‹ Cinq cent mille francs de renteChapitre 10 sur 10 · DE UE^'JE · texte numérisé non relu

DE UE^'JE

Paris; aussi reinarquaiL-oii, aux abords de l'église, les équipages les mieux altek-s : les sept péchés capitaux étaient venus en voiture. On distinguait, dans la nombreuse assistance , plusieurs dames d'un certain âge, d'une obésité qui semble être professionnelle; elles souffraient, elles étouffaient dans le luxe de leurs robes resplendissantes; elles transpiraient, elles suaient, sous leur harnais de parade, sous les plumes, sous les cachemires, les dentelles et les diamants.

La cérémonie était déjà commencée lorsque, d'une brillante calèche, descendit une

jeune tille dont la mise recherchée , riche et

criarde attira tous les regards.

C'était la femme de chambre de la Cardo-

ville, qui lui avait succédé dans son appartement, dans son mobilier et dans sa clientèle. Cette jeune fille était appelée à de grandes destinées, moins par sa beauté que par ses longues et patientes études : elle avait observé, à bonne école, toutes les faiblesses prodigues du cœur humain.

Après leur mariage, Anatole et de Rhétorière succédèrent à Picard ; l'ancienne maison prit la raison sociale : Picard fils et de Rhétorière.

Le jour où M. et madame Picard mirent pour la première fois le pied dans le nouvel établissement de leurs enfants , ils furent , en entrant à l'improviste dans les bureaux, émus et charmés de surprendre Blanche et

Marie, toutes deux penchées sur un énorme registre de comptes courants, la plume à la main, portant un court tablier noir et des manches de soie attachées au-dessus du coude. Devant chacune de ces deux charmantes femmes s'épanouissait une fleur nouvelle , une rose , une touffe de violettes, présent matinal de leur mari.

— Mon ami, s'écria l'heureuse mère, c'est ma jeunesse qui recommence !

— Oui , répondit Picard, nos enfants nous rappellent nos jeunes années... et ils nous promettent un heureux avenir !

Un personnage très-connu entra dans les bureaux : c'était Frédéric, ex-valet de chambre du baron de Longueville.

Il venait déposer cinq cent mille francs dans la maison Picard fils et de Rhétorière.

Ce nouveau capitaliste se contentait d'un intérêt de trois pour cent, — se promettant bien de demander à des opérations de Bourse quelques gros bénéfices , et aux fils de famille quelques intérêts usuraires.

Quant à Alexandre, l'ancien contrôleur général de l'hôtel Picard , il avait eu la pudeur de cacher dans une autre maison de banque la riche moisson... d'économies, qu'il avait faite dans la maison Picard.

Lorsque Frédéric se fut éloigné, Anatole s'écria en riant ;

— Le boulevard des Italiens ne verra

».- jamais s'eteindie l'antique dynastie des barons de Longueville : le règne du baron est fini; celui de Frédéric commence !

Page 1