qui sont dans unesituation assez favorable pour rester dans leur propre pays, nien détourner ceux à qui elle pourrait procurèr des moyens d'améliorer leur sort et celui de leur famille. Je pose des faits : je laisse à d’autres le soin de raisonner sur ces faitse Si j'étais un pauvre
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