L. CAEMI PATERNI AVTHE MER. LEN. EX O. ACREXAQ
Elle doit être lue : L. Caemi Paterni avthemer um lenu ex ovo acrc ex a ma. Ce qui signifie : « Collyre du même jour de L. Caemius Paternus; comme lopique doux, on lui donne pour véhicule le blanc d’œuf; si l’on veut le faire agir comme collyre âcre ou mordant, on l’administre dans de l’eau. » Après les formules des collyres, on lit fréquemment dans Galien: «^pîïcr/ç <JV ù>ov. On s' en sert dans du blanc d'œuf. Les mots ex ovo (délayé dans du blanc d’œuf) sont l’équivalent latin. Ex aquâ (^s&’vJkTo?, v£& ti, Aëtius n, 3, c. 113 et 59) indique qu’on se servait simplement d’eau pour liquéfier les collyres qui, tels qu’ils se préparaient, étaient d’une consistance plus ou moins grande (vypoKoxxû^et, ç»poKoxxvpia,)e t se conservaient dans des boîtes cachetées. Celse (L vi, c. 6, s. 8) dit: Quo gravier quœque inflammatio est, eomagis leniri
medicamentum debet , adjecto vel albo ovi> vel muliebri lacté. Dans l’un des passages cités (c. 113) Aëtius dit d’un collyre « qu’on l’emploie avec de l’œuf au début et avec de l’eau vers le déclin de l’ophlhalmie. »
Grivaud lit ainsi l’inscription qui nous occupe : « L. Caemi Paterni Anthemen un lent ex o\ o acritudines exaquescens, » ce qui est tout à fait arbitraire. Voici comment il l’explique (p. 286) : « On a ajouté ici à l’anthemerum, baume adoucissant dont nous avons fait aussi mention, de l’œuf pour le tempérer encore et le rendre propre à résoudre les engorgemens acrimonieux des yeux. »
On voit que, pour l’interprétation des monumens appartenant à un ordre spécial de faits scientifiques, il ne suffît point d’être antiquaire consommé ; il faut encore connaître à fond la branche de la science à laquelle ces monumens se rattachent ou au moins s’être familiarisé avec elle par les ouvrages de l’antiquité qui en traitent.
M. de Longpérier m’a dit que M. Buchère, à Saint-Chéron (Seine-et-Oise), possède un autre cachet d’oculiste inédit ; il a même été assez bon pour m’offrir d’essayer d’en obtenir une empreinte. Il n’y a aucun doute que d’autres pierres gravées semblables, ignorées jusqu’à présent, ne soient enfouies dans les collections publiques et particulières. Elles ne sortiront de leur obscurité que si l’attention des antiquaires et des amateurs y est dirigée par l’appel de ceux qui en ont fait une étude particulière.