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Sur l'Atlantique. Il était à la tête d'une petite flottille de neuf caravelles et de 460 de ses compatriotes,
Cette expédition prouve l'audace et la résolution de cet homme, car Porto-Bello était une place forte de premier ordre, A ceux qui objectaient la disproportion numérique de ses forces, Morgan répondait que, moins on était de combattants, plus large serait la part de butin. Cet argument parut irrésistible, et la ville, malgré ses bastions et ses défenseurs, fut enlevée par une poignée d'hommes qui n'accordaient aux autres et ne demandaient pour eux-mêmes ni quartier ni merci,
Les Espagnols luttorent vaillamment contre les pirates anglais. Plus d'un riche habitant chercha refuge dans les forts, où il apportait son argent et ses biens les plus précieux. Morgan, pour approcher de la place, avait contraint ses prisonniers — des prêtres et des sœurs de charité pour la plupart — de porter les échelles de siège et de les dresser contre les murs d'enceinte, Cette tactique obligeait les soldats espagnols ou de cesser le feu, ou de le Continuer, au risque de tuer leurs propres concitoyens.
Le commandant, malgré les supplications de ces innocents, ne consulta que son devoir d'homme de guerre e{ donna l'ordre de tirer indistinctement sur tout être, ami ou ennemi, qui approcherait de la muraille. Lüi-même, d'ailleurs, affirmait qu'on ne le prendrait pas vivant. Et il tint parole,
126 CINQ ANS À PANANA
Avant que les échelles fussent mises en position, un grand nombre de ces Pauvres gens avait péri.
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Alors les boucaniers tenant à Ja main leurs engins de bord, remplis d'explosifs, Montérent à l'assaut et balayérent les remparts,
La citadelle prise, les Espagnols se rendirent tous, à l'exception du Commandant, qui, sous les yeux de Sa femme et de Sa fille, mourut les armes à la main, disant qu'il aimait mieux tomber en Soldat que d'être pendu comme un lâche.
Ce drame accompli, les boucaniers, suivaut leur coutume, se livrérent à tous les excès. Ils Pillaient, égorgeaient ou violaient tout ce qui leurtombait sous la main, Une débauche cffrénée, qui dura quinze jours, Sensuivit. Plusieurs des boucaniers Moururent des suites de leur Propre intempérance. On ne faisait trêve à ces saturnales que pour (orturer Jos prisonnicrs, sous prélexte de leur faire livrer des trésors qu'ils n'avaient Pas.A ce moment, Cinquante hommes résolus auraient PU reprendre la ville et la Citadelle, Malheureusement, les Espagnols, dans leur folle terreur, ne surent ni se Concerter, ni former un plan d'action.
Entre temps, le président de Panama, don Juan Perez de Guzman, avait été averti de ce qui se passait sur le versant 0pposé de l'isthme. Bien que les secours espérés de ce côté par les malheureux habitants de
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IIS pouvaient arrià l'autre, Morgan jusea prudent de \ retirer ses forces. ]] fit enlever une bonne partie des Ÿ canons qui garnissaient les fortifications Pour les transporter à bord , lit enclouef le resle, et, après les habitants, de- Manda une r Pour Ses prisonniers Il eut même l'effronterie Conditions au président de Panama de Porto-Bello : une centaine de bou- L Perez de Guzman dans un défilé et tre en retraite. Le pr demandés et laiss aisiblement.
de ses Caravelles aVoir saigné à blanc aNÇOon formidable el la conservation de la ville.
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qui S'approchait Canicrs arrôtoren le forcérent de bi les 100,000 écus s'embarquer P
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Le président de Pan si petite troupe tenir si longte
aa fut tellement élonné qu'une ait pu prendre les forts et se main- Mmps dans la ville, qu'il envoya, dit-on, un messager au chef des pirates pour lui demander Un Spécimen de ses armes. Morgan recut poliment ce messager, lui donna un Pistolet et quelques balles, en lui disant de prier le président d'accepter un si maigre échantillon des armes qui lui ay prendre Porto-Bello, de le garder pend que, au bout de ce temps, lui, Morg reprendre à Panama.
aient servi à ant un an et an, viendrait le
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En échange, le président fit remettre bague en or, le pr
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à Morgan une as se donner la peine voyage, et que, d'ailleurs,
si l'envie lui en prenait, il ne ferait pas si bonne chère qu'à Porto-Bello.
À la suite de cet exploit, Morgan dirigea encore plusieurs expéditions heureuses; si bien que, dans les premiers jours d'octobre 1670, il se vit à la tôte d'une foule d'aventuriers, gens de sac et de corde, de toutes les conditions et de tous les pays, qui, de la terre et de la mer, accouraient au devant de lui pour se ranger sous sa bannière, Il y avait, dans sa troupe, beaucoup de chasseurs et des cultivateurs, des Anglais, des Français, des Allemands.
Le premier souci de Morgan était de ravitailler sa flotte avec le boucan envoyé par les chasseurs qui Pillaient les étables à porcs des indigènes. Le mot boucan se dit du lieu où l'on fume la viande. Ceux qui procuraient le jambon aux pirates et qui, en réalité, étaient leurs alliés, furent appelés « boucaniers ».
, P Plus tard, ce mot s'est appliqué à tous les flibustiers. ; puq
Les succès de Morgan furent tels que, à cette époque, il commandait trente-sept vaisseaux, abondamment approvisionnés et portant deux mille combattants.
Ce fut alors qu'il songea à attaquer de nouveau Porto-Bello, qui ne tarda pas à succomber. Puis, il tourna son attention vers Panama, sur l’autre versant de l'isthme, afin de tenir sa promesse et reprendre son pistolet.
Morgan détacha quatre cents hommes de Porto-
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e pluns les d'une toutes rre et e ranbeauglais,
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Bello pour attaquer le fort de Chagrès, dont il jugeait l'occupation nécessaire pour la réussite de sa prochaine entreprise contre Panama. Le fort fut enlevé par suite d'une cause assez fortuite,
Un boucanier, qui avait été blessé par une flèche tirée du fort, retira cette flèche de son corps, l'entoura d'un peu de coton, la mit dans son mousquet et la déchargea contre le fort. La poudre embrasa le coton et mit le feu aux toits en feuilles de palmier de quelques hangars qui se trouvaient dans le fort; la flamme se Communiqua à la poudre et fit sauter une partie des remparts. Au même instant, tandis que 15s Espagnols cherchaient à arrêter l'incendie, les boucaniers parvinrent à mettre le feu à plusieurs endroits des palissades, ce qui augmenta la confusion des défenseurs,
À la fin, les boucaniers firent une brèche, malgré le liquide enflammé que les Espagnols leur envoyaient des remparts et qui leur fit beaucoup de morts. L'attaque et la résistance continuèrent pendant toute la nuit. Les boucaniers tiraient sans trêve au travers des brèches.
Le lendemain, dans l'après-midi, les boucaniers s'emparèrent d'une brèche défendue avec opiniâtreté par le commandant lui-même et vingt-cinq hommes. Les soldats espagnols luttérent avec une valeur sans exemple; le désespoir leur donnait un courage surnaturel; mais rien ne pouvait résister à l'impétuosité
13 CINQ ANS A PANAMA des pirates, qui se frayaient un chemin à travers tous les obstacles.
Le commandant s'était retiré dans le corps de garde, devant lequel il avait fait placer deux pièces de canon. Là, il soutint encore un combat inégal et sans espoir. 11 tomba, enfin, sous une balle de mousquet qui lui fit sauter la cervelle. Sur 314 hommes de garnison, 30 seulement ne furent pas tués; encore, sur ces 30, il y avait une vingtaine de blessés. Pas un oflicior n'échappa.
Les boucaniers surent, par ceux qui avaient survécu, que le gouverneur de Panama était instruit de leur projet contre la ville : trois mille six cents hommes les attendaient.
Morgan, dès qu'it connut la prise du fort de Chagrès, häta sa marche vers ce lieu; il emportait avec lui toutes les provisions qu'il avait pu se procurer dans Santa-Catalina, ile où il se proposait de revenir après avoir pris Panama.
À son arrivée, le gros de la troupe des boucaniers fut heureux de voir flotter les couleurs anglaises sur le fort de Chagrès. Morgan lit une entrée triomphale dans la citadelle, où il fut reçu avec tous les honneurs de la guerre. Avant son arrivée, les blessés, les veuves des soldats morts pendant le siège et les autres femmes avaient été enfermés dans l'église, où
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Morgan, comme toujours, se montra insensible à leur sort. I fit travailler les prisonniers à la réparation des remparts et à l'édification de nouvelles palissades. “ 11 s'empara également de toutes les embarcations qui se trouvaient sur le fleuve du Chagrès; plusicurs d'entre elles portaient de deux à quatre petites pièces de canon.
k ils furent soumis au plus brutal des traitements. À }
Ceci fait, Morgan laissa cinq cents hommes de garnison dans le fortet cent cinquante sur les vaisseaux; puis, le 48 janvier 1674, à la tête de douze cents boucaniers, il se dirigea, par terre, vers Panama, sans se soucier des embtscades espagnoles ou décidé à les braver.
Désireux de se porter en avant, Morgan commit 4 une faute capitale : il n'emporta presque pas de pro- © visions. Il avait calculé que, pour faire cette marche, À il lui faudrait moins de temps qu'elle n'exige et qu'il 4 ferait des razzias en route. Dès le premier jour les ® provisions manquérent; le second jour, il fallut aban- © donner les canots; les eaux du fleuve étaient trop A basses; puis, des arbres abattus gisaient en travers ct rendaient ce mode de locomotion impraticable,
Bientôt, les boucaniers étaient tellement poussés “par la faim qu'ils mangèrent et trouvèrent délicieuses Ades outres en peau qu'ils rencontrèrent dans un camp “abandonné par les Espagnols. Sur toute leur route, jusqu'à Panama, les Espagnols avaient pris soin de Me pas laisser de provisions.
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Le cinquième jour, dans une embuscade délaissée, on trouva un peu de maïs, du vin et des plantains, que les boucaniers se partagérent avidement,. Le jour suivant, ils découvrirent une grange pleine de maïs ; la porte enfoncée, les affamés s'y rucrent et dévorérent le blé sans se donner la peine de le cuire.
Le huitième jour, ils furent accueillis par une grêle de flèches que des Indiens embusqués tiraient sur eux d'un endroit invisible. Ils eurent à soutenir cette fois une lutte courte, mais dure, contre cette troupe qui s'était dissimulée dans un bois. Dix flibustiers périrent‘dans cette escarmouche.
Après une autre journée de privations et de souffrances auxquelles des hommes pareils pouvaient seuls résister, le matin de leur neuvième jour de marche, les boucaniers découvrirent avec allégresse, du sommet d'une hauteur, la majestueuse étendue d'eau qu'on appelait alors la Mer du Sud, toute sillonnée de barques et de vaisseaux qui sortaient paisiblement du port de Panama encore caché à leurs yeux par une échancrure de la baie.
Un spectacle non moins agréable s'offrait à leurs regards, dans la plaine, à leurs pieds. De grands troupeaux de bestiaux, d'ânes et de chevaux, paissaient dans la vallée. Les boucaniers se précipitèrent au festin. Ils tuèrent tous les animaux dont ils avaient besoin et se rassasièrent de viande crue. Le sang leur coulait de la barbe jusqu'au milieu du cogps.
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Le même soir, ils aperçurent au loin le clocher de Sainte-Anastase, À cette vue, oubliant leurs peines passées et escomptant à l'avance le butin magnifique que la prise d'une si belle ville devait leur apporter, ils s'abandonnérent à la joie la plus délirante, jetant leurs bonnets en l'air, dansant, chantant, hurlant, battant du tambour et sonnant de la trompette comme une troupe démoniaque,
Ils établirent leur camp, pour la nuit, près de la ville, avec l'intention de monter à l'assaut le lendemain, au matin.
Pendant la nuit, une troupe de cinquante cavaliers espagnols sortit pour faire une reconnaissance; ils s'avancèrent à portée de mousquet des pirates; puis, se relirèrent, laissant quelques-urs des leurs surveiller les mouvements de l'ennemi.
À ce moment, les canons de la ville commencèrent à donner sur le camp; mais, soit qu'ils fussent trop loin, soit qu'ils fussent mal pointés, ils ne firent aucun mal,
Les boucaniers placèrent des sentinelles autour du Camp, firent un nouveau repas de viande pour se préparer aux fatigues du lendemain et s’étendirent sur l'herbe où, bercés par l'artillerie espagnole, ils s'endormirent profondément jusqu'au jour.
De bonne heure, le camp fut debout, Apres l'appel,
les hommes se déployérent en ordre de bataille et s'avancérent contre la ville, au bruit des tambours ct au son des trompettes,
Au lieu de prendre la route ordinaire, que les Espagnols s'étaient préparés à défendre, Morgan jeta ses hommes dans un bois par un sentier enchevôtré et dificile où, cependant, ils ne pouvaient pas craindre d'être subitement arrôtés. Cette tactique déconcerta les Espagnols.
Le président de Panama, qui commandait les forces en personne, était à la tête de deux mille quatre cents miliciens, deux cents hommes de cavalerie et quatre régiments d'infanterie. De plus, un grand nombre d'auxiliaires indiens conduisaient un troupeau de deux mille bœufs sauvages, qu'ils devaient pousser dans les rangs des boucaniers pour y semer le désordre.
Les boucaniers virent avec indifférence ce déploiement de force extraordinaire ; mais ils furent quelque peu troublés en apercevant l'ordre régulier, la discipline imposante des régiments de ligne rangés pour les recevoir,
I était trop tard pour battre en retraite.
Morgan sépara ses forces en trois détachements ;
deux cents habiles tireurs formaient l'avant-garde. La petite armée se tenait alors sur le haut d'un mon-
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licule d'où l'on pouvait voir distinetement toutos los troupes espagnoles, la ville et la Campagne environhante,
Quand les boucaniers se mirent à descendre, la cavalerie espagnole, au cri de Viva el Bey! s'avanc: immédiatement à leur rencontre; mais le terrain mou et marécageux géna beaucoup la manœuvre des cavaliers.
L'avant-garde des boucaniers, tous fins lireurs, mit un genou en terre et les reçut chaudement, Une mélée s ensuivit et une lutte COrpS à Corps commença,
Morgan lança ses boucaniers entre la cavalerie et l'infanterie espagnoles et réussit à les séparer; les bœufs sauvages, effrayés par le tumulte et le bruit des armes, s'enfuirent à la débandade ou furent tués
par les boucaniers,
Après un combat de deux heures, la cavalerie espagnole recula. Un grand nombre ayant été tué, le reste s'était enfui. Ce que voyant, les fantassins firent une dernière décharge, jetérent leurs mousquets et suivirent l'exemple des cavaliers. Quelques-uns se réfugièérent dans les fourrés voisins; et, bien que les boucaniers eussent abandonné la poursuite, ils prirent un sauvage plaisir à égorger tous ceux qui, par hasard, leur tombaient entre les mains. C'est ainsi que plusieurs prêtres et religieux furent massacrés par l'ordre de Morgan. Un officier espagnol, qui avait été fait prisonnier, donna aux boucaniers des rensei-
Se
snements précis sur la force de leur ennemi et le plan de défense, ce qui leur permit d'approcher de la ville par le point le moins dangereux,
À la suite de cet engagement en rase campagne et de la boucherie qui s'ensuivit, les boucaniers prirent un peu de repos pendant lequel ils s'engagèrent, par des serments réciproques, à ne pas se rendre tant que l'un d'eux serait vivant, Emmenant alors leurs prisonniers, ils s'avancérent sur les grosses pièces d'artillerie braquées dans les ;ues et contre les barricades élevées à la hâte pour les repousser.
Dans ce nouvel assaut, les boucaniers eurent boaucoup à souffrir avant de pouvoir engager la lutte Corps à corps où ils excellaient, Malgré le feu incessant des Espagnols, les assaillants eurent le dessus, et la ville fut prise, rue par rue, après un combat acharné de trois heures.
Pendant cet assaut, le carnage fut grand des deux côtés. Six cents Espagnols tombérent ce ur-là; les boucaniers perdirent tout autant d'hommes : mais, pour ceux qui survivaient, une double part de butin compensait amplement la perte de compagnons dont les services étaient désormais inutiles,
Dès que la ville fut entre ses mains, Morgan, appréciant fort justement le caractère des habitants à l'acharnement de la résistance, et connaissant d'ail-
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leurs le défaut de ses hommes, défendit prudemment à ces derniers de boire, disant que tout le vin de la ville avait été empoisonné,
Des sentinelles, postées à toutes les issues, gardaient la ville, À ce moment, le feu prit en même lemps dans plusieurs quartiers, allumé, d'après les Espagnols, par les pirates, et, d'après ceux-ci, par les habitants. Les maisons, bâties en cèdre. flambaient comme des torches de résine, L’incendie dura près de quatre semaines,
Entre temps les boucaniers, comme autant de démons, ravageaient la ville en flammes, rôdant au milieu des ruines et des cendres, à la recherche des objets précieux.
Tout d'abord, craignant d'étre surpris el vaincus par les Espagnols qui étaient encore dix fois plus nombreux qu'eux, les pirates campérent en dehors de la ville. Morgan avait dû détacher cent cinquante hommes pour annoncer sa victoire à Chagrès.
On retrouva, peu à peu, toutes les richesses « les Espagnols avaient cachées au fond des puits ou des citernes,
On ramena de force dans la ville les malheureux qui s'étaient enfuis dans les bois et la montagne, parmi Fu 1s Fa ann à de ass 0 ‘on tr aila
d° une Mani k:
cipaux habitants ayant fui par mer, Morgan envoya un navire à leur poursuite et fit trois captures, Cependant, un galion, sur lequel on avait embarqué toute la vaisselle d'or et d'argent et les Joyaux du roi d'Espagne, en même temps que toute la richesse du grand couvent des religieuses de la ville, échappa aux boucaniers. La poursuite avait duré quatre jours, au bout desquels les pirates revinrent à Panama avec une autre prise, valant vingt mille doublons en marchandises.
Dans l'intervalle, sur la côte opposée, les boucaniers écumaient la mer, [ls capturérent un grand vaisseau espagnol qui, ne sachant pas en quelles mains était tombé le fort, y vint demander protection.
Pendant que les pirates, d'un bout à l'autre de l'isthme, foulaient ainsi les habitants. employant la torture, surtout à l'égard des prêtres dont l'influence était grande, ne tenant aucun compte, ni du sexe, ni de la condition de la victime, Morgan tomba amoureux d'une belle Espagnole, sa prisonniére, qui était la femme d'un des notables commerçants de la ville, Mais la señora, avec dédain et fierté, repoussa {outes les avances de cet homme couvert du sang de ses compatriotes; et le chef des boucaniers, ruffian dans son amour comme dans sa haine, la traita avec une cruauté qui dégoûta même ceux de sa bande en qui restait encore une parcelle de pitié. Pour justifier, auprès des siens, sa conduite en cette circonstance, il fut obligé de calomnier sa bell: et vertuonse vic-
sé
AVOya cpentoute d'Esrand boubout : une “han-
niers Seau était
e de nt la ence ti 'eUX t la ille, utes ses lans une qui lier, nee,
time, l'accusant de trahison. Sa trahison consistait en une tentative d'évasion.
Après un séjour de quatre semaines, Morgan résolut de quitter Panama, où il n'y avait plus rien à prendre, On réunit un grand nombre de bôtes de somme pour transporter le butin sur l'autre versant. On encloua les canons, et le 24 février1674, on se mit en route pour Chagrès, avec cent soixante quinze mulets chargés d'or et d'objets précieux, et six cents prisonnniers dont quelques-uns furent rançonnés, el le reste relâché.
Lorsqu'on procéda à la division du butin, il se trouva que la part de chaque homme s'élevait à 200 doublons, somme ridieulement petite on regard de la richesse de la ville et des risques encourus, Une sourde révolte éelata parmi les boucaniers. On accusa ouvertement Morgan d'avoir distrait la plus grosse partie du butin et de leur avoir laissé le reste,
Morgan, qui connaissait l'humeur farouche de ses Compagnons, fit démanteler les remparts de Chagrès, et porter les canons à bord de son navire; puis, accompagné de quelques vaisseaux commandés par des personnes ayant sa confiance, il fit voile, avec ses richesses, vers la Jamaïque, laissant le reste de ses hommes dans le plus grand dénuement. Ceux qui accompagnérent Morgan étaient tous des Anglais qui avaient été de connivence avec lui dans cette bas-
sess: — le pire des crimes aux yeux des boucaniere. Les pirates français voulaient poursuivre en mer les Anglais, et les Espagnols auraient eu la satisfaction de voir les boucaniers s'égorger entre eux; mais on craignait d'engager, avec des forces aussi affaiblies, une lutte inég ae Les navires abandonnés par Morgan se séparcrent et les équipages allèrent chercher fortune ailleurs,
Dans l'année qui suivit le pillage de Panama, Morgan, grâce à son influence ou à ses richesses, eut assez d'adresse pour obtenir de Charles I le titre de baron- . net et se faire nommer, plus tard, député- gouverneur de la Jamaïque.
Mais, dénoncé par qnelques-uns de ses anciens Compagnons, il est bon d'apprendre que, à l'avènement de Jacques IT, le capitaine sir Henry Morgan fut destitué de sa haute fonction de gouverneur et gardé en prison à Londres pendant un certain temps. C’est peu, au prix de pareils crimes; mais combien d'autres gredins sont sortis indemnes de leurs iniquités !
aniere, ner les faction ais on iblies, forgan Tr for-
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