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168 LÉITRE XXXII.
nomie, nourrir une famille ; mais le propriétaire de ce petit établissernnt sera dans une position à peu près semi.«ble à celle d'un paysan Irlandais : comme lui , il sera forcé de se livrer tout le jour à de pénibles travaux , et le soir, il trouvera à peine chez lui de quoi prolonger son existence. Ce scra à peu près comme Ja ration accordée à un prisonnier : elle l'empêche de mourir de faim ; mais elle est bien loin de satisfaire son appétit. D'ailleurs, le pauvre colon n'a pas, comme ce dernier, l'espoir d'améliorer sa situation, ni de parvenir à cette indépendance , pour laquelle il a bravé tant de dangers. Sa possession est trop resserrée, et il n’a aucun moyen de l'étendre.
Il est généralement convenu par tous ceux qui connaissent le Canada , que cent acres de terre sont dans ce pays une étendue trop limitée, pour qu’un agriculteur consente à les mettre en culture. Cela pourra paraître étonnant à un fermier Anglais ou Irlandais ; mais le fait n'en est pas moins constant et facile à prouver. La rigueur de l'hiver met tous les fermiers dans la nécessité de se pourvoir d'une grande quantité de fourrages pour leurschevaux
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et leur bétail ; et l'excessive chaleur de l'été, la grande sécheresse rendent les prairies presyne arides. Le haut prix des journées de travail, et la brièveté de la saison propre au labourage,
‘ne permettent pas de cultiver les terres avec les
soins et l'excellente méthode qui les rendraient aussi productives que le sol anglais. Ces diverses circonstances , la faible valeur des produits, et le prix exhorbitant des marchandises anglaises, nécessitent pour le maintien d’une famille, de grandes exploitations , et rendent, pour ainsi dire , impossible , son existence sur une concession de cinquante , et même de cent acres. Le frorhent et le maïs sont les récoltes sur lesquelles les fermiers (Canadiens comptent le plus : l'orge, l’avoine et les patates, sont aussi cultivées, mais en petite quantité. Les négocians qui, seuls, achètent le grain dans les campaghes, le paient en général d'une manière très-peu satisfaisante pour les vendeurs. Ils donnent environ 54 pour cent en marchandises , et le reste en argent. Dans ces dernières années , le prix du grain , et celui du bœuf et du cochon salés , ont étéextrémement bas. En 1818 , le froment était un article avantageux,
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parce qu'on pouvait le vendre cinq schellings le boisseau : il s'est soutenu au même prix en 1819, dans le district de Londres, et dans quelques autres parties du pays. Mais en 1822 et 1823, ce n'est qu'avec beaucoup de peine qu'on en pouvait obtenir une demi-couronne.
Le prix de l'orge varie peu, parce que la quantité que l’on en sème dans la haute province, est à peine suffisante pour la consommation des familles qui la récoltent : le prix en est crdinairement de deux schellings par boisseau.
Le porc salé vaut ordinairement dans cette province douze dollars (60 fr. de France), par baril de deux cents livres : le bœuf salé se vend deux pences la livre. Il y a eu aussi, pendant les quatre dernières années une très-forte baisse dans le prix des bestiaux de toute espèce. On peut avoir aujourd'hui pour quinze livres sterl., des chevaux qui, en 1819, en auraient coûté 25. Les bœufs qui se vendaient alors 25 livres sterling la paire, se donnent aujourd'hui pour la moitié de cette somme, et les vaches, trèsrecherchées à cette époque, pour sept liv. st., se vendent très-fréquemment aujourd'hui à trois liv. sterl. et demi.
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Il résulte de la délibération ci-après, prise par un comité de la Chambre d'assemblée du Bas-Canada , que cette province a également souffert dans ces derniers temps, de la dépréciation des produits agricoles.
« Déclaré que les gages des laboureurs et le » prix des produits du sol, ont diminué d’'en- »viron moitié, l’année dernière, de ce qu'ils »étaient pendant les deux années précédentes.
» Que le prix des terres et de toutes les autres » propriétés immobilières, a éprouvé, à la même »époque , une baisse proportionnée.
» Qu'en conséquence , de grands embarras, » des sacrifices ruineux , et une déteresse inévi- »table, ont frappé toutes les classes indus- »trieuses de cette population.
» Que, d’après les reçensemens exacts, les »exportations de la province ont été réduites, » de 766,783 livres sterling à 511,592 livres, »et les importations , de 1,294,7934 livres à » 863 »1 56.
» Enfin, que le revenu de la province, qui » est presque entièrement produit par les taxes »surles importations, est tombé , dans Je cours
» de l’année dernière, de 102,142. liv. sterl. à »93,434 livres. »
Cette déplorable diminution des exportations et des importations, et le déficit qui en résulte dans les revenus publics, sont attribués aux changemens introduits dans la législation anglaise , sur l'importation dansles royaumesunis de la fleur de farine, et de la farine ordinaire : changemens qui excluent de fait les blés du Canada des marchés de la Grande- Bretagne. Les Canadiens se plaignent, et je pense que ce n'est pas sans fondement , d’être obligés de dépendre uniquement de l’Angleterre pour une grande quantité d'objets de ses manufactures, en échange desquels ils donnaient autrefois l’excédant de leurs produits agricoles ; gt de ce qu'il ne leur est pas permis de porter cet excédant exclu des marchés anglais , dans des contrées d'où ils pourraient tirer en échaænge les marchandises qui leur manquent.
Il ne faut pas une grande perspicacité d'’esprit , pour juger qu'une-colonie où les importations, s'élevant seulement à 865,156 livres sterl., excèdent cependant jies exportations de
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350,000 livres, marche à une banqueroute prochaine et inévitable, si on ne se hâte de prendre des mesures qui fassent cesser un pareil état de choses. Je crois qu'il serait facile de remédier aux maux dont on se plaint, (maux qui s'étendent chaque jour davantage), sans adopter des dispositions qui fussent en aucune manière préjudiciables aux intérêts agricoles de la mère-patrie. Il serait, j'en conviens, grandement impolitique d'admettre dans les ports des royaumes-unis, aucun des produits coloniaux que vous pouvez tirer de votre sol en quantité suffisante pour votre consommation ; mais aussi, il est bien pénible pour nous , (je parle comme Canadien), d’être obligés d’acheter les produits de vos manufactures, lorsque vous ne voulez pas admettre en échange ceux de notre agriculture. D'après les principes de la liberté du commerce, principes que vous paraissez disposés à protéger, il doit ous être permis de proiter des avantages que nous pourrions retirer des relations :ommmercialss avec les marchés étrangers. Peut-être si la culture du chanvre et celle du tabac étaient encouragées en Canada, la balance: du com-
merce , qui est aujourd'hui si fort à notre préjudice , nous deviendrait bientôt favorable. On a déjà dit que l'Angleterre paie annuellement à une puissance étrangère plus de 1,500,000 livres sterling pour le chanvre, et l'empire britannique pourrait s'affranchir de ce tribut, en encourageant la culture de cette plante dans le Canada.
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e. On 2 es LETTRE XXXIIT.
ibut,
> dans Emigration. — Mode suie: pour obtenir des
concessions du gouvernement. — Travaux indispensables pour former un établissement. — De la meilleure mamicre de les mener & Jin.
—Conseils sur la construction d’une cabane.
— Gages à donner aux laboureurs et autres ouvriers. — Premier défrichement. -- Comparaison entre e sort des paysans Irlandais , et celui des colons du Canada. — Avantages que les premiers trouveraient dans ce pays, s’tés pouvaient y être facilement transportés. — Divers plans pour secourir les pauvres émi-
grañs. — Examen d'un de ces plans.
Avant de traiter plus particulièrement le sujet de l'émigration , je dois faire quelques ob-
servations préliminaires sur la manière dont on obtient des terres de la couronne dans le Canada ; sur les obligations auxquelles les colons sont assujettis, le prix du travail, la manière de construire les habitations au milieu de ces déserts , et les dépenses que ces constructions exigent.
Les émigrans à leur arrivée à Québec , s'ils ont l'intention de former un établissement dans le Canada , s'adressent au gouverneur général pour en obtenir des terres ; mais toutes les démarches faites à Québec dans cet objet, sont toujours inutiles et souvent infructucuses, parce que le gouvernement général se soucie peu d'intervenir dans l'administration de la province supérieure. Si l'émigrant ne veut pas aller jusqu'au siège du gouvernement du Haut-Canada, il peut faire connaître ses intentions au bureau territorial du district dans leqniel il veut se fixer. Ces bureaux ont une pieine latitude pour accorder toutes les demandes qui n'excèdent pas cent acres ; mais si on veut obtenir une concession plus étendue , il faut nécessairement s'adresser au lieutenant £ouverneur e! au Consetl.
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LETTRE AXXILL. 177
Votre demande doit être présentée sous la forme d’une pétition. Si vous désirez obtenir de la couronne une concession de 1200 acres , vous éprouverez peu de difficultés , pourvu que vous consentiez à remplir les conditions dont j'ai parlé précédemment.
En général , les émigrans de la classe inférieure arrivent à York dans les mois d'août et de septembre: aussitôt qu'ils ont obtenu leur lettre de concession, ils se dirigent vers le lieu qui leur est assigné , et commencent la pénible tâche de défricher leur domaine encore sauvage. Deux années sont accordées au colon, pour remplir les obligations attachées à la concession : elles consistent à construire sur chaque lot, une maison de vingt pieds de long ct de seize de large , à pratiquer un chemin sur le front de l’établissement , à abattre les arbres sur trois acres et demi de terre dans chaque lot de cent acres. Ces trois acres et demi de terrain, et celui qu'occupe le chemin, qui est d'environ 120 perches de long sur deux de large , sont à peu près la 20. partie de la concession. Quand ces premières con-
ditions sont remplies, et que les droits établis Tour 11. 12
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178 LAITRE XXXHT.
pour chaque concession ont été acquittés entiérement, le colon reçoit son titre, et prend rang parmi les propriétaires terriens. Si l'émigrant veut que tous les travaux préliminaires de l'établissement sojent exécutés avant de conduire sa famille dans le désert inculte, il peut les faire faire pourla somme de 25 liv. st.; mais il doit prendre la précaution de faire un marché spécial pour chaque espèce de travail, et ne payer qu'après que les conditions du marché ont été pleinement exécutées. Il doit aussi prendre garde de ne traiter qu'en présence de personnes dignes de foi, et dont il puisse, au besoin, invoquer le témoignage ; ou bien faire écrire les articles par une personne intègre , et au courant de ces sortes d’affaires. Quand on arrive sur une terre étrangère, on ne saurait trop prendre de précautions contre la mauvaise foi et l'esprit de chicane des fripons qui abondent en tous lieux.
Si un émigrant, à son arrivée à York , n’a pas à sa disposition au moins 75 livres sterl. , il ne doit pas faire faire les premiers travaux de l'établissement à prix d'argent : ce qu'il à de mieux à faire, quand ses ressources sont
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LETTRE XXXIW. 179
bornées , c'est d'établir sa famille dans le logement le plus voisin qu'il pourra trouver du lieu où est située sa concession , et d'aller ensuite, aidé de quelques personnes expérimentées, camper dans les bois jusqu'à ce que sa maison soit construite. Une cabane telle qu'il la faut à la famille d’un colon , pour son premier établissement, peut être achevée dans dix jours par quatre hommes, avec l'aide de quelques voisins.
11 est très-prudent de ne construire , dans le principe de l'établissement , qu’une modeste cabane , et cela pour plusieurs raisons , dont il suffira d'indiquer quelques-unes. 11 arrive souvent que les colons, à leur arrivée, ne connaissant pas bien le pays, construisent dans une localité peu convenable, et qu'ils reconnaissent ensuite la nécessité de changer la situation du bâtiment : ne connaissant pas les prix des matériaux , ou des objets à employer dans la construction , ils sont exposés à être dupés ; ainsi tant qu'ils n'ont pas acquis une certaine expérience , ils ne peuvent élever une maison commode , qu’en faisant des dépenses excessives et onéreuses. Îls éviteront ces
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180 LECTURE XXXUI,
dépenses, en ne construisant d’abord qu'une cabane dans laquelle la famille pourra s'établir pour une année ou deux ; après cette époque ils pourront juger d'une manière plus sûre le lieu convenable pour y fixer le principal manoir ; alors la modeste cabane sera convertie en étable , ou consacrée à quelque autre usage domestique.
Les gages ordinaires des ouvriers, dans le Haut-Canada, sont de deux schellings et six pences par jour, outre la nourriture et le logement. Les charpentiers et autres ouvriers en bois reçoivent le double de cette somme, et quelquefois davantage. L'émigrant qui va construire son habitation, doit se pourvoir d’une paire de bœufs , se faire accompagner d'un charpentier et de deux ouvriers, et se munir de provisions pour dix jours ; du pain , du cochon salé et des pois, une certaine quantité de whiskei ou d’autre liqueur spiritueuse , sont les a1limens dont on fait usage dans ces campemens.
En arrivant au lieu fixé, la première chose à faire est de construire un abri ou petite baraque, que l'on couvre de gazon ; en faisant un
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AUTTRE XXXIII. 181
grand feu à l'extérieur , du côté opposé à l'entrée , l'intérieur de cette demeure improvisée est supportable pour le peu de temps qu'on doit l’habiter. Il faut ensuite abattre les arbres, nettoyer le terrain sur lequel on veut construire la maison , et en creuser les fondemens. Cette opération terminée, on coupe et on façonne les arbres destinés à former la carcasse du bâtiment : ces arbres ne doivent pas avoir plus d'un pied de diamètre, et on les coupe à la hauteur © .venable. On fait avec ces arbres, des linteaux et des chevrons ; letout est disposé près du lieu où l'on a creusé les fondemens de l'édifice. On coupe aussi de grands peupliers , et l'on en fait des planches de dix pieds de long, si la maison doit avoir vingt pieds : ces planches doivent servir à plancheyer les appartemens. Tous ces travaux préliminaires achevés, on invite dix ou douze personnes du voisinage à venir aider à monter la charpente. A leur arrivée. on dresse les matériaux, et on forme les quatre faces du bâtiment, que l'on couvre avec des planches légères ou de l'écorce. On garnit avec de petits chevrons, les espaces laissés vides dans les
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faces du bâtiment, et on recouvre le tout à l'extérieur avec de la boue ou terre mouillée, pour empêcher l'entrée de l'air. On place une pierre pour servir d'âtre à la cheminée, que Jon construit de la même manière que celles des chaumières irlandaises. Enfin , on pose les portes et les fenêtres, et la maison est déclarée digne de recevoir un monarque : alors la famille pour laquelle elle est destinée, vient en prendre possession.
On s'occupe immédiatement de défrichement, et les coups continuels de la hache .apprennent à l'Indien errant, que les forêts qui lui servent d’asile disparaissent sous les efforts de l’homme civilisé. Les arbres sont coupés à environ 20 pouces au-dessus de terre. Les branches sont élaguées et mises en tas : les troncs sont coupés en morceaux de 12 pieds de long, et condamnés au feu sans distinction d'espèce. Quand la saison des semences arrive, on jette le blé sur la terre, et on le recouvre en faisant passer dessus une petite herse triangulaire. Le maïs et les patates sont plantés avec la houe, sans aucuñne autre préparation ; et la terre, même dans cet état, sans aucune cul-
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LETTRE XXXIIL. 189
ture , donne souvent jusqu’à 40 boisseaux de froment , ou 50 de maïs par acre.
Si des milliers de nos infortunés compatriotes irlandais, dont la pauvreté est l’héritage inaliénable , et dont les sueurs ne servent qu’à assurer et à accroître la fortune de leurs patrons, pouvaient seulement trouver les moyens de se transporter dans ces contrées, combien en peu d'années leur situation serait différente. Forcés dans leur pays natal à travailler constamment pour des. maîtres, dont la richesse principale est fondée sur les bras du paysan
dégradé , ils ne peuvent , quelles que soient
leur sobriété et leur industrie, jamais espérer
d'améliorer leur condition : une nourriture à
peine suffisante , des fatigues continuelles, des soucis toujours renaissans, voilà le seul fruit de leurs efforts. Jamais la consolante perspective d’être un jour dans une situation plus heureuse ne vient embellir leur existence. Jamais le doux pressentiment d’une future indépendance ne vient s'offrir à leur imagination, ni relever leur âme affaisée sous le pgids du malheur. Privés de tous biens dans ce monde, ils vivent sans espérance et meurent sans COnso-
ns, 5
ro F5 SC re
184 LETTRE XXXHI.
lation. Combien leur sort serait amélioré s'ils pouvaient être transplantés sur ces bords. fci après avoir travaillé pandant quelque temps pour autrui, ils seraient en état de travailler pour eux-mêmes, et pourraient alors se procurer , non-seulement une existence agréable, -mais encore une indépendance absolue et permanente pour eux et pour leur famille, si nombreuse qu'elle put être. La question est de savoir ; comment nos malheureux paysans pourraient trouver les moyens de traverser 10céan ? quant à moi je ne saurais la résourdre. On sait que rarement les hommes de cette classe réalisent seulement une somme suffsante pour traverser la Manche; et cependant on rencontre beaucoup de paysans irlandais en Canada et dans toutes les parties de l’Amérique.
On a récemment présenté divers plans pour encourager l'émigration des paysans irlandais en Canada ; mais aucun des plans dont j’ai eu connaissance ,; ne m’a paru d’une exécution facile , ni digne de fixer un moment l'attention. Tous ceux qui ont écrit sur cette matière, ou
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ne la connaissaient pas ou ne- l'ont pas assez mûrement réfléchie.
M. ForaerGiLL, dans son Esquisse de l'état actuel du Canada, publié à York (Haut-Canada.), en 1822, dit qu'un de ses amis à Londres, a récemment proposé un plan d’après lequel un grand nombre de personnes, qui subsistent maintenant en Angleterre par les aumônes des paroisses, pourraient être transportées en Canada et employées d'une manière avantageuse, tant dans l'intérêt public , que dans le leur propre. On ne peut rien concevoir de plus absurde que ce plan. Je m'en vais en citer quelques fragmens dont je dois la connaissance à M. Fothergill lui-même. Il paraît d’abord que l'argent nécessaire à l'exécution de ce projet, ne serait pas immédiatewnent remis à la disposition de l’émigrant; mais employé sous la direction de certains administrateurs, à fournir pendant deux ans les provisions , le bétail et les instrumens d'agriculture. Tout cela est inexécutable. Les terres sur lesquelles serait formé l'établissement, serviraient de gage ou d'hypothèque au payement des sommes avancées aux colons, pour leur fournir les divers
186 LETINE XXXUI.
objets qui leur seraient nécessaires. Pendant le difrichement , et jusqu'à ce que les sommes avancées fussent rentrées, le colon ne pourrait aliéner sa propriété que sous certaines restrictions fort légères : mais au momento il se sërait entièrement acquitté des avances à lui faites , il serait absolument dégagé de toute intervention. L'époque de cette libération fixée à 10 ans, pourrait être anticipée par l’industrie des colons , qui recevraient leur titre de propricté, au moment où ils auraient racheté leurs terres. L'auteur de ce plan suppose une famille de cinq individus, et dit qu’une somme de deux cents livres sterling , employée avec quelque discernement , suflirait pour mettre une famille en état de former un bel établissement en Canada, dans l’espace de deux ans, sans s'exposer à des privations. Il pense aussi que dans le cours de dix années qui suivraient son arrivée en Canada, cette famille serait en état de rembourser les avances qui lui auraient été faites, sans s'imposer la plus légère gêne. Il expose la manière dont il conçoit que cette importante affaire devrait être conduite, et donne un compte détaillé de l'emploi des fonds
endant )mmes ourrait ‘estricl se séà lui
toute n fixée indusitre de acheté se une omme e avec mettre tablis- X ANS, > aussi raient rait en raient gène.
> cette te, et fonds
LETTRE XXXIIL..
nécessaires pour la dépense de cent familles,
comme suit :
Pour transporter cent farnilles jusqu'au port
d'embarquement... . . . .
. 20001iv.st.
Pour le voyage jusqu'à Montréal. 3000 Pour les dépenses à faire à leur
arrivée e° [2 . e LL L] . L e L1
. 5ooo
Entre juin et octobre. . . . . 4500 Entre octobre 1822, et jan-
MIO ED à 0 à 4 ete à à Entre janvier et mai 1825. . Entre mai et juillet 1823. . .
En juiilet 1824. . . . . ..
Total. . .
. 20000 1iv.st.
« T1 me paraît impossible , ajoute l’auteur du »projet, que pour une semblable somme, on »puisse établir un pareil nombre d'individus » de cette classe dans aucune partie du monde,
» d'une manière plus avantageuse , et pour eux set pour le pays, que dans le Haut-Canada. »
Mais une longue expérience , plus sûre que
des calculs abstraits et de vaines théories, nous
a appris que des colons placés sur de nouveaux
re
188 LETTRE XXXLIL.
établissemens, peuvent bien y trouver de quoi faire vivre leurs familles ; mais que dans un pays où l’argent est si rare, et la vente des denrées si incertaine, il leur serait de toute impossibilité de rembourser avec leurs récoltes successives de dix années , les capitaux qui leur auraient été avancés. Ainsi s'écroule complètement l'édifice de notre faiseur de projets.
8 quoi
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te des |
oh. LETTRE XXXIV.
IX qui : |
croule
Kir- de Emigration. — Aperçu de la dépense nécessaire pour transporter dans le Haut-Canada une famille pauvre composée de cinq individus, et pour l'y établir d’une manière convenable. — Moyens d'encouragement. — Vente des réserves de la couronne, pour aider à ,l’amélioration du pays. — Produits et oonséquences de ces ventes. — Réflexions sur la nombreuse population de l'Irlande. — Calcul de la dépense nécessaire pour l'établissement d'un pauvre émigrant et sa suite.— Embarras où se trouvent les émigrans qui arrivant à Qué-
. bec sans argent. — Leurs efforts pour obtenir
une existence agréable. —Degrés par lesquels le
pauvre arrive à l'indépendance. — Avantages
que présente le Canada aux colons des classes
inférieures.
Je suis d'avis qu'avec une somme fort in- . férieure à 200 livres sterling , allouée à chaque famille de cinq individus, sans en exiger le remboursement, on pourrait la mettre en état de se transporter dans cette contrée , d'y former son établissement , et d'arriver, avec le temps, par la frugalité. le travail et l’industrie, à une situation prospère. Si le gouvernement anglais voulait employer ce grand nombre de bâtimens qui se détériorent dans ses divers ports, ou d’autres embarcations plus convenables, à transporter des émigrans, une famille de cinq personnes, dont on doit supposer trois en bas âge, pourrait être transportée jusqu’à York, siège du gouvernement du Haut-Canada , pour moins de 20 liv. sterl., y compris les provisions de toute espèce. Il est également évident qu'au prix des denrées et des divers objets nécessaires , on pourrait pour 40 liv. st., faire porter cette famille au lieu désigné; lui faire construire une cabane semblable à celles qu’habitent généralement les colons de
classes
ort inhaque exiger ttre en e » d'y avec le lustrie, nement nbre de s divers convefamille er trois jusqu'à aut-Caompris lement s divers liv.st., ésigné ; plable à lons de
cette classe , la pourvoir du bétail , des instrumens aratoires et des provisions suflisantes pour la première annéé , en sorte que ces individus n'auraient plus besoin de nouveaux secours pendant tout le reste de leur vie.
Cette somme me paraît suffisante pour fournir pleinement à tout ce qui doit être fait pour les colons de la classe pauvre; et s’il est possible de prêter à ces malheureux une somme de deux cents livres sterling pouf dix ans , il est certainement plus facile de leur donner 60 livres sterling, sans en exiger le remboursement ; car si deux cents livres sterling, au lieu d’être prêtées à un colon, étaient placées à intérêt, cette somme , dans moins de dix ans , produirait davantage que celle qu'on propose de lui donner gratuitement; et les colons à qui on aurait fait ce don, seraient dans une position bien plus favorable que ceux à qui on aurait prêté: ces derniers grevés d’une dette énorme, auraient encore l'inquiétude de ne pouvoir jamais s’en libérer.
Si cependant le gouvernement suprême manifestait l'intention de rendre la navigation intérieure du Canada plus facile et d'encourager
la culture du chanvre et du tabac, il sufhiräit aux pauvres émigrans et particulièrement aux jeunes gens, qu'on les débarquât sur ces bords. À leur arrivée, ils trouveraient immédiatement de l'emploi, et un homme industrieux pourrait facilement gagner dans une seule année une somme suflisante pour pouvoir s’établir sur une propriété qui deviendrait la sienne.
Si le Canada était réellement considéré comme une portion importante de l'empire britannique, il n’est pas douteux qu'on ne fit pour ce pays beaucoup plus qu'on n'a fait jusqu'à présent. Je suis bien assuré que si une partie des millions que le parlement impérial vote annuellement pour l'embellissement d’édifices déjà assez splendidés et pour l'entretien d’établissemens déjà très-richement dotés, était affectée à l'amélioration des colonies anglaises dans cette partie de l'Amérique, il en résulterait de grands avantages pour le peuple anglais. Si l’extension du commerce, est l'objet de ses vœux ; sil'accroissement des richesses dans ses colonies éloignées est digne d'appeler son attention ; si la possession d’une vaste étendue de territoire qui offre un asile et l'existence
uffiräit nt aux bords.
tement
K pourannée "établir sienne.
comme ritannipour ce l'à pré- partie al vote idifices d’éta- , était glaises ésultenglais.
de ses ans ses er son tendue istence
à l'excédant d'une population languissant dans la misère, faute de travail , mérite quelques considérations ; si ce sont là des avantages appréciables, et sile Canada lui-même est digne des soins paternels du gouvernement, pourquoi jusqu'à présent est-il tellement négligé ? Pourquoi n'a-t-il aucune part à cette munificence que le parlement anglais déploie? Que les régulateurs de la Grande-Bretagne et de l'Irlande nous fassent enfin connaître, que bien que l'immense Océan nous sépare de la mère-patrie , ils ne nous regardent pas moins comme membres de là même famille , etcomme ayant droit aux mêmes faveurs. Nous achetons des négocians anglais un grand nombre d’objets provenant de leurs manufactures : si notre condition était améliorée, nos achats croîtraient en proportion, et nous serions en état de fournir en retour plusieurs articles de grande utilité que l’Angleterre est obligée de tirer de l'étranger.
Je n'entends pas dire que nous ayons précisément besoin des secours pécuniaires de l'Angleterre ; mais si le gouvernement suprême voulait diriger ses regards sur cette contrée,
Tour II. 13
nul doute qu'il ne trouvât, dans le Haut- Canada seul, tous les moyens d'améliorer la navigation , de réparer les routes , d’en créer de nouvelles , et de construire des édifices publics , pour la protection de notre commerce, de notre liberté et de notre indépendance.
Déjà 232 territoires sont organisés dans la province supérieure : ces 232 territoires contiennent 18,000,000 acres de terre dont deux septièmes sont réservés, savoir un septième pour l'entretien du clergé protestant, etun autre septième sous le titre de réserves de la couronne. Quoique ces réserves restant les unes et les autres presqu'entièrement incultes retardent l'amélioration du pays, je suis loin de désirer qu'on diminue celles qui ont été sagement affectées à l'entretien du clergé; mais je ne puis pas concevoir la nécessité des réserves de la couronne demeurantimproductives entre les mains du gouvernement : et je désire nonseulement les voir diminuer, mais même les voir anéantir totalement etlivrées à des particuliers. La plupart de ces terres réservées sont dans les quartiers les mieux situés et les plus fertiles de la province , et si on les mettait en
Hautrer la créer es pumerce , ce.
y dans ritoires > dont ir un estant, éserves restant ent inje suis ont été s mais éserves s entre > nonne les partis sont : plus ait en
vente, il se présenterait immédiatement des acquéreurs.
Les terres de la couronne dans le Haut Canada s'élèvent à 2,500 acres. Si le gouvernement consentait à disposer de ces terres par lots de 200 acres , en faveur des personnes qui voudraient en acquérir, et étendait ceite faculté à ceux des habitans des États-Unis qui, en devenant propriétaires dans le Canada, prêteraient leserment d’allégeance à Sa Majesté Britannique et contracteraient l'obligation de résider dans la province, toutes ces terres seraient vendues avant l'expiration de trois années, et cette vente produirait un fonds suffsant pour faite lès améliorations les plus importantes. La valeur de plusieurs de ces terres réservées a été considérablement accrue par les défrichemens qui se ont faits autour d'elles, et elles seraient vendues au moins dix dollars par acre ; ainsi en réduisant cette Väleur à une livre sterling, je ne doute pas qu'on ne réalise, dans l’espace de trois ns, 2,500,000livres sterling. Il est à ma connaissance qu'un grand nombre d’habitans des États-Unis, autrefois sujets de la Grande Bretagne, saisiraient avec satis-
faction et empressement cette occasion de réritrer sous les lois de leur ancienne patrie. Sous quelque point de vue que l'on considère ce sujet, il me semble que le plan que j'indique offre des avantages incalculables. Non-seulement il hâterait la colonisation et le défrichement du pays, et le rendrait plus sain ; mais aussi il y attirerait des capitalistes, et offrirait un travail assuré aux malheureux émigrans qui, mourant de faim dans leur patrie, viennent chercher en Canada une meilleure existence.
On a beaucoup parlé, et depuislong-temps, de la nécessité d'adopter quelques mesures qui puissent rendre la tranquillité à l'Irlande. Mais je crains fort qu'on ne puisse que trés-difficiment améliorer le sort d’un pays surchargé d'une population dans la misère, et qui n’a aucune perspective de soulagement : pour qu'un peuple soit tranquille et soumis aux lois, il faut qu'il puisse au moins se procurer le nécessaire. C'est une insigne folie d'exiger qu’un homme reste tranquille et soit content de son, sort, lorsquefsa famille souffre la faim , et qu'avec la force etla volonté de travaillèr pour
réni- Sous re ce lique euledéfriain ; gs, et émiatrie , leure
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