À CINQ ANS A PANAMA
des raffinés ou nuisent à l'esprit naissant des enfants. Ces pauvres gens, nés malins, sont d'une simplicité, d'une bienséance délicieuses, Sans avoir jamais entendu le mot fameux de Napoléon : «Il faut laver son linge sale en famille », ils mettent ce proverbe en pratique. En cas de rupture, 6n partage les biens de la communauté : l'homme prend une partie des enfants ; la femme, l'autre partie, et chacun s'en va de son côté former une nouvelle alliance, si telle est son
idée,
Mais, admettons l'hypothèse d'une bonne entente entre les hautes parties contractantes. Juan et Maria ont besoin d'une maisonnette pour y demeurer. Juan se met aussitôt en voir d'en construire ou d'en louer une, Ce genre de «on s'appelle une rancho.
C'est une cabane qui a pour mérite essentiel d'être à l'abri des tremblements de terre, assez fréquents dans ces parages. Sa construction est facile. On choisit quatre arbres convenables de dix à quinze centimètres d'épaisseur, qu'on abat avec le machete. Les branches inutiles sont enlevées. Lorsque les arbres forment une fourche, on la conserve avec soin. Ces cabanes sont, pour la plupart, de forme carrée.
Les quatre troncs, ainsi préparés, sont profondément enfouis dans la terre qui est bien battue. Ils forment les’ quatre poteaux d'encoignure; on ajoute des traverses qui vont d'une fourche à l’autre. Contre celles-ci s'adaptent des pieces latérales, fixées avec
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des osiers d'une façon aussi adroite que solide, Vient alors la construction du toit qui se termine en cône, On prépare pour cela de tout jeunes arbres dont on coupe le faite à angle aigu, qu'on appose simplem et qui, par des entailles, tiennent ensemble sai moindre clou. On les monte deux à deux, puis on leur attache la pièce du faite. On prend ensuite de longues etminces branches d'arbre où des bambous, et on les attache horizontalement sur Jes traverses, à égale distance les unes des autres.
Le chaume se fait de trois façons : en herbes du Pays, en feuilles de bananier ou de laurier-rose, Sur l'isthme de Panama, on emploie généralement ces deux dernières, C'est par le bas que l'on commence, On choisit des bottes de fouilles que l'on plie par le milieu; le pli se met au-dessous de la premicre baguette de bambou et tombe en bas. Puis on place une botte après une autre pour finir la première rangée ; on fait ensuite la rangée qui doit recouvrir la précédente, et ainsi de suite jusqu'au faite, Ensuite, avec de l'écorce d'arbre ou des parties du bananier, on obtient des bandes larges et flexibles qui s'adaptent exactement tout le long du toit en cône. Par mesure de protection contre le vent, on lie les fourches ensemble et on surcharge le toit de pierres.
On ajoute parfois à la case un étage supérieur qui sert de chambre à coucher, Un tronc d'arbre incliné à 30 degrés, qu'on entaille de manière à former des
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