LE " HOME " DES MILLIONNAIRES DE NEW-YORK
l^^p^ AR une juste ironie des choses, le millionnaire, '(if i^# le tout-puissant millionnaire est impuissant à ^pËçy'^ jouir de ses millions sans le secours des autres. Sî^r^^ Le penseur dans l'intimité de sa méditation,. ^ l'ermite au désert, le pauvre de vocation et de voeu, ^ n'a besoin de personne ; la présence de ses semblables le gêne et l'oftusque ; Crésus, abandonné à luimême est un coftVe-fort dont le secret lui est inconnu. Il est comme un mineur, un interdit en tutelle. Il lui faut un entrepreneur de son train-train journalier et de ses fêtes, il faut un nautonier à sa barque. Pour vivre, il a besoin de la vie d'un autre, il ne peut se passer d'un mécanicien. Il est comme ces instruments de musique qui gisent lamentablement près des pupitres dans l'attente du chef et des musiciens qui feront vibrer leur
âme.
L'intendant investi de cette charge s'appelle, aux États-Unis, gentleman in ivaiting, gentilhomme de service, o-entilhomme de la chambre, comme, dans la maison d'un roi, un monsieur d'honneur, un fonctionnaire à tout faire. C'est un homme du monde, de la même société que son seigneur, mais qui, n'étant pas millionnaire, est forcé de tournoyer dans l'orbe du million, pour satisfaire ses propres goûts de luxe. Il est jeune ou vieux, beau, bien fait, mis à la dernière mode ; il a de l'esprit, de l'entregent, du tact, il est doué d'un tlair d'artilleur qui n':i pas besoin de la hausse pour pointer sa pièce. Son sens