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Cette pierre est sans doute cassée obliquement. Outre la quatrième inscription tout entière, il manque la troisième, sauf les lettres T.C . Phi et l’un des traits
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du v que nous avons remplacé par un i. 11 manque aussi une partie de la deuxième inscription, dans laquelle le d n’est représenté que par un trait convexe à la droite du lecteur et ouvert à gauche.
M. le docteur Daremberg a eu la bonté de me communiquer une copie de ce cachet qui lui a été donné il y a déjà quelque temps, sans qu’il puisse se souvenir de qui il lui vient, quels sont les détails qui l’accompagnaient, dans quel lieu il a été trouvé, ni enfin quel est le possesseur actuel de l’original. 11 a bien voulu me promettre de faire des démarches afin d’éclaircir tous ces points. Provisoirement j’ai appelé cette pierre la cinquième pierre de Paris.
1. T. C. Philvmeni avthemerum ad mpetum. Collyre de Titus Cajus Philumenus pour la guérison en un seul jour de Vophthalmie au moment de son invasion.
Les anciens, comme nous l’apprend Galien (Comp. med. sec. loc., 1. iv, c. 3, med.)dans un passage reproduit par Aëtius (Tetrab. 2, serm. 3, c. 101 vel 103), avaient des collyres auxquels ils attribuaient la faculté de guérir les ophthalmies dans l’espace d’un seul jour et que pour cette raison ils appelaient ^ovo^ffet, monohemera, ou, comme dit Marcellus Empiricus (c. 8, p. 54 ed. Cornar.), monemera , collyres d’un seul jour. Juthemeron, ctuQvpspov, collyre du même jour, est absolument synonyme de ce dernier mot, bien qu’il ne se trouve pas dans les auteurs grecs et romains, mais seulement dans cette inscription et dans celle du n° 28. Au sujet de cette dernière, Grivaud etTôchon se sont trompés en lisant et publiant anthemerum. Assurément rien n’était plus facile que de regarder un v un peu douteux pour un n dont le premier jambage aurait été effacé par l’usure de la pierre. Mais l’analogie du mot monohemerum suffit pour démontrer que la leçon authemeron est la seule admissible. D’ailleurs, dans la copie que M. Daremberg m’a donnée, le v, bien que placé un peu obliquement, est parfaitement bien formé et ne permet de concevoir aucune espèce de doute.
Les mots ad im, sans doute tronqués à la fin par l’usure ou quelque autre avarie de la pierre, se trouvent d’ordinaire sur les cachets comme il suit : ad imp. ou ad imp. lippit ., c’est-à-dire ad impetum , ou ad impetum lippitudinis, pour combattre la première attaque ou la première violence de l’ophthalmie, et surtout avant qu’il soit survenu de sécrétion muqueuse. Toutefois les mots pituitœ impetus , dont se sert Celse (1. vi, c. 6, s. 1), permettent de croire qu’ impetus désigne peut-être l’irruption de cette sécrétion muqueuse elle- même et que par conséquent il faudrait traduire : contre la sécrétion muqueuse dans l’ophthalmie. Je n’ai pas actuellement le temps nécessaire pour compulser les anciens et décider la question en comparant les passages qui ont trait au mot impe tus. Je me propose de le faire plus tard.
Quoi qu’il en soit, il est facile de voir qu’il s’agit d’un collyre dont la propriété est d’amener promptement, et dans le jour même de son application, la résolution de Vophthalmie. Mais la condition essentielle est qu’il soit employé dans la
première période peu après l’invasion, et avant qu’il se soit établi une sécrétion considérable de mucus.
Les lignes précédentes étaient déjà rédigées, lorsque j’ai trouvé dans Galien (Comp. med. sec. toc., iv, 8, p. 755 ed. K.) un passage qui a pour titre :
« Scylacion, médicament aulhemeron qui a la vertu de résoudre instantanément 0 TntpaxpYifAct ) les phlegmasies. » L’emploi de ce mot par Galien est une autorité sans réplique dont il n’était pas besoin, du reste, pour démontrer que la leçon anthemeron est fausse.
2. Phihmxm Tur inum an suppura tionem. Collyre d’encens de Philumcnus contre la suppuration des yeux ( ad suppurationem oculorum , comme porte le cachet n° 39), c’est-à-dire contre la sécrétion muqueuse ou la chassie abondante. L’encens est fréquemment employé par les anciens dans la première période des ophthalmies ; ils le regardaient comme maturatif ('ttî-tj-t/kov) et résolutif.
Le collyre S'ik *v«, <ft£tx/j3*vov ou dialibanum était d’un usage très répandu et se rencontre plusieurs fois sur les cachets. Marcellus Empiricus (c. 8, p. 72) qui l’appelle « collyrium dialibanos ad suppurationes oculorum » en donne une formule où il n’entre pas d’encens. Celse (1. 6, c. 6, s. 13) le cite avec son nom grec; mais aucun auteur ancien, à ma connaissance, ne l’a latinisé. Les noms Thurinum et Turinum (car le mot Thus s’écrit également avec et sans h) ne se trouvent que dans deux cachets (n° 39 et 40) récemment publiés par M. de Saint-Mêmin.