‹ Cinq cachets inédits de médecin-oculistes romains publiés et expliquésChapitre 4 sur 10 · du côté du chiffre m) : pavlimlen · texte numérisé non relu

du côté du chiffre m) : pavlimlen

IPNICLM

1. Paueini diabsoricum, diapsoricum de Paulinus. Diaùsoricum pour diapsoricum. Comme dans le cachet n° 3, ici se rencontre une de ces erreurs nombreuses que commettaient les graveurs, fort ignorans, ou peut-être les oculistes eux-mêmes, qui, en partie, à l’instar de leurs confrères d’aujourd’hui, les oculistes ambulans, praticiens nomades et débiteurs d’onguens, n’étaient pas des phénix en fait d’instruction.

Un grand nombre de collyres portaient le nom de psoricum. Leur composition très variable est indiquée par Celse (1. vi, c. 6, s. 31), Scribonius Largus (Comp. 32), Galien (Oomp. med. sec. loc., 1. iv, c. 7 et passim ) et beaucoup d’autres auteurs. Les principaux ingrédiens de ce collyre étaient les astringens métalliques, surtout les oxides de zinc et de cuivre. Il me semble ressortir de cette circonstance, ainsi que de son emploi contre les érosions des angles 'n-epiCiCpup.hovç jtavôo uç, Galien, loc. cit.), qu’il était surtout destiné à combattre la conjonctivite palpébrale chronique, particulièrement celle que l’on nomme catarrhale et angulaire, dans laquelle les bords des paupières et leurs commissures deviennent le siège d’érosions souvent fort gênantes. C’est là cette affection que les anciens ont d’abord nommée psorophthalmie, nom dont on a plus tard détourné le sens pour désigner une maladie impétigineuse et véritablement psorique des paupières. Cette nouvelle acception se présentait d’autant plus naturellement, que dans l’origine les mots de et de scabies désignaient toutes les affections prurigineuses, c’est-à-dire accompagnées de démangeaisons et forçant le malade à se gratter (-^os/v, tangere , toucher ; scabere, gratter). Or la démangeaison des paupières qui accompagne la conjonctivite catarrhale est un caractère pathognomonique et connu de tout le monde.

La particule S'ik indique primitivement la composition d’un médicament avec une ou plusieurs substances. C’est ce que prouve le dialepidos du cachet précédent et le diachylon encore généralement usité de nos jours. Par une espèce d’abus ou de pléonasme, cette particule précède quelquefois des noms de médicamens où elle n’a plus la même signification ; ainsi le mot diapsoricum, comme synonyme de psoricum, se trouve non seulement sur plusieurs cachets, mais il est encore employé par Pline et d’autres auteurs. Peut-être aussi, et cela n’est pas sans vraisemblance, que le diapsoricum indique un collyre dont le psoricum faisait partie comme ingrédient. En effet, on trouve chez Celse, Galien, etc., des collyres composés avec une certaine quantité de psoricum, mêlé à d’autres substances médicamenteuses. Toutefois Marcellus Empiricus (c. 8, p. 73) donne la formule d’un collyre diapsoricum qui ne contient point de psoricum.

La lettre i à la fin de l’inscription est presque effacée par plusieurs traits de burin. Le graveur devait peut-être écrire diapsoricum ad caligines ou ad sca~

brities, comme cela se voit sur d’autres cachets ; mais il s’aperçut trop tard que les lettres trop espacées ne le lui permettaient plus. Peut-être aussi que l’inscription devait primitivement porter psoricum, sans autre désignation, comme le cachet n° 17.

2.pavlini lene vemcilLum, moelleux pinceau de charpie ou plumasseau de Faillirais.

L’abréviation pniclm pour penicillum montre le peu de soin que prenaient les oculistes et les graveurs pour désigner d’une manière non équivoque les collyres ou autres moyens médicinaux d’ailleurs connus de tout le monde et d’un usage très répandu. Le penicillum était un plumasseau ou pinceau de charpie dont on se servait pour laver, essuyer les yeux et pour y introduire des liquides adoueissans ou même des collyres. Celse (1. vi, c. 6, s. 8) affirme que, dans les oplithalmies intenses, du blanc d’œuf ou du lait de femme instillé dans les yeux avec un plumasseau préparé à cet effet (in oculos penicillo ad ipsum facto infusum ) adoucit l’inflammation. Un peu plus loin, il conseille de se bassiner (fovere) la tête et les yeux avec de l’eau chaude, puis de les essuyer avec un plumasseau ( tum utrumque penicillo detergere). Les oculistes vendaient des pinceaux semblables préparés spécialement pour l’application des collyres ou même pour rinstillation des liquides, avec lesquels, après leur emploi, on recommandait de laver les yeux. Le cachet n° 15 porte : Phronimi penicill ad omnem lippit. (pinceau de charpie de Phronimus utile dans toute ophthalmie); et le n° 28 : Juni Tauri penicillem ad omnem lippitud., où il faut lire : penicillum .

Le n° 36 seul porte en toutes lettres : T. Lolli Fronimi lene penicillum. Ici comme partout, les monumens s’expliquent les uns par les autres.

Cette pierre présente sur l’une de ses surfaces, près de chacune de ses quatre tranches, les chiffres i, n, m et mi, négligemment gravés, probablement pour faciliter la tâche de celui qui devait en faire usage. Après le mot penicillum est gravé une petite image de cette préparation qui la représente comme une mèche de charpie ou un plumasseau allongé, composé de brins juxtaposés et réunis par des fils qui les serrent. L’e de lene n’en présente que le jambage ou trait principal. En bas le trait fin transversal peut avoir été arraché avec un petit éclat de la pierre qui s’est détaché; mais en haut il n’a jamais existé.

N° 43. Lapis Parisiensis quintus. 5e pierre de Paris.

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