‹ Cinq années de résidence au Canada [microforme]Chapitre 29 sur 32 · EL PR TE · texte numérisé non relu

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presseurs, et d'être les témoins de tous leurs vices.

Quant aux tribus qui n'ont point de domicile fixe , que l’on voit errer sans cesse d’un . lieu à un autre , leur existence est on ne peut pas plus misérable. Leur lance et leur fusil , voilà les seuls moyens qu'ils aient de pourvoir à leur subsistance: aussi, souvent sont-ils exposés à toutes les horreurs de la faim. Imprévoyant et paresseux , l’Indien ne va à la recherche du gibier que lorsqu'il y est absolument contraint par le besoin. Il se repose tranquillement , tandis que sa femme est condamnée aux plus rudes travaux. S'il tue un cerf à trois ou quatre milles de son habitation, au lieu de le porter jusque chez lui, il l’attache à un arbre, et, rentré dans sa cabane , il iñforme sa femme de sa bonne fortune et du lieu où il a laissé sa proie : celle-ci, sans témoigner le moind:e mécontentement, s’achemine aussitôt vers le lieu indiqué, charge le cerf sur son dos et le porte à son maître, qui l’écorche , ct se couche nonchalamment sur la peau de l'animal, tandis que sa malheureuse compagne achève de le disséquer et de le préparer.

Aux yeux de l'homme civilisé, l'état des Indiens, (et je parle des deux sexes) est peu au-dessus de celui des bêtes. En Amérique, le nom d'indien, ou celui de nègre ne fait naître d’autre sentiment que celui de l’horreur et du mépris. On les regarde comme destinés par le souverain Créateur à supporter toutes les vexations , toutes les cruautés qu'il plaît aux blancs de leur faire souffrir ; on parle d'eux comme d'êtres dépourvus d’une âme immortelle ; on les assimile aux plus vils animaux.

Mais l'on ne doit pas adopter ces préjugés vulgaires : Miss Wright cite quelques exemples qui prouvent que les Indiens du continent Américain, sont susceptibles de se distinguer dans les arts et dans les sciences.

Je puis aussi rapporter quelques preuves de la capacité, et de l'intelligence des Indiens du Canada. Un des plus beaux caractères dont j'aie jamais entendu parler , est celui du capitaine Brandt. C'était non-seulement un brave militaire, maisencore un politique consommé.

Il a été le seul intermédiaire de tous les traités entre le gouvernement Britannique et les Indiens des six nations. Il était tellement pé-

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