AVANT-PROPOS
Ce volume contient les discours prononcés, sur la question grecque, au cours des séances historiques tenues le 24, le 20 et le 26 août rgiy, à la Chambre des députés hellénique. La publication de leur traduction française contribuera à éclairer l opinion de France et V opinion de tous les pays de l Entente sur les événements importants qui se sont, depuis cinq ans et notamment depuis la guerre européenne, déroulés en Grèce et qui ont exercé une influence parfois décisive, toujours prépondérante, sur l'évolution militaire et diplomatique de la guerre en Orient.
Le public français et l'opinion universelle ont déjà pris connaissance dune manière générale, — grâce aux télégrammes des agences et des correspondants des grands journaux à Athènes, - des Jaits essentiels révèles ou confirmés par les discours tenus au mois d août dernier à la Chambre des députés grecque ; ils ont également lu une partie des documents parus, récemment, dans le Livre blanc grec, auxquels ces discours se referent, d'ailleurs, fréquemment. V opinion a pu ainsi, discerner les grandes lignes de la politique suivie depuis plus de trois ans par le roi Constantin. Elle connaît aussi la politique qui, préconisée dès les premiers jours de cette guerre par M. Venizélos et par le parti liberal grec, finit par avoir raison de tous les obstacles. Mais la reunion et la publication in extenso des dis-
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cours du Parlement grec offrent un tableau plus complet de la question grecque et rendent plus facile V étude synthétique de cette question, telle qu'elle a évolué, aussi bien au point de vue extérieur qu'intérieur, depuis les guerres balkaniques jusquà nos jours.
Les faits, les documents, les /^enseignements authentiques et aussi leur appréciation autorisée, sont ainsi présentés avec une suite logique et avec force et éloquence. Leur ensemble permet de se rendre un compte exact de la clairvoyante et combien loyale activité déployée par le plus grand des partis politiques de Grèce et par son illustre chef en faveur de la grandeur de la nation et de la liberté du peuple hellènes. Et le tableau de cette activité patriotique contraste puissamment avec les obscurs et infâmes agissements auxquels se sont livrés, à Athènes, la couronne et son entourage militaire et politique, en vue cl abolir, en Grèce, la souveraineté populaire et de servir les ennemis de la nation.
Ce fut là une crise nationale, morale, sociale et constitutionnelle, qui a eu pour point de départ, comme il fut si exactement dé fini par l'ancien ministre M. Cafandaris, la tendance constante du roi déchu à entraîner la nation dans une voie destinée à servir uniquement ses sympathies personnelles et ses relations dynastiques. La Grèce soumise à un maître absolu et attachée au char germanique, à la suite des Tares et des Bulgares, tel était le but poursuivi. Et les moyens illégaux employés pour le triomphe de ce but ne furent autres que la violation du régime, la corruption des consciences, l'intimidation des citoyens, le terrorisme. Mais un pareil système ne pouvait pas être appliqué sans quon eût pris, au préalable, le soin de supprimer la souveraineté populaire qui, légalement exercée, eût étouffé la tentative monarchiste. Le premier coup porté