Soins post-opératoires
L'intervention terminée, il est recommandé, pour éviter l’anémie cérébrale, de laisser pendant quelques jours le malade tête basse et au repos absolu.
On lui permettra ensuite de s'asseoir dans son lit, mais graduellement, afin de prévenir les vertiges qui peuvent se produire à ce moment-là.
On veillera de même à ce que l’opéré ne se refroidisse pas, surtout quand on pense que le pneumo-gastrique a pu être lésé, car il est davantage exposé de ce fait aux complications pulmonaires.
$S 3. — Résultats et accidents de la ligature
de la carotide primitive.
Les résultats de la ligature de la carotide diffèrent suivant la nature de l'affection qui l’a nécessitée :
Le pronostic de ligature pour hémorragie est très sombre, et, quelle qu'en soit la cause (accidents cérébraux, hémorragie secondaire), la mort est très fré- “quente.
Les statistiques de Pilz, Friedländer, Siegrist, Lestelle et de Fourmestraux donnent une mortalité globale de 20 p. 100.
Tout autre est le pronostic de la ligature pour cure d'anévrisme. Outre que la guérison de la lésion ellemême estle plus fréquemment obtenue, la mortalité est beaucoup moindre, et, si nous écartons les statistiques
— 23 — antérieures à l’êre aseplique qui donnaient 40 à 41 p. 100 de cas mortels, nous avons une proportion de 13,8 p. 100 seulement. Le procédé de Brasdor seul a été quelquefois infidèle, en provoquant dans quelques cas une augmentation du volume de la tumeur au lieu de la faire disparaitre.
: Dans la ligature pour exophtalmos pulsatile, les staüistiques de Stattler et Keller donnent une proportion de , 4et7 p. 100 de mortalité. RUES Enfin la mort dans les cas de ligature atrophiante ou préventive s'observe dans 29 p. 100 des cas, el dans 45,8 p. 100 quand il s’agit de ligature avec résection de la carotide primitive, au cours de F’ablation de tumeurs adhérentes.
Cette mortalité assez élevée est due aux accidents qui
suivent la ligature.
Accidents de la ligature
En raison de la situation anatomique particulière de l'artère carotide qui est la principale voie d'apport du sang au cerveau, les accidents résultant de la suppression de la fonction de cette artère, c’est-à-dire les accidents cérébraux et oculaires, occupent la place prépondérante car ils sont les plus fréquents et les plus graves ; et ce sont eux qui feront l'objet principal de ce paragraphe. Néanmoins nous signalerons en leur lieu et place les accidents locaux et généraux, principalement dus à l'infection, que l’on rencontre dans la ligature de la carotide primitive comme dans celle de toutes les artères en général. ; :
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1. Accidents immédiats de la ligature de la carotide primitive
Que devons-nous “entendre par « accidents immédiats » ?
Il est nécessaire ici de préciser, car les divergences d'opinion que nous avons notées au sujet de l’existence de ces accidents tiennent certainement à un défaut de définition. FE
Nous ne classerons dans ce groupe que les accidents qui surviennent immédiatement après la striction de l'artère, et, avec de Fourmestraux, nous ne décrirons l'hémiplégie que dans les accidents tardifs, c’est-à-dire” survenant dans un délai variant de quelques heures à plusieurs mois après l’opération. Cependant, mentionnons que dans quelques rares cas (cas de Quénu : ligature sans anesthésie} l'hémiplégie s'est présentée avec les caractères indéniables de l'accident immédiat tel que nous le définissons.
1° Les accidents résultant de l'intervention sur une région riche en vaisseaux, en nerfs el en organes imporlants, ont été quelquefois signalés. Les principales de ces lésions sont : x
L'ouverture de veines de quelque volume, gènante par l'hémorragie. Nous ne signalons que pour mémoire la blessure des grosses veines du cou provoquant une embolie gazeuse par suite de la béance de ces vaisseaux et de l’aspiration thoracique.
Des lésions nerveuses plus fréquentes en général, les adhérences etla déviation des rapports normaux en étant la cause ordinaire.
La section du pneumogastrique, obligée dans le cas de Tuffier, ne provoqua pas de troubles immédiats, mais le
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malade succomba à une pneumonie probablement favo-
rise e par cette lésion.
La compression ou lésion du récurrent à provoqué des accès de suffocalion par paralysie laryngée. ,
Enfin le voisinage de l’æsophage permet d' expliquer la dysphagie qui suit quelquefois l'intervention.
2° Les accidents cérébraux immédiats sont assez rares, ils paraissent dus à l'ischémie du cerveau :
Le plus grave est certainement le coma, qui s'installe d'emblée, accompagné où non d'hémiplégie ce suivi en général de mort.
On a noté également des syncopes se produisant au moment où on serrail le fil, mais elles présentaient peu
de gravité el cédaient en général au traitement approprié.
L'embolie cérébrale par caillot dét taché du sac anévrismal a élé signalée.
Parmi les accidents présentant une gravité moindre, on a signalé : des convulsions, des attaques épileptiformes, des palpitations, de la céphalalgie du côté opéré, de la diminution de la température e et.de la pâleur passagère du côté opposé à la ligature, une certaine tendance au sommeil et, dans quelques cas, de la difficulté de la parole. :
?. Accidents tardifs de la ligature de la carotide primitive
Nous les elasserons en deux groupes :
1° Les accidents communs à loules les ligalures artérielles.
Ce sont des accidents locaux ou généraux dus à l’infection et pouvant provoquer
Une inflammation circonscrile ou diffuse de la légion ; dañs certains cas, la Suppuralion peul apparaître, et
Op l'abeès ainsi formé se vider soit à l'extérieur, soil dans le pharynx, l'œsophage ou la trachée.
Des hémorragies secondaires par sphacèle inflammaloire du vaisseau lésé. ;
De Finfeelion généralisée par voie sanguine.
Mais ces accidents sont rares depuis la découverte de l’asepsie, et ils cèdent le pas à ceux du second groupe.
2° Les accidents cérébraux el oculaires.
L'HÉMIPLÉGIE est l'accident /e plus fréquent et le plus grave de la ligature de la carotide primitive.
Son époque d'apparition est très variable : dans un pelit nombre de-cas, elle à débuté immédiatement ; plus souvent quelques heures après la Higature. Le Fort cite un cas d'hémiplégie apparue 4 mois après Popération. En général, on Ja voit apparaître dans la première semaine et principalement vers Le 2° jour.
.Son début est le plus souvent brusque, sans prodromes, el bien souvent dans ce cas elle se produit silen-. cieusement et ne se manifeste qu'à l’occasion d’un examen. Quelquefois cependant elle est annoncée par du délire, de la stupeur, des convulsions des globes oculaires. : —
Elle se produit en général d'emblée, avec tous ses caractères cliniques, mais dans un petit nombre de cas on a vu les signes apparaître progressivement : paralysie successive de la face, du membre supérieur et du-membre inférieur. |
Les observations donnent peu de détails sur ses for. mes cliniques. Elle est plus ou moins complète et pré-. sente soit le type croisé, soil lé {ype alterne, avec paralysie faciale du côté de la ligature et paralysie des membres du côté opposé.
Elle est. rarement isolée et s'accompagne d'autres symplômes.
L'aphasie est fréquente dans les hémiplégies droites, correspondant à des lésions de l'hémisphère gauche.
C'est en général l’'aphasie motrice qui est seule nettement signalée dans les observations.
Des troubles psychiques, caractérisés soit par du délire agité, soit par de la dépression et Ha perte de la mémoire (délire tranquille) ont été notés.
Les convulsions existent quelquefois et ne diffèrent pas chiniquement de Pépilepsie franche, elles sont analogues à celles que Fon voit survenir chez les hémiplégiques par ramollissement cérébral.
L'évolution de lhémiplégie peut être rapide el dans ce cas elle aboutit à la mort en quelques jours, mais la mort peut être due aussr à une affection intereurrente.
Dans des cas plus nombreux, le malade survit, et, ou bien la contracture (précoce ou tardive) envahit les membres paralysés, ou bien on assiste à une régression plus ou moins rapide de la lésion, la reprise fonctionnelle étant plus ou moins complète.
Les ACCIDENTS OCULAIRES sont assez fréquents après la ligalure de Ja carotide. Ils sont d’ailleurs intimement liés aux accidents cérébraux, la rétine pouvant être considérée une circonvolution cérébrale étalée et réunie au reste de l’encéphale par un pédoncule : le nerf optique.
On a signalé des troubles graves pouvant aller jusqu'à l'amaurose complète. En général, leur apparition coïncide avee celle de lhémiplégie, et leur terminaison est souvent fatale ; mais ils sont rares. |
Les troubles passagers consistant en inégalité pupillaire et en .diminution de l’acuité visuelle sont plus
fréquents.