AVANT -PROPOS
au régime fut asséné par la crise ministérielle du mois de mars igio. Le Gouvernement parlementaire du pays fut, à cette date, éloigné du pouvoir, bien qu'il eût, derrière lui, l'immense majorité du peuple et qu'il fût encouragé à appliquer sa politique par les chefs eux-mêmes de Vopposition. Mais le peuple grec demeura fidèle à M. Yenizélos; et les élections, bien que faites par le cabinet Gounaris au mépris de la loi et de V honnêteté la plus sommaire, donnèrent une puissante majorité libérale; après certains atermoiements caractéristiques, le roi dut lui confier le gouvernement du pays. M. Venizélos revint au pouvoir.
Mais la coterie germanophile avec, à sa tête, le souverain absolu qu'était devenu le roi Constantin, a eu l'audace de fouler aux pieds, une seconde fois, la volonté populaire. En s obstinant effrontément à violer V alliance gréco-serbe, elle a créé une seconde crise politique, après avoir, dans un but infernal, provoqué la mobilisation générale. L'objectif exclusif de cet acte fut d'obtenir, par sa prolongation indéterminée, la soumission absolue du peuple, sa démoralisation, V empoisonnement de son âme par le mensonge et par la calomnie, le relâchement complet de la discipline militaire. La Grèce — ce pays entouré jusque-là de V estime et du respect universels — fut ainsi livrée au mépris de ses amis aussi bien que de ses adversaires.
Un Gouvernement a été formé d'hommes vaniteux et haineux qui, en mettant leur conscience au service de la volonté royale, en attendaient la satisfaction de leurs intérêts personnels. Ces hommes gouvernèrent le pays d'une manière éhontée, en mentant, en intriguant, en opprimant, en épuisant les forces nationales. Ce Gouvernement qui, par un excès d'indulgence, fut appelé le « Gouvernement des vieillards », laissera dans l'histoire grecque un souvenir vraiment odieux. Ces « vieil-