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Colon, je l'ai dit, est la tête de ligne, sur l'Atlantique, du chemin de fer de Colon à Panama.
À une heure de l'après-midi, nous prenons le train pour Panama, ville qui se trouve sur le versant opposé de l'isthme.
Les wagons, très allongés, sont ouverts aux deux bouts, sans portières ; les côtés, percés d'ouvertures, Sont garnis de persiennes mobiles qui laissent librement circuler l'air à l'intérieur, Les sièges =— fauteuils en rotin tressé, dont on peut à volonté tourner le dossier — sont placés de chaque côté du wagon et laissent un passage au milieu.
Outre ces wagons, il y a des fourgons pour les :nili gènes employés à l'entretien de la voie,
Er Suittant la gare, le chemin de fer passe sur un renib:." qui inet l'ile de Manzanillo en communication x: 6 la cle ferme des anciens conquistadores espag ul
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Nous entrons dans un vaste Marécage, véritable mer de verdure: derrière ces terres noyées, remnplies de palétuviers, s'élève une colline ; une terre basse s'étend au delà de celle-ci, Parfois, le marais fait place à des pâturages où paissent des bŒufs de
grande taille,
Nous laissons le cimetiére de la colline du Singe sur notre gauche au milieu de petits coteaux rougeâtres et galeux. Puis, nous nous enfonçons dans le marais de Mindi,
Les fourrés deviennent de plus en plus épais,
Bientôt, c'est la forêt, touffue, impénétrable, avec ses lianes, sos épiphytes, ses parasites, noués, tordus, enlacés, enchevétrés, où des Cassiques à long bec, à plumage noir, sont perchés, près d'une bourse suspendue à une branche, dans laquelle leurs petits sont continuellement balancés,
Gà et là, des groupes de bananiers entremélés de palmiers, de cocotiers, de sagouliers, de musacées, de papyriers de lougères arborescentes et autres plantes vertes, À celui qui le voit pour la premiere fois, le bananier, qui n'est qu'un gros roseau, semble être un jeune arbre : sa tige, de la dimension du bras, est vigoureuse, luisante, spongieuse ; ses feuilles sont fort longues, bien étalées, ses fruits retombent en une lourde grappe au sommet de la tige.
De temps à autre, sur le flanc des coteaux, on en-
trevoit des ranchos, où huttes des indigènes, recouvertes de feuilles de bananier.
Sur la droite coule le Chagrès, fleuve fort paisible pendant la sécheresse, mais qui trop souvent se fait torrent impétueux, dévastateur, pendant 1& saison des pluies,
Nous atteignons Gatun. De cette station jusqu'au ’acifique, le chemin de fer longe la rive gauche du Chagrés. En face, sur l'autre bord du fleuve, est le hameau indjen qui donne son nom à la station. A sec sur la berge, on voit d'innombrables lanchas ou canots creusés dans des troncs d'arbres. Gatun, à cette époque, n'offrait à l'œil qu'un
: amas de huttes construites en bambou — bambusa arundinaria — et recouvertes de feuilles de bananiers ou de lauriers-roses.