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un épais faillis de palétuviers, essence qui se plait surtout au voisinage de l'eau. L'édifice tourne le dos à-la mer.
Près de la g are, SUP un maigre socle, se. dresse re. statue de Christophe Colomb, au sommet d'un monticule, Cette statue fut donnée aux États-Unis de Colombie par l'ex- impératrice Eugénie,
La classe ouvrière — un ramassis de gens venus de tous les coins du globe — habite leg terres à l'intérieur; on rencontre toutes les nuances de peaux intermédiaires entre le blanc, le jaune et le noir, — indigènes, 6 ‘angers el Sane-môtés
Avant de prendre congé de Colon, qu'il me soit permis de dire quelques mots sur son climat; car, du climat d'un pays dépend la bonne ou la mauvaise Santé des habitants.
Lorsque j'arrivai à Colon, le doyen de la Faculté de médecine, un Colombien, c'est-à-dire un homme du pays, voulut bien me Pour quelques données sur les saisons.
— Î y en à deux, dit-il : la saison humide, qui dure du 45 avril au 15 décembre ; et la saison sèc he, dite salubre, qui va du 145 décembre au 15 avril.
Puis il ajouta, pour bien préciser sa pensée :
— Pendant la première de ces deux saisons, on meurt de la fièvre jaune en quatre ou cinq jours; pendant la seconde, on meurt de la fièvre paludéenne en vingt-quatre ou trente-six heures,
Et je dois dire, après avoir exercé la profession de médecin à Panama pendant cinq ans, que mon expérience a pleinement confirmé les vues du doyen de la Faculté. Pour ce qui est des saisons, c'est la meilleure division qu'on en puisse faire. Le teint cireux, d'un jaune verdâtre, indique l'état maladif des indigènes qui sont tous anémiés, minés par la fièvre pernicieuse. Le climat est tellement humide que, même pendant la sécheresse, on trouve, au réveil, une forte couche de moisissure bleuâtre sur les souliers.
J'ajouterai que le cimetière — réservé à ceux qui meurent sur le versant de l'isthme oùse trouve Colon — est établi sur le mont Hope. Ce lieu funèbre a un autre nom : la « Colline du Singe », so s lequel on le désigne communément. On y va en wagon. Les trains qui transportent les morts sont aussi fréquents sur cette ligne que les trains réservés aux vivants ou aux marchandises. Depuis l'avènement de M. de Lesseps et de ses ouvriers, le 28 février 1881, pour l'entreprise du canal de Panama, des milliers et des milliers de corps ont été charriés vers ce cimetière, toujours avide de cadavres. En,deux saisons d'épidémie, seules, les enterrements se chiffraient par une moyenne de trente à quarante par jour — cela pendant deux semaines entières.
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Les urubus — cathartes fœtens — qu'on voit un peu partout à Panama et que les indigènes appellent galiinazos, attirent l'attention de tout étranger qui arrive dans l'isthme, Ce sont, en effet, des oiseaux hideux. On les voit perchés sur les arbres, au sommet des rochers, sur les toits des maisons. Ils ont le plumage noir et sont à peu prés de la taille du dindon. À Colon, on ne les rencontre encore que par groupe de trois ou quatre.
Ces oiseaux de proie constituent la vraie police sanitaire du pays, bien qu'ils ne soient pas à la solde du gouvernement, Ils débarrassent les lieux habités des restes d'animaux morts dont la putréfaction finirait par infecter l'air. Dès avant l'aurore, ils se mettent en quête de leur déjeuner. Sitôt qu'un gallinazo a découvert un cadavre, il le dépèce; mais il n'est pas longtemps seul. Bientôt arrivent des mil-
liers de convives qui se disputent avec volupté et.
acharnement le butin envié au milieu de rauques croassements.
Souvent, le sarcoramphe papa, remarquable par ses caroncules charnues sur la tête, et qu'on nomme le roi des vautours, intervient aussi pour avoir sa part du festin. Les urubus aussitôt s'éloignent et attendent à distance que le roi soit repu. Celui-ci, à son tour, se retire devant le condor.
Gette déférence, à laquelle les indigènes assignent une cause morale, s'explique simplement par le bec plus où moins acéré des trois espèces d'oiseaux.