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si nous en croyons quelques raisonneurs , étaient même dépourvus d'idées, se distinguent par un degré de simplicité et d'humanité qui mérite à un haut degré notre admiration.
L'unité de Dieu est reconnue par les Indiens; ils croyent aussi q'e Dieu est un esprit, et ne peut se représenter par aucun symbole visible ; et ils agissent en conséquence. Sur ces deux points, la religion des Indiens laisse à une distance immense, derrière elle, ies doctrines polythéistes de l'antiquité. Ils offrent leurs prières et leurs adorations au bon Manitou ou grand esprit, qu’ils regardent comme le créateur et le conservateur suprême de l'Univers, auquel tous les êtres animés ou inanimés sont entièrement et perpétuellement sujets : ils le conçoivent revêtu de tous les attributs de perfection et de bienveillance qu’ils sont capables de se figurer.
Quoiqu’ils reconnaissent ainsi, à un certain degré ; l'unité et la spiritualité de Dieu, ils croient qu’il a confié à plusieurs divinités inférieures le gouvernement des affaires terrestres, et que chaque homme a un esprit ou génie tutélaire qui le guide et le protège. Ils adressent à
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Indépendamment de ces esprits inférieurs, auxquels ils attribuent un caractère bienveillant, ils croyent qu’il en existe une autre classe dont les inclinations et l’influence sont mauvaises. Ils supposent que ces malins esprits ont à leur tête un pouvoir supérieur, qu’ils régardent par manière de prééminence comme lé mauvais Manitou. Toutefois ils le considèrent ainsi que ses agens comme entièrement soumis à l’autorité du grand esprit.
Ils joignent à cette croyance un rituel, auquel ils se conformaient jadis avec la plus grande exactitude. Ils avaient des époques de réjouissance et d’actions de grâces publiques, par exemple, aux saisons de la récolte ét de la chasse : les vieillards de la tribu y remplissaient les fonctions de prêtres. Ils avaient aussi un service religieux particulier , auquel le père de famille présidait.
Les Indiens ont aussi parmi eux une classe
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d’hommes qu’ils regardent comme des prophètes ou des devins. Ils supposent que ces gens sont doués de pouvoirs surnaturels, et capables de pronostiquer et même de diriger en partie les événemens futurs. Leur croyance à la puissance de ces jongleurs est peut-être la partie la plus faible de leur caractère. Les discours d’un de ces hommes opèrent si puissamment sur l'esprit des Indiens , qu'ils paralysent complétement son énergie; et comme plusieurs prophéties ont été accomplies, le mal dont le devin menace est souvent arrivé par la terreur qu’il a occasionée.
Autrefois les Indiens soignaient avec une attention particulière l'éducation de leurs enfans. Dès l’âge Le plus tendre, ils leur inculquaient la croyance de la providence toute-puissante du grand esprit, et leur enseignaient à lui adresser des prières et des actions de grâces. Avant de permettre aux jeunes gens d’aller à la chasse ou à la guerre, on les soumet à une sorte d’initiation. On suppose que, pendant cette cérémonie, le symbole du génie ou de l'esprit, sous la direction duquel ils sont placés, se révèle à eux. Cette cérémonie est accompagnée de jeûnes el
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Cette esquisse rapide, et par conséquent imparfaite du système théologique des Indiens, peut faire juger que, bien qu’erronné, il offre des traces distinctes d’une croyance plus pure. Il ne semble guère possible que les ancêtres des Indiens aient pu être idolâtres ; il est bien plus probable que leur système théologique tire son origine des traditions reçues du temps des patriarches, mais obscurcies.
Les détails dans lesquels je viens d'entrer sur la langue et la religion des tribus indiennes, sont principalement tirés de l'excellent ouvrage de M. Jean Heckewelder, missionnaire morave de l'établissement de Bethléem , en Pensylvanic. Ce livre se distingue par un caractère de candeur , de sagacité et de jugement très remarquable. M. Heckewelder a pasié une grande partie de sa vie parmi les Indiens, comme mis-
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sionnaire, et a eu par conséquent la facilité debien étudier leurs mœurs (1).
À l'instant où cette feuille venait d’être imprimée, j'ai eu le plaisir infini de faire la connaissance de M. Jean Hunter, qui a publié le récit de sa captivité chez les Indiens, depuis son enfance jusqu’à l’âge de dix-neuf ans. Les tribus parmi lesquelles il a passé sa jeunesse, habitent à l’ouest du Müssissipi; quelques-uns de leurs usages différent de ceux de la nation Lénapé. Quant aux traits plus essentiels de la croyance religieuse et du système social, les deux peuples offrent une ressemblance remarquable.
Quiconque connaît l’histoire de M. Hunter, ne peut converser avec lui sans être étonné de l'étendue de ses connaissances et de la vigueur de son esprit. Il est dans une position singulière ,
(1) Cet ouvrage, intitulé Æistoire, mœurs et coutumes des nations indiennes qui habitaient autrefois la Pensylvanie et les Etats voisins, a été traduit en français par M. le chevalier du Ponceau , un de nos compatriotes, qui est membre de la Société philosophique d'Amérique, établie à Philadelphie. La traduction de M. Duponcean a été imprimée à Paris, en 1822. (Note du traducteur.)
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relativement aux blancs et aux Indiens. Probablement aucun blanc n’a jamais eu autant la possibilité d’opérer un changement avantageux dans la condition des aborigènes qui existent encore en Amérique, et nous ne pouvons nous empêcher de nourrir l’espoir que beaucoup de bien s’opérera par son moyen. C’est un homme modeste, simple, taciturne ; il reconnaît ce qu’il y a de vicieux, et surtout de malheureux dans la manière de vivre des sauvages. Le; sentimens exaltés, les notions religieuses, le lingage poétique qu’il leur attribue, ne surprendro::+ que ceux qui n’ont pas lu l’ouvrage de M. Fleckewelder. Les récits de ce dernier, plus froids, plus prosaïques , s’accordent au fond avec ceux de M. Hunter. Celui-ci se propose , après être retourné dans les États-Unis, de réunir sur les bords du Mississipi autant de sauvages qu’il pourra, dans l'intention de les civiliser. 1] se regarde comme un instrument choisi par la Providence pour sauver les restes des hommes
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(1) Le livre de M. Hunter est intitulé: Mœwrs et
Le voyageur, en quittant Montréal, traverse le fleuve dans une pirogue, et débarque à Longueil. Le Saint-Laurent a, dans cet endroit, à peu près 2 milles de largeur. La force du courant qui se précipite à travers les îles, rend le passage ennuyeux. Sainte-Hélène, la plus grande de ces îles, a été récemment achetée par le gouvernement, pour y faire bâtir des casernes où demeureront les soldats qui habitent actuellement à Montréal.
Une diligence va de Longueil à la Prairie, qui est à 7 milles plus haut sur les bords du Saint-
coutumes de plusieurs tribus indiennes vivant à l'ouest du Mississipi. — Philadelphie, 1823, 1 vol. ir.-8®.
Cet ouvrage, qui commence par la relation des aventures de l’auteur, mérite d’être traduit en français. Il forme comme une suite de celui d'Heckewelder, et complète nos connaissances sur les peuples qui habitent depuis les bords de l'Océan atlantique jusqu'aux Monts Rocky.
Un autre Américain , Jean R. Jewitt , qui a été fait prisonnier par les sauvages de Nooïka-Sound, parmi lesquels il a vécu trois ans, a aussi publié le récit de
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Laurent ; ensuite on traverse le pays jusqu’à Saint-Jean , sur la Sorel, à 12 milles de distance. Il y a aussi une route par Chambli, au lieu de celle de la Prairie; si le voyageur en a le choix, il doit la préférer, parce qu’il verra le fort Chambli, ouvrage des Français, qui, long-temps négligé, a repris son ancien caractère, pendant la dernière guerre, et, en 1814, a servi de quartiergénéral à un camp de 6000 hommes.
Le même jour de mon départ de Montréal, je m’embarquai à Saint-Jean, sur le PAenix, bateau à vapeur, destiné pour Whitehall, à l’extrémité méridionale du lac Champlain.
La Sorel doit son nom à celui de la ville qui s'appelle aujourd’hui William-Henri, et qui, dans le temps, entourait un fort bâti en 1665, par ordre de M. de Tracy ; il était destiné à défendrele pays contre les incursions des Sauvages; il fut nommé Sorel, d’après l'ingénieur qui surveilla sa construction.
À Saint-Jean, la Sorel a plus d’un mille de large; son cours y est assez lent , de même qu’à son embouchure dans le Saint-Laurent. À Chambli il est plus rapide ; là cette rivière coule avec fracas sur un lit rocailleux , et forme un rapide
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assez fort, mais que l’on ne peut appeler violent : la roche de ses bords est du calcaire secondaire, couvert de schiste. De Chambli à Saint- Jean, la distance est de 12 milles ; on suit les bords de la rivière, en traversant un beau pays bien peuplé.
Au-dessus de Saint-Jean, la Sorel sélargit encore jusqu’à l’île aux Noix , qui en est éloignée de 9 milles, et dont l'étendue est à peu près de 80 acres. Cette île, par sa position, commande la navigation de la rivière; ce qui la rend importante comme poste militaire. Elle a, de même que Saint-Jean et le fort Chambli, été souvent prise et reprise dans les guerres qui ont désolé ces contrées. Aujourd’hui elle est fortifiée, et occupée par une garnison nombreuse.
A peu près à 1 1 milles de l’île aux Noix, on passe devant Rousés-Point qui est sur la rive gauche du Sorel. Depuis la dernière guerre, les États- Unis y ont fait élever un fort semi-circulaire en pierre, qui eût pu défer-dre parfaitement l'entrée de leur pays contre une armée venant du Canada. Mais il a été constaté par le rapport des commissaires nommés pour la rectification des limites respectives, dont la ligne doit passer sous
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le quarante-cinquième parallèle, que ce fort est sous le territoire britannique. Ainsi ce sera un présent «ue les Américains auront, sans le vouloir, fait aux Anglais. Mais il y a souvent des compensations dans les choses de ce bas monde; et les astronomes ont depuis fait une autre découverte; c’est que la seule passe navigable du rapide du Long-Saut est du côté américain de la ligne de frontière, et que par conséquent nos bateaux doivent demander la permission des Etats-Unis pour naviguer sur cette partie du Saint-Laurent.
La Sorel finit un peu au-dessus du fort, et depuis ce point jusqu’à White-Hall, la longueur du lac Champlain est de 95 milles. Pendant plus de 30 milles, il est si étroit, vers son extrémité inférieure, qu’il ressemble plus à une rivière qu’à un lac. En général, sa forme est très irrégulière; il est parsemé d’iles, dont quelques-unes sont très grandes; ses rives sont découpées par un graud nombre de promontoires et de pointes; ses bords sont ordinairement plats, et boisés jusqu’à leur extrémité mouillée par ses eaux.
Le bateau à vapeur s'arrêta devant une petite maison en bois, sur la rive gauche; c’est la
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160 . M. DUNCAN, douane des États-Unis; un employé vint à bord pour visiter les bagages des voyageurs; ce qu'il fit avec beaucoup d’honnêteté. Le bateau continue sa marche, et l'employé descend au poste le plus prochain où il attend le bateau qui descend.
A peu prés à 25 milles de Rousés-Point, on entre dans la baie de Plattsbourg. Le bateau mouilla devant la ville, pour déposer et prendre des passagers. Ce fut là que la flotte britannique, commandée par le commodore Downie, fut prise en 1814 par celle des Américains, sous les ordres du commodore Macdonough; le brave Downie fut tué dans ce sanglant combat.
Plattsbourg est une jolie Jpetite ville où il règne une grande activité; elle est bâtie sur un terrain en pente douce. Le bateau étant resté mouillé à une certaine distance, je ne descendis pas à terre. D'ailleurs, je ne me souciais guère d’aller reconnaître des lieux qui rappellent des souvenirs peu flatteurs pour un habitant de la Grande-Bretagne. Nous n’avons pas cueilh des lauriers dans notre dernière campagne sur ce lac.
Nous arrivämes l’après -midi à Burlington,
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située à 24 milles plus loin, sur la rive opposée. Cette ville est dans l’état de Vermont ; elle est au fond d’une baïe sur la pente et le sommet d’un coteau assez escarpé; elle est bien bâtie. Le collége est dans la partie la plushaute, à 330 pieds au-dessus de la surface du lac. En 1815, ce lieu n’était qu’une solitude. Aujourd’hui Burlington compte à peu près 2000 habitans; c’est la ville la plus commerçante du lac. Au-delà de Burlington le pays devient montagneux.
Pendant la nuit, le bateau passa devant Crown-Point, sur la rive occidentale du lac, au point où il se rétrécit et ne forme plus en quelque sorte qu’une rivière. On y voit les ruines d’un fort en pierre , bâti, dans l’origine, par les Français, et ensuite renouvelé et augmenté par les Anglais, quand ils furent devenus maîtres du Canada.
A une douzaine de milles, plus au sud, on trouve les ruines du fort Ticonderoga, bâti également par les Français, sur une haute pointe de terre de la même rive, à l'embouchure du lac George, dont les eaux arrivent d’un pays très élevé; sa longueur est à peu près de 36 milles, et sa largeur, d’un à deux milles: il est pres-