Cinq ans à Panama et le canal interocéanique de M. de Lesseps [microforme]
Huit jours en mer, — San-Salvador, Crooked-Island, Navassa.— Colon-Aspinwall:; son port, ses plantes, sa lagune, — Insalubrité de la ville; le cimetière, = Les urubus. — Le chemin de fer isthmique, ses divers aspects : les marais de Mindi, Gatun, Barbacoas, La Gorgona, Matachin, Gamboa, Empérador, Culébra, El Paraiso, = Arrivée à Panama,
Par un beau jour ensoleillé le Colon, grand paquebot-poste à vapeur, en partance pour l’isthme de Panama, se détache vers midi du quai d'embarquement, à New-York, et gagne rapidement la haute mer.
du mois de mai 1880,
Je suis à bord, en route pour la Californie, par voie de Colon, tête de ligne du chemin de fer qui s'étend Sur l'isthme entre les océans Atlantique et: Pacifique,
Tandis que le navire fait vapeur à travers un véritable réseau de bâtiments, et que nous passons en revue les mille points de vue familiers à ceux qui connaissent la pittoresque capitale Coïinerciale de
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l'Union américaine, les nombreux passagers de première classe s'installent avec rapidité dans les vastes ‘abines.
Nous voilà en route pour une traversée de huit jours, Colon se trouvant à 3,667 kilométres de New- York.
La vie, sur les paquebots océaniques, est bien un peu partout la même. Pour ceux qui ont navigué, la première préoccupation, c'est les repas; la seconde, c'est le coucher. Le confort,en mer, dépend beaucoup d'une chose : sera-t-on seul dans une cabine, ou en intimité fofcée avec deux où trois passagers? Si les compagnons sont d'anciens voyageurs, tout ira pour le mieux. Mais il n'en est pas toujours ainsi. Alors, on se regarde en chien de faïence. Bon nombre se réfugient dans leur cabine dès que le navire embarque, et les personnes sujettes au mal de mer donnent un spectacle déplaisant à l'œil, désagréable à l'oreille.
Le service, à bord de ces paquebots-poste, est excellent. J'ai fait sur eux, en tout, onze voyages; je puis dire qu'il n'y a pas, en mer, de navires mieux conduits où micux aménagés.
Au bout de huit jours, nous apercevons l'ile de Wathing ou San-Salvador, la première terre découverte Jar Colomb, lors de son fameux voyage, en octobre
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San-Salvador fait partie des Bahamas, groupe de 20 grandes iles et de 600 ilots appartenant à l'Angle- {crre,
Nous passons par le détroit de Crooked-Island, bras de mer au milieu de quelques-unes des iles dé ce groupe, Sur l'une d'elles s'élève un phare, Quand un navire arrive devant ce poste solitaire, on à l'habitude de laisser au gardien des provisior- ou des journaux pour l'aider à tuer le temps.
L'ile de Navassa, qui fait partie du groupe, a acquis une certaine notoriété par ses dépôts de guano. On en éxporle une grande quantité aux États-Unis.
‘ Bientôt, nous sommes en vue de l'extrémité orien: : tale de Cuba, la « Réine des Antilles »; NOUS y doublons le. Cap Maisi, près de son phare en pierre, A 174 kilomètres, vers l’est, se trouve Haïti, la « Répu-
blique noire ? Comme l'a baptisée Spencer Saint- John.
Nous touchons au terme de notre voyage.
Le matin du jour fixé pour l'arrivée, je me levai avant l'aube et montai sur le pont. Je vis dans le lointain, aux premières lueurs de l'aurore, des monlagnes dont la base était enveloppée de brumes. Le Capitaine Griffin — dont je me souviens toujours aVeC plaisir — me dit que Ces géants des nuages étaient la Cordillére dos Andes, de l'Amérique du Sud.
Cependant que notre navire faisait force vapeur, je sentis tout à coup, à mon grand étonnement, une odeur exquise répandue dans l'air.
Nous étions au commencement de l'été; d'abondantes pluies étaient tombées sur l'isthme; la nature entière était souriante, et le parfum venait de milliers de fleurs sauvages et d'arbres fleuris.
Le jour se leva, radieux; le soleil monta dans l'azur, la brume se dissipa, et nous entrâmes dans la baie de Limon. Fe
Colon était devant nous avec ses quais, ses navires, ses bateaux, tout ce qui constitue un véritable port de mer. De tous côtés, des palmiers; à l'arrière- -plan, un épais marécage de palétuviers. Le tout avait cette teinte de claire verdure qui ne se rencontre que sous les tropiques.
Le débarquement est facile à Colon : un môle relie le navire au rivage, et les voyageurs peuvent avec rapidité se rendre à la gare du chemin de fer. Mais, sans parler d'une température dont la chaleur suffocante est rendue morbide par les exhalaisons d'un sol marécageux, les vents du nord se déchainent souvent avec rage sur cette rade, que nul obstacle naturel ou artificiel ne protège. On a vu des navires sombrer à 30 mètres du rivage.
Coion-Aspinwail, bâti sur pilotis, près de la rive
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