‹ Cinq ans à Panama et le canal interocéanique de M. de Lesseps [microforme]Chapitre 13 sur 80 · TON" A PO · texte numérisé non relu

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Le commerce était alors il l’est aujourd'hui, concentré entre 1 étrangers, qui, outre les Capi tent ce

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À Panama, et sur tout l'isfhme, la santé dépend de la manière dont on y vit.

Il va sans dire qu'une vie régulière, dans tout pays

de la zone torride. est indispensable, Par vie régulière,

voici ce que j'entends : I] faut se lever {ôt, prendre un

bain, puis une tasse de café, avec un petit pain. Le déjeuner, qui sera à a fourchette, aura lieu à onze

heures où à midi. Je commen ques fruits mûrs; apros QUOI, je prenais de la viande, un légume et du café. À six heures, on dine, mais le repas doit être léger; on se livre ensuite au far niente et on se couche de bonne heure,

fais Ce repas par quel-

Cest là, d'ailleurs, le régime de la plupart de ceux qui habitent les pays chauds,

La vie régulicre porte en soi procure le maximum de malaise. Les abste

sa récompense : elle Santé et le minimum de

emes sont les plus heureux. Bien des gens penseront qu'un te

Lone, voire même

l'régime deviendra monotout à fait ennnyeux, Je n'en dise

conviens nullement; mais, en l'adoptant, ils se prémuniront contre la maladie,

Qu'il me soit permis de dire un mot sur l'usage de l'alcool, de la bière et du vin.

Je donne ici le résultat de mon expérience et de mes observations professionnelles pendant huit années passées sous les tropiques. Ayant essayé, tantôt un régime stimulant modéré, tantôt une abstinence complète, je crois pouvoir affirmer que ceux qui offrent le moins de prise aux effets pernicieux du climat sont d'une entière sobriété,

À Panama, la fièvre jaune est une maladie particuliérement dangereuse, Dans les premières semaines qui suivirent mon arrivée, en 1880, sur 41 personnes entrées à l'hôpital de la Charité, pas une n'échappa ; sur 27 autres personnes soignées dans les hôpitaux appartenant à la Compagnie du Canal, une seule fut sauvée, En thèse générale, la mort est Ia règle ; la guérison est l'exception. Il est vrai de dire que la fièvre jaune emporte également, sur l'isthme, plus d'une personne absolument sobre. Je puis, toutefois, rapporter trois cas désespérés, dont le mien. Grâce à leurs habitudes de tempérance, tous trois ont guéri, bien qu'abandonnés des médecins.

Quant à préconiser l'usage de l'alcool dans les pays chauds, et prétendre qu'on s'en trouve bien, c'est là une illusion qu'entretiennent seuls les gens qui aiment à

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boire. Les praticiens savent, à n'en pas douter, que, même chez les personnes sobres, le foie augmente toujours quelque peu en volume. Et ceci se comprend : les organes ont leur bonne part de travail, nrême dans les climats tempérés, Sous les tropiques, dans la zone de la malaria et de le lièvre jaune, où règnent continuellement l'humidité et une chaleur étouffante, les poumons ne peuvent librement accomplir toutes leurs fonctions : ils en laissent une bonne part au foie, qui, d'après des lois physiologiques bien connues, se gonfle d'une manière appréciable,

Autre point.

Bien des sens, el des plus intelligents, croient communément que l'ardeur des sens s'accroit démesurément dans les Pays chauds. C'est unc erreur. Voici la vérité : les étrangers, pour la plupart, se trouvent à l'écart de la vie de famille ; beaucoup d'entre eux vivent seuls, sous un ciel embrasé, où les Conditions d'existence portent à un relâchement général. S'ils se laissent entrainer à la vie de garçon — ce qu'ils font presque tous — c'en est fait d'eux. Pour tuer le temps, ils s'attardent au jeu, où à d'autres distractions plus énervantes encore. Bientôt, ils tombent malades. Ceux mêmes qui boivent peu, qui n'ont même jamais été pris de boisson, sont les premiers à succomber dès qu'une épidémie de fièvre jaune se déclare.

Je ne suis pourtant pas un professeur de tempé-

rance à tous crins, loin de là. Tout en étant sobre, je ne pratique pas une abstinence complète, Je ne fais que citer des faits avérés par fous ceux qui se sont donné la peine d'étudier Ia matière, Aucune vérité n'est mieux attestée par les Spécialistes, N'allez pas Sous les tropiques, si vous pouvez Vous en dispenser ; Si vous y allez, gardez-vous dos Stimulants alcooliques. Combien de fiers jeunes gens, partis pour l'Amérique du Centre ou du Sud pour y chercher la fortune où la gloire, ny ont trouvé que la mort! Minés par la dysenterie, que les ignorants attribuent au climat, alors qu'on ne doit l'imputer qu'à leur propre vie déréglée, le vice et les femmes, les plus robustes y succombent les premiers, La faute en est moins au climat, si mauvais soit-il, qu'à euxmêmes.

Le commerce de Panama consiste surtout dans le lransit des marchandises venant des diverses parties du monde ou y allant, Les productions agricoles, venant des pays que baigne l'océan Pacifique, traversent l'isthme, de la ville de Panama à celle de Colon, où elles se répartissent entre les nombreux navires allant aux Antilles, aux États-Unis, ou en Europe, et au Canada. Les marchandises qui traversent l'isthme dans le sens inverse, c'est-à-dire de Colon à Panama, sont portées Sur des transports à Vapeur qui vont au sud, vers le Chili et le Pérou ; au nord, vers l'Amérique centrale et San-Francisco, et ‘ensuite vers les ports lranspacifiques, Le commerce

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intérieur de l'État de Panama se concentre presque exclusivement dans la ville.

L'État de Panama forme la pointe extrême septentionale de l'Amérique du Sud: il se termine par Îles départ-ments de Chiriqui et de Véraguas, qui confinent la limite sud de Costa-Rica, c'est-à-dire Ja r'épublique méridionale extrême de l'Amérique centrale,

Voilà quelques années, la principale industrie de l'isthme était l'exportation du caoutchouc, dont la valeur, alors, était considérable, Sur consignation des Marchandises, les négociants de Panama et de Colon tiraient leurs lettres de change. L'isthme du Darien, au nord-est de l'État de Panama, étaitune des régions qui fournissaient le plus de caoutchouc. Il y avait encore un commerce assez important: celui des noix d'ivoire végétal, fruits d'une espèce de palmier.

Dans l'isthme de Panama, la consommation est plus forte que la production. A dire vrai, Oh y attend son pain quotidien de la farine qui arrive de San-Francisco et de New-York. Il en est de même pour la plus grande parlie des comestibles et des légumes. C'est uniquement à sa situation que l’isthme de Panama doit son commerce et son importance, Ses manufactures, comme toutes ses industries, sont aujourd'hui entravées par de monstrueux monopoles,

Un jour, en ma présence, on posait cette question : « Quelle est la principale industrie de la Colombie ? »

Un Colombien, à l'esprit alerte, répondit : « L'insurrection, » El c'est vrai : l'insurrection est à la fois une profession, une science et un jeu. Le docteur Rafaël Nuñez, president de la république de la Colombie,

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